Guide de Belgique - Wallonie : Population et langue

Population hétéroclite

La population wallonne est essentiellement urbaine. La Wallonie connaît deux défis : l'importance de la communauté immigrée et le vieillissement de la population. En ce qui concerne l'immigration, la Wallonie a connu, depuis la guerre 1940-45, plusieurs vagues successives. Dans un premier temps, elle était surtout italienne et issue de travailleurs flamands, puis espagnole. Dans les années 1970 à 1990, ce sont surtout des travailleurs du Maghreb et de Turquie qui furent accueillis. Autre culture, autre religion, cette immigration s'intègre, de manière générale, moins facilement et conserve souvent des liens forts avec les pays d'origine. Le second grand défi se situe dans le vieillissement de la population. Ici, la Wallonie (comme l'ensemble de la Belgique) rencontre le même type de problèmes que la majorité des pays industrialisés de la vieille Europe. Au 1er janvier 2013, le hit-parade des principales villes wallonnes selon le nombre d'habitants était le suivant (source SPF Economie) : Charleroi 203 871, Liège 195 576, Namur 110 096, Mons 93 072 et La Louvière avec 78 774 habitants. On constatera que toutes ces villes se trouvent sur ce que l'on a coutume d'appeler la " dorsale wallonne ", correspondant aux cités historiquement industrialisées. Aucune ville du Luxembourg belge ou du Brabant wallon ne figure dans ce classement de tête. A l'inverse, au palmarès des vingt communes belges les moins peuplées figurent 14 communes wallonnes. 13 d'entre elles sont situées (largement) au sud du sillon Sambre et Meuse et aucune n'est située dans la très peuplée Province de Hainaut. La " palme " de la commune wallonne la moins peuplée (2 724 habitants) revient à Meix-devant-Virton, située au sud de la Province de Luxembourg.

Les langues en Wallonie

Si le français est parlé dans toute la Wallonie, c'est au détriment des nombreux dialectes locaux qui persistent vaille que vaille. On peut les répartir en trois, voire quatre groupes : le picard à l'extrême ouest, le wallon pour la majeure partie du territoire (avec des différences significatives selon les régions), le gaumais en Lorraine belge sans oublier l'allemand dans les Cantons de l'Est. Le picard sous sa forme influencée par le wallon, est parlé dans l'ouest de la province de Hainaut, entre Tournai et Mons. Le lorrain parlé en Gaume autour de Virton, est également influencé par le wallon. Le wallon parlé dans la majorité de la Wallonie, peut se diviser en trois variations sous-régionales : le dialecte de Charleroi et du Centre, celui de Namur et du Condroz et enfin le wallon de Liège. La région wallonne comprend en outre les cantons de l'Est, habités par la communauté germanophone, qui n'a rejoint l'Etat belge qu'après 1918. Malheureusement, les langues régionales sont en net recul, et il n'est pas rare de rencontrer un Liégeois ou un Namurois affirmant qu'il n'a jamais parlé wallon ! Le français est parlé en Belgique depuis le 13e siècle, donc depuis plus longtemps que dans bien des provinces françaises. Jusqu'au 19e siècle, il a été surtout en usage dans les classes supérieures pour les besoins de l'éducation et de la communication avec l'extérieur. En fait, il faut remonter dans les siècles pour comprendre la raison pour laquelle le français s'est imposé dans la partie méridionale du royaume. A l'époque, chaque habitant du pays parlait son dialecte local : le borain, le liégeois, l'ardennais, le picard... Quant aux seigneurs et aux commerçants, ils connaissaient le français pour deux raisons. La première est que, jusqu'au traité de Vienne, le français était la langue diplomatique de toute l'Europe et la seconde est que les commerçants avaient besoin de se comprendre lorsqu'ils faisaient des affaires avec leurs confrères de l'une ou l'autre région avoisinante. Au lendemain de l'occupation hollandaise, par réaction au néerlandais, le français s'est à nouveau imposé comme langue administrative et commerciale dans tout le royaume. Ce faisant il s'est incrusté dans toutes les couches sociales du sud du Pays. Il faut cependant souligner que la littérature dialectale wallonne est restée très dynamique jusque dans les années 1960. Si cela tend sérieusement à disparaître, il arrive encore de temps à autre que des pièces de théâtres en dialecte soient régulièrement diffusées à la radio ou (plus rarement encore) à la télévision.

Le Chant des Wallons

Nous sommes fiers de notre Wallonie,

Le monde entier admire ses enfants.

Au premier rang brille son industrie

Et dans les arts on l'apprécie autant.

Bien que petit, notre pays surpasse

Par ses savants de plus grandes nations.

Et nous voulons des libertés en masse :

Voilà pourquoi l'on est fier d'être Wallons !

II

Entre Wallons, toujours on fraternise.

Dans le malheur, on aime s'entraider :

On fait le bien sans jamais qu'on le dise,

En s'efforçant de le tenir caché.

La charité visitant la chaumière

S'y prend le soir avec cent précautions :

On donne peu, mais c'est d'un coeur

sincère :

Voilà pourquoi l'on est fier d'être Wallons !

III

Petit pays, c'est pour ta grandeur d'âme

Que nous t'aimons, sans trop le proclamer.

Notre oeil se voile aussitôt qu'on te blâme

Et notre coeur est prêt à se briser.

Ne crains jamais les coups de l'adversaire.

De tes enfants les bras te défendront

Il ne faut pas braver notre colère :

Voilà pourquoi l'on est fier d'être Wallons !

Hymne officiel de la Wallonie depuis 1998

(version en français, l'originale est écrite en wallon)

Le français de Belgique

Pratiquement tous les francophones de Belgique parlent avec des mots et des accents divergeant de l'usage parisien, qu'on peut désigner comme du français régional. Avec un peu d'effort, ils peuvent cependant s'exprimer dans un français standard, basé sur une prononciation stricte de la langue écrite. Ce français standard, on l'entend à la radio et à la télévision dans la bouche des présentateurs. Vous le connaissez, il est à peu près identique à celui des films doublés... tout cela pour dire qu'il n'existe pas - contrairement à une autre idée reçue - d'accent " belge " et encore moins d'accent " wallon ". Mais par contre, les Belges tiennent à leurs " septante " et " nonante ", à la prononciation vernaculaire de leurs noms de famille et de leur toponymie.

Quant à l'usage des mots, il varie souvent par rapport à la France, notamment dans le vocabulaire scolaire et dans la formation de néologisme. Exemple. Un potache belge trace des figures géométriques avec une latte (règle), tandis que, lorsque cela était encore toléré, son instituteur sadique le frappait avec une règle (une règle à section carrée). A douze ans, il quitte l'école primaire (communale) pour l'athénée (lycée) ou le lycée (réservé anciennement aux filles). Quand il évite la boîte (bahut), il brosse (sèche) les cours et son prof lui donne une mauvaise cote (note). Le manche-à-balle (fayot) ira à l'unif' (la fac') et logera dans un kot (une piaule). A défaut d'avoir assisté au cours, il se reposera sur les syllabus (polycopiés), même s'il a manqué les séances de dias (diapos). Retournant à la maison, il prend le train en compagnie de nombreux navetteurs (travailleurs migrants-alternants quotidiens), qu'il prononce souvent " nafteurs ".

A la gare, il attend le tram sous l'aubette (l'abri ou le kiosque), à cause de la drache (averse) qui tombe à ce moment. Il court vers la maison par la drève (allée rectiligne de forêt ou de campagne bordée d'arbres). Heureusement, maman a préparé des chicons au gratin (endives, entourées de jambon, nappées de béchamel) qu'il dévore avec du pain français (baguette). Nous arrêterons ici... Dans la plupart de leurs parlers régionaux ainsi que dans leur français standard, les Belges ont conservé des traits phonologiques fondamentaux qui subsistent aussi largement dans les provinces de France. Principalement la distinction entre les voyelles longues et les voyelles courtes et la palette des voyelles nasalisées. Un Belge ne prononce pas " patte " comme " pâte ", et il reconnaît la différence entre " in " et " un " qui se perd à Paris.

La langue wallonne, défense et illustrations

Plus proche du français que des autres langues romanes également issues du latin, le wallon est bien une langue à part entière, parlée en trois dialectes principaux : ouest-wallon, parlé du nord au sud de Nivelles à Givet (France) ; wallon central, parlé de l'est du Brabant wallon au coeur de l'Ardenne en passant par Namur ; est-wallon, parlé dans la province de Liège et dans le nord de la province du Luxembourg belge. Alors que l'on considère qu'un dialecte riche a un vocabulaire de 10 000 mots (comme les dialectes italiens : calabrese, siciliano...), on estime celui du wallon à 70 000 mots ! Environ 1 000 mots seulement diffèrent vraiment d'un dialecte wallon à l'autre, soit environ 1,5 %.

Parmi les exemples extrêmes souvent cités, celui du mot " pomme de terre " (traduit en français du néerlandais aardapel) qui se dit pètote dans l'Ouest, canada à Namur et à Charleroi et crompîre à Liège (du limbourgeois grondpeer, poire de sol/terre). Autre exemple, " chapeau " se dit d'ouest en est capiau, tchapia et tchapê, " chat " donne tchat et tchèt. L'imparfait de l'indicatif " j'avais " se dit d'ouest en est j'avos, j'avwas, dj'aveus, dj'aveûve. La même différence se répète systématiquement pour tous les verbes. Le wallon diffère du français dans sa syntaxe et dans l'usage des prépositions. Il use beaucoup des préfixes. Ainsi, le préfixe a- marque le rapprochement : ploûre, pleuvoir ; aploûre, arriver comme une pluie ; vorer, se précipiter ; avorer, se précipiter en s'approchant ; èvoyî, envoyer en éloignant ; avoyî, envoyer en approchant.

A l'instar des langues germaniques, le wallon a recours aux particules complétant le verbe, ainsi : èvôye marque le départ, comme l'anglais away ou l'allemand weg, ou même l'italien via ; foû marque la sortie, anglais out, allemand aus ; dju marque la séparation, anglais off, allemand ab. Parmi d'autres différences, l'adjectif qualificatif se place devant le nom qualifié : do neûr cafeu, du café noir ; dè l'bènite eûwe, de l'eau bénite ; l'intche massale, la joue gauche.

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