30 000-16 000 av. J.-C.

Les premiers peuples d’Amérique

Durant la dernière ère glaciaire, des Homo sapiens traversent la Béringie qui reliait la Sibérie et l’Alaska. La date d’arrivée des premiers groupes humains sur le continent est régulièrement débattue au gré des découvertes. En 2007, des archéologues trouvent le plus vieux squelette humain du continent, dans une grotte sous-marine près de Tulum (Hoyo Negro, Sac Actun). Naia aurait 12 000 à 13 000 ans. L'analyse ADN des ossements confirme que les descendants des Indigènes actuels sont bien arrivés d’Asie.

7000-2500 av. J.-C.

La « domestication » du maïs

Les tribus nomades se dédiaient à la chasse, à la pêche et à la cueillette. La découverte de la culture de la courge, du haricot, du piment, et surtout du maïs, va favoriser l'organisation de sociétés plus sédentarisées, prémices des civilisations méso-américaines.

2500-500 av. J.-C.

Les Olmèques

Du développement des échanges entre sociétés sédentarisées va naître la première civilisation du continent, celle des Olmèques. Apparue sur le littoral du golfe du Mexique, à San Lorenzo (Veracruz) et La Venta (Tabasco), elle va s’étendre jusqu’à des régions lointaines : Tlatilco (Mexico), Chacatzingo (Morelos) et sur la côte pacifique. Cette civilisation aux sculptures de têtes colossales et énigmatiques, va disparaître cinq siècles avant notre ère. Son organisation théocratique, ses rituels et le culte du jaguar, la construction de sanctuaires, ses glyphes et son calendrier basé sur la connaissance des astres, vont grandement influencer les civilisations ultérieures.

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500 av. J.-C.-200 ap. J.-C.

L'architecture, la sculpture, la céramique, ou l’astronomie, vont évoluer avec l'apparition de royaumes régionaux. La cité antique de Monte Albán sera le cœur de la civilisation zapotèque qui s'épanouira dans la vallée d’Oaxaca. Cuicuilco deviendra le centre civil et religieux le plus important du haut plateau mexicain. Au sud, les Mayas édifient de grandes cités (Nakbé, El Mirador...), avec d’imposantes pyramides.

200-650

Teotihuacán, la cité des Dieux

Teotihuacán s’impose comme le centre politico-religieux de la région centrale. La cité prospère grâce à l’exploitation de l’obsidienne, une roche volcanique qui servait à la fabrication d’armes et d’outils tranchants. A son apogée, Teotihuacan est l’une des villes les plus peuplées au monde, avec plus de 150 000 habitants. Les Pyramides du Soleil et de la Lune, le Temple de Quetzalcóatl et la Chaussée des Morts, vont marquer l’histoire urbanistique de la Mésoamérique.

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650

La destruction de Teotihuacán et le déclin de cette civilisation correspond à la période de l'apogée maya (classique récent 600-900 après J.-C.).

900-1200

L’empire toltèque

La civilisation toltèque se développe autour de Tula, dans la vallée de Mexico. Ces « maîtres bâtisseurs » construisent des édifices à l’architecture majestueuse. Les Toltèques vénèrent les éléments dans une conception de type chamanique, mais Quetzalcoatl, le « Serpent à plumes » reste la divinité centrale. La civilisation toltèque va s'étendre du sud maya jusqu’au nord chichimèque. La destruction de Tula en 1168 marque le début de son déclin.

1325

Fondation de Mexico-Tenochtitlan

Guidés par Huitzolopotchtli, le dieu de la Guerre et du Soleil, les Aztèques (ou Mexicas), peuple nahua venu du Nord, fondent Mexico-Tenochtitlan sur une île du lac Texcoco. La ville est quadrillée autour du Templo Mayor, pyramide dédiée à Huitzolopotchtli et à Tlaloc (Dieu de la pluie). Dans ce milieu lacustre, on cultive maïs, haricot, courge, amarante, chia...

1426-1521

L'Empire aztèque

Tenochtitlan s’allie avec les cités voisines de Texcoco et Tlacopan, pour former la Triple Alliance et conquérir de grands territoires, notamment sous le règne de Moctezuma. Le seul empire à pouvoir rivaliser est celui des Tarasques de Michoacán, dans la région occidentale. La société est organisée en castes, séparant les gens du commun (paysans, artisans, commerçants), des nobles et prêtres, qui gèrent les tâches de gouvernance et les cérémonies religieuses. On recourt aux sacrifices humains pour calmer la colère de dieux avides de sang. Les peuples soumis devaient fournir des vies humaines et une kyrielle de tributs (coton, textile, plumes de quetzal…).

1511

Deux destins opposés

Une chaloupe de naufragés espagnols s'échoue dans la péninsule du Yucatán. Deux d'entre eux ne sont pas massacrés par les Mayas : Gonzalo Guerrero et Gerónimo de Aguilar. Le premier épousera une Indigène et luttera plus tard contre les Espagnols aux côtés des Mayas. Le second s'échappera en 1519 pour rejoindre l'équipage de Cortés, devenant son interprète de la langue maya.

1517-1518

Premières explorations

L’expédition de Francisco Hernández de Córdoba, partie de Cuba, explore la péninsule du Yucatán : Isla Mujeres, Punta Catoche, Can Pech... L'année suivante, Juan de Grijalva débarque à Cozumel, Zamná (Tulum) et dans la Baie de l’Assomption. Il rapporte de l’or et une grande nouvelle : un empire dans les hauts plateaux abriterait d’innombrables trésors...

1519

L’expédition d’Hernán Cortés

Hernán Cortés quitte Cuba à la tête de cinq vaisseaux. Cet aventurier de 33 ans va transformer une mission d’exploration en véritable entreprise de conquête. A l’embouchure du río Grijalva, les Espagnols affrontent les Indiens maya-chontales. Vaincus, ces derniers remettent aux Espagnols bijoux, tissus, peaux de jaguar… et vingt femmes esclaves nahuas. Cortés choisit Malintzin (ou Malinche). La jeune femme qui parle nahuatl, maya et bientôt l’espagnol, devient l’interprète de Cortés et sa conseillère de guerre. Cortés comprend vite qu’il peut jouer des divisions entre les peuples indigènes, dont beaucoup voudraient se défaire de l’emprise aztèque.

Août-novembre 1519

Rencontre entre deux mondes

En août, Cortés quitte la côte pour Tenochtitlan. L’expédition de 400 fantassins et 15 cavaliers dispose d’un armement limité. Mais le bruit de tonnerre de l’artillerie et des trompettes, les armures en métal brillant sous le soleil, et les chevaux (animaux inconnus dans ces terres), vont terrifier les Indiens qui voient se confirmer une prophétie : le retour de Quetzalcóatl sous les traits d’un homme blanc et barbu. Les conquistadors sont accueillis sans animosité à Tenochtitlan par l’empereur Moctezuma II.

30 juin 1520

La Noche Triste

Une révolte indigène qui fait suite à la tuerie d'une partie de l'élite aztèque par les Espagnols, oblige ces derniers à fuir dans la nuit la capitale aztèque, en concédant de lourdes pertes.

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30 mai-13 août 1521

Le siège de Tenochtitlan

Avec l’aide des Tlaxcaltèques et de renforts espagnols, Cortés organise le blocus de Tenochtitlan. Des brigantins quadrillent le lac pour empêcher tout ravitaillement de la cité. La famine a raison de la résistance aztèque en quelques semaines. Le reste de l’Empire aztèque est écrasé en cinq ans.

1521-XVIe siècle

De la conquête à la colonisation

Cortés fonde Mexico à l’emplacement de la cité aztèque. Le système de l’encomienda est mis en place, offrant aux colons une main-d’œuvre servile en contrepartie d’un devoir d’évangélisation. Les Indiens sont convertis de force au catholicisme, nouvelle arme d’acculturation massive. Un système de castes est établi : au sommet, les Espagnols « péninsulaires », puis les « créoles » (Espagnols nés en Amérique) suivis des métisses, et enfin des indigènes et des esclaves africains.

1523

Les premiers moines franciscains arrivent d’Espagne pour évangéliser les autochtones.

1527-1535

Les Mayas de la péninsule du Yucatán résistent avec succès aux différentes tentatives de conquêtes de Francisco de Montejo.

1535

Création de la vice-royauté de Nouvelle-Espagne

La Nouvelle-Espagne s'étend du sud des Etats-Unis actuels jusqu'au sud du Costa Rica. Sa capitale est Mexico.

1590-1650

Esclavage

Les esclaves africains sont amenés par centaines de milliers pour remplacer les 25 millions d’indigènes décimés en moins d’un siècle par la variole et d'autres virus, apportés par les Européens sur le continent.

1683

Des pirates hollandais pillent les cargaisons d’argent du port de Veracruz destinées à l’Espagne. À l'époque, la Nouvelle-Espagne est le premier producteur d’argent au monde.

1734-1737

Révolte des Pericúes

Ces indigènes nomades de Basse-Californie du Sud s’attaquent durant trois ans à plusieurs missions religieuses.

1761

Révolte de Cisteil

Rébellion maya menée par Jacinto Canek dans la péninsule du Yucatán. Torturé puis exécuté, Canek est toujours considéré comme un héros maya.

1759-1788

Réformes du roi Bourbon Charles III pour développer l’économie coloniale, afin d’accroître ses recettes fiscales et contenir le pouvoir grandissant des élites créoles.

1808

Poussées indépendantistes

Napoléon envahit l’Espagne. Le roi Ferdinand VII est destitué et remplacé par Joseph Bonaparte. La Nouvelle-Espagne reste fidèle à Ferdinand VII, mais certains créoles influencés par l’indépendance américaine (1776) aspirent à la propre indépendance du Mexique.

16 septembre 1810

« El Grito de Dolores »

Les « conspirateurs de Querétaro » préparent un soulèvement qui débute le 16 septembre : le curé Hidalgo sonne les cloches de l’église de la ville de Dolores et lance : « Vive la Vierge de Guadalupe ! Vive Ferdinand VII ! A mort le mauvais gouvernement ». Dans son « Cri de Dolores », Hidalgo fait référence à Ferdinand VII uniquement dans le but de rallier le peuple à sa cause finale, l’indépendance.

Statue de Miguel Hildalgo à Mexico © bpperry - iStockphoto.com.jpg

1811-1820

La guerre d’indépendance

La guerre d’indépendance mobilise les masses métisses et indiennes face aux troupes royalistes. Les massacres ont lieu des deux côtés. Les principaux leaders à l'origine de l’insurrection sont maîtrisés et fusillés, Hidalgo est même décapité et sa tête exposée pour l'exemple. Le mouvement poursuit malgré tout sa lutte dans une guerre de guérillas, emmenée par deux chefs emblématiques : Guadalupe Victoria et Vicente Guerrero. Au bout de quelques années, les insurgés ne font plus le poids face à l'armée espagnole. Ils perdent par ailleurs le soutien des élites créoles, lassées par cette longue guerre civile.

24 février 1821

Le plan d'Iguala

En décembre 1820, lors de ce qui s'annonçait comme l'ultime bataille d'anéantissement des troupes de Guerrero, à Oaxaca, le général créole Agustín de Iturbide décide de se joindre à la cause rebelle, mais en leur imposant sa propre conception de l'indépendance, avec trois principes : l’indépendance, la religion catholique comme unique religion du pays, et l’égalité sociale entre Espagnols et créoles. Une indépendance basée en partie sur le modèle colonial, avec un poids de l'Église important, mais sans l’Espagne. Le « plan d’Iguala » est accepté par les rebelles. De là va naître l’Armée des Trois Garanties (pour les trois principes) emmenée par Iturbe. 

27 septembre 1821

Proclamation de l'indépendance

Après d'impressionnantes démonstrations de force de l’Armée des Trois Garanties, le Vice-roi de la Nouvelle-Espagne, Juan O'Donojú, se soumet au retrait des troupes espagnoles en septembre. L’indépendance du Mexique est proclamée le 27 septembre et une junte emmenée par Iturbe est créée pour diriger le pays.

1822-1823

De l’Empire à la République

En mai 1822, le Congrès nomme Agustín de Iturbide à la tête de l'Empire mexicain. Mais l'empereur Agustín Ier doit abdiquer quelques mois plus tard face à une révolte de l’armée.

4 octobre 1824

Première Constitution du Mexique, qui devient une République fédérale.

1836

Avec la Constitution de 1835, les États fédérés deviennent de simples départements. Face au centralisme, le Texas, peuplé à 85 % de colons américains, déclare son indépendance.

Avril 1838 - mars 1839

La Guerre des Pâtisseries

Dans les années 1830, beaucoup de commerces d’étrangers sont pillés. L’attaque d’une pâtisserie française en 1832 provoque un conflit inattendu entre la France et le Mexique, appelé « Guerra de los Pasteles ». Pour obliger le Mexique à indemniser son ressortissant, la marine française bloque le port de Veracruz durant 11 mois avec quelques combats.

1841-1843 et 1846-1848

Indépendances éphémères du Yucatán

La Yucatán prend son indépendance avec l’appui des États-Unis à deux reprises.

1846-1848

Guerre américano-mexicaine

L’annexion du Texas par les États-Unis en 1845 déclenche la guerre américano-mexicaine, perdue par le Mexique qui cède la moitié de son territoire par le traité Guadalupe-Hidalgo de 1848.

1857-1861

La Guerre de Réforme

La constitution de 1857 et les réformes libérales provoquent la révolte des conservateurs soutenus par l’Église. Après la victoire libérale, le président Benito Juárez nationalise les biens du clergé.

1861-1867

L’Expédition du Mexique

Napoléon III envahit le Mexique et instaure en 1864 le Second Empire mexicain. L'objectif est d’installer sur le continent un contrepoids politique à l’impérialisme nord-américain, libéral et protestant. Maximilien de Habsbourg est proclamé empereur, mais les forces républicaines de Benito Juárez résistent. La pression des États-Unis fait fuir les troupes françaises et l'empire tombe peu après. Maximilien est fusillé.

1868-1872

La République de Benito Juárez

Benito Juárez est réélu président de la République en 1868, puis en 1871 jusqu'à sa mort en 1872, mandats sous lesquels il consolide le système d’éducation publique et laïque. Son histoire est bien connue du peuple mexicain : alors jeune orphelin et indien zapotèque de souche, ce dernier quitta la campagne à l’âge de 12 ans pour la ville d’Oaxaca, où sa sœur œuvrait comme servante dans la famille espagnole des Maza. Ne sachant pas parler l'espagnol, il travailla d’abord en tant que domestique et apprenti relieur pour Antonio Salanueva, qui, impressionné par son talent et son intelligence, l’aida à entrer au séminaire. Mais n’ayant aucune vocation pour la religion, il délaissa volontairement la théologie pour le droit et devint avocat spécialisé dans la défense des autochtones. C'est en 1847 qu'il accéda au poste de gouverneur de l'Etat d'Oaxaca puis à celui de ministre de la Justice, et c'est durant ce mandat qu'il conçut la première grande réforme du pays ; la loi Juárez. 

1876-1911

Le Porfiriato

Le général Porfirio Díaz prend le pouvoir en 1876 par un coup d’État. Il le conserva pendant 35 ans. Après des décennies d’instabilité, les Mexicains aspirent à la devise « paix, ordre et progrès » du régime porfiriste, un pouvoir centralisé et quasi patriarcal. Le pays se modernise, mais la politique agraire se fait au détriment des petits paysans dépossédés de leurs terres. Plus de 12 millions d’entre eux iront travailler dans quelques centaines d’haciendas, comme ouvriers agricoles dans des conditions de quasi-servage. Révoltes et grèves sont réprimées dans le sang.

1910

L’appel à l’insurrection de Madero

Le libéral Francisco Madero élabore le Plan de San Luis Potosi, un manifeste qui clame la redistribution foncière et appelle au soulèvement contre la dictature porfiriste.

1911

Les débuts de la révolution

La révolution éclate. Elle fera deux millions de morts en dix ans. Des chefs révolutionnaires apparaissent, comme l’ancien bandit Francisco « Pancho » Villa, qui s’empare de Ciudad Juárez. Le mouvement s'étend. Porfirio Díaz démissionne et s’exile à Paris. Madero, élu président, démobilise les forces révolutionnaires. Mais la redistribution foncière promise tarde à venir. Emiliano Zapata, chef révolutionnaire de l’État de Morelos, lance le « Plan de Ayala » qui réclame la restitution immédiate des terres aux paysans spoliés.

9-18 février 1913

La Décade tragique

Lors d'une attaque du Palais présidentiel, le général Victoriano Huerta censé protéger le président Madero le fait arrêter, puis fusiller. Il fait de même avec le vice-président, Pino Suárez, et s’autoproclame président.

1914-1916

Guerres fratricides

La révolution reprend de plus belle. Les troupes de Huerta sont débordées face aux attaques de Pancho Villa, Álvaro Obregón, Venustiano Carranza et Emiliano Zapata. Mais des divisions apparaissent entre les révolutionnaires qui finissent par s’affronter dans des combats sanglants.

1916

Pancho Villa attaque la ville de Columbus (États-Unis) pour se venger du soutien des Nord-Américains aux troupes de Carranza et Obregón. C’est la dernière attaque militaire que les États-Unis ont vécue à l’intérieur de leurs frontières continentales.

1917

La constitution de 1917

Carranza fait adopter une nouvelle constitution qui instaure un État fédéral, laïc et anticlérical, et annonce des réformes agraire et sociales. Carranza est élu président en mai.

1919

Emiliano Zapata est assassiné sur ordre du président Carranza.

1920

Le président Carranza est assassiné par les hommes du général Herrera, proche d'Obregón.

1920-1924

Le président Obregón procède à la redistribution des terres tant attendue.

1923

Pancho Villa est assassiné alors qu’il avait officiellement renoncé à la lutte armée.

1924

Le président Plutarco Calles, qui succède à Obregón, poursuit les réformes sociales et anticléricales.

1926-1929

Guerre des Cristeros

Les réformes anticléricales déclenchent la révolte de l’Église catholique. Une guerre civile éclate entre les « Cristeros » et l’État. Elle fera 240 000 morts en trois ans, dont 150 000 civils. Un accord de paix est obtenu en 1929 grâce à l’entremise des États-Unis.

1928

Tout juste réélu, Obregón est assassiné par un militant catholique.

1929

Fondation du Parti national révolutionnaire, qui devient en 1946 le Parti révolutionnaire institutionnel. Le PRI va dominer sans partage la vie politique mexicaine durant sept décennies.

1934-1940

Sous le mandat de Lázaro Cárdenas, les conditions de vie s’améliorent, notamment la santé et l’éducation. Les relations avec l’Église s’apaisent et le pays se modernise.

1940

Léon Trotski assassiné à Mexico

Exilé politique au Mexique depuis 1936, Trotski est assassiné sur ordre de Staline par un communiste espagnol infiltré dans son cercle le plus proche.

1942

Seconde Guerre mondiale

Après le torpillage de deux pétroliers mexicains par des sous-marins allemands, le Mexique entre en guerre aux côtés des Alliés. Ses forces aériennes interviennent durant la Guerre du Pacifique.

1945-1970

La croissance économique et le niveau de vie augmentent, mais le PRI reste peu enclin à l’ouverture politique. Le clientélisme et la corruption maintiennent son emprise sur la société mexicaine.

2 octobre 1968

Massacre de Tlatelolco

Massacre de centaines d’étudiants qui manifestaient sur la place des Trois Cultures. Dix jours plus tard, s’ouvrent les Jeux Olympiques de Mexico.

10 juin 1971

Massacre de Corpus Christi

Nouveau bain de sang : 120 étudiants manifestants sont massacrés par un groupe paramilitaire, devant des forces antiémeutes restées passives.

19 septembre 1985

Tremblement de terre de Mexico

Mexico est secoué par un violent séisme de magnitude 8,2 sur l’échelle de Richter. Énormes dégâts, plus de 10 000 morts et 50 000 blessés.

1986

Mexico 86

16 ans après la coupe du monde de football Mexico 1970, où le Brésil de Pelé s’était imposé, c’est l’Argentine cette fois qui remporte la Copa. La « Main de Dieu » de Maradona, en quart de finale contre l’Angleterre, va marquer l’histoire !

1988-1994

Le PRI passe à droite

Politique néolibérale et clientéliste du président Carlos Salinas, avec des privatisations massives. Les membres les plus à gauche du PRI fondent en 1989 le Parti de la Révolution Démocratique (PRD). Mais le recours à la fraude électorale et aux assassinats politiques (notamment le candidat présidentiel Luis Colosio en 1994) maintient le PRI au pouvoir.

1994

ALENA et EZLN

L’accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, entre en vigueur le 1er janvier. Le même jour, l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) se soulève dans le Chiapas pour dénoncer les conditions de vie des indigènes et la politique néolibérale du PRI. La guérilla du sous-commandant Marcos devient un symbole de la lutte altermondialiste. Une guerre de basse intensité se poursuit les années suivantes, avec notamment le Massacre d’Acteal en 1997, où 45 Indiens sont assassinés par des groupes paramilitaires à la solde du gouvernement.

1997

Le PRI perd la majorité absolue à l’Assemblée. Cuauhtémoc Cardenas (PRD) remporte la mairie de Mexico.

2000

Vicente Fox du Parti Action Nationale (PAN), à droite, est élu président. Première élection présidentielle perdue par le PRI en 70 ans.

Février-mars 2001

Marche zapatiste du Chiapas, jusqu’au Congrès de Mexico.

2006

La guerre contre les cartels

Felipe Calderón (PAN) remporte la présidence avec 0,7 % de voix de plus qu’Andrés Manuel López Obrador (PRD). Mexico est paralysé durant 48 jours jusqu'au recomptage des voix. Calderón déclare la guerre au crime organisé. L'armée est envoyée dans les rues et des moyens considérables sont employés contre les barons de la drogue. Mais la situation empire, institutions et forces de sécurité étant profondément infiltrées.

2012

Durant le mandat présidentiel d'Enrique Peña Nieto (PRI), le pays aux mains des cartels devient toujours plus violent et la corruption explose.

2014

Arrestation d’ « El Chapo »

La personne la plus recherchée au monde par le FBI et Interpol, Joaquin « El Chapo » Guzmán, chef du cartel de Sinaloa, est arrêté en février.

26-27 septembre 2014

Les « 43 » d’Ayotzinapa

À Iguala (Guerrero), les forces de police et l'armée font disparaître par un cartel 43 étudiants de l'école normale rurale de Ayotzinapa, qui voyageaient en bus. La version officielle est rejetée par les enquêtes indépendantes qui concluent que la police et le gouvernement sont directement impliqués dans cette affaire politico-mafieuse qui symbolise l'impunité et la collusion entre les institutions et le crime organisé.

11 juillet 2015

Évasion d’« El Chapo »

Déjà auteur d'une évasion rocambolesque en 2001, « El Chapo » s’évade par un tunnel partant de sa cellule ! Recapturé en janvier 2016, Guzmán est extradé aux États-Unis où il est condamné et emprisonné à vie.

7 et 9 septembre 2017

La terre tremble

Deux séismes de 8,2 et 7,1 sur l’échelle de Richter font des centaines de morts dans les États de Chiapas, Oaxaca, Morelos et Puebla.

1er juillet 2018

Élection d’AMLO

L’ancien maire de Mexico (2000-2005), Andrés Manuel López Obrador, candidat d’une coalition de partis de gauche (dont Morena qu’il a créé), remporte les élections présidentielles avec 53 % des voix, un record. La coalition obtient également une large majorité au Congrès et aux élections locales.

Décembre 2018-2020

AMLO prend des mesures radicales d'austérité dans la vie publique, dont les fonds sont destinés à financer des programmes sociaux, hausse sensible du salaire minimum, lutte contre la corruption… Son approche dans la lutte contre le crime organisé n’a pas le succès espéré, la violence reste plus forte que jamais.

28 février 2020

Premier cas de covid-19 enregistré au Mexique.

9 mars 2020

Un jour sans les femmes

22 millions de Mexicaines délaissent la rue, les bureaux et commerces, dans une « grève générale des femmes » pour dénoncer les violences et l'attentisme du gouvernement face à une vague record de féminicides.

1er juillet 2020

ACEUM

Entrée en vigueur de l'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) qui remplace l'ALENA.

1er janvier 2021

Précurseur

Le gouvernement mexicain bannit le maïs OGM et le glyphosate d’ici 2024.

14 janvier 2021

Impunité

Flambée de critiques au Mexique comme aux États-Unis après l'abandon des poursuites contre l’ancien ministre de la Défense, Salvador Cienfuegos, accusé de narcotrafic par Washington.

3 février 2021

Le Mexique devient le 3e pays le plus endeuillé au monde derrière le Brésil et les États-Unis. La contamination d'AMLO attise les critiques sur sa gestion permissive de la pandémie.