Guide de La Grande-Motte : Patrimoine et traditions

Le "jardin" de Montpellier, coincé entre mer et étang, dispose d'un patrimoine riche et varié. Celui-ci doit sa diversité à son histoire complexe et parfois récente. Le territoire abrite des mas traditionnels, figures emblématiques du sud de la France, ainsi qu'une architecture originale et moderne au niveau des stations balnéaires de Palavas-les-Flots et de La Grande Motte datant des années 1960. Cette apparence atypique donne une personnalité et une âme à ces lieux, elle attire de nombreux touristes chaque année. Ces curieux viennent aussi profiter des fêtes traditionnelles. Très courantes, elles rythment la vie locale à coup de ferias et de joutes. Tous ces éléments font partie intégrante de l'ADN du Pays de l'Or et sont un véritable atout pour l'attractivité des lieux.

Quelques mots du lexique camarguais

Abrivado : aujourd'hui, les taureaux de Camargue (ou " Bious ") arrivent en camion. Mais autrefois, on les amenait à pied jusqu'aux arènes, au milieu de gardians à cheval. Clin d'oeil à cette époque, à Mauguio, on rejoue cette arrivée avec des taureaux et cavaliers. Vers midi, les jeunes du village, appelés " attrapaïre " s'amusent à tenter de faire sortir les taureaux de l'escorte, la course camarguaise pour sa part se déroulant dans l'après-midi.

Afeciouna : amateur passionné de Bouvine.

Bandido : retour des taureaux vers les pâturages, après l'Abrivado.

Bayle : gardian salarié, il est après le propriétaire le responsable de la manade. Un genre de contremaître, dénommé aussi " lou baffle ".

Capelado : c'est le défilé " coup de chapeau " des raseteurs sur la piste avant la course (paséo). Ils s'avancent sur la piste en deux colonnes et saluent la présidence des arènes au son de Carmen.

Carmen : cet air d'opéra est joué à chaque action d'un taureau et lors de son retour au toril. Signe d'honneur, il n'est pas joué si le taureau a fait une mauvaise course.

Cocarde : ruban rouge apposé sur le frontal du taureau et attaché avec une ficelle à chaque corne. Le cocardier est un taureau de Camargue toujours doté d'un nom.

Coup de barrière : un bon taureau poursuit le raseteur jusqu'à cogner contre la barricade.

Crochet : instrument servant aux raseteurs pour enlever les attributs placés sur la tête des taureaux.

Encierro : lâcher de taureaux dans les rues de la ville.

Escoussures : incision faite à l'oreille du veau qui signe son appartenance à une manade

Ferrade : marquage des anoubles (taureaux d'un an) au fer rouge, ce rite de passage pour les jeunes bêtes est un aussi prétexte à une fête entre le manadier et ses amis.

Festo Virginenco à Mauguio : le premier dimanche de la fête votive de Mauguio, les jeunes filles âgées de 15 ans prennent le ruban pour la première fois. Le dimanche matin, une messe est dite en provençal et des offrandes sont offertes sur l'autel. A la sortie, le pain béni est distribué aux fidèles et aux passants. Autrefois, cette cérémonie signifiait l'entrée dans le monde des femmes. Les jeunes filles devenaient alors nubiles. Elles pouvaient alors porter le costume de fête : la chapelle de dentelle et son fichu de mousseline, la jupe longue et surtout le ruban de velours.

Ficelle : dernier attribut attaché aux cornes du taureau que doit enlever le raseteur.

Gland : pompon de laine blanc placé sur chaque corne à l'aide d'un élastique. Si le raseteur parvient à saisir le gland avant la cocarde, il lui est payé.

Raseteur : professionnel habillé de blanc affrontant le taureau dans l'arène.

Simbeu : reconnaissable à sa cloche autour du cou ; ce taureau docile aide les gardians à déplacer la manade, et sur la piste, montre le chemin du toril au cocardier.

Toril : local des taureaux en attendant la course.

Patrimoine culturel

Le Pays de l'Or inspire les auteurs, les peintres et les musiciens par son style atypique et la richesse de ses paysages. La sérénité de la Grande Bleue, le charme des étangs et des vallons, l'architecture anti-conformiste sont autant de sources d'inspiration pour ces artistes. Le cadre et la population sont des muses puissantes qui influencent leur travail. Leurs oeuvres - véritables lettres d'amour à la région - resplendissent sur tout le territoire et hors de ses frontières.

Les musiciens célèbres

Georges Brassens (1921-1981)

Certes, toutes les chansons du Grand Georges ne sont pas consacrées à Sète, dont on aperçoit depuis La Grande Motte jusqu'à Palavas, et où que l'on soit installé sur les plages du littoral, la forme de baleine du mont Saint-Clair au pied duquel il repose. Mais l'influence toute méditerranéenne, imprégnée de générosité et de fidélité de Georges Brassens, est bien présente. Ici comme ailleurs, mais sans doute sur ce littoral un peu davantage, on l'écoute toujours avec une même délectation, que l'on soit les pieds dans le sable, dans une fête de village, en bordure de l'étang de l'Or ou calé dans un transat au fin fond de la plaine... Réécouter, bien sûr, ses standards, les textes des autres qu'il savait si bien choisir, reste vivement recommandé. Et pour ceux qui veulent aller le saluer à Sète, direction cimetière le Py, celui " des pauvres ", naturellement... Juste à côté, ne pas rater le musée qui lui est consacré.

Manitas de Plata (1921-2014)

Les gitans l'appelaient " Blond " (en prononçant " Beulon ") à cause de ses cheveux blonds presque roux et de ses yeux bleus. Ricardo Baliardo, de son vrai nom, gitan originaire d'Espagne, échappe aux persécutions de son peuple pendant la Seconde Guerre mondiale en se cachant à Lunel. Dix ans après, alors qu'accompagné de son frère, de son oncle et son cousin, il joue de la guitare au pèlerinage des Saintes-Maries-de-la-Mer, le voilà aussitôt remarqué et l'aventure des Gipsy Kings démarre. Un premier disque sorti en 1957, Gitans aux Saintes-Maries-de-la-Mer, ne mentionnant pas le nom des musiciens, Jean Cocteau, tombé sous le charme, intervient pour rétablir les droits d'auteur en s'exclamant : " Le disque ne ressemble pas à ces conserves de beauté qu'on nous livre dans la cellophane. Il est direct et pur comme le style flamenco et voilà de la beauté prise au piège ". Illettré, ne sachant pas lire une note de musique, Manitas de Plata sort des disques et parcourt le monde, accumulant argent et célébrité à travers les cinq continents, des Rolls et beaucoup de jolies femmes... avant de s'établir plus modestement pour ses vieux jours à La Grande Motte, où il est fait citoyen d'honneur.

Mathias Malzieu (1974-)

Avant de devenir célèbre avec son groupe de rock français Dionysos, Mathias Malzieu, né à Montpellier en 1974, se destinait au tennis jusqu'à ce qu'un accident l'oblige à y renoncer, l'amenant sur la route de la chanson. Il commence par jouer sur les trottoirs de La Grande Motte et de Palavas-les-Flots, puis fonde en 1993 le célèbre groupe qui le propulse sur le devant de la scène.

Germaine Richier, sculpteur français majeur du XXe siècle

Si Germaine Richier fait partie des plus importants sculpteurs français de l'après-guerre, son oeuvre reste encore méconnue. Celle que l'on surnommait "L'Ouragane" - du nom d'une de ses sculptures, réalisée en 1949 - développe un style remarquable par son expressivité et son traitement exacerbé de la matière. Née en 1902 à Grans en Provence, elle passe sa jeunesse à Castelnau-le-Lez et vient souvent voir ses grands-parents à Mudaison. En 1920 elle entre à l'École des Beaux-Arts de Montpellier pour étudier la sculpture dans l'atelier de Guigues avant de poursuivre son apprentissage chez Bourdelle à Paris. En 1930, elle s'installe dans un atelier où elle réalise des nus et des bustes réalistes et sensibles jusqu'en 1939. À partir de 1944, son oeuvre se peuple de figures hybrides pétrifiées, humaines ou animales, le corps étant toujours intégré au règne de la nature méditerranéenne, chère à son coeur. Elle est la première femme à voir son oeuvre exposée au Musée d'Art Moderne de Paris en 1956. Elle meurt à Montpellier au faîte de sa gloire le 31 juillet 1959. Le Loretto, L'Escrimeuse avec masque, La Chauve-souris, L'Araignée et Le Buste de Marguerite Lamy sont exposés dans une salle du Musée Fabre qui lui est dédiée. Le Génie veille sur le caveau familial au cimetière de Mudaison où elle est enterrée.

Littérature

Gaston Baissette (1901-1977)

Médecin renommé tout autant qu'écrivain reconnu, Gaston Baissette est notamment l'auteur de L'Etang de l'Or, de Ces grappes de ma vigne ou encore du Soleil de Maguelone. Né à Albi en 1901, il passe toutes ses vacances à Fabrègues et à Montaud dans la maison familiale avec son père, fils de viticulteurs de Fabrègues, et sa mère, issue d'une lignée de viticulteurs de Mauguio. Il en gardera toujours un même amour pour ce pays.

La Résistance lui donne l'occasion de s'engager courageusement en qualité de médecin et d'écrivain, puis il est nommé médecin-chef du Service d'hygiène sociale du Département de la Seine au lendemain du conflit. A partir de 1923 et pratiquement jusqu'à sa mort, en 1977, il ne cessera d'écrire poèmes et romans. Poète, ami des Surréalistes, grand médecin, homme engagé dans la Résistance, pacifiste, fin connaisseur de Denis Diderot, Gaston Baissette, dans ses multiples facettes, a toujours manifesté son attachement inconditionnel pour les étangs de Mauguio.

Alexandre Langlade (1820-1900)

Poète français de langue occitane, Alexandre Langlade est né le 14 octobre 1820 à Lansargues, il y a vécu toute sa vie jusqu'à sa mort le 5 février 1900. Son oeuvre la plus connue est le poème L'Estanc de l'Ort, soit "L'Etang de l'Or", un hommage à sa terre natale. La bibliothèque de Lansargues porte son nom.

Peinture

Albert Dubout, dessinateur, illustrateur... et peintre

Dessinateur hors normes, Albert Dubout (1905-1976), dont les crayons ont si bien immortalisé le " petit train de Palavas ", a marqué les mémoires par ses dessins humoristiques, dans lesquels il croque les foules, les chats, " sa grosse bonne-femme et son petit bonhomme "... On connaît surtout ses talents de dessinateur, d'illustrateur (Cervantès, Molière, Pagnol...) et d'affichiste pour le cinéma et la publicité, et son travail de peintre est moins célèbre.

La liste de ses réalisations est impressionnante pour ce bourreau de travail, fleuron avec Daumier de la satire française : plus de 80 ouvrages illustrés, 27 albums publiés, 80 affiches de cinéma et de publicité créées, sans compter près de 70 peintures à l'huile, dont les célèbres Corridas et Toreros. Avec Magritte et Steinberg, il a incontestablement influencé toute une génération de dessinateurs et d'illustrateurs, dans un mélange bien à lui entre scènes de films de Chaplin et féeries de Jérôme Bosch. En inaugurant le 14 juillet 1992 un musée dédié et en l'installant dans la Redoute de Ballestras, la ville de Palavas-les-Flots lui a rendu un hommage mérité.

 

Cinéma

Louis Feuillade (1873-1925)

Natif de Lunel, aux frontières du Pays de l'Or, Louis Feuillade est l'un des précurseurs du cinéma en France. Pour preuve, sa série des Fantômas, tournée peu avant la guerre de 1914-18, inspire encore certains réalisateurs actuels. Avec des séries dont les héros sont hissés au statut de mythes populaires - les Vampires, Judex, Tih-Minh, Barrabas... -, son nom traverse vite les frontières et sa réputation devient mondiale. Particulièrement brillant, il sait aussi vendre un film pour le plus grand bonheur de la société Gaumont. Travailleur acharné, il réalisera en vingt ans près de huit cents courts et moyens métrages - dont malheureusement les deux tiers ont disparu -, filmant avec un savant mélange de rigueur documentaire façon frères Lumière et de fantaisie à la Georges Méliès, son grand rival, et se frottant à tous les genres, du burlesque au mélodrame, en passant par l'anticipation, le film historique et même le péplum évoquant la mythologie, l'histoire sainte ou l'époque romaine.

Georges Rouquier (1909-1989)

Spécialisé dans le court et le moyen métrage, ce cinéaste, lui aussi lunellois, connaît la célébrité en 1945 avec son Farrebique, chronique de la vie d'une famille du Rouergue. Après une série de films consacrés à la ruralité - il filme notamment la Camargue dans Le Sel de la Terre -, il réalise 38 ans après son rêve en tournant Biquefarre, la suite de Farrebique, tournée à Goutrens, toujours avec des non-comédiens de sa famille et du voisinage. Entre-temps, la RKO Pictures, célèbre compagnie de distribution américaine, a acheté les droits puis projeté Farrebique à Paris. La fiction passe en tête des entrées nationales en une seule semaine, valant au film le Grand Prix du Cinéma Français, la Médaille d'or à Venise et le Grand Epi d'or à Rome ! Étudié dans les universités américaines comme modèle du genre, soutenu par Coppola et Spielberg, Georges Rouquier peut donc, au crépuscule de sa vie, réaliser son Biquefarre.

Patrimoine architectural

La Grande Motte a obtenu le 19 janvier 2010 le label " Patrimoine du XXe siècle ". Attribué par le ministère de la Culture et de la Communication, son objectif est de susciter l'intérêt sur les constructions et ensembles urbains majeurs du XXe siècle, construits entre 1967 et 1987. Si plus de 2 200 édifices et ensembles urbains en France bénéficient du label, celui de La Grande Motte est le seul de cette taille à l'avoir obtenu.

Jean Balladur, architecte et philosophe

" Si j'étais Dieu, je me méfierais des architectes ! Ils sont les instruments subversifs du projet secret de l'espèce humaine : reconstruire le Paradis Perdu ". Né à Smyrne, après avoir obtenu son baccalauréat, Jean Balladur (1924-2002) est attiré par la philosophie et les lettres. Il prépare Hypokhâgne puis Khâgne, où il se fait apprécier par Jean-Paul Sartre, ce qui lui vaut de collaborer à la revue Les Temps modernes. Mais ce parcours littéraire est interrompu par la guerre au lendemain de laquelle, face aux besoins de reconstruction du pays, il rejoint un cabinet d'architectes. D'abord influencé par le mouvement du Bauhaus, il réalise à la fin des années 1950 son premier immeuble en acier, puis notamment celui de l'institut Curie à Paris. Quand, en 1963, Charles de Gaulle lui confie l'aménagement de La Grande Motte puis de Port Camargue, il revient alors au béton, dont il a entre-temps découvert les nombreuses possibilités. Avec ses " formes libres " qui replacent l'homme au coeur du dispositif urbain, il suscitera par ses réalisations de vives controverses, avant de voir son oeuvre finale reconnue pour sa contribution remarquable à l'architecture contemporaine.

Villes et villages
Le Phare de la Méditerranée

Avec sa forme de champignon et ses 37 mètres de haut surplombant Palavas-les-Flots et la mer, impossible de le rater. L'ancien château d'eau transformé entre mars 1998 et janvier 2000 en palais des Congrès, surmonté d'un célèbre restaurant panoramique, est un des points culminants de la ville, d'où l'on peut observer la mer et le paysage à perte de vue. Jusqu'en 1997 et depuis 1942, il alimentait la ville en eau potable. Son coffre de béton contenait la redoute de Ballestras, une ancienne tour de guet du XVIIIe siècle, reconvertie en porte-réservoir d'eau. Déposée pierre après pierre, elle a été reconstruite et restaurée par les Compagnons du Devoir sur l'étang du Levant, à l'est de la ville, et accueille le musée Albert Dubout.

L'histoire du petit train de Palavas

En croquant, à partir de 1922, " le petit train " qui relie Montpellier à Palavas sous une forme carnavalesque et résolument déformée, le dessinateur Albert Dubout le grave dans les mémoires. Entre Lattes et Palavas, on repère encore aujourd'hui quelques vestiges de la ligne qu'il empruntait, ballasts et portions de rails coulées dans le goudron, pont ferroviaire enjambant la rivière. A Palavas, la locomotive n° 70 est abritée au sein d'un bâtiment qui accueille une collection de plus de 4 000 voitures miniatures au parc du Levant, tandis qu'au rond-point des Prés d'Arènes, situé à l'entrée de Montpellier, est exposée la locomotive n° 81, classée avec sa voiture Monument historique. C'est que ce petit train est à lui seul toute une histoire. Elle démarre au milieu du XIXe siècle, alors que la mode des bains de mer attire les Montpelliérains vers le petit village de pêcheurs de Palavas. Mais son accès est difficile, il suppose d'emprunter une route de terre, boueuse et inondable par temps de pluie, non ombragée en été, faute de platanes, qui ne seront plantés qu'après. Décidé par décret impérial, le chantier de la ligne ferroviaire, réalisé entre 1869 et 1872 et reliant la ville à la station, suit un parcours de 11,5 kilomètres effectué en une demi-heure, arrêts compris. A peine inaugurée le 5 mai 1872, elle connaît un succès immédiat, avec 130 844 passagers rien qu'entre début mai et fin juillet de cette année-là. Le petit train arrive sur la rive gauche de Palavas, tout près de la plage. Ses premiers passagers, dès 6h du matin, sont les poissonnières du port. Reconnaissables à leurs paniers en osier sur la tête, elles se rendent aux Halles Castellanes de Montpellier pour vendre les poissons fraîchement pêchés par leurs maris. Dans les années 1960, les tickets portent la mention " Montpellier Splanade-Palavas " : comme " statue " prononcée ici " estatue ", " splanade " a pris la place d'esplanade ! En 96 ans d'exploitation, il transportera près de 60 millions de voyageurs, avec un record de 2 millions par an. Mais à partir des années 1950, la concurrence de l'automobile et la réfection de la route reliant Palavas à Montpellier sonnent le glas de sa belle aventure et " le petit train " effectue son dernier voyage le 31 octobre 1968.

Châteaux

Situé sur la place qui porte son nom, le château de Candillargues a été édifié au XVIIe siècle, après que Jean de Lauzelergues ait acquis la seigneurie de Candillargues (1624). La succession l'amène par la suite entre les mains d'une famille d'antique noblesse languedocienne, et ce jusqu'à la Révolution. Au XIXe siècle, il connaît différents propriétaires, mais surtout Emile Galtayries, qui en fait le coeur d'un vaste domaine viticole. Il dispose alors de cinq caves capables d'accueillir 40 000 hectolitres et sa dynamique entraîne la démographie du village à la hausse. Quelques années avant la Seconde Guerre mondiale, le domaine est morcelé et vendu à plusieurs acquéreurs, tandis que le château est divisé en lots dans les années 1980. Recensé à l'inventaire du patrimoine culturel, il a notamment conservé ses ogives et un bel escalier à volées droites qui se poursuivent en vis.

Le Château Les Mazes à Saint-Aunès et son domaine viticole se situent sur une parcelle agricole qui daterait des Romains. Le hameau ancestral répertorié, sur le cadastre Napoléonien, s'est agrandi peu à peu pour devenir en 1811 la propriété actuelle, qui a appartenu à quelques grandes familles montpelliéraines, dont il servait de lieu de villégiature. Il a aussi accueilli en 1933 la fondation de la communauté des Petites Soeurs du Sacré-Coeur de Charles de Foucauld, qui y vécurent dix ans, y laissant leur empreinte.

Architecture religieuse

L'église Saint-Blaise de Candillargues.

La plus ancienne charte de la villa carolingienne de Candillargues datant de 960 mentionne que Berthe, comtesse de Rouergue, a hérité de Candillargues et de son église par son oncle Hugues, comte d'Arles et de Vienne, roi de Provence puis roi d'Italie. Elle en fait don à l'abbaye de Montmajour de Candillargues avec l'église dénommée " Saints Côme et Damien ", puis vers la fin du XIe siècle, c'est l'abbaye Psalmody qui possède cette dernière. A mi-chemin entre Nîmes et Montpellier, proche de Lunel et de Mauguio, le village souffre beaucoup des guerres de Religion et l'église est en partie détruite et dépouillée de ses ornements. Au XVIIIe siècle, les anciens patrons saint Côme et saint Damien sont substitués par saint Blaise, puis le domaine et toutes dépendances sont vendus à la Révolution. En 1829, l'église est érigée en chapelle vicariale par ordonnance royale. Elle est en très mauvais état et si son toit et sa façade sont alors remis en état, l'édifice attendra 1978 pour être plus amplement restauré.

Traditions et modes de vie
Une manade du Pays de l'Or.
Une manade du Pays de l'Or.

Le Pays de l'Or possède toute la richesse de l'Hérault aux portes du Gard. Ainsi ce territoire est parcouru par une culture occitane aux multiples facettes. Les joutes languedociennes - très présentes autour de Sète et de l'étang de Thau - sont suivies de ferias et autres manifestations camarguaises. Bien que les populations de ces différentes villes bénéficient du même climat agréable et des plages du littoral, elles possèdent leur propre culture locale, liée à l'histoire de leur ville et à leurs familles, parfois présentes dans la région depuis des centaines d'années.

Lexique des joutes nautiques

Bigue : ces poutres de huit mètres de long, reliées par des traverses, supportent la plateforme sur laquelle se dresse le jouteur.

Tintaine : perchée à près de 2 mètres au-dessus de l'eau, elle supporte le jouteur qui dispose de cale-pieds pour résister au choc de la lance adverse.

Lances : longues de 2,80 mètres, elles se terminent par un trident d'acier qui vient se planter dans le pavois de l'adversaire.

Pavois : bouclier de bois protégeant la poitrine du jouteur.

Hautbois : souvent accompagné de son tambour, cet instrument de musique à vent de la famille des bois est associé aux musiques traditionnelles du Bas-Languedoc.

Le mythe de Sainte-Agnès

En l'an 304, une jeune fille de quatorze ans prénommée Agnès est décapitée pour avoir refusé les avances d'un sénateur romain païen. Vénérée par les premiers chrétiens dès le Ve siècle, le nom de la sainte martyre fut donné à une église locale au Xe siècle, dont les pierres servirent à l'édification de l'église actuelle de Saint-Aunès. De là aussi viendrait le nom de la commune.

Langue

La langue d'oc, aussi appelée occitan, est une langue romane présente dans une partie du sud de la France, Monaco, la Guardia Piemontese en Italie et le Val d'Aran en Espagne. La langue a donné son nom à la région Occitanie. Il est difficile de savoir combien de personnes pratiquent encore cette langue, toutefois l'occitan ressort comme la langue régionale la plus parlée en France. A l'origine, dès le Moyen Âge classique, la langue d'oc est une langue administrative et juridique qui fait concurrence au latin.

Elle est connue pour sa riche littérature à partir du XIIe siècle, époque où les troubadours vont commencer à la rendre illustre dans toutes les cours d'Europe. Dès le XIIIe siècle, l'occitan est utilisé comme langue scientifique (traités de médecine, de chirurgie, d'arithmétique...). Elle fut aussi une langue utilisée pour les échanges commerciaux internationaux.

L'occitan est à l'origine d'une importante production culturelle et d'une littérature qui s'étend de façon ininterrompue sur plus de mille ans, un des points culminants de son histoire littéraire a été l'attribution du prix Nobel de littérature à Frédéric Mistral en 1904.

Depuis le XIXe siècle, elle est, sur le plan international, un sujet d'études académiques assez répandu.

Musique – Danses
La danse sévillane

La sévillane ou sevillana est une danse populaire espagnole originaire de Séville, qui se danse à deux, à un ou plusieurs couples, en cercle ou en groupe. Cette danse typique est présente sur le territoire du Pays de l'Or, son arrivée dans la région s'explique par le voisinage des deux pays et les vagues migratoires qui ont parcouru le sud de l'Europe. On peut apercevoir cette danse dans plusieurs festivités de la région, notamment à l'approche de l'été et au cours des ferias. La sévillane est très gracieuse, festive et rythmée, elle peut traduire à la fois l'approche, l'affrontement, la fuite et l'amour.

Sports et jeux traditionnels

La bouvine

Parmi l'ensemble des traditions et pratiques sportives de la tauromachie camarguaise, réunies sous le nom de " bouvine ", figure la célèbre course camarguaise. Ce jeu sportif, dont on retrouve des traces dès le Moyen Age, est toujours très pratiqué dans l'Hérault et, au-delà, jusqu'aux Bouches-du-Rhône et au Vaucluse. Pour un petit rappel d'histoire, il a été inventé par les vachers et garçons bouchers dans les campagnes, puis a gagné peu à peu les villes jusqu'à ce que la Révolution française l'intègre aux fêtes patriotiques : les taureaux sont alors parés de leur célèbre ruban rouge dénommé " cocarde " et le jeu devient la " course à la cocarde ", avant de prendre le nom de " course camarguaise " à partir de 1975, quand il est reconnu comme sport à part entière par l'Etat.

Avec une douzaine de manades, le territoire du Pays de l'Or n'échappe pas à cette tradition bien ancrée. Sur le sable des arènes de Palavas, Mudaison, Candillargues, Lansargues ou bien sûr de Mauguio, comme dans bon nombre de communes et villages alentours, du printemps jusqu'à l'automne, la course camarguaise attire un public enthousiaste et connaisseur, venu saluer l'agilité des razeteurs. Ce sont eux qui vont affronter dans l'arène les taureaux de Camargue et rivaliser d'habileté pour leur ravir le plus vite possible les pièces que l'éleveur a installées entre les cornes du taureau : ficelles, glands, cocarde. Avant d'y parvenir, ils ont dû " fatiguer " le taureau, qui souvent les " raccompagne " jusqu'aux barrières dans une course poursuite chargée d'adrénaline, les obligeant à s'envoler pour échapper aux cornes. Dans ces jeux, où les valeurs de loyauté et de bravoure sont à l'honneur, tant pour l'homme que pour l'animal, c'est le nom du taureau et de sa manade plutôt que celui de l'homme, qui tient le haut de l'affiche. On vient admirer les qualités de l'animal, qui lui valent parfois une certaine gloire, mais on ne vient pas assister à sa fin. Exit la mise à mort : le taureau de Camargue ne vient pas pour tuer ni pour être tué. L'affrontement entre l'homme et l'animal est une affaire de ruse.

Le taureau à la corde désormais interdit

La célébration de la Saint Blaise à Candillargues a longtemps été l'occasion pour tout le village de s'animer au rythme des festivités camarguaises et, en particulier, du traditionnel taureau à la corde qui consiste à attacher une corde au cou de la vachette ou du taureau et traverser les rues des villages. Cette pratique bien ancrée a fait l'objet d'une longue bataille judiciaire, après qu'en avril 2000, un arrêté préfectoral l'ait purement et simplement interdite, la jugeant dégradante et violente pour l'animal. Malgré les nombreux recours intentés par ses défenseurs, la cour de cassation a définitivement mis un terme à la pratique, au grand dam d'un bon nombre d'élus locaux et de certaines associations... et au plus grand bonheur de certaines autres.

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