Guide de ROME : Arts et culture

Les grands maîtres de la Renaissance

La Renaissance italienne vit certains de ses plus grands moments à Rome où des papes protecteurs des arts font travailler les plus grands artistes de l'époque. C'est le cas notamment de Sixte IV à qui l'ont doit la Chapelle Sixtine, Jules II qui commanda les stanze à Raphaël, ou encore Léon X, grand mécène. Les artistes de l'époque étaient des artisans complets, pratiquant à la fois la peinture, l'architecture, la sculpture. Il est dès lors difficile de les classer dans tel ou tel domaine des arts. Parmi les deux grands maîtres de ce genre qui marquèrent Rome tout particulièrement, il y a évidemment Raphaël et Michel-Ange. On leur doit un nombre incroyable de chefs-d'oeuvre à travers la capitale.

Michel-Ange (Caprese 1475-Rome 1564), Michelangelo Buonarroti

La Toscane, qui a déjà vu naître Léonard de Vinci, livre quelques années plus tard un génie d'une pointure au moins équivalente en la personne de Michel-Ange, le symbole de la Renaissance. On connaît le sculpteur et le peintre, mais l'homme est aussi poète ou architecte. Il fréquente les plus grands esprits de l'époque et est séduit par les idées de Platon. Peut-être trop jeune pour être déjà génial, Michel-Ange est secoué par la mort de son protecteur et les prédications de Savonarole et s'enfuit à Bologne, puis à Rome. C'est là que l'artiste mûrit et frappe un premier grand coup avec la Pietà de la basilique Saint-Pierre.

On lui reconnaît (à juste titre) toutes les qualités : la perfection technique et l'inspiration heureuse, l'énergie et la précision anatomique. Il navigue entre Rome et Florence, travaillant pour les plus grands (les Médicis à Florence et les papes à Rome) et semant les chefs-d'oeuvre comme d'autres les petits cailloux : le David ou la chapelle funéraire des Médicis à Florence, la chapelle Sixtine à Rome. A partir de 1534, il choisit définitivement Rome et produit des oeuvres de plus en plus tourmentées, en peinture, sculpture, mais aussi en poésie. Cette évolution est particulièrement frappante dans son Jugement dernier, peint dans la chapelle Sixtine. Il se rapproche du mouvement réformateur des spirituels, et ses interrogations métaphysiques transparaissent dans les rares travaux de la fin de sa vie, période qu'il consacre essentiellement à l'architecture. Il devient d'ailleurs architecte officiel du Vatican et travaille à la coupole de Saint-Pierre ou encore à la place du Capitole. A sa mort, son génie est largement reconnu, au point de lui avoir déjà valu plusieurs biographies, dont celle de Giorgio Vasari, Le Vite, en 1550.

Entre autres, vous pouvez admirer à Rome Le Martyre de saint Pierre et La Conversion de saint Paul à la chapelle Paolina au Vatican, la voûte de la chapelle Sixtine, la Pietà et le tombeau de Paul III à Saint-Pierre, ainsi que les oeuvres architecturales, Palazzo Farnèse et Porta Pia.

Raphaël (1483-1520), Raffaello Sanzio

Raphaël est un peintre et architecte de la Renaissance de référence mondiale. L'étoile d'Urbino naquit fils de peintre ; cela aide l'inspiration, et surtout la technique. Sa carrière fut pourtant de courte durée : une vingtaine d'années pour apparaître comme un génie de la lumière et de l'expression. Il travaille d'abord dans sa ville natale, puis dans de nombreuses églises et cathédrales de son pays. Au Vatican, il est chargé de la décoration des salles du palais de Jules III. En 1514, le pape Leon X lui confit le chantier de la basilique Saint-Pierre, suite à la mort de Bramante, et les fouilles archéologiques à Rome.

Son originalité repose sur son style qui se caractérise par une utilisation presque égale du dessin et de la couleur. Il reprend la douceur de son maître Perugino, en y ajoutant un modèle de corps plus proche de celui de Michel-Ange, et appliquant le sfumato inventé par Leonardo. Ses oeuvres sont connues de tous, parmi lesquelles Le Mariage de la Vierge, La Belle Jardinière ainsi qu'une série de madones, dont la célèbre Madone aux oeillets. On peut dégager, parmi ses nombreuses qualités, la puissance expressive de ses portraits, comme dans le portrait de Laurent de Médicis, le portrait du pape Jules II et le portrait de Baldassare Castiglione.

Raphaël repose au Panthéon. Ne manquez pas ses fresques (dont L'Ecole d'Athènes, L'Incendie du bourg, et La Villa Farnèse) dans les stanze du palais du Vatican et La Dame à la licorne à la galerie Borghèse.

Architecture
Antiquité

Les Romains furent d'extraordinaires constructeurs, des ingénieurs d'une grande habilité. Héritiers des Etrusques, puis influencés par la Grèce, ils dominèrent de nombreuses techniques qu'ils mirent au service de l'édification d'ouvrages et de bâtiments aux programmes fonctionnels variés.

Les ordres dorique, ionique, corinthien et composite sont utilisés tantôt en demi-colonnes décoratives appliquées contre des piliers ou des parois. Ce deuxième cas est le plus fréquent.

Les murs sont élevés suivant différents types d'appareillage. Dans l'opus caementicum, un blocage de petites pierres est noyé dans du mortier. Dans l'opus incertum, des parements de pierres ou de briques irrégulières recouvrent un noyau de blocage. Dans l'opus mixctum, les lits de pierre et de briques s'alternent. L'opus quadratum est un appareillage de pierres parallélépipédiques. Dans l'opus reticulatum, les pierres sont disposées à joints obliques. L'appareillage en arête de poisson est appelé opus spicatum. La maîtrise de ces techniques permet aussi la généralisation de l'arc en plein cintre, ainsi que la couverture de grands espaces, au moyen de voûtes à croisées d'arêtes ou de coupoles.

C'est en effet la grande conquête de l'architecture romaine antique, que l'on mesure à sa juste valeur au Panthéon, celle de l'espace interne. Le théâtre romain dérive du modèle grec, sans pour autant s'adosser aux pentes d'un terrain naturel. Les piliers de sa façade curviligne sont ornés de demi-colonnes d'ordres différents superposés, en un schéma dont s'inspireront les architectes de la Renaissance.

L'amphithéâtre sur plan elliptique est, quant à lui, une pure invention de Rome : le Colisée est le plus grand de tous ceux qui furent construits dans l'Empire. Ses façades rythmées d'arcades sont également ornées de demi-colonnes d'ordres différents superposés.

La basilique antique est une sorte de lieu de rencontre, de forum couvert servant notamment de tribunal et de bourse de commerce. Sa forme influence celle des premiers grands édifices chrétiens officiels, qui prennent eux aussi le nom de basilique. Les lieux de cultes chrétiens étaient jusqu'alors des maisons privées transformées, appelées titulus.

Les thermes qui se multiplièrent dans l'Empire furent les ensembles architecturaux les plus colossaux de l'Antiquité : de véritables centres de loisirs comprenant gymnases, bibliothèques et piscines alimentées en eau par les aqueducs dont les ruines parsèment encore les environs de Rome. Tous les nombreux édifices, construits pour la plupart en brique, étaient recouverts de marbre (les papes les ont presque totalement déshabillés pour construire les édifices de la Rome papale). Pendant l'Empire, Rome est le symbole de la puissance et, à ce titre, se doit d'être la plus monumentale et la plus majestueuse des villes. On estime que, sous Auguste, sa population atteint 1 200 000 habitants, qu'il faut loger et nourrir. Il va de soi que la ville ne pouvait plus être contenue dans les anciennes limites de l'enceinte de Servus Tullius. Elle s'étendait sur tout le Champ-de-Mars et au-delà du Tibre, dans ce qui est aujourd'hui le Trastevere. Le petit peuple vivait dans des immeubles collectifs pouvant compter jusqu'à six étages : les insulae. Le danger majeur était le feu. Le célèbre incendie du temps de Néron, probablement accidentel, fut l'occasion d'une vaste opération d'urbanisme. La ville disposait d'égouts et recevait l'eau par un réseau d'aqueducs. Enfin, l'approvisionnement en toutes sortes de denrées se faisait par le port d'Ostie, à l'embouchure du Tibre (visiter Ostia Antica). Au IIIe siècle, devant la menace des Barbares, l'empereur Aurélien fit ceindre Rome d'un rempart en brique long de 19 km : les mura aureliane. Ce rempart, pratiquement intact, donne une idée exacte des dimensions de la Rome impériale. On qualifiera désormais d'intra-muros les constructions enfermées à l'intérieur des murs, et de fuori mura, les autres. Rome n'est sortie de ces limites qu'au XIXe siècle, au moment de l'Unité italienne.

Période paléochrétienne et Moyen Age

Tout au long du Moyen Age, l'héritage de l'Antiquité reste omniprésent. Certains monuments antiques sont transformés en palais ou en forteresses, d'autres en églises, d'autres sont démontés et leurs matériaux réutilisés.

Entre l'architecture antique et l'architecture paléochrétienne, et entre cette dernière et l'architecture romane, il n'y a guère de continuité.

L'époque romane lègue à la ville une parure d'élégants campaniles sur base carrée, comme les oeuvres des Cosma, auteurs de nombreux pavements de marbre aux motifs décoratifs géométriques, et de superbes pièces de mobilier d'église : ambons (chaires sans abat-voix), scholae cantorum (tribunes où se tenaient les chanteurs).

Le gothique est presque absent de Rome, et Santa Maria sopra Minerva est une exception. Ce qu'il a légué de plus beau à la ville est sans doute le ciborium (baldaquin) de San Paolo fuori le Mura. L'étonnante continuité de l'architecture religieuse au Moyen Age à Rome est soulignée par la permanence de la technique de la mosaïque.

Renaissance

Florence avait été le berceau de la Renaissance, " inventée " par Brunelleschi, mort en 1446. Rome adhère à cette révolution artistique à partir de la seconde moitié du XVe siècle. Le palazzo Venezia, à la conception duquel L. B. Alberti aurait pris part, marque l'apparition à Rome du nouveau style qui s'épanouit autour de 1500 en quelques chefs-d'oeuvre de B. Pontelli, A. Bregno et D. Bramante. L'architecture de la Renaissance illustre une mutation culturelle favorisée par plusieurs circonstances essentielles.

Alors que le gothique ne s'était jamais implanté réellement dans la péninsule, la remise à l'honneur des auteurs classiques par les humanistes déclenche un véritable engouement pour la civilisation antique. C'est ainsi que la période de la Renaissance coïncide avec la redécouverte de l'art antique romain, considéré comme la perfection. On s'inspire du Panthéon et de sa coupole, des arcs de triomphe et de l'institution immuable des trois ordres, qui sont quatre : dorique, ionique, corinthien, et composite.

On découvre en particulier le manuscrit des Dix Livres de l'architecture de Vitruve.

L'artiste, au sens moderne, apparaît, protégé par de riches mécènes, banquiers ou commerçants.

En architecture, les figures géométriques simples, sources de l'éternelle beauté, modèles pythagoriciens, sont privilégiées. L'eurythmie guide les architectes vers un ordonnancement hiérarchique des éléments architectoniques et structuraux. Le plan central en croix grecque, expression de l'équilibre et de l'absolu, est remis à l'honneur, comme le prévoyaient Bramante et Michel-Ange pour la reconstruction de Saint-Pierre. Les églises, par exemple Sant'Agostino, lorsqu'elles gardent le plan en croix latine, comportent des chapelles latérales au transept et dans les nefs latérales.

Dans les palais de la Renaissance, par exemple dans le palazzo della Cancelleria et le palais Farnèse, les différents étages sont clairement marqués en façade au moyen de bandeaux, tandis que chaque fenêtre et chaque ouverture possède sa propre individualité. Les formes sont soumises à la perspective considérée comme l'un des éléments constituant l'espace. L'architecture de la Renaissance est paisible, statique, sereine, harmonieuse.

Maniérisme

Le sac de Rome par les troupes de Charles Quint, en 1527, marque traditionnellement pour l'historien le passage de la Renaissance au maniérisme. Ce sac causa un traumatisme, mais il n'a sans doute fait qu'accélérer une évolution déjà perceptible autour de 1520.

Le maniérisme est une transition entre l'équilibre de la Renaissance et le dynamisme baroque. Il est en grande partie un art d'imitation, puisque le terme de maniérisme désigne les expériences durant lesquelles l'architecte s'inspire de la manière dont les maîtres de la première Renaissance ont tiré profit des modèles de l'Antiquité. Michel-Ange, le plus grand des architectes maniéristes, emprunte par exemple à ses prédécesseurs le schéma idéal à plan centré de San Pietro. Mais il est aussi, et peut-être surtout, sculpteur. Il transforme les masses murales de ses architectures en organismes plastiques tourmentés, aux articulations complexes. A la légèreté sereine du XVe siècle, Michel-Ange substitue une lourdeur angoissée. Il infléchit l'évolution de l'architecture romaine vers une recherche du colossal qui marquera ensuite le baroque.

Dans l'architecture religieuse, le style de l'époque du concile de Trente, qui apparaît à partir de 1550, se prolonge pendant tout le XVIIe siècle et une bonne partie du XVIIIe dans toute l'Europe catholique. Ce n'est pas une rupture avec la Renaissance, mais plutôt une accentuation qui fige les règles. On l'appelle en France le style jésuite. Les églises sont construites systématiquement selon un plan en croix latine. Les nefs latérales disparaissent ou se réduisent pour que l'on puisse voir et entendre le prédicateur.

Les coupoles se généralisent au niveau du transept. Avec le développement de la musique d'église, les orgues prennent de plus en plus de place. Sur les façades, les colonnes et les pilastres, qui étaient encastrés à l'époque de la Renaissance, se détachent, créant un effet de contraste lumineux. La religion et son expression architecturale se dramatisent et prennent des attitudes théâtrales pour impressionner et, au fil du temps, pour séduire. Les grands hommes de l'époque sont Sixte IV et les architectes Vignola, Giacomo Della Porta et Maderno. Typiques de ce style : le Gesù et Sant'Andrea della Valle, la façade de Saint-Pierre et le chevet de Santa Maria Maggiore, ainsi que la façade de San Giovanni in Laterano.

Baroque

L'architecture baroque ne rompt pas avec le maniérisme ; elle en est au contraire un développement de par certaines de ses caractéristiques. C'est une explosion de liberté qui se produit au début du XVIIe siècle, alors que les ordres classiques sont toujours là, mais vus dans des miroirs déformants. Le baroque romain est un art très rigoureux et parfois austère comme chez Borromini. Il est aussi malicieux et fantaisiste comme chez Le Bernin.

L'architecture baroque se caractérise par sa recherche des effets de masse, qui avec son goût fréquent pour le colossal étaient déjà par exemple des traits manifestes de l'art de Michel-Ange. Elle se développe à partir de la fin du XVIe siècle pour connaître son apogée entre 1620 et 1680, année de la mort du Bernin. Après la disparition de ce dernier, le baroque romain perd peu à peu de sa vitalité. Il produit encore quelques oeuvres remarquables (oeuvres d'urbanisme principalement) jusqu'au milieu du XVIIIe siècle, date à laquelle Rome a cessé d'être une capitale vivante des arts.

Les caractères du baroque romain à son apogée sont bien affirmés. Ils se distinguent nettement des idéaux de la Renaissance, d'une manière que l'historien de l'art Heirnich Wolfflin a brillamment synthétisée. L'art de la Renaissance chérissait la ligne ; désormais, l'époque baroque privilégie le pictural et la courbe. L'art et l'architecture baroques jouent sur la profondeur, et non plus sur des surfaces planes distinctes. L'espace s'ouvre ; il n'est plus refermé sur lui-même. L'art baroque recherche la synthèse plutôt qu'il n'analyse. Il se complaît dans une obscurité relative bien différente de l'idéal Renaissance d'une absolue clarté.

L'évolution des deux principaux types d'édifices, l'église et le palais, est remarquable.

Les plans des églises se diversifient et exploitent des combinaisons géométriques totalement nouvelles, qui parfois apparaissent comme des tentatives de fusion du schéma longitudinal et du type centré. La construction de l'église de Gesù, sans pouvoir être assimilée à l'acte de naissance du baroque, n'en est pas moins l'une des premières oeuvres significatives d'une sensibilité nouvelle. L'ellipse, en particulier, est l'une des figures géométriques emblématiques du baroque. La décoration, peinte ou sculptée, polychrome ou non, est fastueuse et contribue à l'unification des espaces intérieurs dans la recherche d'un même effet d'ensemble.

Les palais, eux aussi, se transforment. L'unité est recherchée dans le développement vertical de leurs façades, qui se déploient en largeur en s'articulant autour d'avant-corps centraux. Les palais baroques ne sont plus des coffres massifs inspirés des modèles florentins. Eux aussi s'ouvrent vers l'extérieur, comme le palazzo Barberini.

Le Bernin et Borromini sont les deux grands génies rivaux du baroque romain. Le premier est plus " classique " que le second, en ce sens où ses compositions sont plus amples, plus monumentales.

Bernin est aussi un sculpteur de grand talent, et plusieurs de ses réalisations apparaissent comme des oeuvres d'art totales dans lesquelles architecture et sculpture fusionnent dans un même traitement scénographique de la lumière. Borromini conçoit des oeuvres plus complexes dans leur géométrie, mais à la décoration plus mesurée. Il est plus intellectuel, moins sensuel que Bernini.

Parmi les nombreux talents contemporains des deux plus grands architectes de la Rome baroque, il convient de citer C. Rainaldi et Pietro Da Cortona. Ce dernier est l'auteur de la façade de Santa Maria della Pace qui montre mieux qu'aucune autre comment une architecture baroque est également conçue comme instrument d'organisation de l'espace urbain.

Au XVIIIe siècle, c'est précisément en urbanisme que le baroque romain entonne son chant du cygne : les escaliers monumentaux de la Trinità dei Monti et la fontaine de Trevi marquent la fin d'une époque de création extraordinaire qui a marqué durablement le visage de la ville.

La spatialité du baroque, sa poétique sont par essence dynamiques. A la même époque, le pape Sixte Quint traduit cette nouvelle vision de l'espace par son plan d'urbanisme composé de grands axes rectilignes reliant les principales églises de la ville. Les nouvelles artères que trace le pape doivent faciliter la circulation des pèlerins dans Rome et elles façonneront l'évolution des villes occidentales de manière durable.

Néoclassicisme

La période architecturale procédant du néoclassicisme court de la seconde moitié du XVIIIe au début du XIXe siècle. Succèdant à l'architecture baroque, l'architecture néoclassique utilise les éléments gréco-romains (colonnes, frontons, proportions harmonieuses, portiques) et se met au service du politique. La découverte et les fouilles des sites de Pompéi et Herculaneum remettent au goût du jour les formes antiques.

Rome est aux sources du néoclassicisme, puisque les artistes de l'Europe entière y étudient les monuments antiques. Pourtant, les architectures nouvelles de qualité y sont rares à la fin du XVIIIe siècle. On peut citer tout au plus quelques salles des palais du Vatican qui ne sont pas sans mérite, ainsi que l'ensemble formé par la piazza del Popolo, le Pincio et la villa Borghèse, qui est une réussite.

Historicisme

L'historicisme caractérise les constructions de la nouvelle capitale de l'Italie unifiée, qu'il s'agisse des bâtiments officiels, des banques, des ministères, des villini de la haute bourgeosie, ou encore des immeubles qui se multiplient à l'est du coeur de la Rome baroque.

Dans les années 1860, l'historicisme s'épanouit avec une architecture au style éclectique, on parle de pluralisme stylistique. Dans le souci de créer un style à l'image de la société bourgeoise du XIXe siècle, toutes les inspirations aux styles antérieurs sont le seul mot d'ordre. Ainsi tous les styles " néo " sont utilisés pour donner à la ville l'allure de la capitale d'une nation moderne.

Le XXe siècle

Les styles " néo " n'ont pas encore disparu, mais, à côté d'eux, l'Art nouveau (appelé en Italie " Liberty " ou encore " Floreale ") fait une timide apparition et produit quelques oeuvres intéressantes. Certains architectes sont influencés par l'esprit de la Sécession viennoise.

L'architecture totalitaire

Né en Italie avec l'ascension du fascisme (1922-1945), l'architecture totalitaire s'est ensuite répandue rapidement dans les autres pays totalitaires d'Europe, tels que l'Allemagne nazie et l'Union soviétique. En effet, ces régimes ont attribué un rôle de premier plan à l'architecture en tant qu'image visible de la révolution, d'une part, et de l'expression des valeurs des régimes, d'autre part.

En Italie, ce style monumental fait appel aux valeurs architecturales classiques gréco-romaines, toutefois il s'inspire également du mouvement moderne des années 1930 et du Style international. Marqué par des conflits internes au mouvement entre rationalistes et historicistes, il en résulte souvent des oeuvres de compromis.

L'exemple par excellence du style totalitaire en Italie est le quartier de l'Esposizione Universale di Rome (EUR), constitué notamment du palais de la Civilisation du travail et du musée de la Civilisation romaine. Par contre, le Palazzetto dello Sport (quartier Flaminio) conçu par l'architecte paradigmatique P. L. Nervi illustre l'art des grandes structures en béton. La gare de Termini (S. Bianchi) et le Foro Italico (E. del Debbio et L. Moretti) avec le stade des Marbres remontent également à cette époque. Aux alentours de Rome même, des nouvelles villes ont été construites, notamment à Latina, Pontina et surtout Sabaudia.

De grands projets conclus et à venir

Alors qu'elle était toujours à la pointe de l'architecture, Rome s'était un peu assoupie, durant la seconde moitié du XXe siècle. Il fallait qu'elle redevienne ce laboratoire de créativité artistique qui faisant son essence. Rome intra-muros étant pratiquement interdite à la construction, il faut donc passer les murs pour découvrir les nouveautés architecturales. Défi relevé, avec d'abord P. Portoghesi et sa tentative de renouer avec la tradition baroque (la Grande Mosquée de Rome), puis avec les créations des dernières années qui confirment la volonté de renouvellement architectural : le parc de la Musique (Auditorium) de Renzo Piano, la chiesa del Gubileo de Richard Meier, le MAXXI de Zaha Hadid, le MACRO et le MACRO Testaccio d'Odile Decq, l'hôtel Radisson SAS de King Roselli Architetti. N'oublions pas non plus le réaménagement du quartier d'Ostiense. Malheureusement, les nouveaux projets s'enlisent, une Cité des sciences et une Cité des jeunes sont prévues dans Ostiense, mais, pour l'instant, rien n'émerge. Les folies architecturales sont mises de côté, ainsi, dans le Testaccio, le Hollandais Rem Koolhaas ne dressera pas son nuage carré dans les halles de l'ancien marché. Du côté de l'EUR, l'imagination et les tentatives restent en ébullition malgré de grandes difficultés financières. Ainsi, le Romain Massimiliano Fuksas a été sélectionné pour construire le nouveau Palais des Congrès dans le quartier de l'EUR.

Bramante (1444-1514)

Aussi à l'aise dans l'architecture religieuse que dans la peinture, cet artiste délicat, de son vrai nom Donato Di Pascuccio, est né à Pesaro et mort à Rome. Il s'illustre dans sa jeunesse en Lombardie, avant d'être admis à la cour des grands. Ses premières commandes en tant qu'architecte datent de 1479, alors qu'il était au service de Ludovico Sforza à Milan, où il fréquentait Léonard de Vinci.

Quasi aussi visionnaire qu'un Léonard de Vinci, cet architecte de la Haute Renaissance réinvente les espaces et les formes, et peut être considéré comme l'un des premiers " urbanistes " modernes. Son oeuvre la plus célèbre est sans aucun doute la basilique Saint-Pierre, commencée en 1506 et réalisée sur la demande du pape Jules II. Il en trace le plan, en jette les fondements et l'élève jusqu'à l'entablement, mais il n'a pas le temps de l'achever. L'édifice est, après sa mort, continué et perfectionné par Michel-Ange. Pour découvrir l'oeuvre de Bramante, dirigez-vous au Tempietto de l'église San Pietro in Montorio, au palais apostolique du Vatican et à Santa Maria della Pace. (À voir aussi, le Chiostro del Bramante.)

Les deux maîtres du baroque romain - Bernin et Borromini

Gian Lorenzo Bernini, dit Bernin (1598-1680)

C'est le grand sculpteur du XVIIe siècle, aussi expressif dans l'oeuvre religieuse que dans le portrait d'époque. Dans sa jeunesse, il s'intéresse à la mythologie (lyrisme et mouvement du célèbre Apollon et Daphné à la galerie Borghèse). Il est très vite reconnu et glorifié, ce qui lui procure une situation enviable et lui donne accès, suprême honneur, à la décoration de Saint-Pierre. Son baldaquin est presque aussi célèbre que la chapelle Sixtine. Au cours de sa vie, il travaille pour huit papes. Il reçoit, à l'âge mûr, diverses commandes architecturales de toutes les cours d'Europe, mais il ne quitte pas Rome, sauf une fois pour se rendre au Louvre. Sa tombe repose à la basilique Santa Maria Maggiore.

Son art, typiquement baroque, est caractérisé par la recherche du mouvement, la torsion des formes, le spectaculaire et les effets d'illusion. Son oeuvre a eu une influence significative sur le développement de la sculpture et de l'architecture baroque à Rome. Au contraire de son principal rival Borromini, Bernini se distingue par sa forte orientation aux formes de la Renaissance et l'union entre architecture et sculpture.

De ses oeuvres majeures, on retiendra, outre les portraits, de superbes fontaines et de grandioses tombeaux. A Rome, vous pouvez admirer l'Extase de sainte Thérèse à la chapelle Cornaro dans l'église Santa Maria della Vittoria, la fontaine des Quatres-Fleuves sur la piazza Navona, le baldaquin de la basilique Saint-Pierre et la colonnade de la place Saint-Pierre, la Scala Regia au Vatican, l'église Saint-André-du-Quirinal et le Rapt de Proserpine à la galerie Borghèse.

Francesco Borromini (1599-1667)

Né à Bissone dans le Tessin à la fin du XVIe siècle, il travaille pour Carlo Maderno sur la basilique Saint-Pierre comme sculpteur d'ornements. Après la mort de Maderno en 1629, Borromini continue d'exercer les mêmes fonctions de dessinateur auprès de Bernini et ainsi participe à la réalisation du palais de Barberini. Borromini était le principal rival de Bernini. Le point majeur de contradiction entre ces deux maîtres est leur interprétation des possibilités et limites de l'imagination. Borromini poursuivait une interprétation individuelle des formes architecturales classiques afin d'obtenir une expressivité nouvelle. Par conséquent, il créait souvent des intérieurs plastiques de forme organique souvent toute blanche et des façades concaves.

Borromini avait la chance et le mérite d'être accepté par les instances religieuses romaines : il travailla sur la basilique Saint-Jean-de-Latran et sur les églises Sainte-Agnès de la piazza Navona, Sant'Ivo alla Sapienza, Sant Andrea delle Fratte et San Carlo delle Quattro Fontane, avant d'entreprendre, deux ans avant sa mort, la décoration du fronton et de la cour de Saint-Charles. Pureté des lignes et richesse des éléments décoratifs sont les qualités majeures de cet artiste exigeant, qui mit fin à ses jours en 1667.

Artisanat

Comme dans la plupart des grandes villes européennes, l'artisanat est en perte de vitesse. Il survit (encore pour le moment) dans de nombreuses villes et villages du Latium.

De l'artisanat latial, il faut citer en premier lieu la céramique. L'art de la terre cuite qui, à Rome, se fait de plus en plus rare, est encore pratiqué dans d'autres centres du Latium, comme Vetrella et Vassanello, où les artisans travaillent l'argile dans de vieux fours, profitant des enseignements de leurs ancêtres. A Civitacastellana, on fabrique des céramiques tant artisanales qu'industrielles.

Pour le travail du bois, il existe également de petites boutiques artisanales, dans lesquelles l'on fabrique des meubles rustiques, ainsi que des ustensiles de cuisine.

Les chaises en osier ou paillées sont fabriquées à Cardito, Rieti, Saracinesco, Sora et Turania.

Une tradition importante et encore très vivante est celle des broderies et des dentelles, les plus belles étant celles de Palestrina. Les travaux délicats et artistiques de Veroli, en soie ou en argent, exécutés par les soeurs bénédictines et concernant surtout les parements liturgiques et les ornements sacerdotaux, sont particulièrement renommés.
Dans le centre de Rome, autour de la place Campo dei Fiori, on est surpris par le nombre de petits ateliers de vieux métiers : luthier, rempailleur, doreur...

Cinéma

Rome a inspiré de nombreux metteurs en scène romains comme Roberto Rossellini, Ettore Scola, Nanni Moretti et Gabriele Muccino mais aussi des metteurs en scène italiens non romains comme Federico Fellini, Michelangelo Antonioni, Bernardo Bertolucci, Pietro Germi et Pier Paolo Pasolini. Son rayonnement cinématographique a même été bien au-delà des frontières nationales, de nombreux réalisateurs étrangers se frottant aux studios mythiques de la Cinecittà ou choisissant la Ville Eternelle comme décor pour leurs films. Voici un aperçu thématique et chronologique du cinéma romain, national et international.

Débuts fascistes de la Cinecittà et néoréalisme de l'après-guerre

Il existe depuis plusieurs décennies, une véritable histoire d'amour entre Rome et le cinéma. Cette relation est scellée pour la première fois en 1937, lorsque les célèbres studios de la Cinecittà sont inaugurés par Mussolini. La volonté du régime fasciste était alors de créer le plus grand complexe cinématographique d'Europe, afin de concurrencer Hollywood. Pari tenu. Passé les premières productions à la gloire du régime, les studios accueillent, après la chute de Mussolini en 1943, les plus grands réalisateurs du pays : Luchino Visconti, Roberto Rossellini, Vittorio De Sica. A partir de 1945, avec Rome, ville ouverte de Roberto Rossellini, les metteurs en scène italiens de l'après-guerre ont été contraints de tourner leur film à ciel ouvert, dans les rues et sur les places, car les studios de tournage de la Cinecittà avaient été bombardés. C'est ainsi qu'est né le néoréalisme à l'italienne.

Années 1960, l'âge d'or de la Cinecittà et du cinéma italien

Une fois affirmé dans le monde entier, le néoréalisme n'est pourtant pas rentré dans un schéma classique productiviste et a continué à utiliser les lieux en extérieur plutôt que les studios. C'est ainsi que des réalisateurs romains d'adoption comme Pier Paolo Pasolini ou Federico Fellini continuent à tourner dans les rues de Rome. Mais les années 1960 sont aussi l'âge d'or des studios, notamment grâce à ces réalisateurs d'exception. Pour Fellini, la Cinecittà incarne " l'usine à rêves " du monde qu'il veut mettre en scène.

On retient surtout son chef-d'oeuvre, La Dolce Vita, Palme d'or du festival de Cannes en 1960. Federico Fellini marque alors à tout jamais le monde du cinéma. Le casting du film contribue à son succès : Marcello Mastroianni, Yvonne Furneaux, Anouk Aimée, Anita Ekberg. C'est l'histoire de Marcello, un journaliste " playboy " à la recherche de potins pour sa rubrique. Il va parcourir Rome et y découvrir ses moindres recoins, ses personnages, ses difficultés. De femme en femme, de sortie en sortie, il sent la gloire et la décadence de Rome et de ses habitants. Rome est alors en plein boom économique, les classes sociales huppées connaissent leur moment de gloire et vivent sur le paraître. Le chaos, la débauche, l'amour, l'ésotérisme, la mort, l'impureté sont traités très subtilement et avec un ton satirique. Le jeu d'acteurs poétiques, provocants, choquants, fussent-ils juste en train de se promener dans Rome le soir, comme Anita Ekberg, est mémorable. Ce film peint donc la ville de Rome teintée de symboles et de croyances, avec ses couches de société bien différentes les unes des autres et ses particularismes. La ville est magnifiquement filmée et les émotions dégagées inoubliables.

 

Cinecittà vs. Hollywood, péplums et westerns spaghetti

Le système de production de la Cinecittà inspire de nombreux metteurs en scène des Etats-Unis, qui commencent à abandonner, à partir des années 1950, la riche Hollywood pour les rives du Tibre : le célèbre film de William Wyler, Vacances romaines, en est le premier exemple.

C'est pourtant dans un tout autre style que les Américains vont s'intéresser aux studios de la Cinecittà. Alors très adeptes du péplum, ils se mettent en effet à tourner à Rome pour conférer un supplément d'âme latine à leurs adaptations antiques, tout en profitant de coûts de production plus avantageux outre-Atlantique. Quo Vadis de Mervyn Le Roy avec Robert Taylor (1951), Ben-Hur de William Wyler avec Charlton Heston (1959) et quelque 150 péplums sont réalisés en une dizaine d'années dans ce que l'on nomme désormais Hollywood sur Tibre. Sergio Leone y tourne Les Derniers Jours de Pompéi (1959) et Le Colosse de Rhodes (1961), qui connaîtra un grand succès. Mais les deux chefs-d'oeuvre absolus du genre sont réalisés par Joseph Mankiewicz : Jules César (1953) et Cléopâtre (1963). On peut aussi noter l'excellent film de Fellini, Satyricon (1969), et, dans un autre genre, le célèbre film de Stanley Kubrick, Spartacus (1960).

Dans la seconde moitié des années 1960, c'est au tour du western spaghetti, avec comme chef de file Sergio Leone, d'assurer la gloire des studios.

Les années 1970-1980, télévision et cinéma d'horreur italien

Les années 1970, avec l'apparition de la télévision, marquent la fin de l'âge d'or du cinéma grand public tourné dans les studios de la Cinecittà. Les productions étrangères désertent les lieux, les plateaux sont reconvertis pour des émissions, séries et téléfilms de la télévision italienne.

Pourtant, un genre nouveau fait son apparition dans le paysage cinématographique italien. Il s'agit du cinéma d'horreur. Il repose principalement sur deux noms romains : Dario Argento et Mario Bava ; et ce cinéma gore des années 1970, tourné au second degré (du moins, on l'espère), avec ses effets carton-pâte et ses faux monstres, est assez réjouissant. De Dario Argento (qui fut assistant-scénariste de Il était une fois dans l'Ouest), il faut voir Inferno (1980), Suspiria, de la fin des années 1970 (en 1977, pour être plus précis) et, plus proche de nous, Phenomena (1985). De Mario Bava, qui débuta dans le péplum et autres genres dans une veine esthétisante, le chef-d'oeuvre à voir est La Baie sanglante (1971) qui, dans une soirée vidéo bien préparée, devrait vous faire rire aux larmes.

Renouveau des années 1990-2000

Dans les années 1990, les studios amorcent le virage numérique et sont peu à peu privatisés. Des films internationaux majeurs y sont à nouveau tournés. Dès la fin des années 1980, on peut noter le succès du film de Jean-Jacques Annaud Le Nom de la rose et du film de Bertolucci, Le Dernier Empereur. Ce réalisateur participe au renouveau du cinéma italien des années 1990 en sortant presque coup sur coup Little Buddha (1993) et Stealing Beauty (1995). Les autres grands noms italiens sont Roberto Benigni qui confirme ses talents de réalisateur avec La Vie est Belle (1997) et surtout Nanni Moretti, grand amoureux de la Ville Eternelle. Il réalise notamment Journal Intime (1994) et La chambre du fils (2001) qui reçoivent de grands prix internationaux.

Mais il faut attendre les années 2000 pour que de grands blockbusters internationaux soient de nouveau produits et réalisés à la Cinecittà. C'est le cas avec Gladiator de Ridley Scott avec Russell Crowe (2000), Gangs of New York de Martin Scorsese (2003) ou encore La Passion du Christ de Mel Gibson (2004). En 2005, le genre oublié du péplum effectue un surprenant come-back avec la série Rome, une coproduction américano-britannique-italienne tournée dans les studios de Cinecittà. Un immense incendie en 2007 viendra à bout d'une grande partie des décors de la série.

L'avenir du cinéma italien, le documentaire en bonne position

L'élan amorcé dans les années 1990-2000 se poursuit de manière un peu ralentie ces dernières années. Comme régulièrement se pose la question de l'avenir du cinéma romain et italien. Malgré le peu de réalisations d'envergure par rapport à l'âge d'or des années 1960, il faut noter quelques exceptions d'une qualité rare.

D'abord, le film documentaire ou à tendance documentaire prend une ampleur nouvelle avec des réalisateurs comme Gianfranco Rosi, premier documentariste à recevoir le Lion d'Or à la Mostra de Venise en 2013 avec son Sacro GRA, documentaire poignant sur le périphérique de Rome. Il faut aussi mentionner ici le Romain Matteo Garrone qui connait le succès international avec ses films de contestation sociale et politique Gomorra (2008) et Reality (2012). Enfin, la jeune Alice Rohrwacher a connu la consécration dans la même veine avec Les Merveilles (2014).

Dans un style beaucoup plus léger, le Romain Gabriele Muccino est la star des comédies romantiques à l'italienne. On lui doit Juste un baiser (2001), adapté à Hollywood suite à un succès populaire inattendu. En 2010, il sort la suite avec Encore un baiser qui est de nouveau un succès sur les écrans. Entretemps, il aura été débauché outre Atlantique par Will Smith pour réaliser Pursuit of Happyness.

Dans les autres jeunes à suivre, Paolo Sorrentino a cherché à s'inscrire dans une filiation claire avec les grands maîtres des années 1960. Il filme Rome avec amour et intimité. La ville en devient son héroïne principale dans le film La Grande Bellezza qui obtient l'Oscar du meilleur film étranger en 2013.

En 2016, Quo Vado (" Où vais-je ? ") a connu un succès fulgurant et inattendu, avec 7 millions d'entrées en 15 jours. Cette comédie familiale réalisée par Gennaro Nunziante met en scène l'historie rocambolesque d'un fonctionnaire corrompu vivant dans le confort qui va voir sa vie bouleversée par une mutation, incarné par l'humoriste Checco Zalone. Une satire de la société italienne qui tape juste.

Rome au cinéma

Sujet favori des réalisateurs italiens et étrangers, depuis plus de 60 ans, la Ville éternelle continue à percer les écrans avec ses grands airs de diva...

Quo Vadis, de Mervyn Le Roy (1951).

Rome, ville ouverte, de Roberto Rossellini (1945).

Le Voleur de bicyclette, de Vittorio De Sica (1948).

Ben-Hur, de William Wyler (1959).

La Dolce Vita et Fellini Roma, de Federico Fellini (1960).

Vacances romaines, de Wiliam Wyler (1953).

Un Américain à Rome (Un Americano a Roma), de Stefano Vanzina, dit Steno (1954).

Mamma Roma, de Pier Paolo Pasolini (1962).

Cleopatra, de Joseph L. Mankiewicz (1963).

Nous nous sommes tant aimés, d'Ettore Scola (1974).

Une journée particulière, d'Ettore Scola (1977).

Journal intime, de Nanni Moretti (1993).

Cliffhanger, de Renny Harlin (1993).

Le Talenteux M. Ripley, d'Anthony Minghella (1999).

L'Estate romana, de Matteo Garrone (2000)

Gangs of New York, de Martin Scorsese (2001).

Juste un baiser, de Gabriele Muccino (2001).

Les Fées ignorantes, de Ferzan Ozpetek (2001).

Souviens-toi de moi, de Gabriele Muccino (2003).

Romanzo criminale, de Michele Placido (2006).

Anges et démons, de Ron Howard (2009).

Le Déjeuner du 15 août, de Gianni Di Gregorio (2009).

Le Rêve italien, de Michele Placido (2010).

Un été brûlant, de Philippe Garrel (2011).

Habemus Papam, de Nanni Moretti (2011).

To Rome with love, de Woody Allen (2012).

La Grande Bellezza, de Paolo Sorrentino (2013).

Sacro GRA, de Gianfranco Rosi (2013).

Mia Madre, de Nanni Moretti (2015).

Tout l'argent du monde, de Ridley Scott (2017).

Trois légendes romaines

Sergio Leone. Né à Rome le 3 janvier 1929, il est considéré comme l'un des plus grands réalisateurs de l'histoire du cinéma. Père du western spaghetti, on lui doit notamment des grands classiques du septième art tel que Le Bon, la Brute et le Truand, Pour une poignée de dollars, Il était une fois dans l'Ouest... Des films qui ont permis au monde entier de découvrir Clint Eastwood et le compositeur Ennio Morricone. Il meurt dans la Ville éternelle le 30 avril 1989.

Alberto Sordi. Ce grand acteur romain est LA référence des comédiens italiens populaires des années 1950 à 1970. Avec plus de 150 films à son actif, dont une vingtaine comme réalisateur, surnommé Albertone (" le grand Albert "), il a donné vie à toute une galerie de personnages. Du tire-au-flanc au gendarme, du père de famille au mari trompé, du médecin de la Sécu au petit bourgeois... Alberto Sordi est né à Rome en 1919 dans le quartier populaire du Trastevere. Quatrième fils d'un professeur de musique, il chante comme soprano dans le choeur de la chapelle Sixtine. Il part à Milan pour étudier la récitation à l'Académie des Filodrammatici mais il en est renvoyé à cause de son fort accent romain. C'est en 1936 qu'il entre dans le milieu du spectacle, par le music-hall. Et il décroche, sur un concours de la MGM, le doublage en italien d'Oliver Hardy (des célèbres Laurel & Hardy), un rôle qui le suit plusieurs années. Après la guerre, il crée des personnages à succès sur la radio comme Signor Coso, Mario Pio ou le Comte Clair, et c'est en 1950 qu'il apparaît véritablement au cinéma. De 1952 à 1955, deux films, réalisés par le maître Fellini, le propulsent au devant de la scène. En 50 ans de cinéma, de l'après-guerre jusqu'à la fin de sa carrière en 2003, le grand Albertone a joué plus de 150 films.

Totò. Son nom ne vous dit peut-être rien, mais sachez qu'Antonio de Curtis, alias Toto, est une légende en Italie et tout particulièrement à Rome. Il débute sa carrière dans les années 1920, avec des numéros d'improvisation et d'imitations dans des petits théâtres de Naples. Cela dit, c'est son arrivée à Rome, en 1922, qui lui donne sa chance. Il fonde sa propre compagnie de théâtre et part en tournée en Italie pour diverses revues, très populaires. Au cinéma, sa carrière peine à décoller, mais en revanche, au théâtre, il obtient des accueils triomphaux dans des spectacles mis en scène par Antonio Galdieri.

En 1947, Mario Mattoli lui ouvre la voie du succès sur pellicule avec Les Deux Orphelins (I due orfanelli). Il va, dès lors, travailler de plus en plus pour le cinéma, ce qui l'amènera à quitter petit à petit les planches. Avec plus de cent films à son actif, et notamment de nombreux rôles de comiques qui lui assurèrent une grande notoriété, i jouera aux côtés de grands noms du cinéma italien tels que Vittorio de Sica, Anna Magnani et Vittorio Gassman, ainsi que de célèbres acteurs internationaux tels que Joséphine Baker, Jean Rochefort ou Orson Welles. Toto perd la vue en 1956 mais tourne pour le cinéma jusqu'à la fin de sa vie. Il a d'ailleurs reçu une mention spéciale pour l'ensemble de sa carrière au Festival de Cannes en 1966. Il meurt d'une crise cardiaque un an après, le 15 avril 1967, à Rome, à l'âge de 69 ans.

Littérature
L'Antiquité

Lucrèce (vers 98-55 av. J.-C.). Ce poète est généralement considéré comme d'origine romaine, d'autant plus que certaines de ses oeuvres font allusion de façon suffisamment précise à la vie quotidienne dans la capitale. Le fameux auteur de De natura rerum (A propos des choses de la nature) serait, d'après quelques collègues bien intentionnés, mort fou, voire se serait suicidé, et son chef-d'oeuvre aurait été retouché par Cicéron lui-même. Quoi qu'il en soit, on peut parler sans hésiter d'un poète visionnaire, tant ses travaux, qu'ils soient poétiques ou scientifiques, semblent être en avance sur son époque (suffisamment pour impressionner Leibniz et irriter Voltaire) : de l'évolution de l'espèce à l'indivisibilité de l'atome, le tout dans une vision souriante et clairement épicurienne de la vie.

Salluste (86-31 av. J.-C.). César aurait-il été vraiment César sans Salluste ? Dans l'histoire romaine, sans aucun doute, malgré l'intense appui que l'historien, en tant que militaire et politique, apporta à l'empereur ; dans la légende, sans doute un peu moins, tant Crispus Sallustius se montra un thuriféraire zélé de l'oeuvre impériale. Gregario (simple soldat) de la première heure, Salluste sait choisir le bon camp, face à Pompée, et ce choix lui vaut de fortes gratifications en termes de richesses et de gloire. Après l'assassinat de son maître, Salluste a la sagesse de se retirer dans son palais doré pour raconter l'histoire romaine à sa manière, qui n'est pas toujours celle de Cicéron. Il est cependant l'un des plus importants historiens romains et, au-delà du contenu apologétique de son oeuvre, reste une référence, par son style et sa précision, sur les événements du Ier siècle av. J.-C. (La Conjuration de Catilina, La Guerre de Jugurtha).

Virgile (70-19 av. J.-C.). Vivant au Ier siècle av. J.-C., témoin non impliqué des événements de son temps et de l'âpre lutte pour le pouvoir (César et Pompée, Antoine et Auguste), Virgile préfère les fleurs, les bergers et les petits oiseaux, invente le lyrisme, s'accorde avec la nature. Ses vers sont appréciés à Rome, il est admiré par les grands. Il voyage et s'installe près de Naples où il compose Les Géorgiques, en 28 av. J.-C., dix ans après Les Bucoliques. Il y exalte les travaux agricoles, l'homme en harmonie avec la terre nourricière... Revenant aux sources de l'histoire romaine, il se consacre ensuite à son grand projet : L'Enéide, dans lequel il raconte la légende d'Enée, prince troyen qui serait venu s'installer en Latium et dont descendraient Romulus et Rémus. Virgile y dépeint la naissance de Rome avec ferveur et passion, mettant en avant les qualités romaines, gage de la force, non seulement d'un empire mais d'une nation.

Sénèque (environ de 2 av. J.-C. à 65 apr. J.-C.). Pas tout à fait romain, car natif de Cordoue, Sénèque tient une place importante dans la vie politique romaine du début de notre ère, tout en produisant une oeuvre littéraire et philosophique considérable. Un épisode malheureux l'expédie en Corse et, dans les orties, mais il revient en grâce pour devenir le précepteur de Néron sous le règne de Claude. Le futur dictateur, s'il écoute dans les premiers temps de son règne le fin politique et l'humaniste, finit par se débarrasser de ce moralisateur gênant en le poussant au suicide, sans doute en 65 apr. J.-C. C'est autant pour ses travaux historiques et philosophiques (Sur la clémence, Sur la vie heureuse, Des bienfaits, De la brièveté de la vie, Lettres à Lucilius) que pour ses oeuvres dramatiques (Phèdre, oedipe, Médée, Hercule furieux) que le nom de Sénèque a traversé les siècles, même si certains lui reprochent une certaine inadéquation entre une vie un peu tumultueuse et des préceptes vertueux à la limite du stoïcisme.

Pétrone (14-66). Il est né à Milan et a vécu au temps des grands empereurs comme Claude et Néron. Accusé d'avoir participé à un complot contre Néron, il se serait suicidé, non sans avoir donné un dernier banquet à ses amis et avoir adressé à l'empereur un testament, dans lequel il lui écrivait les critiques qu'il avait prononcées à son encontre. Pétrone est un écrivain latin, à qui l'on attribue le roman Satyricon. Le roman est à la fois en vers et en prose, en latin classique et vulgaire. Il narre les aventures de trois jeunes débauchés, Encolpe, Ascylte et son jeune amant, Giton. Le lieu de l'intrigue est Rome, une Rome décadente. Satyricon a été adapté à l'écran par Federico Fellini en 1969.

Suétone (du Ier au IIe siècle apr. J.-C.). Suétone (Caius Suetonius Tranquillus) était un sénateur et érudit romain, principalement connu pour ses Vies des douze Césars, qui comprend les biographies de Jules César à Domitien. Défenseur des ordres équestre et sénatorial, ses biographies sont orientées, mais elles demeurent l'une des sources essentielles que l'on possède concernant la biographie de Jules César et des 11 premiers empereurs romains.

Du XVIe siècle à nos jours

L'Arétin (1492-1556). Pietro Bacci reçut son pseudonyme de sa région d'origine. Né à Arezzo donc, en 1492, il se passionne pour les arts, échoue dans la peinture et se lance dans la littérature. Brillant orateur, il fait merveille dans les salons. Il s'installe à Rome et fréquente le beau monde grâce au fameux Agostino Chigi, grand protecteur des arts. Il joue les courtisans, aiguise ses traits, cultive la satire et donne son avis sur la vie publique et politique dans divers écrits. Chance supplémentaire, l'un de ses meilleurs amis devient pape (Clément VII). A partir de là, il tutoie François Ier et Charles Quint ; il en profite si bien qu'il fait de nombreux jaloux et doit fuir la capitale pour Venise, où le doge Gritti l'accueille à bras ouverts. C'est la grande époque : l'Arétin le licencieux tient la maison la plus enviée d'Italie ; toute la " jet-set " vénitienne vient y souper (Titien est l'un de ses intimes), et les belles filles peu farouches y sont légion. Cela ne l'empêche nullement de composer quelques oeuvres grivoises et d'autres plus sérieuses que son talent et son aisance lui permettent d'ajuster selon les désirs de l'époque : quelques comédies brillantes, et même des oeuvres pieuses pour faire plaisir à l'Eglise et briguer la robe de cardinal dont il rêve. Il meurt cependant avant de l'avoir obtenue.

Gabriele D'Annunzio (1863-1938). Ce prince de sang voit le jour aux confins des Abruzzes et des Pouilles, à Francavilla al Mare, et consacre sa vie à l'expression de la noblesse des sentiments, à la grandeur de l'âme et au souffle lyrique d'une écriture soignée et brillante. Son parcours bien conduit le voit d'abord poète, puis nouvelliste et enfin romancier et auteur dramatique. Ses thèmes de prédilection : la nature et l'amour, vus par un esprit supérieurement intelligent et sensible, qui pourrait être lui-même. D'Annunzio se confond avec ses personnages, entre Dorian Gray et Lampedusa, fascinant encore aujourd'hui de nombreux apprentis dandys. Sa propre vie se déroule en cinérama : il enlève une princesse romaine, vit une aventure orageuse avec une célèbre actrice, devient député nationaliste au début du siècle et, poursuivi par les créanciers et les maris jaloux, se réfugie à Arcachon où il tient l'un des salons les plus brillants de l'avant-guerre, rédigeant en français un Martyre de saint Sébastien qui sera adapté par Debussy. Il revient dans son pays pour le sauver, devient un as de l'aviation et soutient un siège dans une petite ville qu'il régente en inventant les colifichets du fascisme (les Chemises brunes et le salut...). Après la guerre, il se retire dans une superbe propriété sur les bords du lac de Garde, offerte par le régime, et y demeure jusqu'à la fin de ses jours, écrivant et jouissant de ses derniers instants dans une sorte de folie baroque, en tyrannisant son entourage. A lire, si l'on apprécie son style grandiose et ampoulé, ses romans : Le Feu, La Pisanelle, et Nocturne, ainsi que certaines de ses pièces de théâtre.

Luigi Pirandello (1867-1936). Pirandello naît à Agrigente, en Sicile. Dans les années 1920, il publie ses premiers poèmes, essais et ses pièces majeures, comédies philosophiques en tout point uniques qui font de lui un très grand dramaturge : Chacun sa vérité ; Comme ci, ou comme ça ; Henri IV ; Six personnages en quête d'auteur... Il reçoit le prix Nobel de littérature en 1934. Pirandello est, comme tous les génies, un précurseur et un visionnaire. L'univers du théâtre peut désormais être pirandellien ou brechtien, comme il est parfois shakespearien. Son Six personnages en quête d'auteur est régulièrement représenté par les plus grands metteurs en scène. Son théâtre traduit une interrogation profonde et métaphysique sur la place de l'homme dans l'univers, ses doutes et ses recherches, individuellement et socialement, dans un style constamment poétique.

Trilussa (1871 - 1950). Parmi les auteurs qui écrivent en dialecte romanesco, Trilussa, de son vrai nom Carlo Alberto Salustri se distingue pour sa finesse linguistique et la qualité littéraire de ses oeuvres satiriques de la politique et de la société italienne. Une statue du poète est placée à la place Trilussa de Trastevere.

Alberto Moravia (1907 - 1990). Coup d'essai, coup de maître : Alberto publie son premier roman à 22 ans et c'est un succès immédiat (Les Indifférents). Peu disposé à l'égard du fascisme et de son évolution (né à Rome d'une famille israélite), il fait également preuve, dans ses premiers écrits, d'une vigueur décuplée par son désir de revanche sur la vie qui ne l'a pas épargné (tuberculeux, il a passé sa jeunesse au sanatorium). Après la guerre, il trouve une sorte de plénitude - amour de la vie, amour de la nature - qui s'accorde avec son inimitable talent de conteur et d'observateur de la vie romaine et de ses travers (il n'est guère éloigné dans ses Nouvelles romaines d'un Restif de la Bretonne ou d'un Alexandre Vialatte), de la confusion des sentiments et des secrets de la bourgeoisie. Il écrit ensuite quelques romans majeurs de la littérature contemporaine italienne qui, adaptés au cinéma par des réalisateurs prestigieux, ont donné quelques films également majeurs (La Ciociara, de Vittorio De Sica, avec Sophia Loren, et Le Conformiste, de Bernardo Bertolucci). La fin de sa carrière est marquée par une lucidité un peu plus cynique et désabusée, avec tout autant de réussite : Le Mépris (qui donna le meilleur film réalisé par Godard et le meilleur joué par Brigitte Bardot !) ou L'Ennui sont des romans d'envergure, malgré leur adéquation un peu trop mode aux thèmes du cinéma grand public, plus proche de Roger Vadim que de Michelangelo Antonioni. Alberto Moravia fut le mari d'Elsa Morante (1912-1985), célèbre femme de lettres italienne, auteur, entre autres, de La Storia.

Carlo Fruttero (1926 - 2012) et Franco Lucentini (1920 - 2002). Les Erckmann-Chatrian du roman noir psychologique ou les Boileau-Narcejac transalpins sont de vrais duettistes très complémentaires. Fruttero est turinois, Lucentini, romain, et leur collaboration, depuis près de trente ans, n'a jamais faibli en qualité. Luigi Comencini adapte leur première oeuvre, La Femme du dimanche, en 1975, et leur célébrité soudaine ne se démentira plus. Ils passent au vitriol quelques travers contemporains dans une série d'ouvrages plus alertes et bien trempés : La Nuit du grand boss (1979), Place de Sienne, côté ombre (1983), L'Amant sans domicile fixe (notre préféré, 1986), L'Affaire D. (1989). Mais Franco Lucentini, malade, a abandonné son collaborateur et ami de toujours : il s'est donné la mort le 5 août 2002. Atteint d'un cancer du poumon, Franco vivait avec sa femme, elle-même très souffrante, dans son appartement de la piazza Vittorio, à Turin, où il n'avait jamais laissé entrer la télévision. Dans un entretien au Giornale di Vicenza, il déclarait : " Le présent ne m'intéresse pas. C'est Carlo Fruttero qui me tient plus ou moins au courant. La seule chose qui pourrait m'intéresser, c'est que les Martiens débarquent sur Terre ou que j'aille moi-même explorer la planète Mars... Personnellement, je ne suis curieux de rien. Même le phénomène de la mort ne m'intéresse pas. Il y a une inscription funéraire romaine qui dit ceci : " Je n'existais pas, j'ai existé, je n'existe plus. Qu'est-ce que ça peut bien me faire ? " "

Andrea Camillieri (1925). Auteur depuis les années 1940, ce n'est qu'au début des années 1980 qu'Andrea Camilieri se lance dans l'écriture de romans policiers. En mettant en scène le commissaire Montalban, il devient un auteur à succès imminent au fil de quelques années et dernièrement le commissaire Montalban est même très populaire à la télévision. Mais les récits policiers de Camilieri vont au-delà de la simple narration et dépeignent une société sicilienne avec humour.

Dario Fo (1926-2016). C'est l'homme de théâtre complet (à la fois auteur, dramaturge et metteur en scène) et figure contemporaine emblématique de la lutte contre l'oppression et l'injustice. Parmi ses oeuvres les plus connues figurent Mort accidentelle d'un anarchiste, Mystère bouffe, Histoire de tigre et Le Pays de Mezaràt. Son anticonformisme, son courage civique et son engagement politique et social entraînèrent le Prix Nobel Fo (1997) dans d'innombrables procès et controverses en Italie. Il faut attendre 2014 pour qu'il publie son premier roman, La Fille du Pape. Portrait de la sulfureuse Lucrèce Borgia, c'est aussi un tableau de la Renaissance mise en scène comme miroir de notre société contemporaine où règnent sexe, violences et corruption.

Umberto Eco (1932-2016). Professeur, essayiste, romancier, sémiologue, chroniqueur ou linguiste, il est difficile de qualifier cet intellectuel aux multiples talents. Umberto Eco s'impose au niveau international comme le maître incontesté de la sémiotique. Du grand public, il est surtout connu pour ses essais romanesques de succès mondial comme Le Nom de la rose, Le Pendule de Foucault, L'Ile du jour d'avant, Baudolino et La Mystérieuse Flamme de la reina Loana, Numéro zéro qui présente sans concession les travers d'un journal italien sans scrupules.

Claudio Magris (1939). Triestin de naissance, turinois d'adoption, cet essayiste est avant tout héritier de la tradition culturelle de la Mitteleuropa qu'il a contribué à définir. Ses livres érudits, comme Danube (1986) et Microcosmes (1997), connaissent un très grand succès public et critique. Magris a ainsi reçu plusieurs prix prestigieux couronnant son oeuvre.

Médias locaux
Presse écrite

L'Italie a une longue tradition de libre expression de la presse écrite.

Certains journaux sont d'ailleurs parmi les plus anciens d'Europe, comme La Gazzetta di Mantova (1735), Il Giornale di Bergamo (1812), La Nazione (1859), La Stampa (1867), ou encore Il Corriere della sera (1876). C'est pourquoi l'Italie a aujourd'hui encore un nombre important de publications de presse écrite, qu'elle soit quotidienne, hebdomadaire ou périodique.

Toutes les tendances, politiques, économiques, sociologiques et culturelles sont ainsi représentées et diffusées. Qu'elle soit d'ampleur nationale (comme La Repubblica), ou locale (Il Messagero à Rome), la presse foisonne en Italie, chaque province édite son propre quotidien.

Les journaux les plus importants ne sont pas forcément ceux paraissant dans la capitale, comme c'est le cas en France. De nombreux quotidiens, de Turin, Milan ou Florence, ont une diffusion nationale, voire internationale, ce qui s'explique par l'organisation particulière de l'Italie, et par son passé.

Ainsi, parmi les quotidiens les plus appréciés dans toute l'Italie, nous trouvons un quotidien milanais, Il Corriere della sera. Le deuxième quotidien national est La Repubblica (Rome), suivi par La Stampa (Turin), Il Messagero (Rome) et L'Unità (deux éditions, l'une à Rome, l'autre à Milan). Il Sole 24-ore (Milan), Milano finanza et Il Corriere mercantile (Gênes) sont les plus représentatifs de la presse économique et financière. Parmi les quotidiens sportifs, citons La Gazzetta dello sport (Milan), qui est incontournable en la matière.

Les magazines hebdomadaires et mensuels tiennent, eux aussi, une place importante dans la vie des Italiens. L'Espresso ou Panorama développent les sujets les plus divers, et sont très utiles pour qui veut comprendre la société italienne contemporaine.

Les journaux étrangers (Le Monde, l'International Herald Tribune, ou La Tribune de Lausanne) sont parfaitement bien distribués sur tout le territoire.

Radio

Les premières émissions radiophoniques datent du 1er janvier 1925. Très tôt, la RAI (Radio Audizione Italia) est inaugurée. Monopole d'Etat, elle est toute-puissante et incontournable.

Il y a aujourd'hui trois stations nationales (Radio 1, 2 et 3) et plusieurs centaines de stations locales... A découvrir en se baladant sur les ondes ! Vous tomberez peut-être sur Radio DJ, Radio 105, et... Europe 1, France Inter ou Radio France International.

Télévision

Les premiers programmes télévisuels commencèrent le 1er janvier 1954. Jusqu'en 1975, comme dans de nombreux pays européens, la radio et la télévision restèrent sous contrôle de l'Etat.

Suite à la libération de cet espace, de nombreuses chaînes privées et commerciales s'installèrent, comme Canale 5, Rete 4, Italia 1 (appartenant à Silvio Berlusconi). RAI 1 et Canale 5 sont les chaînes les plus suivies. De plus, Rome est quasiment la seule ville en Italie où il est possible de recevoir France 2, via les antennes terrestres. En Italie, l'indépendance des médias, notamment la télévision, est devenu un sujet délicat et de scandale : alors que Silvio Berlusconi était à la tête de l'Etat (avant sa réélection de 2008), il aurait placé des proches à la tête de la télévision publique, afin de mettre au diapason l'information des chaînes publiques, censées être indépendantes, avec celles issues des chaînes du groupe Mediaset, le groupe regroupant les chaînes de Silvio Berlusconi.

Musique

La musique commence naturellement par la religion. On chante en latin les chants grégoriens, et ces mélodies constituent les premiers tubes de la musique mondiale.

Guy d'Arezzo invente les notes et la lecture musicale, les troubadours se produisent hors des frontières pour promouvoir madrigaux et chansons épiques.

La Toscane est le berceau d'une profonde évolution musicale. A la cour florentine de Laurent le Magnifique, les musiciens rivalisent pour mettre en accords les plus belles poésies ; à Sienne est fondée la première académie.

Mais le XVIe siècle voit l'avènement d'un pape très mélomane, Léon X, et c'est Rome qui donnera à la Renaissance italienne son plus grand musicien, Palestrina.

A la fin du siècle, c'est encore à Florence que naît un genre qui va révolutionner la composition : l'opéra. Un compositeur natif de Crémone, Monteverdi, lui donnera ses lettres de noblesse avec Orfeo, joué pour la première fois en 1607. Monteverdi est le premier d'une liste prestigieuse.

Parallèlement, la musique instrumentale se développe. Les luthiers lombards mettent au point le violon.

C'est notamment le cas, à Crémone, de la dynastie des Amati. Nicolo Amati sera le maître de deux facteurs de génie, Guarnieri et Stradivarius, dont les instruments vont donner encore davantage de relief aux oeuvres des Scarlatti et, bientôt, Vivaldi. Sonates et concertos apparaissent à la fin du XVIIe siècle, ce qui ne ralentit pas la production de musiques religieuses et d'opéras (Albinoni, Pergolese, Francesco Cavalli). Dans le courant du XVIIIe siècle, l'opera buffa donne de la fantaisie à l'opéra en le popularisant.

Le grand opéra romantique italien, celui dont la popularité va gagner toutes les scènes du monde, coïncide avec l'esprit de liberté du Risorgimento. Rossini, Bellini, Donizetti, Verdi et, plus tard, Puccini composent le quintet magique du XIXe siècle. Les grandes salles italiennes acquièrent une renommée mondiale (la Scala de Milan, le San Carlo à Naples, la Fenice à Venise).

Le XXe siècle est marqué par quelques musiciens importants comme Ottorino Respighi et, pour les contemporains, Luigi Nono, Luciano Berio ou Sylvano Bussotti.

Dans les années 1970, une génération de talentueux cantautori romains apparaît sur le devant de la scène italienne. Ces auteurs compositeurs, chanteurs, abordent souvent des thèmes sociaux, d'amour et sont dotés de fortes personnalités, comme Antonello Venditti et son hymne à la ville de Rome : Roma Capoccia ; Renato Zero, Claudio Baglioni (avec la célèbre Porta Portese), ou encore Fiorella Mannoia... Leurs musiques et paroles, gravées dans la mémoire collective des Romains, sont toujours diffusées régulièrement à la télé et la radio et leurs concerts pris d'assaut. Eros Ramazzotti a obtenu un succès international.

La relève est cependant assurée par de jeunes compositeurs, tournés vers des genres musicaux plus récents. Jovanotti (de son vrai nom Lorenzo Cherubini) s'est d'abord intéressé au rap et au disco pour évoluer ensuite vers des musiques plus funky, inspirées de la world music. Le guitariste Alex Britti, flirtant avec le rock, la pop, le blues ; Tiziano Ferro, attiré, entre autres, par la pop, soul, le neo rap et la bossa nova ; ou encore Max Gazze, plus rock alternatif... tous s'illustrent brillamment dans la catégorie des nouveaux cantautori. Parmi eux, les femmes ne sont pas en reste, comme Marina Rei (pop), Giorgia Todrani (pop, soul, rnb, jazz), et la jeune Noemi, auteur compositeur, née en 1982, et sortie de la deuxième édition italienne de X Factor. Musicienne, elle a déjà obtenu de belles récompenses, et, si elle est passionnée de Rythm and blues, sa musique explore la soul, le blues, la pop, et le rock. Sa voix grave et puissante, est comparée par ses pairs à celle d'Aretha Franklin ou Janis Joplin.

Côté rap et hip hop romain, Piotta s'est fait un nom, en 1999, avec sa chanson Supercafone. Ses textes et ses clips ne sont pas toujours du meilleur goût mais le succès est au rendez-vous. Il sévit donc ainsi depuis plus d'une dizaine d'années sur les scènes italiennes, se donnant ainsi les moyens de créer son propre label, histoire de donner un coup de pouce aux jeunes artistes. Il fonde La Grande Onda en 2004 et soutient, entre autres, le nouveau rappeur romain Debbit. Il faut toutefois noter que le rap romain ne fait pas le poids face au rap des villes de l'Italie du nord comme Milan ou Turin.

Sur un air de stornello

Les stornelli romani, chansons populaires romaines contenant des versets, sont considérés comme de véritables témoins de la vie quotidienne pittoresque et populaire. Dans le panorama de la musique folklorique italienne, les stornelli se distinguent pour leur sfottò (esprit humoristique) et la sagesse populaire des proverbes.
Leur authenticité est restée intacte au moins jusqu'à la fin du XIXe siècle, quand à cette époque les chansons devinrent objet de recherches et de transcriptions, et les festivals de l'après-guerre aidèrent à leur propagation. Ainsi la chanson romaine a connu une grande notoriété. Tout cela est particulièrement vrai avec l'émergence de quelques grands interprètes à la télévision comme : Claudio Villa, Lando Fiorini, Gabrielle Ferri, Renato Rascel et Nino Manfredi.

Parmi les chansons les plus connues figurent :

Roma nun fa la stupida stasera - Claudio Villa

Tanto pe' cantà - Nino Manfredi

Roma capoccia - Antonello Venditti

Te c'hanno mai mandato - Alberto Sordi

Arrivederci Roma - Renato Rascel

Quanto sei bella Roma - Lando Fiorini

Peinture et arts graphiques
Antiquité

L'art pictural italien prend ses racines dans la Grèce antique, avant même l'Empire romain. Du temps des Etrusques, des échanges s'opèrent déjà avec les cités grecques. L'art romain, celui de la Rome antique, est aussi celui du principe (prince) et s'attache tout d'abord à servir la politique et la religion de l'Empire romain. Mais, les fresques murales, les représentations de scènes mythologiques ou de la vie quotidienne en mosaïques restent un héritage direct de l'art byzantin.

Période paléochrétienne et Moyen Age

La chute de l'Empire romain marque ensuite le progressif abandon des techniques byzantines, pour permettre l'avènement d'un art plus chrétien. En effet, Rome qui avait d'abord condamné le christianisme naissant finit par en faire sa " religion d'Etat " dès la fin du IVe siècle, sous le règne de Théodose. Les églises, lieu crucial du culte, font surface partout, et pour les orner la peinture chrétienne se développe. L'art pictural médiéval met en scène les valeurs religieuses et les croyances à l'aide du symbolisme, sans se soucier de réalisme dans la figuration.

La pré-Renaissance ou le naturalisme

A partir du XIIIe siècle commence le mouvement de " conquête de la réalité " qui va bouleverser l'histoire de la peinture occidentale. Désormais les artistes s'appliquent à restituer les apparences de la réalité sensible et, pour franchir cette étape, des avancées techniques picturales sont nécessaires. Cimabue et son élève Giotto insérent de la vie, des émotions, des paysages dans la peinture, lançant le courant du " nouveau naturalisme " qui représente pour la première fois des personnages divins avec humanité.

La première Renaissance

Puis vient le XVe siècle, ses grandes familles princières des cités italiennes. Le centre artistique est alors surtout basé à Florence. Le mécénat bat son plein : l'âge de la première Renaissance italienne appelée " Quattrocento " est arrivé. A cette époque décisive d'ouverture sur le monde et à la connaissance, l'art religieux se trouve bousculé. Reflétant la sécularisation de la société, les arts plastiques s'étendent de plus en plus à des sujets profanes. Dans ce contexte, la représentation vise aussi à une compréhension profonde de la nature.

La haute Renaissance

Jusqu'à présent, la révolution des arts en Italie avait été portée essentiellement par la bourgeoisie, et Florence en était la capitale incontestée. Cependant à partir de 1500, le mouvement se translate vers Rome et Venise. La cité romaine souhaite retrouver sa place de foyer culturel occidental, au travers de la papauté qui commande aux plus grands artistes la construction des établissements de la chrétienté.

Peinture, sculpture, architecture, mathématiques, les génies de la Renaissance qu'on ne présente plus possèdent tous les savoirs et savoir-faire. L'âge d'or de la Renaissance s'incarne dans l'oeuvre de Raphaël, dont l'aboutissement, au seuil de la perfection, regroupe tous les idéaux d'harmonie de l'époque.

Le maniérisme

Après l'apogée de la Renaissance, l'Italie connaît une crise brutale qui se répercute dans les arts. Alors que les Espagnols (sac de Rome en 1527) prennent le pas sur le pays, la Réforme qui progresse prodigieusement menace l'intégrité de l'Eglise romaine. Dans ce climat tendu qui contraste avec la sérénité du début du siècle, le maniérisme apparaît. L'âge d'or passé, les héritiers des grands maîtres élaborent une peinture plus abstraite. Leurs oeuvres prennent des accents irréels, les proportions se déforment. Dans l'ombre de leurs grands frères, les peintres du maniérisme tels Jules Romain ou Vasari cherchent à exprimer leur originalité à travers des oeuvres qui suscitent le malaise. Instrument de la contre-Réforme catholique, le maniérisme est imprégné de plus de sévérité et moins d'hédonisme que durant la Renaissance.

Le baroque

Une fois la crise politique enrayée et la menace protestante réglée par le concile de Trente dans la deuxième moitié du XVIe siècle, un style très particulier commence à s'implanter à Rome, capitale de la chrétienté : l'art baroque. Le grand peintre de ce mouvement inspiré par l'étrange et le non-respect des arts est Le Caravage. Figurant souvent des scènes dramatiques et inspirant la terreur, les peintures baroques jouent sur des contrastes puissants entre ombre et lumière. Outre exprimer l'originalité de ses artistes, le but de l'art baroque est aussi de réinspirer la foi aux catholiques, au besoin par la peur, et de réaffirmer la puissance de l'Eglise à travers une architecture monumentale.

Le néoclassicisme

Le rococo, qui concerne les Arts décoratifs, prendra le relais du baroque, tandis que, par réaction à ce courant peu orthodoxe, le néoclassicisme sous l'influence des Lumières et de la redécouverte de l'Antiquité entame une nouvelle recherche de beauté absolue, d'équilibre et de clarté. C'est l'époque de l'Italie napoléonienne. Le peintre Andrea Appiani (Milan, 1754-1717) et le sculpteur Antonio Canova (Possagno 1757-Venise 1822) sont les artistes officiels de l'Empereur, roi d'Italie. En témoigne par exemple la toile d'Appiani, Napoléon, roi d'Italie, portrait de l'Empereur devant un décor à l'Antique. Le néoclassicisme prône le retour aux valeurs de la grande Rome, dans des scènes historiques de l'Antiquité. Aux XVIIIe et XIXe siècles, l'art italien vit cependant une récession, et son influence lumineuse des siècles passés se tarit significativement.

Art moderne

Au XXe siècle, l'art italien reprend une envergure internationale. En 1909, le courant futuriste (1910-1930) prend naissance à Milan, par la publication du Manifeste du futurisme. Pensé par le poète italien Filippo Marinetti (1876-1944), il paraît d'abord dans un quotidien français, Le Figaro. Dès 1910, le courant fait des adeptes, avec le Manifeste des peintres futuristes rédigé par des artistes tels Boccioni ou Severini.

Le futurisme prend ses racines dans le néo-impressionnisme et dans le cubisme français. Ce mouvement artistique, qui ne se limite pas aux seuls arts graphiques, souhaite faire table rase des traditions passées, prônant une esthétique nouvelle fondée sur le progrès, la machine, la vitesse. C'est un art avant tout urbain. Evoqué par la modernisation des villes ou l'invention de nouveaux moyens de transport (avion, voiture...), le futurisme figure des cités imaginaires ou le mouvement stylisé des machines dans des couleurs vives. Dans ses rangs, on compte Sant'Elia, Balla, Cara ou Russolo. Le courant connut ensuite un grand essor en Russie.

En 1915, en réaction contre le futurisme, Giorgio De Chirico, ami de Picasso et d'Apollinaire, fonde la peinture métaphysique (pittura metafisica), avant-garde du surréalisme. Suivant les techniques classiques, ses peintures sont cependant empreintes de mystère et d'illogisme dont l'atmosphère onirique inspirera André Breton et le mouvement surréaliste.
Un parcours à contre-courant pour l'initiateur de cette peinture métaphysique puisqu'il préféra revenir dans les années 1930 vers une peinture académique. Jusqu'à l'époque fasciste, le retour aux critères classiques alliés à ceux de la peinture métaphysique forme en Italie le courant du Novecento. Resté dans un style figuratif, Modigliani est sans conteste l'artiste phare du XXe siècle avec son oeuvre largement consacrée au visage humain.

L'art contemporain

La Seconde Guerre marque une rupture brutale dans l'art. Désormais, les supports vont se diversifier. L'art contemporain s'ouvre sur l'expérimental, la conceptualisation devenant parfois le centre de l'oeuvre. L'avant-garde de la création contemporaine semble longtemps à la traine à Rome. Peu de galeries privées ouvrent, lui préférant Milan ou Turin dans le nord du pays. Rome semble donc en retard par rapport à d'autres pôles européens de création artistique. Mais depuis quelques années, la Ville Eternelle semble résolue à rattraper ce retard. Première étape : l'ouverture de deux musées dédiés à l'art contemporain en 2010, le Macro et le MAXXI. Y sont présentés des artistes italiens de renommée internationale comme Gaetano Pesce. Parallèlement, les galeristes ouvrent de plus en plus d'établissements, mettant en avant le renouveau de la création romaine. Il en est ainsi des galeries Lorcan O'Neill Rome, CO2, Ermanno Tedeschi notamment.

Le Caravage (1571-1610)

Le talent de ce peintre est incontesté. Il sut d'ailleurs, malgré son caractère ombrageux, trouver des mentors et des protecteurs pour le placer sur le devant de la scène artistique. Arrivé à Rome en 1595, il est remarqué par le cardinal del Monte pour des tableaux comme La Diseuse de bonne aventure (copie dans la pinacothèque capitoline) ou Les Musiciens. Sous la protection de ce très puissant et influent mécène, il commence à recevoir des commandes importantes à partir de 1599, notamment pour le clergé.

Au tournant du siècle, sa notoriété était considérable. Les belles familles romaines appréciaient son style et sa fougue dans des oeuvres qui, bien que personnelles, empruntaient aux peintres flamands comme aux maîtres de la peinture religieuse italienne.

Mais ses frasques devenaient trop nombreuses pour être étouffées et, après avoir tué un joueur dans un tripot, il dut fuir à Naples, puis à Malte. Pourchassé par de nombreux ennemis, il continua pourtant à produire : on le vit en Sicile, puis de nouveau à Naples, puis à Porto Ercole, où il vint mourir.

A Rome, on peut admirer les chefs-d'oeuvre du Caravage à la galerie Borghèse, la collection Roberto Conghi, la Galerie nationale d'art antique, aux Musei Capitolini ainsi qu'à la chapelle Cerosi et les églises Saint-Louis-des-Français, Santa Maria del Popolo et San Agostino.

Deux peintres contemporains - Guttuso et Schifano

Renato Guttuso (1911-1987)

D'origine sicilienne, après des séjours à Palerme et à Milan, il s'installe à Rome. Il représente le réalisme pendant les périodes fasciste et communiste de l'Italie contemporaine. Malgré son engagement politique dans la résistance pendant la guerre, Guttuso se caractérise par un art qui transcende toute considération politique et par une identité qui se situe aux antipodes du régionalisme. Cet engagement se manifeste dans les thèmes politiques et sociaux qu'il développe dans ses oeuvres et qui aboutissent à La Cruxification de 1941 (Galerie d'art moderne), le plus violent acte d'accusation contre la guerre. Il met cette nécessité d'un engagement authentique en évidence dans une série d'écrits.

Mario Schifano (1934-1998)

L'extraordinaire figure de Mario Schifano a laissé son empreinte sur la peinture italienne pendant quarante ans. Autodidacte proche du pop art, il utilise dans son art divers graphismes empruntés à la publicité, à la signalisation, y mêle des personnages historiques et actualisés, par la volonté d'analyse des processus perspectifs. Mario Schifano est aujourd'hui devenu l'artiste de référence dans le panorama post-moderniste italien tant pour les artistes que pour le grand public. Son oeuvre est à explorer dans la Galerie d'art moderne.

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