A 235 km de Djibouti, 62 km de Tadjourah. Obock est un avant-poste de la mer Rouge, une bourgade des confins qui tente de se reconstruire. Pour les Djiboutiens, Obock reste à peine plus qu'un ensemble de ruelles, de maisons décrépites, un lieu oublié. Pour les étrangers, son nom évoque les aventuriers, les récits des écrivains et quelques vieilles nostalgies coloniales. Ils arrivent ici guidés par des rêves nés de leurs lectures. C'est donc autant dans son imagination que dans les rues de la ville que l'on tombera sous le charme d'Obock.

Histoire. Obock n'a jamais rivalisé avec Tadjourah, le port des trafics et du commerce. Son moment de gloire a été assez bref. Les Français y prennent pied en 1862, après que le sultan afar du lieu leur a vendu des terres. La bourgade devient alors capitale de la colonie d'Obock et dépendances. Après quelques années et habitants en plus (2 000 au total), jusqu'à vingt-deux compagnies commerciales françaises s'y installent, prenant exemple sur le premier " investisseur ", Denis de Rivoyre. Elles ont pour nom la Compagnie franco-éthiopienne, la Compagnie impériale, les Factoreries françaises ou la Société française d'Obock. Devenue cosmopolite, la ville s'apprête presque à devenir un Hong Kong français... Les armes sont les principales marchandises à circuler ici, en transit, avant d'être acheminées vers les armées du négus. Enfin, le pénitencier de la région servait, selon Monfreid (qui l'évoque quelques décennies plus tard), de " succursale à celui de Nouvelle-Calédonie où il n'y avait plus de place ", où " le climat tuait aussi les gardiens grâce au national Pernod ".

Toutefois, à la fin du XIXe siècle, les colonisateurs préfèrent développer le presque rien qu'est alors Djibouti, plus proche d'Aden et de Zeila, mieux situé pour devenir LE port de la mer Rouge. Les raisons de cet abandon sont simples : Obock est trop isolée (car entourée de montagnes), son port n'est pas viable pour un développement d'envergure, les ressources en eau sont faibles. L'historien de la fin du XIXe, Henri Brunschwig, évoque alors Obock comme " un territoire inutile ".

Le port continue tout de même à servir quelques intérêts, militaires durant la Première Guerre mondiale et surtout commerciaux (trafics d'armes, drogues et autres). Monfreid est l'un de ces " utilisateurs " d'Obock. Aventurier mais aussi écrivain, il a laissé de nombreux témoignages sur cette époque. A travers les récits des écrivains aventuriers de passage, le nom d'Obock a acquis ainsi quelque chose d'un peu mythique qui peut-être vous aura attiré, vous aussi, jusqu'à cette bourgade endormie.

Obock acquiert un statut de chef-lieu de district en 1965. Bien qu'isolée, la ville participe à la naissance de la République de Djibouti. De grandes figures de l'indépendance y sont nées ou s'y sont fait connaître, comme Ali Oudoum, dont vous verrez le portrait sur les billets de 1 000 FDJ.

Jusqu'en 2001 et la signature d'un traité de paix, on déconseillait la région aux touristes en raison de troubles régionaux.

A présent, vous pourrez parcourir la ville et sa région sans crainte aucune. Un ferry relie la ville à Djibouti. La piste qui desservait la ville, autrefois peu attrayante, a été remplacée en 2011 par un beau ruban de bitume. Désenclavée, la ville reprend doucement son envol. Obock est située " au bout " des monts Mablas, là où les oueds commencent à voir la fin de leur voyage. Deux d'entre eux sont à signaler : l'Oboki, qui a donné son nom officiel à la ville, et l'Hayou, du nom parfois donné par les habitants à leur cité. On vient y chercher une ambiance " mer Rouge " très marquée, mais aussi de belles plages aux alentours, des sites de plongée remarquables et de nombreux autres atouts naturels.

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