Espelette, c'est bel et bien un village haut en couleur et en saveurs, avec de superbes façades, croulant de cordes de piments rouges. Il faut dire que le village a acquis une réputation mondiale pour ses piments. Une production mise à l'honneur lors de la Fête du Piment qui a lieu tous les ans fin octobre (le 26 et le 27 octobre pour l'édition 2019). Une occasion toute trouvée pour partir à la découverte de ce petit village typique et attachant.

 

À deux pas de l'océan et proche de la Navarre, Ezpeleta (en basque : un lieu planté de buis), hier forteresse et seigneurie rattachée au royaume de Navarre, aujourd'hui bourg du Labourd de 2 000 habitants, est un coquet village dont le tourisme a modifié ces dernières décennies l'économie, agricole à l'origine (élevage ovin, maïs). En effet, il a acquis une réputation mondiale pour ses fameux piments rouges séchant sur les façades des maisons. Et puis Espelette sait aussi séduire par un environnement charmeur : un habitat typique constitué de maisons blanches fleuries, soignées, aux boiseries vertes ou rouges éparpillées autour de sa belle église et une nature intacte autour puisque le bourg est étagé sur un mamelon avec, au loin, le mont Urzumu (216 m), l'Ereby (583 m), l'Artzimendi (936 m), l'Ezcondray (550 m), et le Mondarain (749 m) et au sud, par temps clair, la Rhune et ses 900 m d'altitude. Le petit cours d'eau est le Latxa, il rejoint la Nive à Larressore.

Une histoire millénaire

Ezpeleta c'est donc un lieu planté de buis, mais c'est aussi le nom de ce château qui vient d'une famille noble de Navarre, les barons d'Ezpeleta, à l'origine de cet édifice vers l'an mil. Une suite de péripéties envahit le château au cours des siècles. Voici quelques dates clés pour en comprendre l'évolution. On rappellera donc simplement que lorsque la guerre de 30 ans (1618-1648) éclata, le roi de France (Louis XIII) se trouva opposé au roi d'Espagne alors que les barons d'Ezpeleta guerroyaient contre le roi de France. Le cardinal de Richelieu confisqua alors en 1637 les terres du baron Bertrand II d'Ezpeleta et les habitants détruisent le château. Bertrand II mourut peu de temps après, vers 1640, laissant à sa soeur Barbe tous les biens qu'il avait en France. Un des premiers actes de Barbe fut de revendiquer auprès du parlement la confiscation dont son frère fut victime, pour être mise en possession de la baronnie. À la mort de la baronne, en 1690, le roi Louis XIV, par droit d'aubaine, donna la seigneurie à Antoine de Gramont, souverain de Bidache. Dès lors, Doña Juliana Henrique, petite-nièce de Barbe, protesta et récupéra les terres et le château, abandonnant les autres biens au duc de Gramont. La Baronne Juliana qui décéda sans descendance avait pris la décision de léguer aux habitants le château et les droits seigneuriaux qui y étaient attachés. Et ce n'est qu'en 1937 que la tour d'angle fut inscrite à l'Inventaire des Monuments historiques et l'ensemble du château en 1993. Et en 1998 fut entamée la rénovation complète du château. Bref, voilà un bel éclairage sur le passé de la commune et un patrimoine de charme.

L'église Saint-Étienne est considérée comme l'une des plus belles du Pays basque. Sa situation auprès du petit pont roman et le ravissant cimetière arboré (voyez les stèles discoïdales) qui se serre autour d'elle en font déjà un bijou. Son clocher-donjon Renaissance est particulièrement remarquable. Dans l'église, ne manquez pas d'observer comment s'appuie la nef (gros contreforts), la chaire à panneaux, le retable baroque doré à colonnes torses et alcôves (XVIIe) et enfin les trois étages de galeries.

Souraïde, village de charme

À 2 minutes d'Espelette environ se trouve Souraïde. Blotti dans une nature sauvage à loisir, ce village de quelque 1 200 habitants s'offre une vue magnifique sur les monts environnants, Ursuya, Baigura, Mondarrain, la Rhune, etc. Et dès 1249, il est mentionné sur l'un des très beaux chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. À l'époque deux prieurés dépendaient de Souraïde, celui de Gostorro et celui de la Madeleine d'Otxantz. On retrouve aujourd'hui le premier sous le nom de Gostorro Eliçaldea, en face de l'église. Quant au second, sous le nom d'Hospitale Paradis, il était à l'époque le centre d'une importante exploitation agricole. Mais depuis le remembrement de 1969, les ruines de la chapelle sont situées sur le territoire de Saint-Pée-sur-Nivelle. L'église, quant à elle, restaurée aux XVIIe et XVIIIe siècles, elle possède de très belles galeries, un retable où figurent les statues de saint Jacques en tenue de pèlerin, saint Pierre et saint Paul et de nombreux bas-reliefs représentant saint Luc et saint Jean. De même, elle s'illustre par une belle tapisserie des moines de Bellocq représentant toujours le pèlerin de Saint-Jacques. Jusqu'à la Révolution, toutes les terres appartenaient à la baronnie d'Espelette, sa voisine à la réputation indescriptible. Aujourd'hui, ce joli village peut se glorifier de posséder, en son coeur, outre de beaux paysages, un hôtel-restaurant de qualité, l'Hôtel Bergara, une halte recommandée pour les pèlerins certes, mais aussi pour les touristes amoureux de calme.

Centre d'interprétation et Fête du Piment, une épice à l'honneur !

Le Centre d'interprétationest la vitrine de l'AOP piment d'Espelette : dans le cadre de son activité de promotion de l'AOP, le syndicat des producteurs de piment d'Espelette l'a créé pour valoriser le piment. Cet espace a pour objectif de mettre en avant, au travers du travail des hommes et des femmes, le terroir, la notoriété et ses caractéristiques organoleptiques. Ce lieu attractif, esthétique et ludique présente cette épice en produit d'exception unique.

L'entrée du centre est libre et gratuite et l'exposition est déclinée en français et en basque. Une animatrice sera toujours présente afin d'accompagner les visiteurs. Très belle initiative de présentation où vous trouverez le piment d'Espelette sous ses formes (en poudre, en corde ou frais).

La Fête du piment débute le samedi  (26 octobre cette année) avec la vente de piments et de produits régionaux. Tamborrada dans les rues et danses basques au fronton, elle se prolonge le soir avec un apéritif-dîner typique dans tous les restaurants, suivi d'un concert avec un choeur d'hommes. Le dimanche  27 octobre à 10h, commence la messe avec la bénédiction des piments. Vers 11h30, la cérémonie d'intronisation se déroule au château avant un repas gastronomique dans tous les restaurants, avec mise en avant du piment d'Espelette. Toute la journée dans les rues du village, se succèdent les bandas dans les stands gastronomiques et artisanaux. À 15h concert à la place du Jeu-de-Paume. À 16h, partie de pelote à main nue, viennent ensuite les danses souletines... Un événement immanquable !

 

Infos futées

 

Quand ? On peut évidemment se rendre à Espelette toute l'année même si l'arrivée des beaux jours ou l'été indien sont les périodes les plus agréables.  Pour assister à la Fête du piment d'Espelette, rendez-vous les 26 et 27 octobre 2019.

 

S'y rendre. En avion (aéroports de Biarritz ou de Fontarabie), en train (gares de Bayonne ou de Combo-les-Bains) ou en voiture (autoroutes A64 ou A63).

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Utile. Pour organiser au mieux son escapade.

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