Madagascar, la " Grande Île " de l'océan Indien, évoque bien des fantasmes aux voyageurs, même les plus aguerris. Cette " île-continent ", ce " sanctuaire de la nature ", comme elle est régulièrement surnommée, possède de multiples options pour qui voudrait la découvrir. La bouillonnante Tana - c'est ainsi qu'on appelle affectueusement la capitale Antananarivo -, la mythique RN7 dans le Sud, ses îles de rêve, de Nosy Be à Sainte-Marie, ou la région de Diego Suarez au Nord, les possibilités sont infinies. On peut donc imaginer un voyage à la découverte des perles du Nord : Diego Suarez et son indolente ambiance portuaire, des treks dans le Parc national de la montagne d'Ambre et vers les Tsingy Rouges ou encore des sorties en bateau traditionnel sur la mer d'Émeraude, tout le monde y trouvera son compte. Située à l'extrémité de Madagascar, bordée par le canal du Mozambique à l'ouest et par l'océan Indien à l'est, la région Nord connaît un climat tropical partagé en deux saisons bien distinctes : la saison sèche (mi-mars à mi-décembre) et la saison des pluies (mi-décembre à mi-mars). Cependant, le climat change selon les reliefs. C'est donc une région extrême où la nature et la végétation varient brusquement d'un endroit à l'autre.

Les alentours de Diego Suarez, la grande ville du Nord, sont rouges et verts. Responsable de ces nuances, le plus haut sommet de Madagascar, le massif du Tsaratanana, situé au centre des terres. S'il culmine à 2 880 m, au pied de ces montagnes des plaines bordées de rizières et plantées de vergers entourent les rivières et les fleuves. Des chapelets d'îles bordent aussi des côtes extrêmement découpées, où les criques verdoyantes de mangroves succèdent à des plages de sable blanc. Le tout bordé d'un arrière-fond de végétation tropicale de plus en plus dense à mesure que l'on descend le long de la côte est. Quel délicieux paysage, qui semble sorti tout droit de la palette d'un artiste !

Diego Suarez, une ambiance si particulière

On pose alors ses valises à Diego Suarez, Antsiranana de son petit nom malgache, la plus grande ville du nord de la Grande Île. Peuplée d'environ 110 000 habitants, elle constitue un lieu de séjour très agréable pour rayonner vers les superbes sites alentour. À Diego, on s'en apercevra bien vite, règne une atmosphère particulière qu'on ne retrouve nulle part ailleurs. Des rues poussiéreuses baignées de soleil, un parfum de port d'Amérique latine, de vieilles bâtisses coloniales décrépites ou des baraques en bois perdues au milieu des fleurs... Une ambiance particulière et particulièrement dépaysante. La ville, assez étendue et construite en damier, a connu un certain essor touristique, favorisé par des vols autrefois réguliers vers et depuis La Réunion et grâce à la proximité de l'île paradisiaque de Nosy Be. Ce regain de popularité s'explique en outre par une situation géographique exceptionnelle, au coeur de l'une des baies les plus belles du monde. À perte de vue s'étendent des plages magnifiques, quasiment désertes et sans le moindre bungalow en vue. Des sites naturels de toute beauté attirent les voyageurs, que le climat (il pleut rarement) enchante. Il faut surtout se balader au hasard de ses petites rues charmantes : vous y dénicherez nombre de petits bars adorables qui en font l'une des villes les plus noctambules et les plus chaleureuses de Madagascar. Des rues qui sont sublimées chaque année, lors du Festival Stritarty, où des artistes locaux et internationaux viennent " graffer " sur les murs pour un résultat haut en couleur.

Les Tsingy Rouges, fantaisies de la nature

Les Tsingy Rouges, voilà l'une des images d'Épinal de Madagascar, un site aussi original qu'éphémère, que l'on atteint après environ 2 heures de route au sud de Diego Suarez. Pour s'y rendre, on traverse de grandes étendues sauvages peuplées de Satrana, les lataniers de Mada. La piste est de bonne qualité en quittant la route nationale (sur 17 km), bien que devant révéler les prouesses du véhicule (et parfois l'agilité du pilote !) dans les montées et les descentes. On distingue la mer, au loin. Puis on parvient à une sorte de canyon et se dévoilent alors les premiers Tsingy Rouges. On poursuit ensuite vers d'autres arabesques fantaisistes de la nature, beaucoup plus impressionnantes, nichées au creux d'un petit canyon sculpté par une rivière. À noter cependant, ces tsingy ne sont pas de " vrais " tsingy, dans le sens où ce ne sont pas des roches calcaires, mais un ensemble minéral de grès, de marne et de calcaire. Paradoxalement, ce spectacle est un cadeau bien inconscient de la déforestation. Avec un simple appareil photo, voilà la promesse de revenir avec de superbes clichés !

Entre lacs et cascades dans le parc de la Montagne d'Ambre

Puis, toujours au sud de Diego à proximité de Joffreville, on pénètre dans le Parc national de la Montagne d'Ambre, le premier parc de Madagascar, créé en octobre 1958. Il surprend d'abord par son aspect verdoyant et tropical. Il culmine à 1 475 m d'altitude et sa superficie est de 18 200 ha (réserve spéciale et forêt classée non comprises). La pluviométrie annuelle s'élève à 3 500 mm, ce qui est beaucoup (comparable à la région Nord-Est, près de Maroantsetra). Pour l'exemple, les précipitations sont de 300 mm par an autour de Diego ! Plusieurs lacs de cratère (cinq en tout) et quelques cascades (Antomboka, Antankarana et la Cascade sacrée notamment) témoignent encore, s'il en était besoin, de l'abondance de l'eau dans la région et du passé tellurique de celle-ci.

À noter : ce parc est différent de la plupart des autres de l'île, car de nombreux sites naturels sont accessibles en voiture. N'en abusez pas pour autant, afin de respecter les marcheurs et la nature environnante. Mais c'est une option toutefois très intéressante pour tous ceux qui se déplacent avec difficulté. Ici, on pourra observer sept espèces de lémuriens, dont le lémur couronné et le lémur de Sanfor, tout comme le microcèbe roux. Il est plus difficile d'entrevoir l'aye-aye. On doit aussi pouvoir rencontrer le fossa, le carnivore malgache, mais cette confrontation est très peu probable : il est très rare de le voir de jour en se promenant (il y a quelques années, nous avons pourtant eu cette chance), et comme la nuit, il est très rare de se promener dans les bois sous la pluie, il est globalement assez peu courant de l'observer ! Il est également possible de voir 77 espèces d'oiseaux (dont 35 endémiques), une cinquantaine d'espèces de reptiles, de nombreux batraciens et davantage encore de papillons.

Côté flore, les botanistes en herbe se pencheront sur les nombreuses plantes épiphytes, le ramy (Canarium Madagascariensis) ou le famelona (Chrysophyllum), qu'on utilise comme plantes médicinales. À noter aussi : le rotra, dont les fruits siéent à l'appétit des lémuriens. Mais une partie seulement de cette immense forêt a été étudiée, et de nombreuses espèces restent à découvrir, en ce qui concerne les plantes médicinales notamment.

Mer d'Émeraude, la bien nommée

Après ces belles découvertes dans les terres, il sera enfin temps de sortir maillot de bain, masque et palmes pour profiter de la splendide (et bien nommée) mer d'Émeraude. Celle qui fait face à la baie des Dunes, est un véritable paradis pour les amoureux des eaux turquoise et des plages désertes et c'est donc un must pour une balade en pirogue, une partie de pêche et pour le snorkeling. De mi-juin à début septembre, le vent peut être violent et cette expédition moins alléchante (le lagon est trouble). C'est en revanche la meilleure saison pour avoir le vent dans le dos ! Mais pendant cette période, les véliplanchistes et les kitesurfeurs s'en donnent à leur tour à coeur joie ! Babaomby, un lieu-dit situé aux bords de la mer d'Émeraude, est un site de toute beauté, idéal pour la pratique du kitesurf et de la planche à voile en saison. Du coup, quelques lodges de bonne qualité ont ouvert ces dernières années.

 

INFOS FUTÉES

Quand ?

L'hiver austral (saison sèche) est la saison plus agréable. Il est donc conseillé de programmer son séjour entre avril et octobre ou novembre.

Durée

Une grosse semaine est conseillée pour visiter le nord de la Grande Île. Il faut aussi avoir un peu de temps pour profiter d'Antananarivo et synchroniser des vols intérieurs qui ne sont pas nombreux. Compter donc une quinzaine de jours pour profiter pleinement du circuit.

Budget

Madagascar est un pays plutôt bon marché avec notamment un très bon rapport qualité-prix. Une fois les vols réservés, le budget reste très raisonnable.

Public

En famille, entre amis, en couple... tout le monde y trouve son compte.

Les plus

- Ce circuit est l'occasion d'un voyage au coeur de la nature, dans des endroits sauvages et peu fréquentés. On est bien loin du tourisme de masse.

- Découvrir les Tsingy Rouges ou voguer sur la mer d'Émeraude sont des expériences uniques. Le nord de Mada recèle nombre de sites très variés et fascinants à découvrir.

- Ici, les gens sont toujours adorables et les guides vraiment sympathiques et truculents.

- Et l'on n'a aucun mal à trouver des établissements où l'on mange bien.

Les moins

- Il faut prévoir un budget conséquent si l'on envisage d'utiliser un vol pour écourter les temps de transports. Ce qui est possible depuis l'arrivée de la compagnie intérieure Tsiradia, gérée par Air Madagascar.

- Les sites évoqués sont difficilement accessibles et il faut avoir le temps de voyager et surtout accepter les aléas des transports. Les sites paradisiaques du Nord ont un prix !

Y aller

Vols presque quotidiens. Le prix moyen d'un vol aller-retour Paris-Antananarivo varie entre 700 € et 1 500 €. La compagnie Air Madagascar est vraiment agréable puis Tsaradia, sa filiale, permet de faire les vols intérieurs.

- AIR MADAGASCAR - Plus d'informations sur le site

Utile

- OFFICE NATIONAL DU TOURISME DE MADAGASCAR - Plus d'informations sur le site

Argent

En avril 2023, 1 € s'échangeait à 4 807 Ar.

Formalités

Un passeport valable 6 mois après votre séjour dans l'île est requis. Le visa coûte 27 € pour un mois (30 jours), 33 € pour deux mois et 46 € pour trois mois, et peut être délivré à l'arrivée à l'aéroport (prévoir le montant en liquide et en euros).

Décalage horaire

Plus 1 heure durant l'horaire d'été en France. Plus 2 heures durant l'horaire d'hiver.

Spécialistes

- ÉVASION SANS FRONTIÈRE (ESF) - Plus d'informations sur le site

Grand Hôtel de Diego Suarez

Évasion Sans Frontière est un opérateur de grande qualité proposant toutes sortes d'excursions dans la région.

- LE GRAND HÔTEL

46, rue Colbert, Antsiranana

Le Grand Hôtel de Diego Suarez est une institution locale et un très bel établissement quatre-étoiles avec piscine et spa notamment.