Guide d'Ouganda : Histoire

Les premiers habitants

La Grande Vallée du Rift, qui traverse l'Afrique de l'Ethiopie à la Zambie, est aujourd'hui reconnue comme étant le berceau de l'humanité. Les paléontologues ont établi que le peuplement de la région remonte à quelque 3 millions d'années. En Ouganda, on a retrouvé dans le district de Moroto les fossiles d'un semi-bipède proto-hominien baptisé Morothopithecus, vieux d'environ 15 millions d'années. Les plus anciens sites préhistoriques remontant à l'âge de pierre en Ouganda, Nsongezi et Sango Bay étaient vraisemblablement occupés il y a 150 000 ans.

On situe à environ 1000 av. J.-C. le début du peuplement moderne de l'Ouganda qui s'est fait par vagues de migrations successives. A cette époque, des chasseurs-cueilleurs de type pygmoïde (du même groupe que les Khoi et les Sanayant pris la direction de l'Afrique australe), aujourd'hui dénommés comme appartenant aux ethnies batwa et bambuti, arrivent des forêts équatoriales de l'actuelle république démocratique du Congo et s'installent en Ouganda. Ils ont laissé en témoignage plusieurs sites de peintures rupestres, et ce jusque dans l'est du pays, dans la région de Mbale. Plus tardivement, au IIe siècle av. J.-C., des pasteurs de langue bantoue arrivent du sud et colonisent les rives du lac Victoria puis la majeure partie du pays, apportant avec eux l'agriculture et les techniques de travail du fer. Enfin, au Ier siècle de notre ère, les populations nilotiques, parmi lesquelles les Luo, venues de l'actuel Soudan, parviennent dans le nord du pays.

Chronologie

150 000 à 50 000 ans av. J.-C > Occupation des sites de Nsongezi (rivière Kigezi) et de Sango Bay (lac Victoria) à l'âge de pierre.

3000 à 1000 ans av. J.-C > Invasion de peuplades d'Afrique de l'Ouest, des chasseurs-cueilleurs ancêtres des Pygmées.

200 av. J.-C > Peuplement des rives du lac Victoria par les premières populations du groupe ethno-linguistique bantu. Développement des techniques de travail du fer.

1100 - 1500 > La dynastie des Batembuzi (venus de l'actuel Soudan ou d'Ethiopie), puis celle des Bacwezi, gouverne le royaume de Bunyoro-Kitara.

1400 - 1500 > Emergence des royaumes de Buganda et Ankole.

1500 - 1650 > Invasion des Luo venus du Sud-Soudan. Ils s'installent d'abord sur les rives du Nil puis progressivement dans tout le pays, mettant en péril la suprématie du royaume Bunyoro.

1650 - 1850 > Extension du royaume de Buganda, développement des royaumes d'Ankole et Toro.

1731 > L'omukama Duhaga monte sur le trône du royaume Bunyoro. Après 50 ans de règne, il est assassiné par les expansionnistes du royaume buganda.

1786 > Règne de l'omukama Kyebambe III jusqu'en 1835.

1830 > Début de la rébellion des princes contre le roi Kyebambe III.

1852 > Le nouveau roi Kamurasi met fin à la rébellion des princes. Arrivée de commerçants arabes.

1858 > Arrivée des explorateurs Speke et Grant, premiers Européens à atteindre le royaume de Bunyoro.

1869 > A la mort de l'omukama Kamurasi, plusieurs princes se disputent le trône, remporté par l'omukama Kabalega. Réformes politiques et militaires.

1871 - 1878 > Les gouverneurs britanniques de la province soudanaise d'Equatoria tentent en vain de s'emparer du royaume de Bunyoro.

1879 > Arrivée du père Lourdel, premier missionnaire catholique.

1884 > Mort de Mutesa Ier qui avait autorisé les marchands d'esclaves swahilis à s'installer dans sa capitale Mengo (Kampala).

1885 > Mwanga succède à son père. Montée du traditionalisme musulman et exécution de 50 chrétiens dont les " 22 saints martyrs de l'Ouganda " (1886).

1889 > Guerre civile entre chrétiens et musulmans. L'Allemagne intervient pour mettre fin au conflit.

1890 > Français, Britanniques et Allemands se disputent le fertile royaume de Buganda.

1893-1894 > La Grande-Bretagne obtient de Mwanga la signature d'un accord de protectorat. Les Britanniques mobilisent l'armée du Buganda pour conquérir les royaumes avoisinants. L'Union Jack est hissé sur Kampala.

1896 > Le roi Mwanga est évincé et remplacé par son fils Chwa, âgé d'un an. Le protectorat est étendu au royaume de Toro et d'Ankole.

1900 > Signature du Buganda Agreement.

1903 > Mort de Mwanga en exil aux Seychelles.

1945 > Montée des revendications indépendantistes.

1952 > Création de l'Uganda National Congress (UNC), premier parti anti-colonial. Le roi Mutesa II est détrôné et exilé au Royaume-Uni. A son retour deux ans plus tard, il est accueilli en héros.

1956 > Création du Democratic Party (DP) mené par Matayo Muganwa puis Benedicto Kiwanuka.

1958 > Création de l'Uganda People's Union (UPU)

1959 > Fusion de L'UPU et de l'UNC pour former l'Uganda People's Congress (UPC) mené par Milton Obote.

1961 > Elections. Victoire du DP, Benedicto Kiwanuka devient Premier ministre.

1962 > Nouvelles élections remportées par l'UPC. Milton Obote devient Premier ministre.

9 octobre 1962 > Proclamation de l'Indépendance de l'Ouganda.

1964 > Tensions entre le président kabaka Mutesa II, issu du royaume Buganda et le Premier ministre représentant les populations nilotiques du Nord.

22 février 1966 > Le kabaka Mutesa II est évincé de la présidence. Obote et son chef d'état-major Idi Amin Dada envoient l'armée sur le palais royal. Mutesa II part en exil et meurt trois ans plus tard. 2 000 Baganda favorables au roi sont massacrés.

Septembre 1967 > La nouvelle constitution fait de l'Ouganda un régime présidentiel à parti unique. Abolition des royaumes, pouvoir quasi illimité de l'armée.

11 janvier 1971 > Obote s'envole pour une conférence du Commonwealth à Singapour.

25 janvier 1971 > Coup d'Etat militaire du général Idi Amin Dada.

1972 > 50 000 Asiatiques et en particulier les Indiens sont expulsés du pays.

1974 > Régime de terreur. On estime à 300 000 le nombre d'opposants assassinés durant la dictature.

1975 > Amin Dada est élu président de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) malgré l'opposition des présidents zambien et tanzanien qui boycottent la rencontre.

1978 > Amin Dada déclare la guerre à la Tanzanie.

Avril 1979 > Les opposants ougandais et l'armée tanzanienne s'emparent de Kampala. Amin Dada s'exile en Libye.

Décembre 1980 > Elections truquées après des gouvernements de transition. Obote et l'UPC reviennent au pouvoir. L'Ouganda est au bord de la faillite.

1981 > Retrait des troupes tanzaniennes. Nouvelles répressions contre les opposants à l'UPC : 100 000 morts. Opposition de la National Resistance Army (NRA) menée par Yoweri Museveni.

27 juillet 1985 > Obote est renversé par le général Tito Okello et se réfugie en Zambie.

26 janvier 1986 > La NRA porte Museveni au pouvoir. Les Asiatiques sont autorisés à revenir en Ouganda, l'état de droit est partiellement rétabli.

1990 - 2000 > Encouragement des investissements étrangers, l'économie du pays décolle. L'Ouganda est qualifié de " bon élève " par le FMI. Poursuite de la guerre civile dans le nord du pays menée par les rebelles de la LRA.

1992 > Les royaumes sont de nouveau autorisés comme références culturelles. Intronisation de Muteba II à la tête du royaume buganda.

1996 > Réélection de Museveni avec 74 % des voix.

1997 > Museveni favorise le renversement du président zaïrois Mobutu en soutenant Laurent-Désiré Kabila.

16 août 2003 > Mort d'Idi Amin Dada à Djeddah en Arabie saoudite.

23 juillet 2005 > Transition vers le multipartisme réclamée par référendum.

Février 2006 > Museveni accède à un troisième mandat au terme d'une élection à cinq candidats. Il récolte 59 % des suffrages.

Novembre 2007 > L'Ouganda accueille la réunion des pays de Commonwealth.

2007-2008 > Processus de paix avec la LRA pour mettre fin à la guerre civile à la frontière soudanaise.

Avril 2008 > Joseph Kony, chef de la LRA, ne se présente pas pour la signature de l'accord de paix définitif.

2009 > Offensive militaire anti-LRA, Joseph Kony appelle à un cessez-le-feu. Découverte de pétrole au lac Albert.

Juillet 2010 > Double attentat à Kampala faisant 74 morts, revendiqué par les shebab somaliens.

20 février 2011 > Museveni se présente pour un quatrième mandat. Malgré les contestations de l'opposition et de l'Union européenne pour irrégularités et fraudes, il est réélu avec 59 % des suffrages.

Mai 2012 > Arrestation en RCA de Caesar Achellam, un des plus grands chefs de la LRA, principal lieutenant de Joseph Kony.

2012-2013 > Le PIB progresse de 6,5 %, chiffre encourageant après celui de l'année précédante.

2014 > Le vote et la promulgation d'une loi renforçant la pénalisation de l'homosexualité attire l'attention et les foudres de l'opinion internationale sur l'Ouganda. La loi est abandonnée. Le 11 août : première Gay Pride ougandaise.

2 janvier 2015 > Des miliciens de l'ex-Séléka, mouvement rebelle centrafricain, capturent Dominic Ongwen, l'un des principaux chefs militaires de la LRA, et le livrent aux forces armées américaines. Cela faisait 10 ans qu'il était recherché par la justice internationale.

22 juillet 2015 > Jamil Mukulu, chef de la rébellion ougandaise des Forces Démocratiques Alliées (ADF), est jugé à Jinja trois mois après son arrestation en Tanzanie. Il est accusé de meurtres de masse, commis en 1998 et en 2000 dans l'ouest du pays.

18 février 2016 > Yoweri Museveni remporte l'élection présidentielle avec 60,75 % des voix.

Juillet 2018 > Malgré les virulentes contestations de l'opposition, la justice supprime la limite d'âge, fixée à 75 ans, pour être éligible à la présidence de la république. Le président Museveni devrait donc pouvoir briguer un sixième mandat en 2021.

L'avènement des royaumes

On dispose d'assez peu d'informations concernant les siècles suivant les premières migrations. Toutefois il est établi, comme l'attestent les nombreux sites archéologiques du centre du pays, dans les districts de Mubende et Ntusi, que des systèmes politiques firent très tôt leur apparition et l'on peut situer au XIe siècle la création du grand royaume de Bunyoro-Kitara. Première dynastie à régner, entre 1100 et 1350, les Batembuzi, probablement descendants de migrants nilotiques, fondent leur origine dans une légende. Selon le mythe fondateur, Ruhanga, roi du Monde souterrain, serait le père de la dynastie, et les Batembuzi des déités aux pouvoirs surnaturels. Isuza, dernier roi de la dynastie, aurait suivi par amour une princesse du Monde souterrain pour ne jamais revenir. Son fils, héritier légitime, tomba amoureux de la fille du roi Bukuku, usurpateur du trône, avec laquelle il eut un enfant, Ndahura. Sur les ordres de Bukuku, l'enfant né de cette union fut jeté dans une rivière peu après sa naissance, mais aurait miraculeusement survécu. Elevé par un des porteurs royaux, il serait revenu à l'âge adulte réclamer le trône, et sa ressemblance avec son grand-père Isuza fit qu'il obtint l'approbation du peuple. Vers 1450, Ndahura, dont l'histoire rappelle celle de Moïse, est le fondateur de la dynastie des Bacwezi. On dit que c'est lui qui aurait introduit dans le royaume le bétail et la culture du café. Conquérant, son empire couvrait le sud de l'actuel Ouganda et l'ouest du Nil. On lui attribue également des incursions dans l'ouest du Kenya, le Rwanda et le nord de la Tanzanie où il fut capturé, abdiquant alors au profit de son fils Wamara. Durant la seconde moitié du XVe siècle, l'expansion Luo, population nilotique venue du Sud-Soudan, provoqua la chute des Bacwezi tandis qu'au sud et à l'ouest du Bunyoro se développaient les royaumes d'Ankole, de Buganda, et plus tard de Busoga (culturellement et politiquement très proche du précédent) qui tous se réclament de l'héritage bacwezi.

L'expansion du Buganda

Jusqu'à la fin du XVIIe siècle, Bunyoro reste le royaume le plus influent de la région, avec une économie diversifiée appuyée sur l'exploitation des gisements de fer et des mines de sel de la région du Rwenzori, une structure politique bien établie et une position stratégique enviable. Sa superficie couvre quelque 80 000 km2. Avant 1650, le Buganda n'est qu'un petit royaume très fertile de 15 000 km2, dont l'économie repose sur l'agriculture. Le roi de Bunyoro est appelé omukama, et celui du Buganda kabaka. L'Ankole, quant à lui, s'étend sur un territoire de seulement 2 500 km2 et s'appuie sur l'élevage du bétail, son roi étant un omugabe. C'est entre 1650 et 1850 que le Bunyoro va perdre sa prééminence au profit du Buganda. La stratégie des différents kabaka, dont l'autorité s'est affirmée au détriment des clans, prend plusieurs aspects.

Le premier consiste à tenter de contrôler les routes commerciales qui relient la côte de l'océan Indien au Bunyoro, le second à profiter des querelles de succession et de l'éclatement politique pour intervenir de façon de plus en plus insistante dans les royaumes voisins. L'essor décisif du Buganda intervient sous le règne du kabaka Mutebi à la fin du XVIIe siècle, puis du kabaka Suma, entre 1830 et 1850. D'abord assimilés, les royaumes affaiblis sont, au fil des conquêtes, annexés comme entités dépendantes. Le Buganda ne parviendra pas malgré ses efforts à conquérir le Bunyoro, mais en rognant petit à petit les royaumes sous sa domination, il a su s'approprier son influence régionale et sa puissance politique et commerciale. C'est à partir de ce moment que l'on a tendance à confondre l'histoire du Buganda et celle de l'Ouganda.

Les temps coloniaux

A la mort de l'omukama Kyebambe III, dont le règne dura près de 50 ans de 1786 à 1835, le Bunyoro se déchire en guerres intestines pour sa succession. En 1852, Kamurasi met fin aux mouvements de rébellions des princes lors de la bataille de Kokoitwa et s'empare du trône.

C'est à cette époque qu'arrivent les premiers étrangers, des commerçants arabes et swahilis venus de la côte de l'océan Indien, suivis en 1858 des premiers Européens, les explorateurs Speke et Grant en quête des sources du Nil, puis les Baker, un couple de chasseurs aventuriers. En 1869, le roi Kamurasi meurt et après six mois de batailles, l'omukama Kabalega accède au trône. Réformateur de l'armée, il parvient à stopper les velléités expansionnistes de la province égyptienne d'Equatoria et reste l'un des souverains les plus populaires de Bunyoro. Au Buganda, qui reste le royaume le plus prospère, le kabaka Mutesa accueille les marchands d'esclaves arabes dans sa capitale, Mengo (Kampala). Les conversions à l'islam sont nombreuses à la cour, jusqu'à l'arrivée des missionnaires catholiques et protestants à partir de 1877. Mutesa meurt en 1884 et son fils Mwanga lui succède. Les rivalités religieuses sont à leur paroxysme. En 1886, Mwanga ordonne l'exécution de 50 chrétiens, catholiques et protestants, qui sont brûlés vifs. Les persécutions se poursuivent et la question religieuse devient un enjeu déterminant dans la guerre civile qui déchire le royaume de 1889 à 1895, au terme de laquelle les musulmans sont expulsés.

Le Père Lourdel, apôtre de l’Ouganda

Tous les 17 février, l'Ouganda célèbre l'arrivée du père Siméon Lourdel, premier missionnaire catholique à pénétrer dans le pays. L'endroit où il débarqua du lac Victoria, près d'Entebbe, est aujourd'hui marqué par une église. Né dans le Nord-Pas-de-Calais et ordonné prêtre à Alger, il est, avec sa congrégation des Pères blancs, à l'origine de l'établissement de l'église catholique en Ouganda. Sa bonté et sa foi étaient si grandes, qu'apprécié de tous, le roi Mutesa le nomma Mwana wa Mbuga (fils de la cour du kabaka). Après avoir souffert le martyre des chrétiens sous le règne de Mwanga, il meurt le 12 mai 1890, à l'âge de 37 ans. Il est enterré sur la colline de Rubaga à Kampala.

Les grands explorateurs de l'Ouganda

John Hanning Speke. En 1858, Speke est le premier explorateur à se rendre dans le royaume buganda où il découvre le lac Victoria qu'il nomme ainsi en l'honneur de sa reine. De retour en Angleterre, il prétend avoir résolu l'une des plus grandes énigmes de son époque en localisant la source du Nil. La Royal Geographic Society accepte de financer une nouvelle expédition, où en compagnie du capitaine James Grant, il authentifie sa découverte avec les chutes de Ripon, qui sont aujourd'hui l'une des sources officielles du fleuve. A son retour triomphal en Angleterre, il publie le Journal of the Discovery of the Source of the Nile.

Sir Samuel White Baker. Après s'être distingué aux Indes orientales, ce colonialiste réputé pour ses qualités de chasseur entreprend en 1861 son premier voyage dans l'Afrique des Grands Lacs, en compagnie de sa future épouse. Poursuivant le rêve de tous les explorateurs de l'époque, il espère y découvrir la source du Nil. Mais il est devancé par les capitaines Speke et Grant qu'il croise, remontant le fleuve, dans le nord de l'Ouganda. Ces derniers lui fournissent toutefois des informations qui lui permettront d'être le premier Européen à découvrir le lac Albert le 14 mars 1864.

Henry Morton Stanley. John Rowlands de son vrai nom, ce journaliste est célèbre pour avoir retrouvé et soigné l'explorateur David Livingstone sur les rives du lac Tanganyika. Marqué par cette rencontre, il décide de poursuivre sa quête et se lance à son tour à la recherche des sources du Nil. C'est ainsi qu'en 1875, il est accueilli à la cour du roi Mutesa du Buganda où il obtient l'autorisation de naviguer sur le lac Victoria. Plus tard, en 1887, il se voit confier la tête d'une expédition destinée à sauver Emin Pasha, gouverneur de la province d'Equatoria, qui était entouré par des forces mahdistes hostiles. Il découvre alors le Rwenzori et constate que la rivière Semliki relie le lac Edward au lac Albert. La plus haute des montagnes du Rwenzori porte son nom ; les explorateurs Speke et Baker ont donné leur nom aux autres grands sommets.

Le protectorat britannique

En 1890, Mwanga signe un traité avec les Allemands, espérant mettre fin aux conflits entre les Français catholiques et les Britanniques protestants. Mais bientôt, un accord anglo-germanique donne le Kenya et l'Ouganda à l'Imperial British East Africa Company et son représentant, le capitaine Lugard, obtient de Mwanga la reconnaissance de l'autorité britannique sur le Buganda. Le fonctionnement administratif est alors confié au commissioner Sir Gerald Portal qui hisse l'Union Jack sur Kampala. En 1894, le protectorat est officialisé par la signature d'un traité, puis étendu après de violents combats aux royaumes de Bunyoro, d'Ankole et de Toro. L'omukama et le kabaka sont envoyés en exil aux Seychelles et remplacés par leurs fils, trop jeunes pour prétendre à quelque fonction. En 1900, un nouveau traité, le Buganda Agreement, unifie les royaumes. Le protectorat prend le nom d'Ouganda, dont Sir Harry Johnston est le premier gouverneur. Pour gérer les affaires intérieures, il continue de s'appuyer sur les structures politiques locales, à la condition que les chefs tribaux manifestent leur loyauté envers la Couronne. Comme souvent dans les territoires colonisés, l'expansion anglaise et l'établissement des frontières se font sans grands égards pour les divers groupes ethniques, linguistiques ou religieux, ce qui aura bien sûr ses conséquences. L'administration est en grande partie confiée aux Baganda qui s'installent dans toutes les provinces, tandis que les militaires sont recrutés dans les ethnies luo et acholi du nord du pays. Le paludisme et d'autres maladies étant présents sur une grande partie du territoire, les colons, à l'exception des missionnaires, sont peu nombreux, ce qui fait que contrairement au Kenya, l'Ouganda conserve un statut de protectorat, et non de colonie.

De l'indépendance à nos jours

People's Union (UPU) naît en 1958, formé de leaders non baganda. En 1959, UPU et UNC s'unissent dans l'Uganda People's Congress (UPC) mené par Milton Obote. Aux élections d'octobre 1961, c'est le DP qui l'emporte grâce au boycott baganda. Benedicto Kiwanuka devient Premier Ministre. L'indépendance de l'Ouganda est prononcée le 9 octobre 1962. Le kabaka Mutesa II est nommé Président à vie, tandis que Milton Obote devient Premier Ministre. Pour résoudre le problème des structures politiques, la première Constitution adopte un système de type fédéral, associant les quatre anciens royaumes. Mais l'Ouganda reste un Etat fragmenté sur lequel le Buganda maintient sa prépondérance (et ce jusque dans le nom du pays). L'UPC, à l'image de son dirigeant, est le parti des populations nilotiques du Nord opposées à la domination économique et politique du Buganda et, donc, favorable à la centralisation. Dès lors, les tensions entre le nord nilotique et le sud bantou s'exacerbent.

Obote, épisode 1. En 1966, Obote, afin d'imposer la centralisation, envoie l'armée sur le palais royal du kabaka Mutesa qui est déchu de ses fonctions de président et contraint de s'exiler à Londres où il meurt trois ans plus tard. Environ 2 000 Baganda, favorables au roi, seront massacrés. En septembre 1967, la nouvelle constitution abolit les royaumes et institue un régime présidentiel à parti unique. L'armée obtient des pouvoirs quasi illimités. Son chef d'état-major appartient à une ethnie musulmane minoritaire du nord-ouest. Il se nomme Idi Amin Dada. La résistance des Baganda, dont les intérêts sont menacés par la politique de nationalisation du commerce, la dégradation économique et les accusations de corruption se conjuguent pour déstabiliser Obote qui s'appuie sur la force pour maintenir tant bien que mal un pouvoir qui lui échappe. Les autres partis sont interdits, les leaders de l'opposition emprisonnés. En décembre 1969, une tentative d'assassinat contre le président Obote échoue. Le brigadier général Pierino Okoya, commandant adjoint de l'armée et seul rival militaire d'Amin Dada annonce à ce dernier et à Obote qu'il est sur le point d'arrêter les coupables. Le 25 janvier 1970, Okoya et son épouse sont assassinés à leur domicile. Les relations entre Idi Amin Dada et Milton Obote se dégradent fortement après ce meurtre et Amin Dada perd progressivement tout commandement dans l'armée pour n'occuper qu'une fonction administrative. Par ailleurs, une enquête est ouverte à son encontre pour détournement de fonds. Alors qu'Obote assiste à une conférence du Commonwealth à Singapour, Amin Dada prend le pouvoir par un coup d'Etat le 25 janvier 1971.

La dictature d'Idi Amin Dada. L'accession au pouvoir du général Amin est saluée par la majorité des Ougandais, épuisés par les exactions du gouvernement Obote. Acclamé par la foule qui fonde en lui d'immenses espoirs, le nouveau président sillonne les rues de Kampala au volant d'une Jeep décapotable, sous l'oeil approbateur de la communauté internationale, en particulier les Américains et les Britanniques qui voient en lui " un type splendide ". Ses premières mesures assoient sa popularité : funérailles nationales pour l'ancien roi et président Mutesa mort en exil, libération des prisonniers politiques, démantèlement de la police secrète, promesse de scrutin électoral... Mais après seulement quelques semaines, la véritable personnalité d'Amin, caractérisée par sa violence et sa paranoïa, est révélée. Les partisans d'Obote sont cruellement assassinés, tout comme les chefs militaires qui n'ont pas soutenu le coup d'Etat. Les artistes et les intellectuels, les enseignants, les hommes d'affaires et bientôt les membres du clergé, jugés dangereux, sont pourchassés, contraints à l'exil ou exécutés.

Pour servir ses intérêts, il met en place le " State Research Bureau ", une milice comparable aux escadrons de la mort, qui n'hésite pas à utiliser la torture et des méthodes telles que la décapitation pour éliminer tous les opposants et fomentateurs de coups d'Etat, réels ou supposés. En septembre 1972, Obote, qui a trouvé refuge en Tanzanie, tente une opération militaire pour reprendre le contrôle du pays en s'appuyant sur ses partisans, des membres des ethnies acholi et lango, au sein de l'armée ougandaise. Mais l'échec est cinglant et les représailles ne se font pas attendre : bombardement des villes tanzaniennes, exécution des officiers d'origine acholi et lango. Les violences ethniques gagnent peu à peu toute la population qui vit dans une terreur qui ne fait que s'accroître. Des villages entiers sont rasés et des témoins rapportent des centaines de corps flottants sur le Nil, jetés aux crocodiles. Les tribunaux civils sont peu à peu remplacés par des tribunaux militaires à la justice expéditive.

La situation économique est également désastreuse. Le 4 août 1972, évoquant un rêve prémonitoire dans lequel Dieu lui indiquait la conduite à suivre, le Président ordonne l'expulsion des quelque 50 000 Indo-Pakistanais vivant dans le pays et détenteurs de la plupart des commerces et entreprises. Leurs biens sont confisqués et redistribués aux proches du pouvoir tandis que la population peine désormais à se fournir en produits de première nécessité. L'armée absorbe toutes les dépenses du pays et les militaires occupent tous les postes du gouvernement et de l'administration. Pour ne rien arranger, l'aide internationale commence à diminuer et les principaux soutiens d'Amin le lâchent peu à peu, la Grande-Bretagne et Israël en tête qui bloquent les ventes d'armes. Les Etats-Unis ferment leur ambassade à Kampala en 1973, imité par le Royaume-Uni en 1976. Le dirigeant ougandais se tourne alors vers l'URSS et la Libye de Khadafi (lequel financera notamment la construction de la grande mosquée de Kampala) et commence à soutenir les mouvements de libération de la Palestine.

Craignant une tentative d'assassinat, Amin Dada s'entoure d'une garde rapprochée de 18 000 hommes (avec une majorité de Sud-Soudanais). Sa folie mégalomaniaque atteint son paroxysme à partir de 1975, et il commence à s'attribuer des titres de plus en plus farfelus, d'abord maréchal et président à vie de l'Ouganda, puis " maître de toutes les bêtes de la terre et des poissons de la mer " ou encore " roi d'Ecosse ".

En 1977, après la rupture des relations diplomatiques avec les Anglais, il s'octroiera même la décoration de " conquérant de l'Empire britannique ". Ses sorties officielles sont l'occasion de délires ubuesques comme lorsqu'il oblige, à Kampala, des hommes d'affaires occidentaux à le promener sur une chaise à porteurs. En juillet 1975, le sommet de l'Union des Etats Africains (OUA) se tient à Kampala et Amin Dada prend la présidence de l'organisation, malgré l'opposition ferme du président tanzanien Julius Nyerere et du Zambien Kenneth Kaunda. En octobre 1975, Amin se rend à l'ONU avec son bâton de maréchal et fait lire son discours par l'un de ses ministres parce qu'il refuse de s'exprimer en anglais, " langue des impérialistes ". Loin de révolter l'assemblée, cette attitude nourrit les applaudissements. Car paradoxalement, même si Amin Dada est largement caricaturé dans les pays occidentaux en bouffon meurtrier, il jouit toujours d'une certaine sympathie. Loin du concret des atrocités commises, on le voit surtout comme un personnage excentrique et plutôt comique, et il faut du temps avant que le dictateur ne soit totalement mis au ban de la communauté internationale.

Pendant qu'Amin Dada parade sur la scène diplomatique et que ses hommes de main torturent, l'économie ougandaise continue de décliner. Les aides extérieures sont de plus en plus réduites, y compris celles de la Libye. En 1978, la chute du cours du café, principale exportation du pays, porte un nouveau coup dur à la population dont la misère va grandissante. En octobre, des mutineries éclatent dans le nord-ouest du pays et une partie des militaires se réfugie en Tanzanie voisine. Saisissant ce prétexte, Amin Dada envahit les provinces du nord de la Tanzanie dans la région de Kagera. Julius Nyerere déclare la guerre à l'Ouganda et lance une contre-offensive avec le soutien des exilés ougandais. Le 11 avril 1979, l'armée tanzanienne prend Kampala avec l'aide des guérillas ougandaise et rwandaise. Amin Dada fuit vers Jinja d'où il s'envole pour l'exil, d'abord en Libye puis en Arabie Saoudite où il est accueilli " par charité islamique et en remerciement pour son rôle dans la diffusion de l'islam ". Amin Dada y vivra confortablement jusqu'à sa mort le 16 août 2003 à l'âge supposé de 79 ans. Il ne reviendra jamais en Ouganda, malgré une tentative en 1989 au terme de laquelle il fut refoulé par les autorités zaïroises à Kinshasa. Le président ougandais Yoweri Museveni refusa également sa demande de venir mourir en Ouganda sans quoi il serait jugé immédiatement.

Obote, épisode 2. Le régime d'Amin Dada aura fait entre 100 000 et 500 000 victimes, la plupart des observateurs s'accordant maintenant sur un chiffre autour de 300 000. Il laisse un pays en ruine, à l'économie exsangue : famine dans le nord, inflation de plus de 200 %, une dette de 320 millions de dollars, une agriculture abandonnée, des usines fermées et une corruption généralisée. Pourtant le drame ougandais ne s'arrête pas là. A la chute du dictateur, le président tanzanien Julius Nyerere intervient pour favoriser le rétablissement d'un régime civil. Les présidents se succèdent : après seulement 68 jours, Yusuf Lule est remplacé par Godfrey Binaisa, lui-même évincé au bout de 8 mois et remplacé par une commission composée de Paulo Muwanga, Yoweri Museveni, Oyite Ojok et Tito Okello.

Les élections de 1980 voient le retour au pouvoir de Milton Obote (UPC), mais bien qu'approuvées par les observateurs internationaux, elles sont entachées de corruption et âprement contestées. Obote n'arrive pas à redresser l'économie, mène une politique répressive très dure, instaure un parti unique et joue sur les rivalités ethniques. Il fâche l'armée en essayant de placer les seuls membres de sa tribu, les Lango, aux postes de commandement. Les mouvements de guerre civile se multiplient. Le Nord est la proie de milices fidèles à Amin Dada tandis que le Sud est assez largement contrôlé par le Mouvement de Résistance Nationale (NRM) fondé par Yoweri Museveni après la fraude électorale. La réponse gouvernementale est sanglante, on estime à 100 000 le nombre de civils massacrés en cinq ans de pouvoir. Le 27 juillet 1985, Milton Obote est renversé par le général Tito Okello, commandant de l'armée, et s'exile en Zambie. Il meurt en Afrique du Sud, le 10 octobre 2005 à l'âge de 81 ans. Malgré le nombre de victimes qui entache son second mandat, le président ougandais Yoweri Museveni lui accorde des funérailles nationales en reconnaissance de son rôle comme père de l'Indépendance.

L'ère de Museveni. Fils de riches propriétaires terriens, Yoweri Museveni a suivi un cursus universitaire en Tanzanie avant de rejoindre le Front de libération du Mozambique (Frelimo), où il acquiert les techniques de guérilla qui lui serviront à mener le Mouvement de Résistance Nationale contre le pouvoir d'Obote. Après la chute de celui-ci, et au terme de quatre jours de combat dans la capitale pour renverser le nouveau régime militaire, il accède au pouvoir le 26 janvier 1986. Nommé président, il a la lourde tâche de ramener la stabilité dans un pays meurtri par la guerre civile et de ranimer une économie exsangue. Suivant scrupuleusement les recommandations de la Banque mondiale, l'Ouganda devient bientôt le " bon élève du FMI " avec des résultats très encourageants : croissance, inflation contenue, liberté des échanges.

Les Asiatiques sont de nouveau autorisés à s'installer en Ouganda, de nombreux réfugiés reviennent, les investissements étrangers et le tourisme sont encouragés tandis que le taux de scolarisation augmente. Durant toutes ces années, il reçoit un soutien financier important de la communauté indienne après son retour en Ouganda. De 1991 à 1992, il préside l'Organisation de l'unité africaine (OUA). En 1993, les royaumes sont de nouveau reconnus, avec toutefois un rôle plus culturel que politique, et le fils de Mutesa II, Ronald Mutebi, regagne Kampala. Afin d'éviter les dissensions tribales ou religieuses, Musevini impose une union nationale multi-ethnique au sein de son gouvernement. Représentant aux yeux de la communauté internationale une nouvelle génération de leaders africains soucieux de leur peuple et de l'intégrité de leur gouvernement, Museveni pose tout de même problème par son refus du multipartisme. En mai 1996, il remporte la première élection présidentielle à se tenir en 16 ans, avec 74 % des suffrages, mais il est le seul candidat à cette élection. Même chose en 2001 où il est réélu avec 70 % des voix. La transition vers un système politique multipartiste n'est opérée qu'en 2005 avec approbation par référendum. En février 2006, Museveni accède à un troisième mandat, recueillant 59 % des suffrages face à cinq autres candidats. Mais pour ses adversaires politiques, comme pour la communauté internationale, l'ouverture au multipartisme a été perçue comme une manoeuvre permettant de modifier la Constitution qui limitait à deux le nombre de mandat présidentiel. La corruption est de plus en plus présente et elle règne dans les plus hautes sphères de l'Etat. En 2007, le président décide d'envoyer des troupes en Somalie pour participer aux Forces de l'Union africaine. De nombreuses manifestations vont se dérouler durant son mandat, en 2007, des écologistes protestent violemment contre la vente d'une partie de la forêt de Mabira à une compagnie de canne à sucre, ou encore en 2009, lorsque Museveni interdit au roi du Buganda de visiter certaines régions de son territoire. Durant cette même année, Museveni se rapproche des organisations fondamentalistes américaines notamment la puissante The Fellowship, qui le considère comme leur " homme clé en Afrique ". Plusieurs observateurs s'inquiètent de leur influence grandissante, notamment après le vote d'une loi promulguant la peine de mort pour les homosexuels et l'envoi de plusieurs centaines de volontaires dans le pays. En 2011, Museveni se représente pour un quatrième mandat et il est réélu le 20 février avec 68 % des suffrages. L'élection est contestée par l'opposition et par l'Union européenne dénonçant des fraudes et des irrégularités. Le chef de l'opposition Kizza Besigye est régulièrement arrêté après avoir organisé une série de manifestations violentes hostiles au gouvernement. Critiqué pour le mandat de trop, Museveni est depuis la chute de Mouammar Kadhafi et de Hosni Moubarak, un des plus anciens chefs d'Etats africains en exercice. Sa réélection en 2016 et la suppression de l'âge limite pour se présenter à l'élection présidentielle, lui permettant ainsi de briguer un sixième mandat en 2021, ont été critiquées et sa cote de popularité n'est pas au plus haut.

La jeunesse d’Amin Dada

Son état civil demeure incertain. Il est généralement admis qu'il est né entre 1925 et 1928 dans la province du Nil occidental, même si certaines sources estiment qu'il serait né à Kampala. Quoiqu'il en soit, il hérite sa peau très noire, caractéristique de ceux que les Ougandais des autres régions appellent les Nubiens, de ses parents originaires du Nord. Son père, catholique converti tardivement à l'Islam, sert dans l'armée britannique puis rejoint la police ougandaise. Lorsque ses parents se séparent, Amin, âgé d'une dizaine d'années, reste avec sa mère, une guérisseuse renommée qui soigne même le kabaka et sa famille. Cet univers fait de magie et de superstition dans lequel il grandit influencera fortement sa personnalité d'illuminé. Adolescent brinquebalé d'une région à l'autre, il rejoint en 1946 le 4e régiment des King's African Rifles (KAR) à Jinja où il se fait vite remarquer avec sa carrure impressionnante (1,90 m pour plus de 100 kg). Ses performances sportives lui assurent une grande popularité : en 1953, il devient champion de boxe d'Ouganda et excelle au rugby. Ses supérieurs voient en lui une bonne recrue, au QI assez limité mais plein de zèle et d'enthousiasme. Pratiquement analphabète, parlant mal l'anglais et déjà violent, il parvient pourtant à monter rapidement les échelons. Après avoir réprimé la révolte des Mau-Mau au Kenya et désarmé les Karamojong dans le nord de l'Ouganda, il est nommé caporal, puis sergent et chef de peloton. En 1959, il accède au grade d'effendi, théoriquement le plus élevé pour un Noir dans l'armée coloniale britannique, mais deux ans plus tard, il devient lieutenant. Lors de la visite de la reine Elisabeth à Kampala en 1954, il est désigné pour conduire la parade, et en 1961 il joue un rôle clé dans les négociations menées avec Mutesa II pour l'indépendance du Buganda. En 1962, il est envoyé au Kenya pour calmer les tensions entre les Turkana et Karamojong. Malgré les nombreux massacres qu'y perpétue son escadron, Amin Dada sera à peine inquiété. Alors qu'il mériterait d'être jugé en cour martiale, les Britanniques laissent Obote, Premier ministre du tout nouvel Etat indépendant, en faire son homme de confiance. Le début du cauchemar pour les Ougandais.

Raid sur Entebbe

Après sa rupture avec l'Occident et notamment le Royaume-Uni et Israël, ses principaux alliés, Amin Dada noue des relations fortes avec les mouvements palestiniens. Ce n'est donc certainement pas par hasard que le 27 juin 1976, des terroristes du FPLP détournent un airbus d'Air France assurant la liaison entre Tel-Aviv et Paris sur l'aéroport international d'Entebbe. En échange des 256 passagers et membres d'équipage, les preneurs d'otage réclament à Israël la libération de 53 de leurs prisonniers. Fier de se trouver dans une position stratégique devant la communauté internationale, Amin Dada parade. Il vient régulièrement manifester son soutien aux prisonniers parqués dans le terminal de l'aéroport en même temps qu'il négocie amicalement avec les pirates de l'air. Israël feint de vouloir négocier mais le 4 juillet à minuit, un commando s'abat sur l'aéroport. Les 6 pirates de l'air sont abattus, ainsi que 80 soldats ougandais, et pratiquement tous les otages sont libérés (l'un meurt pendant l'assaut, l'autre, une femme âgée, est hospitalisée et sera assassinée par la suite). Durant l'assaut, les forces armées israéliennes détruisent également 8 MiG ougandais. Cet épisode porte un sérieux coup à la force de frappe d'Amin Dada et contribue largement à sa chute.

L'Armée de Résistance du Seigneur (LRA)

Si l'arrivée au pouvoir de Museveni marque la fin des atrocités commises par les régimes dictatoriaux successifs en Ouganda, elle coïncide également avec le début d'une guerre civile dans le nord du pays, touchant les districts situés entre le lac Kyoga et la frontière soudanaise, particulièrement ceux de Gulu, Pader et Kitgum. A la tête de la guérilla, Joseph Kony, un mystique illuminé de l'ethnie acholi, entendait renverser le président ougandais, avec le soutien du régime de Khartoum, pour établir un système théocratique basé sur les principes de la Bible et des Dix Commandements. Il est avec son groupe, l'Armée de Résistance du Seigneur, responsable du massacre de dizaine de milliers de villageois (en 2006, un rapport de l'ONU estimait à près de 150 le nombre de personnes assassinées par semaine), de plus de 2 millions de déplacés contraints de vivre dans des camps humanitaires et de l'enlèvement d'environ 20 000 enfants enrôlés de force dans la guérilla, soit 80 % de ses effectifs. Qualifiée par un représentant de l'ONU de " crise humanitaire la plus négligée au monde ", et ce, bien que la LRA fût placée sur la liste des organisations terroristes aux Etats-Unis, la guerre civile ougandaise serait en passe de trouver sa résolution, près de 20 ans après le début des atrocités. Les pourparlers de paix ont été engagés durant l'été 2006 à Juba (Sud-Soudan). Un temps mis à mal par l'assassinat du numéro 2 de la LRA, Vincent Otti, qui avait jusqu'alors mené les négociations, la signature d'un cessez-le-feu permanent intervient le 23 février 2008. En échange, le président Museveni a promis aux rebelles qu'ils ne comparaîtraient pas devant la Cour pénale internationale mais seraient jugés par un tribunal traditionnel ougandais. Toutefois, l'accord de paix définitif qui devait être signé en avril 2008 ne l'a jamais été, Joseph Kony ne s'étant jamais présenté. Après cet échec, la LRA a fui l'Ouganda et s'est réfugiée entre la République centrafricaine et la république démocratique du Congo. En octobre 2011, le président Barack Obama décide d'envoyer une centaine de soldats américains pour appuyer la lutte contre la LRA dans la région. Même si cette décision est saluée par les pays de la région, certains observateurs pensent que les soldats arrivent tard ; mais aujourd'hui la découverte de pétrole dans la région du lac Albert et l'indépendance du Sud-Soudan donnent plus de sens à la présence américaine. Une campagne médiatique mondiale, orchestrée à la fin de 2011 en parallèle de l'intervention américaine, a dévoilé au monde entier les crimes perpétrés par Joseph Kony et appelé à sa capture. Cette campagne a été organisée par une association dénommée Invisible Children, connue pour être une organisation évangéliste très présente dans le nord de l'Ouganda. En janvier 2015, Dominic Ongwen, l'un des chefs militaires de la LRA, en cavale depuis plus de dix ans, est arrêté en Centrafrique et transféré à la CPI. Joseph Kony quant à lui est toujours en liberté.

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