Guide de Syrie : Arts et culture

CINÉMA

A regarder les affiches de cinéma des grandes villes où les films de karaté disputent les écrans aux romances " érotiques " importées, on doute qu'il y ait un véritable cinéma syrien. Face à la foisonnante production égyptienne, l'industrie cinématographique syrienne paraît en fait bien pauvre.

Pourtant, dans l'ombre et dans des conditions difficiles, plusieurs cinéastes produisent des films de qualité. Présentés lors de rétrospectives ou de festivals de films arabes en France, ils sont rarement accessibles à un public non arabophone en Syrie.

Le premier film muet syrien paraît en 1928, L'Accusé innocent, d'Ayoub Badry. Sous le ciel de Damas, trois ans plus tard, reste pourtant gravé dans les mémoires comme le premier " vrai " film syrien.

En 1963, à la faveur de l'arrivée du Baas au pouvoir, le secteur public entre de plain-pied dans l'industrie du cinéma. Une renaissance certaine, les cinéastes sont alors formés en Egypte ou en ex-URSS. Le Léopard (1972, Nabil el-Maleh) sera un des premiers films syriens contemporains, tandis que Le Couteau (Khaled Hamadeh) devient une référence de ces années. Résolument inspirés par les préoccupations de la société contemporaine, les films et documentaires des années 1980, sans créer de véritable courant artistique, remportent des succès dans les festivals.

Parmi eux, Les Rêves de la ville aura la plus grande postérité. Abdellatif Abdelhamid (Les Nuits du chacal, La Montée de la nuit, Messages oraux), Ryad Chaya (Allajat), Maher Gaddo (Le Périple) imposent chacun leur style dans les années 1990.

Enfin, depuis 2000, la Syrie connaît une vraie explosion de la production télévisuelle. Parmi les réalisateurs, Hatem Alii est certainement le plus connu. Les Syriens sont notamment très friands également de séries historiques. L'un des plus grand succès de ces dernières années est le feuilleton Bab el-Hara (La Porte du quartier). L'histoire se passe dans un des quartiers de la vieille ville de Damas à la fin des années 1920, pendant la domination française. Une 5e saison était prévue pour le ramadan 2010. C'est en effet pendant ce mois de jeûne que les séries investissent les chaînes de télévision, constituant le rendez-vous de la journée pour plusieurs milliers de téléspectateurs.

Filmographie

Le Voyage de Rabia, Meyar al-Roumi, France, Syrie (2006). Un instituteur, en poste dans un petit village, souhaite présenter Rabia, sa très jeune fiancée, à sa mère. C'est la première fois que la jeune fille quitte son village. Les fiancés prennent un taxi [...].

Passion, Mohammed Malass, 2005 (la défiance d'une femme syrienne passionnée par le chant que sa sa famille lui interdit) ; La Nuit, 1993 (les interrogations d'un petit garçon de Quneitra dont le père est mort au combat) ; Les Rêves de la ville (Ahlam el-Madina), 1984.

Il n'y a que le bazar qui reste, Victor Ede, France (2005). Déambulant dans le bazar de Damas, le cinéaste accompagné de Payram, un ami photographe, nous fait pénétrer dans les ateliers, les arrières boutiques sombres envahies par la poussière et la fumée.

Les Nuits du chacal, Abdellatif Abdelhamid, Syrie (1989). Située dans le Golan peu avant son annexion par l'armée israélienne en 1967, cette fable à première vue truculente et même tendre par moments - non sans aspects politiques et symboliques- montre la [...].

Le Léopard, Nabil el-Maleh, Syrie (1972). Sous le mandat français, un paysan se révolte contre le système féodal. Il se réfugie dans les montagnes et impose sa propre loi. Capturé, il est pendu devant ceux qu'il défendait et devient alors le [...].

Ismail Anzour, Sous le ciel de Damas (Tahta Simaa Dimashk), 1931.

La nahda

Les immigrés syro-libanais du Caire, dont Robert Solé décrit le parcours dans Le Tarbouche, participent activement à la nahda, le mouvement de renaissance culturelle arabe de la fin du XIXe siècle. En 1919, c'est à Damas, récemment libérée des jougs étrangers séculaires, qu'est fondée la première académie de langue arabe du monde. Cette université étant liée à la reconnaissance civile de la langue et aux turbulences des indépendances et du nationalisme arabe, il est difficile de cerner des courants culturels nationaux à l'intérieur du monde arabe avant qu'il n'accède au plein exercice de l'indépendance. Tout au plus peut-on signaler la contribution de tel ou tel artiste à l'évolution de courants artistiques qui dépassent son pays. Ce phénomène est amplifié par la migration des artistes qui s'expatrient pour gagner les capitales culturelles du Moyen-Orient, Le Caire et Beyrouth, ou l'Occident.

FESTIVITÉS

Festival du désert. Palmyre - Mai.

Festival international pour l'art des femmes. Alep - Mai.

Floralies internationales. Damas (parc Tichrine) - Juin.

Foire internationale de Damas. Damas - Septembre.

Festival pour les arts populaires. Bosra - Septembre, une fois tous les deux ans.

Festival international du film (www.damascusfest.com). Damas - Automne.

Festival de la route de la soie. Toutes les villes syriennes - Automne.

Festival du coton. Alep - Automne.

Festival du théâtre. Damas - Automne, tous les deux ans.

Que rapporter de son voyage ?

Antiquités. Du faux, du faux et encore du faux en ce qui concerne presque toutes les pièces archéologiques proposées : monnaies, fibules, poteries, verres... Fiez-vous aux adresses données dans le guide et à votre flair. Mais attention, concernant l'achat d'antiquités authentiques, l'acheteur comme le vendeur encourt une peine de 15 ans de prison.

Artisanat bédouin. Parfois des articles anciens en laine : sacoches de portage, bandes de décoration pour la tente très colorées. De 300 LS (sacoches) à 2 000 LS (bandes). A Damas (souk Midhat Pacha), à Palmyre, ou Abou Kamal.

Bijoux. Les bijoux en or ou en argent sont généralement pesés et vendus au cours du métal. Damas, souk de l'or ou quartier Hariqa ou, Alep, quartier Djeidé ou le souk de l'or.

Brocart. Drap de soie tissée (et non imprimée comme celle que l'on peut trouver en France) aux fils d'or et d'argent. Vous l'achèterez au mètre linéaire (de 1 500 à 4 000 LS/m selon la qualité), ou façonnée : gilets, cravates, noeuds papillon... Le prix est en fonction du nombre de fils (de couleur) différents utilisés (de 2 à 7). Un must : Tony Stephan à Damas.

CD. Pour des sommes ridicules, on obtient des CD gravés de musique arabe et occidentale dans une moindre mesure. De 25 à 50 LS le CD. Mais pour des CD de bonne qualité, il faut compter 150 LS.

Chocolats. Les meilleurs chocolats de Syrie se trouvent chez Ghraoui, rue Port Saïd, non loin du Cham Palace. Une antenne également dans le souk Bazouriyé. Des saveurs surprenantes et variées (noisettes, noir, à la crème), des mélanges subtils tel ce chocolat noir enrobant un nougat à la cardamome, ou bien encore des fruits confits de la Ghouta.

Cuivres. Peu de cuivres de bonne qualité. Préférez les cafetières aux formes traditionnelles. Damas - souk Midan.

Epices. Pour parfumer le retour, rapportez dans vos bagages (mais fermez-les hermétiquement) : café à la cardamome (à partir de 40 LS/200 g), boutons de rose (à partir de 90 LS/200 g), beaux bouquets de safran iranien (à partir de 150 LS), thym (zatar). Prix indicatifs qui peuvent augmenter selon la qualité. Damas - souk Bouzouriyé.

Foulards en cachemire. Toutes les couleurs avec ou sans perles. Ces élégants foulards peuvent aussi se porter comme châle. A partir de 500 LS. Souks d'Alep et de Damas.

Fruits de la Ghouta. Les fruits de la Ghouta (l'oasis de Damas) sont uniques. Ni confits (ils sont peu sucrés), ni séchés (ils sont encore frais), ils sont un délice pour l'hiver et font des cadeaux très appréciés. Ils se conservent jusqu'à six mois dans un endroit frais. Damas - souk Bouzouriyé.

Keffieh. De 100 à 300 LS selon coloris et qualité. Achetez l'aghlileh (cordon noir pour ceindre la tête). Damas - souk Madhat Pacha.

Marqueterie de bois. Jeu de trictrac, ou backgammon, (1 000 LS), coffrets (de 100 à 500 LS) selon la taille, d'une facture qui n'a plus grand-chose à voir avec le travail du siècle dernier (incrustations de plastique en guise de nacre). Néanmoins bel effet décoratif. Pour la vraie marqueterie, voir l'adresse indiquée dans " Damas ", rubrique " Shopping ". On trouve également des meubles anciens ou modernes (guéridons, tables de jeux, grand miroirs...). Pour ce type d'achats, allez traîner du côté du quartier chrétien (rue Hanania) ou rue Bab Sharqi. On y trouve de véritables artistes avec un vrai savoir-faire. Les techniques de vente sont ici un peu moins pénibles que celles du souk Hamidiyé.

Narguilé. Pipe à eau au bel effet décoratif (style Bohemia) : vase à partir de 150 LS. Damas, face à la mosquée Sinan Pacha. Evitez le souk Hamidiyé.

Pâtes d'amande. A Alep, bien sûr. On les trouve fourrées à la pistache ou déguisant des fruits confits. Parfois vendues en emballage individuel sous cellophane (pratique).

Robes bédouines. De beaux vêtements brodés au point de croix (thawb), généralement sur fond noir avec des fils aux dominantes rouges. De 3 000 à 5 000 LS. Damas - souk Madhat Pacha.

Savon. Fabriqué selon d'antiques recettes, le savon à l'huile d'olive et de laurier d'Alep se présente sous des formes variées. Rue Al-Maari à Alep, près de l'horloge monumentale.

Verre soufflé. Spécialité de Damas, aux formes variées et aux couleurs chatoyantes. Damas - souk de l'artisanat.

Vêtements traditionnels masculins. Saroual (pantalon), gallabiya (la djellaba du Maghreb) et abaya (manteau léger ou en peau) se trouvent à Damas - souk Madhat Pacha.

GLOSSAIRE ARCHÉOLOGIQUE

Agora. Espace public ouvert, servant de lieu de réunion ou de marché. Grande place avec boutiques, tribunaux, etc., où siégeait l'assemblée du peuple.

Anachorète. Ascète qui vit seul, retiré du monde.

Atrium. Cour intérieure d'une maison romaine ou avant-cour située devant la façade d'une église byzantine.

Bas-côté. Nef latérale d'une église.

Basilique. Edifice romain en forme de grande salle rectangulaire, se terminant en général par une abside en hémicycle.

Basse-cour. Autrefois, cour de dégagement où se trouvaient les écuries et les dépendances.

Bastion. Ouvrage de fortification, faisant saillie sur une enceinte.

Berceau. Voûte en plein cintre, dont les naissances portent sur deux murs parallèles (un berceau est droit quand un axe est perpendiculaire au plan de tête).

Bimaristan. Hôpital et centre de formation des médecins.

Caravansérail. Vaste cour, entourée de bâtiments où les caravanes font halte  ; auberges, hôtelleries qui en dépendent.

Cardo maximus. Axe principal (nord-sud) d'une cité romaine, comprenant une large chaussée centrale flanquée de deux allées latérales que bordent boutiques et édifices publics.

Cella. Lieu du temple grec ou romain où était placée la statue du dieu.

Chapiteau. Pierre placée au sommet d'une colonne, d'un pilier ou d'un pilastre et faisant la jonction entre celui-ci et ce qu'elle soutient.

Chevet. Extrémité orientale extérieure d'une église de forme souvent arrondie.

Choeur. Partie (généralement surélevée) entourant l'autel d'une église.

Citadelle. Forteresse qui commande une ville.

Claveau. Pierre taillée en forme de coin entrant dans la construction d'un arc.

Clef de voûte. Pierre qui occupe la partie centrale d'une voûte en arc de cercle.

Console. Pièce saillante servant à supporter une corniche ou un balcon.

Corniche. Moulure en saillie développée à l'extrémité supérieure d'un arc monumental, d'un mur, d'une paroi...

Coupole. Voûte d'un dôme, considérée sous son aspect concave, et, par extension, dôme très surbaissé.

Croisée d'ogives. Armature des voûtes gothiques formées de deux arcs qui se croisent.

Cunéiforme. Ecriture cunéiforme  : écriture des Assyriens, des Mèdes, des Perses, utilisant des signes en forme de fer de lance ou de clous diversement combinés.

Decumanus. Voie transversale (est-ouest) d'une cité romaine, qui croise le cardo maximus.

Donjon. Tour principale qui dominait le château fort et formait le dernier retranchement de la garnison.

Edicule. Petit édifice élevé sur la voie publique et servant à différents usages.

Forum. Dans la Rome antique, place du marché. Toute place centrale des villes antiques d'origine romaine.

Fresques. Manière de peindre sur des murs enduits de mortier frais à l'aide de couleurs délayées à l'eau.

Fronton. Elément de forme triangulaire situé en façade au-dessus de l'entrée ou des baies, d'origine grecque et généralement décoré.

Glacis. Pente de la surface supérieure d'une cimaise destinée à laisser écouler les eaux pluviales. Terrain en pente douce qui peut être balayé efficacement par des armes de défense et où l'assaillant se trouve à découvert.

Iconostase. Dans les églises orientales, cloison ornée d'images sacrées, d'icônes, derrière laquelle l'officiant s'isole pour la consécration.

Iwan. Salle voûtée quadrangulaire (d'origine iranienne), grande ouverte, par un arc brisé, sur la cour de certaines mosquées.

Khan. Titre princier turco-mongol.

Linteau. Poutre horizontale, ou dalle, posée au-dessus d'une ouverture.

Mâchicoulis. Galerie en maçonnerie, construite en encorbellement au sommet des murailles fortifiées du Moyen Age. Le fond présentait des ouvertures d'où l'on faisait tomber sur l'assaillant toutes sortes de projectiles.

Madrasa. Etablissement d'enseignement supérieur musulman.

Martyrion. Crypte contenant le tombeau, les reliques d'un martyr. Eglise dédiée à un martyr.

Mégalithe. Monument constitué de grands blocs bruts de pierre isolés ou sommairement assemblés.

Meghazel. Tour funéraire monumentale.

Meurtrière. Ouverture pratiquée dans les murailles ou les portes des ouvrages fortifiés pour permettre l'envoi de projectiles et l'observation des mouvements de l'ennemi.

Mihrab. Niche, généralement placée au milieu du mur du fond, dans les mosquées, et indiquant la direction de La Mecque.

Minaret. Tour d'une mosquée, du haut de laquelle le muezzin fait les cinq appels à la prière quotidiens.

Minbar. Chaire à prêcher, dans les mosquées principales, adossée au mur du fond de l'oratoire, voisine du mihrab, et sur laquelle se tient le prédicateur pour le prône du vendredi.

Mosaïque. Panneau mural ou pavement décoratif constitué de petits cubes de pierre ou de pâte de verre colorée noyés dans le ciment.

Mouqarnas. Traitement décoratif du support d'un arc ou d'un dôme obtenu par le rassemblement de segments triangulaires sphériques, donnant un effet de stalactite.

Nécropole. En Egypte antique, souterrain destiné aux sépultures. Grand cimetière orné de monuments funéraires.

Nef. Dans une église, espace en forme de navire retourné allant du portail principal à la croisée du transept, entre deux rangées de piliers soutenant la voûte.

Noria. Appareil formé de récipients fixés sur une grande roue ou à une chaîne sans fin entraînée par un tambour, et qui sert à élever l'eau.

Orchestre. Partie du théâtre située entre le public et la scène, et où évoluait le choeur.

Patère. Coupe évasée et peu profonde, utilisée pour boire ou pour des libations.

Péristyle. Colonnade entourant de façon complète ou partielle un bâtiment, une cour...

Plate-bande. Partie supérieure d'une baie non cintrée, formée d'une ou de plusieurs pierres assemblées en forme de claveaux.

Pont-levis. Dans l'ancienne fortification, pont qui peut se lever ou s'abaisser au-dessus d'un fossé.

Quadrilobe. Motif formé de quatre arcs de cercle tangents, caractéristiques de l'art gothique, et employés dans la composition des fenêtres, des meneaux, des balustrades et des rosaces.

Sandjak. Région. Ancienne subdivision territoriale gouvernée par un pacha dans l'ancien Empire ottoman.

Sarcophage. Tombeau dans lequel les Anciens plaçaient les corps qu'ils ne voulaient pas brûler.

Partie qui, dans un tombeau sculpté, simule un cercueil.

Sérail. Dans les pays de civilisation turque, palais royal, harem.

Souk. Marché dans les pays arabes. Lieu où se tient ce marché.

Tell. Au Proche-Orient, colline artificielle formée par les ruines d'une ville ancienne.

Tertre. Colline ou tertre artificiels, formés par des ruines.

Tesselles. Petits cubes de pierre ou de pâte de verre colorés servant de matériau pour la mosaïque.

Tétrapyle. Portique à quatre ouvertures qui était placé au carrefour central dans les villes d'Orient d'époque romaine, surtout en Syrie.

Thermes. Bains publics des Anciens. Outre les trois grandes salles habituelles (frigidarium  : chambre froide, tepidarium  : chambre tiède, caldarium  : chambre chaude), ils comprenaient les bains particuliers, les salles de massage, les salons et promenoirs, l'étude sèche (laconicum). De part et d'autre du bloc central s'étendaient deux péristyles rectangulaires.

LITTÉRATURE

L'absence d'une véritable liberté d'expression fait dire au poète d'origine syrienne Adonis : " Le choix du poète [arabe] est simple : ou être un agent, ou devenir une cible... Dès que l'on use du langage, on se trouve impliqué, embrigadé, contraint. " Ce constat reflète l'implication du politique dans l'écriture. La Syrie n'échappe pas à cette règle. Les formes très réalistes de la littérature arabe ont pris un ton résolument engagé dans les années 1960.

Le maître incontesté de la nouvelle syrienne est Abdelsalam al-Oujayli. Dans son recueil Les Lanternes de Séville, il prend un malin plaisir à croiser le passé et le présent dans les lieux les plus divers. Le roman (traduit) de ce médecin né en 1918 à Raqqa, Damas teleferique, décrit l'ascension contrariée d'un jeune provincial dans la capitale syrienne à la fin des années 1950. Romancier de premier plan, Hanna Minna, dont les opinions politiques lui valurent la prison, publie depuis 1954 des romans où se mêlent la pauvreté, le labeur et le monde de la mer. Soleil en instance, illustre la vie d'une famille bourgeoise sous le mandat français. Autodidacte comme Hanna Minna, Zakaria Tamer a publié son premier recueil de nouvelles en 1960. La violence et l'inquiétude s'y expriment dans une écriture éclatée.

La poésie

Alors que le roman et le théâtre sont des expressions nouvelles dans les lettres arabes, la poésie y tient une place capitale. Parmi les écrivains en exil, citons l'immense poète Adonis. Né dans le djebel Ansarié en 1930, son parcours le conduit à Damas, à Paris, au Liban et à New York. Il publie de nombreux recueils de poèmes et est aujourd'hui l'un des maîtres de la poésie arabe contemporaine.

Autre poète, Mohamed al-Maghout, vit sa poésie comme un combat. Il est aussi connu pour son théâtre, hélas non traduit. Sa compagne, Saniya Saleh, est considérée comme l'une des grandes poètes contemporaines syriennes. Son oeuvre complète paraît en Syrie en 2006, dix ans après son décès. Un des plus jeunes visages de la posésie syrienne est Hala Mohammad. Née à Lattaquié en 1959, l'auteur a fait une partie de ses études en France. En 2008, elle organise un festival consacré à la poésie des femmes arabes à Damas. A l'été 2010, elle avait publié cinq recueils de poésie.

Au total, un minuscule rayon constitue la collection des ouvrages syriens contemporains traduits en français. Pourtant d'autres auteurs mériteraient d'être traduits. Citons Ghada Sanman, certainement la romancière la plus diffusée dans le monde arabe, ou Haydar Haydar, de Tartous.

Plusieurs auteurs syriens ou d'origine syrienne ont publié des romans en langue française. Myriam Antaki a obtenu le prix de l'amitié franco-arabe en 1985, pour son roman La Bien-Aimée, qu'elle situe aux temps des croisades. Autre romancière, Marie Seurat, retrace, dans Les Corbeaux d'Alep, sa longue angoisse après la prise en otage, à Beyrouth, en 1985, de son mari, l'orientaliste français Michel Seurat, qui mourra en captivité. Dans Un si Proche Orient, elle affine sa vision de l'Orient, offrant une description sans concession de l'aristocratie syrienne, milieu de son enfance aleppine. En 2009, Chahla al-Ojaylie gagne le prix d'Etat jordanien de la littérature pour son roman Ein el Herr (L'oeil du chat).

Bibliographie sélective
Poésie

Saniya Saleh, La Cendre des civilisations, 2006.

Mohamed al-Maghout, Le Bédouin rouge (Al-Badawi l-Ahmar), 2006 ; Est d'Eden, Ouest de Dieu (Sharqou adan, Gharbou Llah), 2004, La joie n'est pas mon métier, 1970.

Adonis, La Forêt de l'amour en nous, Mercure de France, 2009.

Adonis, Singuliers, Actes Sud, 1995.

Adonis, Soleils seconds, Paris, Mercure de France, 1994.

Nizar Kabbani, Femmes, Ar Fuyer, 1988.

Romans traduits

Rafik Schami, Histoire de Milad qui partit pour manger. Un roman d'aventures, court, dont l'action se déroule à Maaloula. Rafik Schami est né en 1946 à Damas.

Abdelsalam al-Oujayli, Médecin de campagne en Syrie, L'Harmattan, 2001.

Abdelsalam al-Oujayli, Damas teleferique, Publisud, 1995.

Salim Barakat, Les Seigneurs de la nuit, Actes Sud, 1999.

Salim Barakat, Le Criquet de fer. Le récit de son enfance dans le nord de la Syrie par l'auteur kurde.

Romans publiés en français

Myriam Antaki, Les Versets du pardon, Actes Sud, 2000.

Marie Seurat, Les Corbeaux d'Alep, Gallimard, 1988.

Marie Seurat, Salons, coton, révolutions, Seuil, 1995. Un nostalgique recueil de photos de famille.

Théâtre

Saadallah Wannous, Une mort éphémère, Actes Sud, 2001. Un témoignage que le majeur auteur dramatique syrien livre avant sa mort. Le mirage épic, 1996. Miniatures, suivi de Rituel pour une métamorphose, Actes Sud, 1994.

Zakaria Tamer, Le Printemps de cendre, Presses Orientalistes de France, coll. " D'étranges pays ".

Traditions

Abd al-Razzak Djaffar, Contes populaires de Syrie, Publisud, 1991.

Sève et sable. Contes et nouvelles de Syrie, Genève, éditions Zoé, 1981. Neuf écrivains syriens se prêtent à l'exercice de la nouvelle.

MUSIQUE

C'est en Syrie qu'on a découvert la première note musicale écrite ! L'héritage passé est toujours très vivant comme en attestent les prouesses du chanteur syrien Sabah Fakhri qui a chanté pendant 10 heures sans interruption... ou les nombreux concerts de musiques traditionnelles et orientales. A l'occasion d'un voyage en Syrie, il est indispensable d'écouter quelques morceaux de musiques traditionnelles et orientales utilisant le luth, aoudh ou oudh, la cithare arabe, qânoun (à la forme d'une harpe couchée) ou encore de se laisser bercer par le chant mélancolique de la rababah, instrument bédouin muni d'une seule corde (fabriqué en peau de mouton et avec des poils de queue de cheval). La musique est donc omniprésente dans le pays. Si les succès sont éphémères (souvent égyptiens), il existe des stars de la chanson que tout le monde adule. Au premier rang, l'Egyptienne Oum Kaltoum, décédée en 1975, suivie par Fayrouz la Libanaise, qui passe du classique arabe à la variété avec une voix inégalée. Elle est la chanteuse du matin, celle qui illumine la journée. Farid el-Attrache, druze syrien installé en Egypte, reste le plus grand des interprètes de comédies musicales arabes. Par la complexité de ses formes, la musique arabe traditionnelle est difficile d'accès.

La wasla

Une suite de pièces vocales et instrumentales composées et improvisées dans le même ton (le maqâm). Le répertoire de la wasla comprend 22 waslat nommées selon le maqâm correspondant (maqâm ayyâti, maqâm sîkâh, maqâm râst). Une wasla comprend un soliste, un choeur d'hommes et un ensemble instrumental qui se joint au choeur. L'ensemble instrumental traditionnel (takht) est composé de l'oud (luth), du qânoun (cithare à cordes pincées), du nay (flûte de roseau), et du daff (percussion). Une wasla commence par un morceau instrumental, suivi de huit pièces accompagnées. Entre ces pièces musicales s'intercalent des improvisations instrumentales et vocales. Les improvisations au luth de Mohamed Qadri Dalal ont été enregistrées dans la collection " Tradition orale ".

Julien Eddine Weiss, un Français, autre maître de la musique arabe, s'illustre dans le maniement du qânoun (voir " Enfants du pays "). Parmi les solistes les plus renommés ou mutrib (maîtres de chant), citons Sabri Moudallal et Hamza Shakkur. Sabri Moudallal était le premier muezzin d'Alep. A plus de 80 ans, Sabri Moudallal donnait des concerts très attendus à l'extérieur de la Syrie où il présentait un répertoire de musique sacrée et profane. Hamza Shakkur, ex-chanteur officiel de Hafiz al-Asad, dirige la chorale des Omeyyades à Damas.

La musique religieuse

Outre les chants de Sabri Moudallal, le chant soufi est à l'honneur à Damas, avec le rituel du zikr sous la direction de Cheik Ahmad al-Yamili. L'installation des derviches tourneurs mawlawiyya à Damas, Alep et Homs au XVIe siècle diversifie le répertoire sacré. Les récitants accompagnent les rituels d'invocation de Dieu des confréries mystiques soufis. Le concert sacré damascène, le samâ, comporte des cantillations (tartîl) du Coran et un rituel (âyîn) et se divise en cycles (salâm) de chants et de tournoiements.

Discographie

Syrie - Wasla d'Alep de Sabri Moudallal de Inedit, 2007.

Syrie - Maqâmat insolites de Muhammad Qadri Dalal, 2002

Chants soufis de Syrie - Dhikr Qadiri Khalwati de Muhammad Hakim, 2002.

Syrie : Chants d'Alep de Sabri Moudallal, 2000.

Chants d'extase en Syrie de Moreno Trio et Angelo Debarre,2001.

Musique populaire

Les stars de la chanson populaire, celle que crachent tous les postes de radio dans la rue ou dans les bus, connaissent souvent une gloire éphémère grâce à des tubes d'une saison. Parmi elles, ces dernières années, sont sortis du lot les Syriens Assala Nasri (une chanteuse).

La majorité de chanteurs pop sont libanais ou égyptiens, comme Najoua Karam ou Elissa. Citons aussi Nizar Rahbani, le fils de Fayrouz, qui semble suivre les traces de sa mère. Nour Mahana et Maïda el-Henawi (Alep) sont deux belles voix très appréciées.

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