On laisse à Pagnol toutes les extrapoles pour ne garder que le parler vrai de cette Drôme allouée provençale. Des bouquets de lavande tressée à perte de vue, des champs de blé piqués de joyeux coquelicots, le reflet argenté des oliviers qui joue avec la pierre blonde des villages haut perchés et un art de prendre la vie uniquement par ces bons côtés : cette région a en effet toute la Provence pour elle, la modestie et l'authenticité en plus.

 

Montelimar, deux minutes d'arrêt

On vous dépose en gare de Montélimar qui divulgue déjà ses éclats miel-nougat sous les rayons du soleil. Puis l'on sort sur un parvis inondé de lumière, les conversations gazouillent, un grand parc à l'abri duquel se niche une terrasse retient les départs et accueille les arrivées... Tout est là : nous sommes dans une région de jouiss-heures où même le temps ignore la notion de cadran si celui-ci n'est pas solaire. A voir, à faire il y a, mais comme tout est histoire d'atmosphère, on commencera par s'en repaître en flânant dans les ruelles du vieux bourg. L'ocre des façades renforce la patine de l'ancienne cité des Adhémar de Monteil dont l'anagramme est le nom de Montélimar. La promenade est plaisante, de-ci quelques échoppes gourmandes, de-là quelques boutiques d'artisans et au bout, là-bas, la Place aux herbes qui conte fleurette aux paniers en osier, jour de marché. En lieu et place, les samedis matin, il est animé par les producteurs de picodons de Dieulefit, d'olives de Nyons, de truffes du Tricastin et une ribambelle de maraîchers pour la plupart bio, la Drôme étant le premier département français de l'agriculture biologique. A ne pas manquer d'ailleurs la joyeuse Foire bio qui anime Montfroc, au début du mois d'octobre. On file ensuite au Jardin des senteurs installé dans le nouveau quartier Saint-Martin qui a du même coup transformé sa caserne en centre d'art. Une escapade olfactive qu'on poursuit au parc municipal, très agréable dans ce fouillis ordonné typique des jardins anglais. Autour d'un lac, six hectares de verdure servent d'écrin aux vieux Carrousel des années 1900 et au petit kiosque à musique. Le lieu parfait pour déguster la madeleine locale. Les Montiliens préparent le nougat depuis le XIXe siècle, les fabriques ouvrent désormais leurs portes au public dévoilant aux gourmands les secrets de cette douceur qui possède sa propre appellation. Avant de quitter cette quiétude citadine, on salue le château des Adhémar, ancien palais résidentiel transformé en citadelle bastionnée puis en demeure d'agrément, et en prison avant d'être ce Centre d'art contemporain.

 

Coeur de pierre

Le paysage drômois est un véritable enchantement... A peine a-t-on pris la route Dieulefit que le ciel s'ouvre pour enluminer les champs de lavande, les feuilles argentées des oliviers, le rouge oranger des coquelicots et la pierre dorée des villages sans âge. Très vite se dresse Le Poët qui servit jadis de commanderie à l'ordre des Hospitaliers. On jurerait être propulsés à l'époque médiévale. Les vestiges du château et de la chapelle romane Saint-Jean-des-Commandeurs, les remparts, les ruelles exiguës, le lavoir et une vue qui caresse la vallée du Jabron : autant d'arguments qui l'ont promu parmi les Plus Beaux Villages de France. Dans le chapitre des belles pierres, la Drôme se targue également du village de Grignan, rendu célèbre par Madame de Sévigné enterrée sous le marbre de la collégiale. Orné de 400 rosiers qui s'échappent d'entre les pierres, le bourg moyenâgeux s'emberlificote en calades préservées par une ceinture de remparts qui retient les souvenirs des fêtes nocturnes, du vieux beffroi et du lavoir néoclassique.

A ses pieds se déroule la place du Mail qui a troqué ses joueurs de mail contre ceux de pétanque, à ses pieds également se référence la plus belle adresse de la région : Au Clair de la Plume. Allez donc visiter l'atelier-musée du livre nommé Colophon, cette ancienne maison du Bailli entretient autant la mémoire et l'histoire de l'imprimerie. Buis-les-Baronnies, Montbrun-les-Bains, Saint-Restitut, Suze-la-Rousse, Châteauneuf-de-Mazenc, Puygiron, Rochegude, etc. La ronde des villages n'en finit pas et, s'il fallait faire un choix, on grimperait alors jusqu'à la Garde-Adhémar, également classé Plus beaux villages de France. Le clocher octogonal de son église romane vise le popotin des anges depuis le village médiéval parfaitement préservé.

 

Des activités en pagaille

Aussi passionnante soit-elle, la Drôme est avant tout une région de passionnés. Ne fallait-il pas que ces deux frères aient le sang froid pour établir là une ferme aux crocodiles qui, rappelons-le, n'est pas franchement une espèce locale ? Quoi qu'il en soit, plus de 300 000 visiteurs viennent chaque année admirer crocodiles et alligators albinos et Durance rayonne aujourd'hui à l'international. Et que dire du chocolat Valrhona, prisé par toutes les tables étoilées ? Et bien peut-être que l'entreprise inaugure le 24 octobre la Cité du chocolat qui dévoilera tous les secrets qui se cachent dans vos tablettes préférées. Trois exemples piochés parmi mille choses à faire le long des 2 500 kilomètres de sentiers balisés. Observer les rapaces de la Maison des vautours de Rémuzat ; visiter le site géologique classé de la Charce ; escalader les gorges d'Ubrieux ; arpenter à cheval le pays de Dieulefit ou travailler son swing au golf 18-trous de la Valdaine.

 

Une terre, des terroirs

Fin de journée. La chaleur laisse place à la douceur sur cette terrasse où vous dégustez un verre de vin et quelques olives en regardant le paysage moiré : il y a tout de même des clichés qui ont la peau tendre ! Quid des petites olives noires de Nyons qui donnent ce goût si fruité aux huiles d'olive AOP ? Labellisé Site remarquable du goût, le Nyonsais produit la Tanche qu'on trouvera dans la coopérative de la ville Vignolis, en pâtes, confitures, tapenades et huiles médaillées. De l'or jaune on passe à l'or noir des truffes du Tricastin qui est la première région trufficole de France ; d'ailleurs, rendez-vous donc à la Maison de la truffe à Saint-Paul-Trois-Châteaux pour aiguiser votre truffe ! Entre autres trésors, on se réjouit aussi du picodon qu'on ira chercher directement à la ferme de Pracoutel, du miel produit par les apiculteurs de Roussas, des sirops et liqueurs du domaine d'Eyguebelle et de l'ail drômois absolument irrésistible lorsqu'il est confit à l'huile d'olive de Nyons, évidemment !

Que de saveurs égayées par le savoir-faire de cette belle région viticole ! Elle produit ainsi des côtes-du-rhône, des côtes-du-rhône village, le Vinsobre - admirez l'oxymore - et l'AOC grignan-les-adhémar appelée jadis côteaux-du-tricastin. Qui promettent des soirées ô combien douces et sereines sous le ciel étoilé de la Drôme provençale !

 

Infos futées

 

Quand ? Dès les premiers beaux jours et jusqu'à fin septembre où la douceur se prolonge tendrement. La région glisse ensuite vers l'automne avec gourmandise...

 

S'y rendre. En train : Comptez 2h40 depuis Paris pour rejoindre le gare de Montélimar ; côté Sud, liaisons régulières avec Marseille et Montpellier. En voiture : Autoroute A7, sorties Montélimar nord ou sud ou Autoroute A51, sortie Sisteron puis prendre la Nationale 7.

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Utile. Pour préparer au mieux son escapade.

COMITE D'EXPANSION TOURISTIQUE ET ECONOMIQUE DE LA DROME PROVENÇALE - Plus d'informations sur le site

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