Diego Suarez, Antsiranana de son petit nom malgache, est la plus grande ville du nord de Madagascar. Forte d'environ 110 000 habitants, elle constitue un lieu de séjour très agréable pour rayonner vers les superbes sites alentour, comme étape finale d'un circuit sur la Route du Nord, ou comme point de départ pour un circuit vers Nosy Be.

A Diego, on s'en apercevra bien vite, règne une atmosphère particulière qu'on ne retrouve nulle part ailleurs. Des rues poussiéreuses baignées de soleil, un parfum de port d'Amérique latine, de vieilles bâtisses coloniales décrépites ou des baraques de bois perdues au milieu des fleurs... La ville, assez étendue et construite en damier, a connu un certain essor touristique, favorisé par des vols autrefois réguliers vers et depuis La Réunion et la proximité de Nosy Be. Ce regain de popularité s'explique en outre par une situation géographique exceptionnelle, au coeur de l'une des baies les plus belles du monde. A perte de vue s'étendent des plages magnifiques, quasiment désertes et sans le moindre bungalow en vue. Des sites naturels de toute beauté attirent les voyageurs, que le climat (il pleut rarement) enchante.

Baladez-vous au hasard dans les petites rues charmantes : vous y dénicherez nombre de petits bars adorables qui en font l'une des villes les plus noctambules et les plus chaleureuses de Madagascar.

Histoire. Diego Suarez porte encore la mémoire d'un passé de feu : son nom colonial est lié à deux intrusions des moins pacifiques. La première remonte au début du XVIe siècle. C'est probablement en 1500 que le navigateur portugais Diego Diaz fit escale dans la rade (qu'il nomma Lorenzo - Saint-Laurent). Mais l'histoire a aussi retenu les massacres et les viols perpétrés par ses hommes pendant leur séjour. Quelques années plus tard, l'amiral Suarez débarquait avec la même douceur. De l'association de ces deux bienfaiteurs est née l'appellation européenne de Diego-Suarez.

La baie d'Antsiranana, d'un pourtour de 156 km, a la réputation d'être la deuxième baie du monde après celle de Rio. Cette rade extraordinaire offrait un repaire naturel protégé dont le contrôle aisé n'avait pas échappé aux nombreux pirates, commerçants et négriers qui s'y succédèrent au fil des siècles. A ce sujet, vous entendrez sûrement parler de la légendaire République de Libertalia... Si vous voulez en apprendre davantage, voyez le site fr.wikipedia.org/wiki/Libertalia.

En 1885, au début de l'intervention coloniale, la marine française y édifia une base militaire. La croissance urbaine suivit. En 1942, alors que l'administration coloniale de Madagascar était contrôlée par les pétainistes, la Royal Navy et les Forces françaises libres prirent possession de la base navale au terme de violents combats. Jusqu'en 1973, Antsiranana servit ainsi de port à la flotte française de l'océan Indien. Les accords militaires devenus caducs, le port fut transformé en un chantier de constructions et de réparations navales. C'est l'un des plus importants de l'océan Indien. Il génère de nombreux emplois.

L'exploitation du café, du cacao, de l'ylang-ylang, de la canne à sucre et du poivre noir est la base de l'économie de la région.

Population. Si les Antakarana et les Sakalava forment la majorité des habitants, la situation stratégique et le commerce florissant d'Antsiranana ont incité des familles de toutes les régions de Madagascar à venir s'installer dans la métropole. Outre les Merina, les Betsimisaraka et les Antandroy, Antsiranana compte une importante communauté chinoise, très influente dans le négoce, ainsi que de nombreux descendants métis d'Européens, une communauté indo-pakistanaise soudée et de nombreux Comoriens, Yéménites, et Somalis.

A Antsiranana, comme partout sur la Grande Ile, on parle malgache mais il s'agit ici d'une forme de " patois " local très particulier, mêlé d'expressions françaises, anglaises, arabes...

Climat. Il fait habituellement tiède. La température fluctue entre 20 °C et 34 °C. Lorsqu'il fait vraiment très chaud, le vent qui souffle avec constance sur la ville, le varatraza (il peut être insupportable en juillet-août) atténue les effets du soleil. La ville est active, sauf durant les heures les plus chaudes, où elle semble alors prise d'une léthargie générale. Comme il est presque impossible de marcher en s'abritant à l'ombre, mieux vaut se conformer à la sagesse des habitants et respecter l'heure sacro-sainte de la sieste...

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