Guide d'Ouganda : Politique et économie

Politique
Structure étatique

Le président de la république, Yoweri Museveni, est aussi le chef des armées. En charge du pouvoir exécutif, il est assisté d'un vice-président et d'un Premier ministre lui-même secondé par trois vice-Premiers ministres. Le gouvernement se compose de 20 ministres et 47 secrétaires d'Etat.

Le système politique et judiciaire est établi d'après la Constitution de 1995 et calqué sur le modèle britannique, avec un droit de vote accordé à 18 ans. Le président est élu au suffrage universel pour une durée de cinq ans. En 2005, un amendement à la Constitution a abrogé la limite de deux mandats, permettant à Museveni d'être réélu une troisième fois en février 2006, une quatrième fois en février 2011 et une cinquième fois en février 2016. Avec la suppression de l'âge limite pour être éligible à la présidence de la république, en juillet 2018, Museveni est susceptible de viser un sixième mandat à l'horizon 2021.

Le pouvoir législatif est détenu par le Parlement qui compte 426 membres élus au suffrage universel tous les cinq ans (même si une dissolution anticipée est toujours possible) et qui a pour tâche de voter les lois, d'évaluer et amender la politique du gouvernement et de gérer et contrôler les dépenses de l'Etat. L'Assemblée est dominée par le parti de Museveni, le Mouvement de Résistance Nationale. Le principal parti d'opposition, également représenté, est le Forum pour le Changement Démocratique dirigé par par Kizza Besigye. Le pouvoir judiciaire est indépendant.

Partis

Lorsque Museveni conquiert le pouvoir en 1986, il affiche sa volonté de rompre avec les régimes dictatoriaux précédents et forme un gouvernement d'union et de réconciliation nationale. Malgré l'absence de multipartisme, ses premières années de mandat sont largement saluées car le pays se stabilise et l'économie redémarre. En mai 1996, il organise la première élection présidentielle à se tenir dans le pays depuis 16 ans et remporte 74 % des suffrages. Il est réélu en 2001 avec 70 % des voix et remporte à la suite 189 sièges sur 214 aux législatives, mais des tensions apparaissent. Ainsi le principal opposant de Museveni, Kizza Besigye, s'exile en Afrique du Sud, au motif qu'il craint pour sa vie. Influencée par l'exemple du Kenya où l'opposant Mwai Kibaki est élu en 2002, la société civile ougandaise, soutenue par l'opinion internationale, commence à réclamer le retour au multipartisme. Celui-ci est opéré en 2005 avec acceptation par référendum, tandis que Museveni, qui avait laissé planer le doute sur sa participation à un troisième scrutin, fait amender la Constitution pour pouvoir se représenter, essuyant de vives critiques. Il est élu avec 59 % des voix, mais les dissensions sont de plus en plus marquées. Bien que qualifiées de régulières par les observateurs étrangers, les élections se déroulent dans un climat de violences (Amnesty International révèle même des cas de torture) et l'opposition dénonce des fraudes électorales ainsi que le détournement de fonds publics pour financer la campagne. De retour d'exil, Kizza Besigye, principal adversaire du président sortant, est arrêté à quelques mois des élections, accusé de trahison, viol et terrorisme par des tribunaux à la fois civils et militaires qui soutiennent que, lors de son exil, Kizza Besigye a mené une action pour créer un mouvement de rébellion afin de renverser le gouvernement Museveni. Il obtient tout de même 37 % des suffrages et apparaît comme le premier opposant crédible à Museveni dont les partisans sont regroupés dans le Forum pour le Changement Démocratique (FCD). Les principaux chefs d'accusation qui couraient à son encontre ont été abandonnés au cours de l'année 2006, tout comme a été rejeté le recours qui avait été déposé devant la Cour suprême pour annuler les résultats.

En février 2011, le président Museveni se représente pour un quatrième mandat et remporte les élections au mois de mai de la même année avec 59,26 % des voix contre 37,39 % pour son opposant historique Kizza Besigye. Les élections sont entachées de fraudes et d'irrégularités selon l'opposition et les observateurs internationaux qui dénoncent d'importantes lacunes dans l'organisation du scrutin qu'ils jugent inéquitable. De nombreuses atteintes à la liberté d'expression et à la liberté de la presse sont également signalées. Si la réélection de Museveni, avec 60,75 % des suffrages exprimés, en 2016, a engendré des critiques similaires, ce fut surtout l'amendement de la Constitution, fin 2017, afin de lui permettre de se présenter à l'élection présidentielle de 2021 par suppression de l'âge limite d'éligibilité, qui a provoqué l'ire de l'opposition. Cette dernière a alors saisi la justice. Apparemment en vain, puisque les juges ont tranché pour le chef de l'Etat en juillet 2018. Au Parlement, le parti présidentiel, le Mouvement de la Résistance Nationale (NRM) reste largement majoritaire dans toutes les circonscriptions avec 293 sièges au total.

Les autres partis représentés sont le Forum pour le Changement Démocratique (FCD) avec 36 sièges, le Congrès Populaire d'Ouganda (UPC), le Parti démocratique (DP) et des indépendants.

Enjeux actuels

Avec la paix retrouvée dans l'ensemble du territoire - suite au départ de la rébellion de l'Armée de Résistance du Seigneur (LRA) au nord du pays, une croissance économique robuste est attendue, boostée par la manne que devrait constituer l'exploitation prochaines d'importantes réserves pétrolières. L'Ouganda se révèle aujourd'hui comme un pays stable et dynamique loin de la crise qui frappe les pays du Nord. Mais ce bilan est entaché par la détérioration du climat politique suite aux " mandats de trop " du président Museveni et d'une corruption qui semble se généraliser au sommet de l'Etat. L'absence de perspectives économiques pour la jeunesse, ingrédient d'un possible soulèvement populaire, et les protestations quotidiennes de l'opposition depuis les dernières élections laissent craindre une aggravation de la crise politique les prochaines années. Mais le président Museveni assure à la communauté internationale qu' " il n'y aura pas de révolution à l'égyptienne en Ouganda, car les manifestants seront envoyés en prison ". Malgré les menaces, l'opposition continue à appeler à des manifestations, souvent violemment réprimées, et malgré le déploiement en force de la police dans tous les endroits stratégiques de la capitale. La population pour sa part semble partagée et beaucoup sont résignés à supporter le régime de Museveni, plus préoccupés par leur survie au quotidien. Sur le plan international, l'Ouganda est un pays stratégique, impliqué depuis longtemps dans la politique des Grands Lacs. En 1994, il soutient les Tutsi et le Front patriotique rwandais de Paul Kagame qui a opéré sa prise de pouvoir depuis l'Ouganda. En 1997, les deux pays s'allient pour envahir le Zaïre, renversent le maréchal Mobutu et portent au pouvoir Laurent Désiré Kabila. L'Ouganda occupe l'Ituri de 1998 à 2003, finalement contraint à se retirer de RDC sous la pression internationale qui l'accuse de piller les ressources naturelles du pays. Un temps détériorées, les relations entre Kigali et Kampala se sont réchauffées depuis 2006 et les réunions bilatérales se multiplient dans tous les domaines. Les relations avec le Soudan restent tendues malgré les accords de paix de décembre 1999 entre les deux pays et ceux de janvier 2005 entre le gouvernement de Khartoum et la rébellion du Sud-Soudan. Le gouvernement du Sud-Soudan a joué un rôle actif de médiation dans la négociation entre Kampala et la rébellion de la LRA, les différents cessez-le-feu ayant même été signés à Juba. Enfin l'Ouganda entretient des liens forts avec la Tanzanie et le Kenya qui sont ses grands partenaires économiques régionaux. En novembre 2007, Kampala s'est imposée sur la scène internationale en accueillant le sommet du Commonwealth, recevant 52 chefs d'Etat anglophones. Profitant de sa position géostratégique, de porte d'entrée de l'Afrique des Grands Lacs (et aujourd'hui du Sud-Soudan), l'Ouganda est particulièrement choyé par les Etats-Unis, et encore plus depuis la découverte de pétrole sur le lac Albert et l'indépendance du Sud-Soudan. Il n'est pas étonnant que les Etats-Unis aient décidé en 2011 d'envoyer 500 GI's, officiellement pour aider les Ougandais à lutter contre la rébellion du LRA. Mais outre ses soldats, l'oncle Sam est présent en force à travers ses conseillers, ses volontaires civils et ses associations évangélistes.

Économie
Le retour des Indiens en Ouganda

Premières victimes des illuminations délirantes d'Amin Dada, 50 000 Indo-Pakistanais sont contraints de quitter le pays en 1972 alors qu'ils contrôlaient l'essentiel des activités économiques du pays. Beaucoup d'entre eux pensaient alors qu'ils ne reviendraient jamais et, à plus forte raison, qu'ils ne récupéreraient jamais leurs biens qui avaient été confiés (autant dire spoliés) au Departed Asians Property Custodians Board. A partir des années 1990, le régime Museveni favorise le retour de cette population par des procédures de restitution et d'indemnisation, mais sur les quelque 9 000 Indiens présents aujourd'hui en Ouganda, seul un millier environ ont effectué un véritable retour (on les appelle les returnees), c'est-à-dire revenus de leur exil au Royaume-Uni, au Canada ou en Inde. Les autres s'y sont installés pour la première fois, venus du Kenya et du sous-continent indien. Aujourd'hui, plusieurs grandes sociétés sont aux mains de deux grandes familles returnees, les Mehta (industrie sucrière, assurance, ingénierie, floriculture) et les Madhvani (industrie sucrière, bière, thé, tourisme, média...). Parallèlement, les investisseurs kenyans d'origine indienne représentent le plus grand groupe d'investisseurs industriels. Ils s'intéressèrent à l'Ouganda dans les années 1990 en raison de la faiblesse de la croissance de l'économie kenyane, de la détérioration de la sécurité et de l'hostilité politique qu'ils rencontraient dans le pays. Ils sont notamment à la tête de la firme House of Dawda (produits pharmaceutiques et agroalimentaires, hôtellerie...). Enfin, parmi les autres présences fortes, l'Aga Khan Fund for Economic Development, qui investit dans tous les secteurs et notamment dans les grands barrages hydroélectriques.

Principales ressources

L'agriculture. Avec la diversification économique, la part de l'agriculture dans la richesse du pays diminue. Elle ne représente aujourd'hui plus que 24 % du PIB, contre 21 % pour l'industrie et 55 % pour les services. Toutefois, le secteur emploie encore la grande majorité de la population active du pays, soit près de 82 % de la population et génère la majorité des revenus d'exportation. La topographie variée des paysages ougandais, avec ses terres arables et ses nombreuses ressources en eau encouragent la diversité des cultures, mais les techniques agricoles demeurent archaïques, et si de grandes fermes commerciales souvent financées par des investisseurs étrangers existent depuis quelques années, la plupart des exploitations sont de type familial, destinées à l'autosubsistance.

Trois millions de petits exploitants se répartissent sur des parcelles d'une superficie moyenne de 2,5 ha. Le secteur agricole est dominé par la production de cultures vivrières, mais les cultures commerciales, l'élevage, ainsi que les produits halieutiques et forestiers sont également importants. La culture des bananes, dont on dénombre plus de 80 variétés, est la principale culture vivrière. Elle représente environ 40 % du total de la superficie cultivée, suivie par les céréales, les racines, les légumineuses et les oléagineux. L'Ouganda est à même de couvrir ses propres besoins alimentaires, mais des produits de base comme le blé et le riz sont importés pour couvrir les besoins des populations urbaines.
Les exportations sont dominées par les cultures commerciales, en particulier le café (80 % de robusta et 20 % d'arabica). L'Ouganda en est le deuxième pays producteur d'Afrique (7e mondial), et même s'il a souffert durant plusieurs années de la chute des cours mondiaux, les exportations (essentiellement vers l'Union européenne) sont reparties à la hausse, représentant 17 % des recettes d'exportation du pays en 2017. Parmi les autres grandes cultures d'exportation traditionnelles, on peut citer le coton (avec un programme de développement des cultures biologiques), le thé, le tabac, la canne à sucre, le cacao et la vanille. La contribution des produits d'exportation non traditionnels (poisson, maïs, peaux et cuirs) aux recettes d'exportation a augmenté du fait de la libéralisation des échanges et de campagnes publiques bien orchestrées de promotion des exportations. L'exemple le plus probant du développement de ces nouvelles activités est le secteur de la floriculture. La " perle de l'Afrique " est aujourd'hui le 5e exportateur africain de fleurs coupées, derrière le Kenya, le Zimbabwe, la Tanzanie et l'Ethiopie. Le secteur a permis d'offrir du travail aux plus démunis, notamment aux femmes dans les zones rurales. L'Ouganda possède une vingtaine d'exploitations floricoles, qui produisent environ 35 variétés de fleurs coupées. Elles sont en grande partie exportées vers l'Europe, notamment vers les Pays-Bas.

L'industrie. Depuis le début du nouveau millénaire, le secteur secondaire ne cesse de se développer en Ouganda, passant de 10 % du PIB en 2001 à 21 % en 2015. L'expansion de la production manufacturière s'explique en général par un regain de demande intérieure, suscité par la hausse du revenu disponible. Elle est dans un premier temps à porter au crédit du textile, en particulier la filière coton largement soutenue, et du ciment, ainsi que des biens de consommation courante comme le savon, l'huile alimentaire et les boissons sucrées. La pêche, notamment dans le lac Victoria célèbre pour sa perche, est une activité très porteuse dont les exportations constituent environ 6 % du PIB. Dans le secteur minier, si le cuivre et le cobalt étaient largement exploités dans les années 1960, la production est aujourd'hui marginale et l'or, extrait de la seule mine de Busia, constitue désormais la plus grande richesse minérale du pays (7 % des exportations). La tenue du sommet du Commonwealth à Kampala en 2007 a permis à l'Ouganda d'améliorer ses infrastructures, notamment routières et électriques, ce qui a largement porté le secteur BTP en créant de l'emploi pour les artisans qualifiés. De grands chantiers ont eu lieu, le plus monumental étant le nouveau barrage hydroélectrique de Bujagali entré en service en 2012. Deux autres barrages sur le Nil (Karuma et Isimba) devraient être opérationnels début 2019. Bien que critiqué par les écologistes, ces barrages - selon la rhétorique des autorités étatiques et des institutions financières internationales - sont censés permettre la génération d'électricité pour 50 % de la population du pays à un coût de production deux fois inférieur au coût actuel de l'électricité d'origine thermique. Cette nouvelle source d'électricité permettrait à l'industrie de se développer et aux Ougandais d'accéder à la réfrigération (meilleure conservation des aliments et donc protection de la santé) voire à la climatisation. Sur le plan environnemental, l'électricité amènerait probablement à une moindre consommation de bois et donc à une meilleure protection des forêts, ainsi qu'à une forte réduction des émissions de CO2. Enfin, pour les années à venir, l'Ouganda fonde de grands espoirs dans la production pétrolière, depuis que des gisements d'hydrocarbures commercialisables ont été découverts dans la région du lac Albert, aux confins de la république démocratique du Congo. En 2017, la réserve de pétrole directement exploitable s'élevait à 1,7 milliard de barils (sur une réserve totale estimée à 6,5 milliards de barils). L'exploitation et l'exportation du pétrole ougandais, déjà reportées, devraient débuter d'ici 2020 ou 2021, une fois achevées l'édification de la raffinerie de Kabaale (district de Hoima) et la construction de l'oléoduc acheminant l'or noir du graben albertin jusqu'au littoral de l'océan Indien, à Tanga (Tanzanie). L'État ougandais escompte glaner annuellement plus de 2 milliards d'euros en recettes pétrolières dès le début de la décennie 2020. Présentée par les autorités étatiques comme une aubaine pour le développement du pays, l'exploitation pétrolière à venir n'en soulève pas moins de nombreuses questions environnementales, sociales et économiques, particulièrement dans les districts de Hoima et de Buliisa dans lesquels la plupart des forages sont situés. Relations avec la RDC, avec laquelle l'Ouganda partage les eaux du lac Albert, et établissement potentiel d'un État rentier sont deux points, parmi d'autres, soulevés par les observateurs, nationaux et internationaux, de la scène politique ougandaise.

Les services. Le tertiaire, qui représente 55 % du PIB, se porte bien. Le secteur des télécommunications se caractérise par une saine concurrence entre les opérateurs. Les compagnies de téléphonie (Airtel, MTN, Africell) figurent parmi les plus prospères du pays avec des revenus en progression constante et un réseau couvrant 80 % du territoire pour environ 10 millions d'abonnés. On dénombre une vingtaine de banques commerciales dont les principales sont la Barclays Bank, la Standard Chartered Bank, la Citibank, la Centenary Bank, l'Orient Bank, la Stanbic Bank, la Bank of Africa et l'Ecobank. Le secteur est en pleine expansion, suite à la libéralisation de l'économie. Le secteur des médias se développe fortement depuis quelques années avec l'apparition de journaux, radios et télévisions privés.

Place du tourisme

Longtemps resté en retrait par rapport à ses voisins d'Afrique de l'Est, le Kenya et la Tanzanie, le tourisme ougandais connaît depuis quelques années un boom sans précédent et s'affiche désormais comme l'un des meilleurs espoirs de croissance pour le pays. Après une période difficile au début des années 2000, après qu'un groupe de huit touristes a été assassiné par des rebelles de la RDC dans le parc de Bwindi, le tourisme est en progression constante avec une augmentation de 36 % au cours des cinq dernières années. De 946 000 touristes en 2010, leur nombre franchissait en 2013 la barre du million : 1 206 000 visiteurs ! Et l'on observe une augmentation constante chaque année. Le climat de stabilité politique et les performances économiques de l'Ouganda encouragent l'afflux de capitaux étrangers. Avec l'amélioration des infrastructures routières et hôtelières depuis 2007, le secteur du tourisme a connu une nette progression ces dernières années en rapportant plusieurs centaines de millions de dollars au trésor national et représente environ 17 % des emplois disponibles.
Comme le tourisme en Afrique de l'Est repose essentiellement sur l'attractivité que présente l'observation d'une faune unique, la prise de conscience du potentiel économique du secteur s'est doublée d'une prise de conscience en matière de conservation et de protection de l'environnement. Pour attirer les touristes, il convient donc de protéger les animaux, mission qui incombe avec succès à l'Uganda Wildlife Authority (UWA) et aux nombreux rangers qui travaillent dans les parcs nationaux. Si beaucoup d'étrangers possèdent des établissements touristiques, les Ougandais sont eux-mêmes très impliqués dans le développement du secteur et sont nombreux à posséder des lodges, des agences de voyages... Le personnel de ces établissements est souvent recruté localement. Le tourisme apparaît donc comme un facteur essentiel de développement rural et de mise en valeur des communautés, notamment avec l'engouement actuel pour le tourisme solidaire. L'Uganda Community Tourism Association (UCOTA) regroupe depuis 1998 les différents projets d'écotourisme et de tourisme solidaire à travers le pays (www.ucota.or.ug). Seul bémol, l'Ouganda est devenu ces dernières années une destination de tourisme sexuel de premier plan en Afrique.

Enjeux actuels

A son arrivée au pouvoir en 1986, le président Museveni récupère un pays à l'économie exsangue, ruiné par des années de dictature. Il adopte immédiatement un Plan d'action pour l'éradication de la pauvreté (PAEP) passant par une série de réformes : libéralisation des marchés, fin des monopoles sur le café et le coton, retour des Indiens qui étaient détenteurs des principaux commerces et industries avant d'être expulsés par Idi Amin Dada en 1972. Les investisseurs étrangers reprennent confiance et les bailleurs affluent, injectent des fonds dans tous les secteurs d'activité. En conséquence, l'Ouganda connaît entre 1988 et 1998 un taux de croissance record de 6,9 % et s'impose comme le bon élève du FMI. En 1997, il devient le premier pays à bénéficier du programme de réduction de la dette des PPTE (Pays pauvres très endettés) avec un allègement de 340 millions de dollars. Entre 1998 et 2003, le taux fléchit légèrement à 6 %, notamment en raison de la chute des cours du café. On note également en 2005-2006 un retrait ponctuel de l'aide des principaux bailleurs étrangers (Grande-Bretagne, Pays-Bas, Canada) affolés par le climat de violence et les irrégularités qui caractérisent les élections présidentielles. Le FMI a quant à lui estimé, vers la fin des années 2000, que le gouvernement ougandais avait appliqué une politique macroéconomique solide, bénéficiant d'un secteur privé robuste, et d'une modernisation significative des infrastructures en 2007. Supérieure à 6 % en 2010, la croissance du pays est tombée à 4,1 % en 2011 en raison de la crise mondiale, pour plonger encore plus en 2012 et en 2013 autour de 3,4 %. D'importants projets d'infrastructures et un soutien constant à l'activité ont toutefois permis à l'Ouganda d'inverser la tendance et de parvenir à 4,7 % en 2016, après un pic sur la période 2013-2014, durant laquelle la croissance du PIB a atteint 6,5 %.

En effet, le démarrage prochain de l'exploitation pétrolière dans le bassin du lac Albert compense largement le ralentissement des exportations de produits agricoles vers l'Europe et dynamise d'ores et déjà plusieurs secteurs industriels. L'agriculture, qui occupe la grande majorité de la population active, a bénéficié ces dernières années de meilleures conditions climatiques qu'en 2010-2011, années marquées par la sécheresse. L'industrie et notamment le BTP bénéficient des chantiers prévus dans le cadre du développement du secteur de l'énergie : installations pétrolières, centrales, barrages, canalisations. L'activité de réexportation vers le Congo et le Sud-Soudan va progresser. Cependant, la croissance reste encore ralentie par les importantes carences en infrastructures, malgré l'entrée en fonction du barrage hydroélectrique de Bujagali destiné à réduire d'un tiers le déficit énergétique. L'activation des turbines des barrages d'Isimba et de Karuma, en 2019, changera peut-être la donne.

Le déficit extérieur de son côté s'accélère et provient du fort déséquilibre des échanges commerciaux. Les exportations traditionnelles agricoles de café, coton, thé, tabac, poisson et légumes, sont nettement distancées - pour l'heure - par les importations de produits pétroliers, d'équipements destinés à l'exploitation pétrolière et à la construction des infrastructures. Une partie du déficit (30 %) est comblé par les importants transferts d'argent des Ougandais émigrés, mais la plus grosse partie du financement est assurée par l'aide publique internationale et les investissements directs étrangers. Les principaux partenaires économiques du pays sont, pour les exportations, l'Union européenne, le Rwanda et le Sud-Soudan, et pour les importations, le Kenya, les Emirats arabes unis, la Chine, l'Inde, l'Afrique du Sud, l'Allemagne et le Japon. Combinés à un certain nombre de progrès sociaux comme la diminution du taux de prévalence du VIH ou encore l'augmentation du taux de scolarisation (95 % des enfants d'âge scolaire fréquentent l'école primaire), les bons résultats de son économie ne doivent pas masquer le fait que l'Ouganda était classé à la 163e place sur 187 pays en termes de développement humain en 2016 (à titre de comparaison, la France figure en 21e position), ce qui le range parmi les pays les plus pauvres de la planète. Malnutrition infantile, équipements sanitaires lacunaires et faiblesse de l'accès à l'électricité sont quelques-uns des maux affligeant une part importante de la population ougandaise. On note toutefois une sensible amélioration dans le domaine de la pauvreté monétaire, puisque la proportion d'Ougandais vivant sous le seuil national de pauvreté serait passée de 31,1 % en 2006 à 19,7 % en 2013, tandis que la part des citoyens vivant avec 1,90 US$ ou moins par jour aurait chuté de près de 19 points sur la même période (de 53,2 à 34,6 %), selon les données de la Banque mondiale (2016). Ces chiffres positifs masquent néanmoins de fortes disparités régionales : ainsi, toujours selon la Banque mondiale (2016), le nombre de pauvres dans l'Est et le Nord du pays aurait augmenté dans le même temps de 16 points (de 68 à 84 %). Si le PNUD, dans son Uganda Human Development Report 2015, est moins alarmiste concernant ces régions, évoquant même une faible réduction de la pauvreté, il rejoint la Banque mondiale sur un point similaire : les infrastructures et les services (électricité, santé publique, éducation...) sont moins développés dans le Karamoja et les districts septentrionaux que dans la Central Region. Marginalisation (économique, sociale et politique) et séquelles de conflits et accrochages armés expliquent, en partie, cet état de fait.

Plusieurs défis attendent l'Ouganda, parmi lesquels la lutte contre la corruption qui se déroule au niveau du business, du commerce informel, des passe-droits et de l'administration. Avec son indice de corruption élevé, l'Ouganda est classé 142e sur 174 pays dans le monde par l'ONG Transparency International en 2014. A noter que les touristes en Ouganda sont très peu embêtés par des policiers malhonnêtes toujours prêts à les délester de quelques dollars. Le chômage de la jeunesse reste également un grand enjeu (la population est l'une des plus jeunes d'Afrique et affiche des taux d'expansion les plus rapides du continent), tout comme la gestion des populations déplacées du nord du pays, qui voient se terminer 20 ans de guerre civile avec la LRA.

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