Ah, Toulouse ! La ville rose ! Certains d'entre vous envisagent peut-être d'y emménager, d'autres de la visiter. Que ce soit pour un week-end ou plusieurs années, le charme de la capitale de l'Occitanie opère toujours. La place du Capitole, la terre cuite sur les façades de ses habitations, les violettes, mais aussi l'accent des habitants sont reconnaissables entre mille. D'ailleurs, il n'y a pas que ce dernier qui rend le parler toulousain unique : certains termes sont typiques du Sud-Ouest. Afin de vous aider à tout comprendre lors d'une prochaine escapade à Toulouse, voici quinze mots et expressions à connaître !  

Pour enrichir encore plus votre lexique, consultez aussi nos articles sur les expressions du nord de la France et de Bretagne

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Boulègue-toi !

Si vous n'êtes pas Toulousain, vous aurez beaucoup de mal à comprendre cette phrase ! À Toulouse, bouléguer c'est se remuer, se dépêcher. Ainsi, il n'est pas rare d'entendre : « boulègue-toi ! » lorsque la personne à laquelle on a affaire est un peu trop lente. Ce terme, comme beaucoup d'autres du parler toulousain, vient de l'occitan bolegar qui signifie remuer, agiter. À retenir ! 

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C'est un pec celui-là !

Rien à voir avec les pectoraux ! À Toulouse, si on vous qualifie de pec ou pègue, on est en train de vous dire que vous êtes idiot ou idiote ! Ce mot vient de l'occitan pèc, pèga qui signifie stupide. À ne pas confondre avec l'expression « ça pègue », largement utilisée dans le sud de la France et qui signifie, dans ce cas, « ça colle ». 

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Ce type-là est complètement jobastre

Jobastre, dans le parler toulousain, est un synonyme du mot fou. On l'utilisera tout particulièrement lorsqu'une personne est inconsciente des risques qu'elle encourt. Un autre équivalent de jobastre est, quant à lui, beaucoup plus connu et diffusé dans le sud de la France : le mot fada s'emploie aussi à Toulouse ! 

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Arrête de rouméguer toute la journée ! 

Si vous vous êtes levé du mauvais pied ou êtes d'une humeur massacrante, il est fort probable que vous passiez votre journée à rouméguer. Ce mot toulousain vient de l'occitan romegar qui signifie râler. Voilà un terme à utiliser pour redonner le sourire à votre ami toulousain afin qu'il arrête finalement de ronchonner !

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Boudu, quelle chaleur aujourd'hui ! 

Nous voulions rester polis dans le titre, mais, en général, le terme boudu est accompagné de con, afin de marquer encore plus l'étonnement ! Cette formulation très toulousaine marque la surprise voire la stupéfaction : « Boudu con, il pleut maintenant ! ». Boudu vient du français « bon Dieu » et de l'occitan bon Diu. Une expression à retenir absolument. Après quelques mois dans la ville rose, vous l'utiliserez d'ailleurs sans même le remarquer ! 

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Je ne viendrai pas aujourd'hui, j'ai la cagne de sortir de mon lit ! 

Lorsque le soleil est à son zénith, après le déjeuner, il est fort probable que vous ayez la cagne de faire quoi que ce soit. Vous avez bien compris, à Toulouse et dans tout le Sud-Ouest, avoir la cagne c'est « avoir la flemme », ne pas avoir le courage. On vous répondra probablement de boulèguer plutôt que de rester à lézarder dans votre canapé ! 

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Vite, le petit est en train de s'escaner

S'escaner, à Toulouse, signifie s'étrangler, s'étouffer. Ainsi, si votre ami vous dit qu'il est en train de s'escaner, il est fort probable qu'il ait avalé de travers ou qu'il soit très essoufflé après avoir monté l'escalier ! Sachez que s'escaner peut aussi avoir un sens figuré : « à l'annonce de cette nouvelle, il a bien failli s'escaner tant il était surpris ! ». Ce mot vient de l'occitan escanar

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Je dois aller péter jusqu'à l'autre bout de la ville pour te voir !

Vous pourriez être surpris lorsque vous entendrez pour la première fois cette expression, sachez toutefois qu'elle n'a rien à voir avec ce que vous pensez ! Aller péter quelque part à Toulouse signifie tout simplement s'y rendre, mais sans véritable envie. Ainsi, si vous traversez toute la ville, vous pourrez très bien dire que vous avez dû « aller péter à l'autre bout de Toulouse » ! 

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C'est le pompon sur la Garonne ! 

On aime tellement cette expression qu'on voudrait l'entendre plus souvent ! Le pompon sur la Garonne est l'équivalent de la cerise sur le gâteau, du bouquet ou du pompon tout court ! À Toulouse, on sait s'adapter au territoire et on préfère donc citer la Garonne (et avec l'accent, c'est encore plus charmant !). Attention, cette expression est typiquement toulousaine et perd tout son sens ailleurs. C'est le pompon sur la Seine ?

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J'ai mis les poches dans la malle.

Après avoir fait les courses, il n'est pas rare que l'on mette les poches dans la malle pour rentrer chez soi. Hors de Toulouse, on appelle généralement cette malle, un coffre de voiture ! Et les poches, alors ? Eh bien, la poche, comme dans beaucoup d'autres villes du sud de la France, est un sac plastique ! Une phrase banale qui est pourtant assez peu compréhensible lorsque l'on n'est pas coutumier du parler toulousain ! 

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Ce type est un vrai ratche, il ne nous invitera jamais ! 

Les termes ratche, ratchàs et ratchou caractérisent une personne qui a des oursins dans les poches ! En clair, ce qualificatif n'est pas vraiment sympathique, surtout s'il vous désigne ! Chacune des variantes de ce mot apporte une nuance précise : une personne ratche est avare (le mot vient du français rat), un ratchàs est très avare et un ratchou l'est un peu moins, le suffixe « ou » étant diminutif. 

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Macarèl !

Au même titre que « Boudu ! » vu précédemment, « Macarèl ! » exprime la surprise, l'étonnement. Son origine est liée à celle du mot maquereau dans ses deux acceptions. Autrefois, il s'agissait d'un juron très vulgaire, mais aujourd'hui il sert à ponctuer les phrases des Toulousains confrontés à une situation particulièrement étonnante ! On entendra aussi « Macaniche ! », une variante permettant certainement d'atténuer un peu la grossièreté du terme. 

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On a tchappé dans ce restaurant. 

Grâce au contexte, on peut s'imaginer que tchapper a un rapport avec la nourriture. En effet, si un Toulousain vous dit qu'il a tchappé, il a mangé énormément ! On comprend parfaitement que cela puisse arriver quand on découvre les spécialités du coin comme le cassoulet de Castelnaudary, la croustade aux pommes ou bien la violette de Toulouse ! Ce terme vient de l'occitan chapar qui signifie manger. 

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Je suis fatigué, mais raï, je viens quand même !

L'intercalaire « raï » est utilisé pour atténuer l'importance d'une chose, d'un propos. Il a le sens de « ce n'est pas grave » ou bien « ce n'est rien ». Ce terme vient de l'occitan rai qui a la même définition. Si vous ne comprenez pas une expression toulousaine, il se peut donc que votre interlocuteur vous réponde : « raï, laisse tomber ! ». 

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Chocolatine ou pain au chocolat ? 

Impossible de conclure cet article sans mentionner la fameuse chocolatine qui suscite d'interminables débats du nord au sud de la France. Oui, à Toulouse on dit chocolatine, mais ne vous inquiétez pas, si vous commandez un pain au chocolat à la boulangerie, on vous comprendra tout de même. Par contre, on sera sûr que vous n'êtes pas Toulousain ! 

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