Population : 738 000 habitants

Densité : 44 hab./km²

Superficie : 16 942 km²

Préfecture : Limoges

Nombre de communes : 747

Point culminant : Mont Bessou (984 m)

Principaux cours d'eau : Vienne, Creuse, Dordogne

Départements : Corrèze, Creuse, Haute-Vienne

Région : depuis le 1er janvier 2016, le Limousin a fusionné avec les régions Poitou-Charentes et Aquitaine. A l'heure de l'impression de ce guide, le nom provisoire de cette nouvelle région est Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes. Le Petit Futé a fait le choix de ne pas fusionner les régions pour pouvoir continuer à mieux mettre en valeur les atouts du Limousin et de répondre à une démarche touristique et culturelle plus qu'administrative.

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Corrèze
Collonges-la-Rouge

Le premier village à avoir reçu la distinction de "plus beau village de France", Collonges-la-Rouge, ancienne cité médiévale, est un village fortifié tout en pierre de grès rouge. Collonges, dont le nom est dérivé du latin colonia qui signifie " maison de cultivateur ", se distingue par ce rouge insolite, flamboyant qu'il doit au principal matériau utilisé dans l'édification de ses bâtiments, un grès d'oxyde de fer, fruit de millions d'années de dégradation du Massif Central, que l'érosion a lentement déposé dans le bassin de Brive. Ce fleuron du patrimoine historique et architectural corrézien a vu le jour à la fin du VIIIe siècle, quand les moines de l'abbaye de Charroux, en Poitou, fondent un prieuré sur les terres de Collonges, grâce notamment à une donation du comte de Limoges. Paysans, artisans et commerçants s'installent dans cette ville devenue prospère grâce aux faveurs (fiscales, privilèges, immunités, libertés) accordées dès la moitié du IXe siècle par la vicomté de Turenne, fief indépendant de la couronne de France. Les Collongeois se voient octroyer le droit d'exercer la justice. Ce privilège entraîne l'arrivée d'un grand nombre de praticiens du droit, de noble lignage, qui enrichissent la patrimoine du village de castels et autres manoirs. Cette ancienne étape des pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle devient le siège d'une châtellerie dotée au XIVe siècle, de syndics et d'un tribunal avec lieutenant de justice et procureur. Collonges traverse les guerres de religion de manière pacifique en accueillant alternativement dans son église, le culte catholique et le service protestant. Un fait unique selon les historiens. Au XVIIIe siècle, la vente de la vicomté marque la fin des privilèges. A la suite de la Révolution, Collonges entame un déclin inexorable. La fragile prospérité retrouvée au XIXe siècle est anéantie par le phylloxéra qui décime les vignes et par l'exode rural. Collonges perd alors près de la moitié de sa population. En 1927, Collonges renaît sous l'impulsion d'une poignée de passionnés qui fondent La société des Amis de Collonges. Cette association a pour objectif de sauver et de mettre en valeur le patrimoine artistique, historique du village. De ce prestigieux passé, Collonges-la-Rouge, aussi appelée la cité aux 25 tours, conserve des vestiges remarquables comme l'église Saint-Pierre avec son clocher ajouré polygonal, ses nombreux castels, dont celui de Vassignac à la porte gothique et aux deux tours pentagonales, ou celui de Maussac, datant du XVIe siècle, avec sa tour quadrangulaire et sa tourelle fine accolée à un portail orné d'une coquille Renaissance. Le castel de Benges et ses restes de mâchicoulis, la maison noble de Ramade de Friac surmontée de deux tours jumelles, la halle aux grains pavée de grès rouge abritant en été touristes en quête d'ombre et spectacles variés et la maison de la sirène datant du XVIe siècle, au centre du village, repérable à son colombage en encorbellement, sont quelques-uns des trésors qui s'offrent aux passants. Un seul édifice se détache de cet ensemble architectural rouge : le tympan du XIIe siècle de l'église Saint-Pierre en pierre calcaire de Nazareth célébrant l'ascension. La vierge, entourée des douze apôtres, occupe, elle, la partie inférieure.

Meymac
Centre d'art contemporain de Meymac

Installé depuis 1979 dans l'aile sud de l'abbaye Saint-André, le centre d'art contemporain de Meymac est né de la volonté commune de Caroline Bissière et Jean-Claude Blanchet, des passionnés d'art contemporain, de promouvoir et de diffuser les créations contemporaines. Les espaces d'expositions, sur 950 m² répartis sur cinq niveaux, présentent, de manière temporaire, des performances, installations et expositions thématiques des principaux courants artistiques de 1970 à nos jours. La programmation du musée a l'ambition de permettre au public, néophyte ou éclairé, d'acquérir les clés et les propositions de lecture indispensables à la compréhension de l'art contemporain. Elle permet également de suivre la complexité et l'épaisseur d'une oeuvre sur la durée, d'être en contact direct avec les expérimentations les plus récentes de la création. Le rayonnement du centre s'étend du plan local au plan international. Un cycle de trois expositions rythme l'année du centre d'art. Une exposition thématique au printemps est en lien avec le festival " Les Printemps de Haute-Corrèze " que le centre organise avec une quinzaine d'associations dans une dizaine de communes de Haute-Corrèze. L'été est généralement consacré à une monographie d'un artiste majeur. Automne et hiver sont dédiés à la jeune création. " Première " est une sélection annuelle de jeunes diplômés des écoles d'art de Bourges, Limoges et Clermont-Ferrand. " Vendange tardive " présente les travaux d'artistes accueillis en résidence pendant l'été. La manifestation phare du centre est un toujours très inspirée " Calendrier de l'Avent ", une invitation à un artiste à concevoir 26 visuels qui éclaireront, sous la forme de caissons lumineux, à raison d'un nouveau visuel chaque soir, les fenêtres de la façade sud du bâtiment.

Tel un phare guidant le visiteur vers l'entrée du musée, une oeuvre monumentale, commande publique du ministère de la Culture au sculpteur danois Robert Jacobsen (1912-1933), côtoie l'abbatiale. Partagée entre un formalisme abstrait et une figuration expressive, l'oeuvre de Jacobsen est marquée par la culture populaire viking mais aussi par l'art africain. Elle offre en tout cas un contraste saisissant entre l'art moderne et l'abbatiale, bâtisse du XIIsiècle réhabilitée en partie grâce au projet de création du centre d'art contemporain. Enfin, des rendez-vous réguliers se sont insérés au fil des années dans ce maillage avec notamment des colloques, conférences, lectures et voyages culturels. De jeunes artistes diplômés de l'année de certaines écoles sont invités à exposer leurs créations et un service pédagogique propose des visites commentées de l'ensemble des propositions.

La tour panoramique du mont Bessou
La tempête de 1999 mit à bas un nombre incalculable de résineux autour du mont Bessou dont les pentes sont particulièrement exposées. La catastrophe eut au moins le mérite de dégager la vue. Du haut du mont, le point culminant de la région, les visiteurs ont la possibilité d'observer, tout proches et couverts de neige jusqu'en avril, les monts d'Auvergne, les monts du Cantal et les reliefs de la Corrèze grâce à l'édification achevée en 2005 d'une tour panoramique. Une construction de 24 mètres de haut qui permet de contempler le paysage en franchissant la barre symbolique des 1 000 mètres d'altitude. Construite en pin Douglas, l'essence résineuse principale de reboisement dans la région, la tour panoramique participe à l'effort environnemental mis en oeuvre par la région. Aucune crainte à avoir, la tour repose sur un socle en béton assurant sa stabilité. Toutefois, la structure ne peut accueillir plus de 20 personnes pour des raisons de sécurité. Mise à part la vue, le mont Bessou offre la possibilité aux amateurs de randonnées de s'adonner à pied ou à vélo à diverses balades grâce aux sentiers tracés. Sur certains, vous découvrirez même les histoires du champignon et du granit.

Sarran
Musée du président Jacques Chirac

Le projet du musée Jacques Chirac a longtemps fait couler de l'encre dans la région. Il n'est pas courant de dédier un tel espace à un ancien président dans son fief régional. L'objet même du musée, la collection de cadeaux que le chef d'Etat a reçus dans l'exercice de ses fonctions, a paru à beaucoup être au mieux une excentricité, au pire une aberration. Enfin, le coût du projet et les frais de fonctionnement ont également fait débat. Qu'importe. Le musée a vu le jour et propose, il faut l'avouer, des expositions d'un intérêt certain. L'exposition permanente est une curiosité. Elle montre donc ces fameux présents reçus lors de cérémonies particulières et rencontres au sommet. A cela s'ajoutent les présents d'anniversaire, de nouvel an ou même de rencontre avec les Français qui amènent une touche quasi sociologique et donne l'occasion de mieux comprendre la relation entre l'ancien chef d'Etat et la population. Objets ou oeuvres d'art, pièces rares ou curieuses, les dons sont de diverses natures. Ils nous éclairent sur l'image que les peuples veulent donner d'eux-mêmes : références à des faits historiques, ciment de l'identité nationale, héritage très ancien, volonté d'illustrer son prestige par des présents de grande valeur ou de souligner le dynamisme culturel d'un pays, etc. Le musée a été inauguré par Jacques Chirac lui-même le 15 décembre 2000.
L'utilisation de matériaux traditionnels de l'architecture corrézienne assure au musée Jacques Chirac une parfaite intégration dans un environnement préservé. Le musée est implanté sur un site de 11 000 m², à la sortie du village de Sarran. Deux bâtiments - une grange du début du XXe siècle et une plus petite et plus ancienne - ont constitué le point de départ du projet. La construction du musée initial s'inspire des proportions et de la volumétrie en longueur de cet ensemble préexistant typique de l'architecture vernaculaire corrézienne. Les architectes ont implanté deux corps de bâtiments - l'un pour l'exposition permanente, l'autre pour l'exposition temporaire - couverts d'une toiture à double pente en ardoise. Ils sont reliés par une galerie couverte qui constitue le hall du musée et qui permet de rejoindre le restaurant installé dans le vaste volume de la grange.

Curemonte
Curemonte

Le village médiéval de Curemonte, inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques, est aussi classé parmi les plus beaux villages de France. Il faut d'abord le situer : à l'extrême sud de la région limousine non loin du Lot, et plus exactement au sud-est de Brive et au sud-ouest de Beaulieu. Une route pittoresque mène à ce bourg très curieux et encore peu connu, qui témoigne d'un passé prestigieux et d'une position stratégique. Le village conserve un patrimoine architectural d'une grande richesse : trois châteaux, trois églises, des maisons nobles près de la halle et des maisons rurales qui ont conservé leur authenticité.
Comme à Collonges-la-Rouge, c'est la mobilisation de passionnés qui a permis de sauver ce joyau d'architecture. Mais à la différence du village star de la Corrèze, ce sont ses propres habitants, réunis dans l'association les Amis de Curemonte, qui, dans les années 1960, ont réagi. Le village tombant en ruine était désigné alors par un hebdomadaire national comme un "village à vendre" (on en a connu d'autres depuis en Limousin !). Emmenée par le président-fondateur Jean Lalé, l'association a mis toute son énergie et sa conviction à restaurer le patrimoine du village et a en faire reconnaître ses qualités. Grand bien leur en a pris, car il est difficile à imaginer aujourd'hui en visitant le site que celui-ci aurait pu disparaître. Le village a retrouvé sa splendeur passée pour le bonheur de ses habitants et le plaisir des visiteurs, de plus en plus nombreux. De belles promenades à pied vous feront découvrir des sites historiques et la belle campagne encore très préservée qui les entoure. On ne se lassera pas, au détour des ruelles, de découvrir la belle maçonnerie des bâtiments et le parcours des "métiers" qui animaient la vie du village quelque temps auparavant. Un peu en contrebas près de la croix du Clavel, sur le terrain de la Reyne, on trouve une table d'orientation, un panneau où figure un plan détaillé et commenté de la commune. Curemonte est le cadre d'une jolie promenade, très bien signalée et fournie en explications.

Patrimoine

Les châteaux se dressent au coeur du village. Deux d'entre eux ont été construits côte à côte à l'intérieur d'une même enceinte et appartiennent depuis le XVIIe siècle aux mêmes familles. Le château de Saint-Hilaire est le plus ancien. Il a été édifié à la fin de la guerre de Cent Ans, qui avait détruit les anciennes fortifications. Le château de Plas, reconnaissable à ses tours rondes, remonte, lui, au milieu du XVe siècle. Durant la guerre, l'écrivain Colette séjourna quelques semaines dans les deux châteaux. Le troisième château, celui de la Johannie, est juste à côté de la halle. Construit au XIVe siècle, il se caractérise par une architecture présentant des similitudes frappantes avec celle de Saint-Hilaire. Les maisons nobles, que l'on appelle aujourd'hui des hôtels particuliers, ont été construites au XVIe siècle. Ces demeures étaient habitées pour la plupart par des officiers au service de différents seigneurs. Il est à souligner l'impression de forteresse donnée par les tours. L'église de Saint-Barthélemy est une création féodale du XIIe siècle. On remarque néanmoins les nombreux remaniements et ajouts. Une restauration très soignée, programmée sur de nombreuses années, donne à l'église un caractère tout à fait remarquable. Les deux autres églises ne se trouvent pas dans le bourg mais dans des hameaux voisins. A La combe, l'église Saint-Hilaire du XIIe siècle, classée aux monuments historiques, est construite sur des fondations mérovingiennes. C'est devenu un lieu d'exposition très apprécié, où sont présentées des peintures et des sculptures contemporaines mais aussi des photographies d'art religieux. Elle est ouverte de Pâques à Toussaint. L'église Saint-Genest, du XIIe siècle également, a été créée par les moines bénédictins. Complètement restaurée depuis peu, elle est aujourd'hui un musée à dominante religieuse où sont exposés, entre autres, des retables et des chaires à prêcher, des peintures murales du XVe siècle et des objets sacerdotaux magnifiques. Les deux églises sont implantées à environ 1,5 km du village, dans des directions opposées. Il y a un siècle, Curemonte comptait environ 1 300 habitants. Aujourd'hui, deux cents continuent à vivre dans le village devenu un des sites patrimoniaux majeurs de Corrèze.

Creuse
<p>Creuse</p>

Creuse

Forêt de Chabrières


A quelques kilomètres de Guéret, le massif forestier de Chabrières s'étend sur près de 2 000 ha. La beauté du site et son histoire en font une destination merveilleuse pour les amoureux de la nature sauvage, mais aussi pour les curieux de légendes. Sur la route qui mène au coeur de la forêt, il est fortement conseillé de laisser son véhicule pour partir à pied à sa découverte. Les nombreuses roches et les lieux étranges ont inspiré l'imagination des populations locales et alimenté de nombreuses légendes mêlant naturel et surnaturel, croyances et diableries. La tradition orale a transmis la plupart des récits, embellis par l'imagination des conteurs de toutes époques. Voici quelques clés pour aborder ce monde entre pierres et légendes :
La croix des Bois est située au point culminant de la route Guéret-Bourganeuf. Cette croix chrétienne est sans ornement. Mais attention dit la légende : " Quiconque la déplace a le devoir de la replanter, s'il ne veut pas que mésaventure s'abatte sur lui " (encore faudrait-il être motivé, vous le comprendrez en la voyant).
La grotte de l'Ermite pourrait se nommer également " refuge pour mari trompé devenu assassin ". La légende raconte qu'un mari trahi tua l'amant de sa femme. Pourchassé, il se réfugia dans cette caverne où il vécut tapi de longues années, ne sortant que pour chercher de la nourriture dans la forêt.
La pierre du Loup aurait été le lieu où une louve mit bas, il y a de nombreuses années. Les villageois, de peur de perdre leurs troupeaux, cernèrent la caverne et tuèrent sans pitié tous les louveteaux.
Le coeur de la futaie était à l'origine une grande clairière aux vertus quelque peu mystérieuses. Ceux qui la traversaient voyaient s'abattre sur eux les paroles de leurs désirs. Un jour, trois frères décidèrent de l'affronter. L'aîné cupide et son frère cadet périrent de leurs désirs amoureux. Quand le plus jeune pénétra dans la clairière, des arbres jaillirent du sol et l'endroit devint magique. Son seul désir était de devenir heureux... C'est ainsi que naquit la futaie.
La pierre Chabranle est cette pierre en équilibre sur un rocher arrondi. Une simple pression exercée en un point précis permet de la faire bouger. A l'époque celtique, elle aurait servi de tribunal. Les druides savaient la faire parler, ils interprétaient alors ses mouvements comme autant d'oracles et de signes.
Les trois Amis sont la rencontre entre deux chênes et un hêtre. Ils ont poussé ensemble. Leurs pieds se touchent et semblent ne former qu'un seul arbre mystérieux. Admettons que le phénomène, pour rare qu'il puisse être et étonnant à voir, n'est toutefois pas hors du commun.
La pierre du Trésor se soulève, paraît-il, au premier coup de minuit de Noël, laissant apparaître un trésor fabuleux. Au douzième coup, elle se referme brusquement, emportant ses richesses et la personne qui aurait tenté de les voler.
L'imagination populaire va bon train, et les nombreuses légendes liées à ce site remarquable amplifient l'intérêt de la découverte de la forêt et de ses vestiges archéologiques. De nombreux sentiers de randonnées pédestres, équestres et de VTT permettent de se plonger au coeur de l'histoire merveilleuse du massif forestier de Chabrières. Les plus terre à terre pourront ainsi se focaliser sur la richesse étonnante de la faune et la flore et la géologie du lieu : futaies de hêtres centenaires, plantations de conifères et de feuillus. Le parc des loups de Chabrières s'inscrit directement dans ce récit semi-mythique de la forêt. Nous avons perdu l'habitude du contact avec ses animaux. La semi-liberté que leur offre le parc et les conditions exceptionnelles d'observation démultiplient cette expérience. Frisson assuré.

Haute-Vienne
<p>Lac de Vassiviére</p>

Lac de Vassiviére

Ile de Vassivière

A la croisée de la Corrèze, de la Creuse et de la Haute-Vienne, le lac de Vassivière est l'un des plus vastes plans d'eau artificiels de France, un petit paradis au coeur du Limousin, à une soixantaine de kilomètres de Limoges, sur l'axe Limoges-Clermont-Ferrand. Ses 45 km de rivages sur 1 000 ha, font du lac de Vassivière, un espace d'eau pure surprenant dans la gestion du Conservatoire du Littoral. D'innombrables activités entourent vacanciers, passants ou simples curieux lors de la saison estivale. De la croisière sur le lac, pour découvrir l'histoire complète du lieu, aux activités nautiques diverses (ski nautique, baignade, planche à voile, canoë, bateaux à pédales) en passant par la pêche, les jeux pour enfants, le minigolf, les randonnées pédestres, équestres, à vélo, ainsi que des terrains de moto-cross ou quad, les visiteurs n'ont que l'embarras du choix. Sans oublier les musées, activités et animations culturelles diverses. Des paysages doux, des reliefs vallonnés de landes et de bruyères, des vieux villages de granit, des lacs, des étangs, des rivières et des ruisseaux valorisent le pays de Vassivière. Pour profiter de ces bienfaits vivifiants pour le corps et l'esprit, les gîtes, campings, chambres d'hôtes, restaurants et autres hôtels foisonnent sur place et aux alentours.

En 1949, l'île de Vassivière est créée par la mise en eau du barrage EDF recouvrant la vallée supérieure de la Maulde, ne laissant émerger qu'un espace de 70 ha. Au milieu de ce vaste domaine, se dresse le château, ancien lieu de vie de la famille Vassivière, désormais transformé en résidence d'artistes. Ce mélange entre patrimoine traditionnel et architecture contemporaine a subi plusieurs campagnes de construction. Au XVIIe siècle, la partie centrale et la tour ronde constituaient une grande maison de maître. Au XIXe siècle, Louis Léonard Vassivière fait ajouter successivement les deux ailes. Et enfin, en 1930, Jeanne Pascal-Vassivière flanque une tour carrée crénelée. En regardant les différentes façades de cette imposante bâtisse, il est possible de découvrir le blason de la famille Vassivière au-dessus de la porte de l'aile droite et sur le vitrail de la tour carrée, les fenêtres, la balustrade et enfin les divers ornements comme la salamandre, les gargouilles et les cheminées intérieures. Le domaine de la famille s'étendait sur 350 ha. Le moulin, aujourd'hui englouti, permettait de transformer les céréales en farine. Pas moins de quatre familles travaillaient sur l'exploitation agricole qui comprenait l'élevage de bovins, d'ovins et d'animaux de basse-cour. Des animaux sont toujours présents. L'île est un site classé. Afin de la préserver, elle entièrement piétonne. On y accède par une passerelle à pied mais aussi en petit train touristique ainsi que, depuis quelques années, par un service gratuit de bateaux-taxis. Son exploitation touristique a débuté au début des années 1970. Sur l'île, le Centre International d'Art et du Paysage a été conçu par les architectes Adlo Rossi et Xavier Fabre sur le modèle monumental d'une coque de bateau et d'un phare. Ces drôles de bâtiments abritent un centre d'art contemporain international conventionné dont les salles accueillent plusieurs expositions par an. Sur 30 ha, le parc des sculptures présente des oeuvres réalisées in situ par des artistes de notoriété mondiale (Pistoletto, Goldsworthy, Eric Samack, Yona Friedman et tant d'autres). Une visite s'impose pour découvrir ces créations qui rivalisent d'originalité dans ce lieu de diffusion et de création, mais aussi de formation, consacré aux relations entre arts plastiques et nature. Il est bien étonnant de se dire que ce centre d'art insulaire au coeur du verdoyant Limousin est de renommée internationale, connu des quatre autres continents. Mais le centre a pour mission d'articuler harmonieusement son rayonnement international et son action locale. Il développe depuis l'arrivée de sa nouvelle directrice Marianne Lanavère, une politique énergique de médiation culturelle à l'attention des plus jeunes, enfants et scolaires, mais aussi des familles et visiteurs. Des ateliers, visites, animations thématiques sont organisés en lien avec les expositions temporaires et parfois en présence des créateurs contemporains invités ou en résidence. Une manière ludique et passionnante de découvrir les singularités de l'art contemporain en milieu rural. Loin de tout élitisme, l'équipe dynamique oeuvre pour que le centre soit un lieu ouvert à chacun au coeur de la vie du plateau de Millevaches.

Oradour-sur-Glane

Oradour-sur-Glane est une ville tristement connue au-delà des frontières du Limousin pour le massacre de la population civile perpétré le 10 juin 1944 par une unité de la Waffen SS qui remontait vers le Nord de la France à la suite du débarquement allié sur les plages normandes. 642 personnes furent exécutées ce jour-là : les hommes fusillés dans les rues, les maisons et autres lieux repérés du bourg, les femmes et enfants rassemblés dans l'église que la troupe essaie de détruire avec des explosifs et incendie. Aux lendemains de ce massacre, le village n'est plus qu'un champ de ruines, parsemé de corps brûlés et enterrés dans des fosses pour éviter leur identification. Dès novembre 1944, le Gouvernement provisoire décide de classer et conserver ces ruines, en 1946 le village obtient le statut de monument historique l'érigeant ainsi comme lieu de mémoire de la conscience nationale. Des plaques commémoratives sont installées en différents endroits du bourg exhortant les visiteurs au devoir de mémoire : "ici lieu de supplice", "recueillez-vous", "souviens-toi". Oradour-sur-Glane désigne communément le village martyr bien qu'un nouveau bourg fut édifié à partir de 1947 plus haut sur la colline. Pendant longtemps, on entrait dans le village par ses différentes ruelles, les lois de conservation empêchant de modifier les lieux, d'y ajouter de nouveaux éléments, même un panneau explicatif, ni "de faire visiter le lieu". Le village martyr était ainsi figé dans les années 50, les cendres en moins. Avec le temps, ce lieu sanctuarisé perdait peu à peu sa puissance évocatrice, condamnés au silence. Mettre des mots, expliquer aux visiteurs devint une nécessité. Ainsi en 1999, le Centre de la Mémoire d'Oradour est inauguré et devient la nouvelle entrée, monumentale, du village. L'accès peut toujours se faire directement dans les ruines par la porte du cimetière, mais c'est alors se dispenser des clés de compréhension essentielle du lieu. Car il n'est pas rare d'entendre encore, même aujourd'hui, des visiteurs déclarer que le village a été victime d'un bombardement ou ignorer le déroulé des événements. Le Centre a donc cette mission pédagogique d'éclairer l'événement du 10 juin 1944 en apportant le matériel historique nécessaire. L'exposition permanente replace le massacre dans le contexte de l'époque : de la montée du nazisme au procès de Bordeaux en 1953 (jugement militaire de 21 soldats allemands), il s'agit de montrer pourquoi et comment Oradour est devenu la proie de la barbarie nazie, quelles idéologies et logiques de guerre étaient alors à l'oeuvre ici et ailleurs, dans toute l'Europe. Le parcours est remarquablement bien fait. Clair, complet et accessible, il est constitué d'archives, de témoignages, de films et récits. Le service pédagogique propose aussi des ateliers pour enfants très bien pensés.
Ce centre est d'autant plus précieux que les survivants d'Oradour ne sont plus très nombreux : parmi les six personnes qui en échappèrent, seuls Jean-Marcel Darthout et Robert Hébras sont toujours en vie. Depuis la fin des années 80, à la mort de Marguerite Rouffanche, seule femme respacée et que les journalistes avaient l'habitude d'aller voir, Robert Hébras est devenu l'incarnation d'Oradour, consacrant tout son temps à témoigner de cette journée du 10 juin. Un documentaire de Patrick Séraudie, Une vie avec Oradour (2011), raconte justement comment "des événements extraordinaires bouleversent la vie des gens ordinaires" et montre cette "vie de témoin" en charge d'un devoir de mémoire. L'historien Pascal Plas, qui fut très impliqué dans la création du Centre de la Mémoire et, plus récemment, dans l'organisation pédagogique du Musée de la Résistance de Limoges, a participé à la réalisation de ce documentaire.

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