Guide de Libye : Économie

UNE ECONOMIE DÉPENDANTE DU PÉTROLE

Lorsqu'elle accède à l'indépendance en 1951, la Libye est un pays en ruine. Après vingt années de lutte farouche contre la colonisation italienne (1911-1943), elle est en effet devenue le champ d'âpres batailles pendant le second conflit mondial entre les Alliés et les forces italiennes et les forces allemandes dirigées par Rommel.

La région de Tobrouk garde encore la mémoire des combats dans de nombreux cimetières militaires. La reconstruction et le développement du royaume de Libye vont devenir possibles après les premières découvertes de gisements d'hydrocarbures dans les années 1950, mais l'économie ne devient réellement " rentière " qu'avec l'arrivée au pouvoir de Moammar Kadhafi, en 1969.

En effet, celui-ci va rapidement renégocier les conditions de l'exploitation du pétrole par les compagnies étrangères et se dégager de l'emprise économique des Etats-Unis.

L'année 1973 est décisive car le secteur des hydrocarbures est nationalisé et le choc pétrolier entraîne une hausse spectaculaire des prix du baril sur le marché international.

La Libye dispose alors de moyens exceptionnels pour initier son développement.

Une triple dépendance économique

Le développement de la Libye est soumis à une triple dépendance durable qui est liée :

à la variabilité du prix du baril de pétrole qui constitue selon les périodes entre le tiers et la moitié de la richesse nationale et 95 % des exportations libyennes ;

au besoin de main-d'oeuvre étrangère car la Libye ne dispose pas de la force de travail suffisante pour occuper les emplois qualifiés ou subalternes dans tous les secteurs d'activité. On estime que 40 à 50 % de la population active est étrangère, c'est-à-dire une proportion qui rapproche la Libye des monarchies pétrolières du Golfe. Si la venue de travailleurs du monde entier a permis à la Libye d'accélérer son développement en période de croissance, cela s'est fait sans que le pays arrive à mettre en place les moyens de sa propre indépendance vis-à-vis de l'immigration à long terme. Les Libyens ne sont pas encore suffisamment nombreux à disposer des compétences nécessaires pour occuper tous les emplois exigeant une haute technicité, c'est pourquoi les entreprises étrangères implantées en Libye ont pour obligation d'embaucher, voire de former une part de personnel libyen. Ils n'ont pas non plus, jusqu'à ces dernières années, de motivation à occuper des emplois déqualifiés, largement investis par la main-d'oeuvre africaine et égyptienne. La crise économique des années 1990 a marqué pourtant le début d'une évolution des mentalités sur ce point ;

à l'importation de biens de consommation et de technologie. L'Europe, premier client de la Libye, en est aussi le premier fournisseur, avec 60 % des exportations provenant surtout d'Italie et d'Allemagne.

Jusqu'au début des années 1980, les Etats-Unis occupait cette position de premier partenaire commercial libyen, et le récent rétablissement de relations normalisées entre les deux pays laisse présager d'une percée accrue des Américains sur le marché libyen. Ces derniers sont en effet apparus en 2006 dans le haut du classement, en sixième position, des pays exportateurs en Libye, avec 5,31 % du total des exportations vers la Libye (contre 1,06 % en 2005), dû principalement à la livraison d'avions Boeing. En outre, depuis 2005, les Etats-Unis sont redevenus un important partenaire pétrolier de la Libye. Les relations entre les deux Etats s'étaient envenimées sous l'administration Reagan. Les premières sanctions économiques américaines furent prises dès 1982 ; en 1986, à la suite de l'attentat d'une discothèque berlinoise fréquentée par les soldats américains basés en Allemagne, les Etats-Unis imposent un embargo unilatéral. En 1994, le Congrès américain vote la loi d'Amato, qui restreint encore les relations économiques avec la Libye. Ces sanctions sont assouplies puis levées en 2003 et 2004.

Elles ne sont pas sans conséquences sur la structure du partenariat extérieur libyen. Pour l'instant, le secteur des hydrocarbures constitue la quasi-totalité des exportations libyennes lesquelles sont orientées vers l'Italie (39 %), l'Allemagne (13 %), l'Espagne (13 %), la Turquie (7 %) et la France (6 %).

La libéralisation de l’économie

De 1969 jusqu'au milieu des années 1980, la montée en puissance de l'Etat s'accompagne de la mise en place d'une économie jamahiriyenne socialisante, du contrôle de pans entiers de l'économie et de l'emploi massif des Libyens dans la fonction publique. Mais le contre-choc pétrolier met à mal l'ensemble de cet édifice économique et contraint le régime à libéraliser l'économie à partir de 1987, car il est confronté à la chute de ses revenus dont 75 % proviennent des hydrocarbures. C'est l'infitah, phase d'ouverture timide lancée dans un contexte d'embargo onusien (1992-2003). Les conditions de vie des Libyens se dégradent puisque le PIB/habitant passe de 8 520 $ en 1984 à 4 300 $ en 1997, jusqu'à l'embellie récente avec une hausse constante du PIB tout au long des années 2000 (6 400 $ en 2003) liée à la hausse du prix des hydrocarbures, mais érodée par une inflation à deux chiffres (11 % en 2007).

Cette embellie s'accompagne d'une poursuite de la libéralisation de l'économie. Les produits subventionnés (farine, sucre, riz, etc.) des supermarchés d'Etat sont largement supplantés par le commerce privé qui a profité de la libéralisation des importations. On parle d'une prochaine revalorisation des salaires de la fonction publique, qui sont bloqués depuis 1982, et le secteur bancaire est en cours de modernisation (ouverture du secteur à l'étranger, introduction récente de cartes de paiement internationales), laissant présager un développement du crédit. En outre, la Libye a noué des liens avec le Fonds monétaire international dont elle est membre depuis 1958 mais avec lequel elle s'était tenue à distance : en octobre 2003, le FMI a rendu public un rapport sur la situation financière de la Libye. En février 2007 a été mis en place, sur les recommandations d'un groupe de conseils économiques américains, le Monitor Group, un Conseil du développement économique libyen chargé de mettre en place des mesures de modernisation et de libéralisation dans le pays. A terme, la Libye devrait entrer dans l'OMC.

Relance du développement du secteur pétrolier

La reprise économique libyenne, très liée à la hausse des prix du pétrole ces dernières années, est concomitante d'une relance du développement du secteur énergétique qui avait été bridé par l'embargo et le départ des sociétés étrangères qui l'avait accompagné. Ce développement concerne les hydrocarbures mais aussi le gaz naturel. Pour ce faire, la Libye s'ouvre aux sociétés internationales, qui y voient une véritable aubaine, à une époque où l'Arabie saoudite ou le Koweït demeurent fermés aux nouveaux contrats avec l'étranger. D'autant plus que le pétrole libyen est de très bonne qualité et facile à raffiner, que le volume des réserves prouvées libyennes, encore largement sous-exploitées, est de 39 milliards de barils (3,4 % des réserves mondiales) et que la Libye est l'un des pays où les probabilités de découvertes de nouveaux champs pétroliers substantiels sont les plus importantes, le chiffre de 100 milliards de barils étant lancé.

C'est ainsi que la levée de l'embargo a rimé avec la relance de l'exploitation, de la production et de l'exploration hydrocarbure. Entre 2001 et 2006, la Libye est passée d'une production de 1,3 à 1,6 million de barils par jour, ce qui ne représente cependant encore que la moitié de sa production au début des années 1970 lorsqu'elle pouvait monter jusqu'à 3,3 millions de barils par jour. Quant à l'exploitation du gaz naturel libyen, dont l'Italie est un important client (par exemple, un gazoduc sous-marin relie la Libye et l'Italie), elle était maintenue à un niveau bas et connaît une importante hausse depuis fin 2004. Depuis janvier 2005, la Libye a lancé d'importants appels d'offre successifs pour l'obtention de licences d'exploitation ou de prospection de son sous-sol par des compagnies étrangères en joint-venture avec la National Oil Corporation libyenne, concernant des champs pétroliers ou gaziers. Américains, Européens (British Petroleum a par exemple fait son retour en Libye), Asiatiques, mais aussi Russes (dans le secteur gazier), se sont ainsi placés sur ce fructueux marché.

L’agriculture irriguée en Libye

Pays avec peu ou pas de pluies régulières et suffisantes, la Libye a développé depuis l'Antiquité une agriculture irriguée, qui a connu un regain de faveur lorsque l'Etat a initié d'ambitieux projets de développement du territoire. On distingue trois catégories de mises en valeur agricoles dans l'agriculture irriguée :

Les petits propriétaires exploitent les plus anciennes zones irriguées, dont la transmission est souvent soumise au droit coutumier. Ils occupent 30 à 40 % des zones irriguées dans la plaine de la Jeffara, le djebel Akhdar et les vallées oasiennes. La superficie de leurs exploitations se situe généralement entre 1 et 5 ha. Ces agriculteurs bénéficient d'aides étatiques sous forme d'accès gratuit à l'eau, des bas coûts de l'énergie et des intrants (engrais...).

Les fermes étatiques ont été créées par les pouvoirs publics dans les années 1970 et 1980, le plus souvent dans des zones désertiques, dans le but d'offrir aux petits agriculteurs de meilleures conditions de vie et d'accès à l'eau. Chaque propriété est attribuée à une famille et comprend une maison et une parcelle de 5 à 10 ha. Bien souvent, ces projets agricoles comportent de 100 à 200 fermes, séparées par des allées rectilignes et bordées de brise-vent végétaux pour limiter l'érosion et protéger les cultures. L'eau des nappes profondes est pompée grâce à un système d'irrigation et distribuée sur chaque parcelle. Projets de production agricole autant que projets sociaux puisqu'il s'agissait d'améliorer les conditions de vie des paysans libyens, ces fermes étatiques ont pâti de l'absence de maintenance.

Les périmètres agricoles étatiques se situent dans les zones désertiques riches en eau des nappes fossiles. Vu du ciel, leur forme est très spectaculaire car il s'agit de plusieurs dizaines de cercles de verdure alignés. Cette géométrie résulte d'un procédé d'irrigation circulaire car l'eau pompée dans le sous-sol irrigue les sols en tournant autour d'un pivot fixe. Le périmètre de Koufra est l'un des plus vastes et des plus célèbres. Cette agriculture, que l'on qualifie parfois de bureaucratique, emploie peu de main-d'oeuvre et exige une haute technicité. Elle n'a pas pu répondre à l'attente d'indépendance alimentaire qu'espéraient les gouvernants et technocrates.

INFRASTRUCTURES

Avec une superficie de 1,76 million de km², la Libye est le 4e plus vaste pays du continent africain, frontalière de six Etats. Elle déroule un littoral méditerranéen sur près de 2 000 km, mais se distingue par son aridité - le pays est désertique à 95 % - et l'absence de réseau hydrographique pérenne. Ces contraintes physiques sont surmontées par une politique de maîtrise du territoire fondée sur le désenclavement, l'urbanisation et l'indépendance hydraulique, financés par les revenus pétroliers.

Un pays désenclavé

A la fin des années 1970, le réseau routier asphalté libyen est long de 4 000 km ; il est multiplié par six jusqu'en 1985, lorsque le contre-choc pétrolier provoque l'arrêt de ces chantiers, mais les résultats sont indéniables : dès les années 1960, les trois entités géographiques (Tripolitaine, Cyrénaïque et Fezzan) sont reliées entre elles et, en 1985, les axes goudronnés atteignent toutes les zones peuplées du territoire. Le régime libyen tente aussi de rééquilibrer le territoire national au profit des régions intérieures (la densité de population est de 2,6 habitants au km² contre 31 aux Etats-Unis), en créant des pôles administratifs régionaux et en diversifiant l'économie des villes moyennes qui sont dotées en infrastructures de base dans les domaines de la santé, de l'éducation et des équipements.

Les Libyens ne sont en conséquence plus aujourd'hui ni des Bédouins, ni des paysans mais très majoritairement des citadins (88 %), qui vivent pour moitié dans l'une des deux métropoles nationales, Tripoli (1,3 million d'habitants) et Benghazi (660 000 habitants), et à plus de 80 % le long du littoral méditerranéen où les densités dépassent souvent 50 hab./km².

La question hydraulique

Enfin, face au problème critique des ressources hydriques, avec des précipitations annuelles moyennes de 56 mm et l'absence de réseau hydrographique pérenne, la Grande Rivière artificielle se présente comme le plus important programme de transfert d'eau de nappes fossiles au monde. En 25 ans, jusqu'en 2010, il doit permettre le transfert de 2 milliards de m3 par an, pour un investissement global de plus de 35 milliards de dollars (voir encadré). Sa pérennité n'excédera probablement pas 50 ans, mais donne un sursis à la Libye pour la mise au point d'une politique à plus long terme.

Les nouveaux défis de la Libye

Le processus de modernisation de la Libye depuis l'indépendance est indéniable : la population a été multipliée par cinq, soit 5 882 67 habitants en 2004 et 7 millions avec les étrangers ; le taux de scolarisation a bondi de 20 à 100 % ; le nombre d'actifs agricoles (7 %) a été divisé par 10 sur la période ; le nombre d'enfants par femme a chuté de 7,5 à 3,2 en 25 ans ; l'indice de développement humain est le plus élevé d'Afrique (64e en 2000).

Si la Libye a su trouver une voie originale de développement, les chantiers lancés depuis un demi-siècle ne sont pour autant pas achevés : moindre dépendance économique vis-à-vis de la rente pétrolière, diversification des partenaires extérieurs, meilleur équilibre entre les régions, maîtrise hydraulique sont d'évidence les horizons de la Libye des décennies à venir.

PRINCIPALES RESSOURCES
Structure du PIB en 2000

Secteur primaire : 10,4 % (agriculture et pêche 8,6 %, mines 1,8 %) et 18 % de la force de travail contre 2,2 % en 2006.

Secteur secondaire : 45,4 % du PIB (pétrole et dérivés 30,8 %, industrie manufacturière 5,9 %, construction 6,6 %, eau, gaz et électricité 2,1 %) et 29,9 % de la population active. En 2006, cette part passe à 79,5%, concernant toujours principalement les énergies fossiles.

Secteur tertiaire : 44,2 % du PIB contre 18,3 % en 2006, et 52,2 % de la population active.

PLACE DU TOURISME

Dans les années 1980, le tourisme à destination des visiteurs étrangers n'est pas à l'ordre du jour en Libye, les plans d'aménagement urbain prenant, par contre, en compte un tourisme proprement libyen.

On ne peut réellement parler d'émergence d'un secteur touristique en Libye que depuis 1995. Même si quelques agences touristiques étaient déjà présentes dans le pays, c'est à partir de cette date que l'on voit s'ouvrir des petites agences de voyages privées qui ferment parfois tout aussi vite, mais dont certaines, de vraies pionnières, ont pris de l'ampleur et ont perduré jusqu'à aujourd'hui. Et c'est dans les années 1990 que se construit également la première génération d'hôtels du pays, gérée par des sociétés publiques. Cependant, le contexte d'embargo sur la Libye des années 1990 et l'image médiatique négative du pays ne permettent pas la consolidation du secteur.

Un développement récent et encore modeste

Depuis la fin de l'embargo en 2003 et 2004 et le retour de la Libye dans le concert des nations, le tourisme enregistre un boom encore tout relatif. Le nombre de touristes est passé de 85 000 en 1995 à 175 000 en 2002 et à 200 000 en 2003. La croissance est donc constante, mais encore faible.

En effet, ce nombre ne pourra augmenter qu'en fonction du développement des infrastructures touristiques, encore très insuffisantes, bien qu'en pleine expansion. Dès la fin de l'embargo, une seconde génération d'hôtels, privés cette fois, a vu le jour ; très visible à Tripoli en ce qu'elle y a largement supplanté l'ancienne génération d'hôtels de la capitale, mais également d'actualité ailleurs. Cette seconde vague de construction d'hôtels est loin d'être tarie et de nombreux nouveaux hôtels vont voir le jour dans les années à venir.

En 2004, une loi a été promulguée qui considère le tourisme comme un secteur productif à développer, afin de diversifier l'économie du pays pétrolier. A cette date, les prévisions du Comité populaire général libyen du tourisme (ministère) portaient le nombre de touristes à plus d'un million pour 2008 et prévoyaient qu'environ 10 000 chambres d'hôtel supplémentaires seraient disponibles entre 2004 et 2008. Une loi de 2004 concernant l'investissement étranger dans le secteur touristique est venue accompagner la promotion du secteur. Effectivement, plusieurs entreprises étrangères sont à l'heure actuelle en train de mettre en place des complexes touristiques ou des hôtels en Libye, souvent de grande dimension et de grand standing, qui verront le jour vers 2010. En 2006, le Comité populaire général du tourisme a été remplacé par un Office général du tourisme et de l'industrie artisanale, logé dans de nouveaux locaux, visant à dynamiser le secteur. En mai 2008, cette nouvelle institution a organisé la première édition du Salon international du tourisme de Tripoli, cherchant à sensibiliser les investisseurs libyens et étrangers sur le potentiel du pays et sur les projets en cours.

La moitié des hôtels se situe à Tripoli et en Tripolitaine, 40 % en Cyrénaïque et 6 % dans le Sud, qui devrait se voir valorisé dans les prochaines années.

Un public très ciblé

Pour le moment, le tourisme étranger en Libye concerne surtout une minorité de passionnés du désert et d'archéologie. Si l'on se réfère aux seules statistiques de mars 2008 de l'Office général du tourisme libyen, les touristes occidentaux à visiter la Libye sont d'abord les Français et les Italiens (à proportions presque égales : autour de 2 500 en mars 2008), suivis par les Allemands. Viennent ensuite, en proportions moindres, les Anglais, les Autrichiens et les Espagnols, puis, dix fois moins nombreux que les Italiens ou les Français, les Australiens et les Japonais.

Afin d'empêcher le développement d'un flux touristique incontrôlé, les touristes doivent encore être accompagnés par un guide touristique, voire par un membre de la police touristique.

Informations
Une éclipse très touristique

Le 29 mars 2006 a eu lieu la quatrième éclipse solaire totale du XXIe siècle, tour à tour visible sur quatre continents pendant plus de 4 heures, depuis la pointe nord-est du Brésil jusqu'à l'Asie centrale. Sur la bande recouverte par l'éclipse totale (la France n'a eu droit qu'à une éclipse très partielle), le phénomène a duré en moyenne 4 minutes. C'est en Libye, et plus précisément au Waw en-Namus en plein Sahara, que la durée a été la plus longue, avec 4 minutes et 7 secondes. Grâce à son ciel sans nuages, la Libye a été un endroit privilégié d'observation, pour les scientifiques comme pour les visiteurs.

L'éclipse a ainsi donné lieu à la préparation d'un événement touristique sans précédent en Libye, orchestré par le ministère du Tourisme libyen et démontrant la volonté des autorités de relancer l'activité touristique délaissée depuis trente ans au profit du pétrole et de l'industrie. Une série de timbres poste célébrant l'événement a même été lancée.

Selon le ministère du Tourisme libyen, plus de 7 000 visas ont été attribués pour des visiteurs étrangers de 47 nationalités, arrivés par avion (environ 4 000) ou par bateau (environ 3 000).

En plus du ministère du Tourisme, les autorités libyennes ont mobilisé le ministère des Affaires étrangères (dont les consulats pour la délivrance des visas), les agences de voyages libyennes, les administrations et autorités locales (surtout dans le sud du pays) et des entreprises assurant la logistique dans le désert. Les circuits " spécial éclipse " visaient avant tout un tourisme aisé : les quatre jours de visite à cette occasion coûtaient en moyenne 2 000 €.

LA FRANCE ET LA LIBYE

L'actualité des relations franco-libyennes a récemment fait les gros titres de la presse française, notamment lors de la visite de Kadhafi à Paris en décembre 2007, dont le seul précédent avait eu lieu en novembre 1973. Malgré la relance des accords de coopération entre les deux pays notamment dans des secteurs comme le nucléaire civil et l'industrie de la défense, la Libye demeure un partenaire modeste pour la France. En 2003, elle était son 76e client et son 45e fournisseur, soit environ 0,1 % des exportations et importations françaises. En 2004, la Libye représentait 0,09 % des exportations françaises et 0,24 % de ses importations.

Les exportations de la France et des autres partenaires commerciaux de la Libye bénéficient de la reprise économique libyenne depuis 2004, qui a entraîné une hausse des importations du pays de 10 % en 2006.

La France, cinquième exportateur en Libye

L'Italie conserve toujours, et de loin, la première place dans le classement des pays fournisseurs de la Libye, mais la France se hausse d'un rang en 2006 en prenant la cinquième place (6,61 % du total des importations libyennes). Ainsi, en 2006, la France se trouve entre l'Italie (21,56 % de parts de marché des importations libyennes), l'Allemagne (9 %), la Chine (8,6 % contre seulement 4,4 % en 2005) et la Tunisie (8,6 %) d'un côté, et les Etats-Unis - pour la première fois dans le haut du classement depuis la fin de l'embargo avec 5,31 % des importations libyennes en 2006, principalement grâce à la livraison d'avions Boeing -, la Corée du Sud (qui se maintient à la septième position) et l'Angleterre (dont la position a chuté en 2006).

Les exportations françaises, principalement de grands contrats d’équipement

Presque un tiers des importations de la Libye concerne des biens d'équipement industriel, un marché dans lequel la France est bien placée. Les exportations françaises vers la Libye sont en hausse constante depuis plusieurs années : elles sont passées en 10 ans de 200 millions d'euros à 520 millions d'euros.

Le montant total fluctuait entre 200 et 300 millions d'euros et a donc connu une hausse significative depuis 2005 : de 224 millions d'euros en 2004, il est passé à 521 millions d'euros en 2007.

Ces exportations françaises concernent en majorité de grands contrats remportés par des entreprises françaises sur le marché libyen, le commerce courant ne jouant qu'à la marge. La vente à la Libye d'avions Airbus pour 112 millions d'euros en 2007 a particulièrement gonflé la position de la France sur le marché libyen. Les exportations françaises vers la Libye concernent donc toujours principalement des biens d'équipement (matériel de transport, matériel électrique et matériel mécanique principalement), mais la hausse est fulgurante : représentant 67 millions d'euros en 2004, ils représentent un montant de 250 millions d'euros en 2007. Viennent ensuite un ensemble de postes dont les parts sont corrélativement en baisse dans le total : les biens intermédiaires (124 millions d'euros en 2007), le secteur agricole et agroalimentaire (33,7 millions d'euros), les biens de consommation (30 millions d'euros) et le secteur automobile (18,8 millions d'euros).

Des importations pétrolières

Les ventes d'hydrocarbures représentent 97 % des exportations libyennes. La France achète donc à la Libye du pétrole, qui représente 97 % des importations françaises en Libye. Le pétrole libyen représente 2,5 % des importations de brut de la France, comme en 2005. Mais le montant de ces importations a augmenté en 2007 (passant à 2 165 millions d'euros, contre 1 044 millions en 2004), surtout à cause de la hausse du prix du pétrole. La fluctuation des prix du pétrole est la raison d'un déficit commercial structurel des échanges français avec la Libye. Ce déficit a encore augmenté en 2007, s'élevant à 1 643 millions d'euros contre 1 471 millions en 2006 et 820 millions en 2004, illustrant la hausse du prix du baril de pétrole passé de 23 $ en 2003 à 78 $ en 2006.

Présence française

La présence française en Libye se résume majoritairement à l'implantation de filiales d'entreprises françaises, parmi lesquelles Total est le principal investisseur. De grands groupes et sociétés français, dans les secteurs de la désalinisation, de la construction, de l'aéronautique, de l'énergie, des télécommunications, de l'industrie des câbles, etc. ont créé des bureaux de représentation ou des succursales en Libye.

Source principale : Mission économique française à Tripoli.

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