PLACE JEMAÂ EL-FNA

Rue, place et quartier à visiter
Médina
Marrakech
Maroc - Voir sur la carte

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L'avis du Petit Futé sur PLACE JEMAÂ EL-FNA

Plaque millesim 2018

La Place était à la fois la fin de l'univers et la naissance de l'exil, d'un paradis déchu et aplati par le pas des passants et des voyageurs itinérants où, autour du feu du conte, nous revisitions l'instant fantasmagorique de la genèse. Ainsi, si la Place était un carrefour délimité par le poste de police, le minaret de la Koutoubia et l'ancienne banque du Maroc convertie en musée [...] les frontières triangulaires de cette forêt du récit n'étaient, pour nous, que pur fantasme où se mêlaient fantasme et sacrilège. " (Rachid Mansoum, la Place Jemaâ El Fna, Marrakech lieux évanescents)

Plus qu'une simple place publique, Jemaâ el-Fna s'est depuis longtemps imposée comme le carrefour initiatique de Marrakech. Elle est le lieu le plus vivant de Marrakech et rassemble tout autant les touristes que les locaux ! Vous pouvez monter sur les toits et embrasser d'un seul coup d'oeil toutes les terrasses de la ville. C'est une impression de platitude : tout est construit comme un grand damier bien stylé qui donne l'illusion de pouvoir vous promener au-dessus de la ville.

C'est d'ici également que partent la plupart des excursions touristiques : vers la médersa Ben Youssef ou le palais de la Bahia et les tombeaux Saadiens. Vous serez amené à y séjourner, flâner, déambuler ou simplement passer, ne serait-ce que pour garer votre véhicule à proximité, sur les injonctions des nombreux gardiens de voiture qui attendent là en permanence (attention, ne vous garez jamais sur la place, c'est interdit et vous risquez... la fourrière locale !). La circulation en voiture n'y est d'ailleurs plus autorisée pour des raisons de sécurité.

L'architecture de la place n'est pas particulièrement originale : pas d'édifice singulier si ce n'est la mosquée Quessabine, à l'angle de l'entrée du souk, et face au Café de France. Ce même Café de France, aux trois larges terrasses, était détesté par le maréchal Lyautey, sa façade contribuant, selon lui, à dénaturer la place. A l'autre extrémité, vers l'avenue Mohammed-V, le Club Méditerranée s'est installé discrètement (mais pas encore assez pour ne pas provoquer le mécontentement de certains riverains) derrière un mur recouvert de végétation. En face, près du commissariat de police, se trouvent les bâtiments de la Poste, de la Banque du Maroc et de l'ancienne gare routière.

Histoire. A l'origine, cette place faisait office de place de Grève : c'est là que l'on décapitait les criminels et que l'on exposait publiquement, sur un mur clouté, les têtes des rebelles ou des voleurs. De cette cruelle coutume, qui se perd dans la nuit des temps, popularisée par les Alaouites, la place tient son nom actuel qui signifie " l'assemblée des Morts ", " la réunion des Trépassés ", ou encore " la place du Néant "... Une appellation lugubre que plus rien ne justifie aujourd'hui, quoi qu'en disent les conteurs de la place, qui prétendent que, certains soirs, les âmes des suppliciés reviennent hanter ces lieux.

Il faut apprendre à apprécier cet endroit étrange, où règne l'atmosphère des places médiévales, espace un peu théâtral de recueillement et de rencontres, de mystère et de divertissement. Le meilleur moyen de prendre contact avec Jemaâ el-Fna est d'abord de l'observer dans son ensemble : grimpez donc pour vous rafraîchir à la terrasse de l'hôtel de France, le plus vieil hôtel-restaurant de la place ou encore sur le toit de la brasserie du Glacier (plus bruyant). De ces cafés, bondés à l'heure où la chaleur se fait moins forte, vous découvrirez un univers grouillant et sans cesse changeant. Le spectacle est absolument fascinant quand le soleil se couche derrière le minaret de la Koutoubia, tandis que se font entendre les claquements secs des crotales des Gnaouas (photographes, preneurs de son, à vos appareils !).

Jusqu'à l'inauguration, en 1982, de la nouvelle gare routière située près de Bab Doukkala, la place Jemaâ el-Fna était le point de départ des grands taxis et des cars à destination des autres villes. Une sorte de vaste souk, pourvoyeur de tout et de n'importe quoi, véritable cour des miracles, s'était installée alors sur la place, représentant une sorte d'extension des souks bien ordonnés (malgré les apparences) de la médina. Cette présence permanente de marchands ambulants avait, certes, pour effet de dynamiser la vie de la place, mais aussi de nuire considérablement à l'harmonie commerciale des souks officiels. Ce marché aux puces a été expulsé lorsque la nouvelle gare routière a été inaugurée, et l'on ne trouve plus aucune trace de cette époque sur la place Jemaâ el-Fna. Seuls les marchands ambulants de colifichets en toc et de fringues en vrac s'y promènent encore en guettant une bonne occasion de fourguer leur marchandise aux touristes que les souks effraient : cela devient de plus en plus rare, chacun étant capable de faire la différence entre les produits (hors de prix) de ces marchands ambulants et ceux, de meilleure qualité et moins chers, des artisans spécialisés des souks.

Un chef d'oeuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité. Dans les années 1990, la place est fortement menacée : on parle d'y construire un parking souterrain. En 1997, l'écrivain catalan Juan Goytisolo, tombé littéralement amoureux de Marrakech, tire la sonnette d'alarme ! Afin de préserver l'ensemble des richesses culturelles et artistiques qui caractérisent le lieu, il fait venir des experts de l'Unesco à Marrakech et crée une association pour la sauvegarde de la place Jemaâ el-Fna. A la fois coeur névralgique de la ville, symbole du brassage social et point de rencontre essentiel entre les deux versants de la Marrakech, cette place est surtout un écrin où se joue quotidiennement l'expression du patrimoine immatériel marocain (contes, musique, danses, chants, gastronomie, folklore). Sa reconnaissance internationale est proclamée le 18 mai 2001 lorsque l'Unesco inscrit son nom sur la Liste très sélective des biens classés patrimoine oral et immatériel de l'humanité.

Un spectacle permanent. A l'instar d'une pièce de théâtre, la place Jemaâ el-Fna propose aux visiteurs des scènes de vie réparties en trois actes majeurs. Le matin, elle s'éveille dès l'ouverture des portes du souk, entre 7h30 et 9h pour certains ! Elle devient un grand marché en plein air. Il y a peu de monde, encore, mais déjà les guérites de bois et les roulottes des marchands de jus d'orange s'animent. Les marchands d'épices installent leurs présentoirs à l'ombre de paillassons que soutiennent de solides perches. Les vendeurs de fruits et d'herbes rares n'arriveront que plus tard, souvent des villages environnants. C'est un excellent moment pour venir prendre un petit déjeuner insolite : de bon matin, on vous offrira fréquemment un second thé ou un second jus d'orange délicieux (qui coûte aux alentours de 4 DH), tandis que le marchand de pistaches et de cacahuètes grillées, son étalage à peine déballé, vous tendra quelques graines avant d'entamer la conversation. De plus, à cette heure-là, les faux guides et harceleurs en tout genre - qui, reconnaissons-le, ne manquent pas sur la place - ne sont pas réveillés. C'est donc en toute tranquillité que vous goûterez aux plaisirs matinaux qu'offre cette vaste esplanade.

Mais le véritable spectacle ne débute que plus tard, vers la fin de l'après-midi (à partir de 17h, c'est idéal). C'est à ce moment-là qu'apparaissent les danseurs gnaouas, ces descendants des esclaves noirs de Guinée, et que les acrobates d'Amizmiz viennent exécuter leurs pyramides humaines et leurs pirouettes spectaculaires de derviches, pour le plus grand plaisir des badauds attroupés. La place devient alors une monumentale scène de théâtre où chaque acteur prend place au centre d'un cercle formé par les spectateurs, la haqla, béni par un saint ! C'est l'heure de regarder les écrivains publics, accroupis à l'ombre de leurs parapluies noirs, peiner sur leurs travaux, de muser parmi les bateleurs, d'écouter les conteurs vous parler des djinns (les génies) qui planent sur les minarets de la ville ou encore évoquer les fabuleux trésors des anciens sultans - trésors cachés dans des riads abandonnés de la médina -, de se faire conter la bonne aventure par des diseuses voilées (un avenir d'autant plus souriant que seront nombreux les billets de 20 DH), de tenter sa chance en misant au bonneteau ou autres jeux d'adresse aux règles alambiquées, d'admirer les montreurs de singes savants ou les charmeurs de serpents qui poussent le spectacle jusqu'à entourer le torse des passants de leurs gentils reptiles... Cela vaut toujours mieux que de se laisser tripoter par l'arracheur de dents (pour 5 DH...) qui vous attend assis devant un monticule de quenottes... Dans cette foule bigarrée d'artistes de rues, qui vibre au son des tambourins et des flûtes, les gosses se fraient un chemin en proposant kesra (pains en forme de galettes d'orge, de blé ou, plus rarement, de sarrasin), pâtisseries au miel et beignets. Le guerrab, le porteur d'eau à l'habit multicolore, bardé de coupelles de cuivre ou de fer-blanc, agite sans cesse sa clochette et pose complaisamment devant les caméras et les appareils photo des touristes. Soyez correct, remerciez-les tous par quelques dirhams.

Enfin, au coucher du soleil et au fur et à mesure que l'animation devient plus intense, une odeur de friture, de brochettes de viande ou de poisson grillé s'empare de la place où viennent s'installer de petits restaurants ambulants : Jemaâ el-Fna se transforme en un immense restaurant à ciel ouvert. Les lampes à acétylène des gargotiers et des cafés illuminent peu à peu la place qui se vide lentement de ses acteurs. On s'assied alors autour d'une sommaire table de bois où l'on déguste une harira ou une brochette de kefta, face à une tête de mouton, délicatement posée sur l'étal ! Jemaâ el-Fna devient un havre de quiétude, magique, dans le recueillement de la nuit.

Pendant le ramadan, la place offre toutefois une vision un peu différente. Son spectacle permet aux jeûneurs d'oublier la faim et la soif qui taraudent les esprits (et surtout les ventres), jusqu'au moment où retentit la sirène du muezzin : la place se vide alors à toute vitesse tandis que les gargotes des alentours, servant à pleines louches la harira et les brochettes, se remplissent en un clin d'oeil. Puis, la faim calmée, la place se remplit de nouveau et le spectacle continue...

Avis des membres sur PLACE JEMAÂ EL-FNA

Note générale : 4.2 / 5
Rapport Qualité/Prix
Service
Originalité
60 avis d'internautes
Avis déposé le 01/04/2019 à 19:18
Note globale :
Visité en mars 2019
Rapport Qualité/Prix
Service
Originalité
A découvrir
A faire de jour , boire des jus de fruits de toutes sortes et du poisson qui donnent envie. Y retourner de nuit pour une autre ambiance. Aller aussi sur la terrasse d'un café pour découvrir cette place 'd'en haut'.
Avis déposé le 26/03/2019 à 13:51
Note globale :
Visité en juin 2018
Rapport Qualité/Prix
Service
Originalité
À faire
Une place emblématique, pleine de clichés et d'attrape-touristes mais aussi typique du Maroc. Le business est là mais il faut bien que les gens vivent. Les vendeurs de jus sont adorables et les jus frais pressés sur place un vrai délice.
Avis déposé le 04/03/2019 à 10:59
Note globale :
Visité en novembre 2018
Rapport Qualité/Prix
Service
Originalité
ça grouille !!!
Place à visiter en fin de journée, à la tombée de la nuit (pas vraiment d'intérêt sinon). Essentiellement constitué de restaurants ambulants avec autours pas mal d'animation (jeux d'argent, henné). Chose que je n'ai pas apprécié, les dompteurs de serpents et encore moins les singes déguisés. Ce n'est aucunement la place de ces animaux, mais tant que des touristes les cautionneront malheureusement, cela risque de perdurer... J'ai pas mangé sur plus (attention ne pas avoir peur de se faire arrêté à tous les coins de rue!!!), mais je conseil grandement de prendre un verre ou manger dans un restaurant ayant une terrasse sur les toits. La vue d'en haut est géniale, avec cette ambiance de nuit, la musique.. Un incontournable malgré les quelques bémols..
Avis déposé le 28/02/2019 à 12:50
Note globale :
Visité en février 2019
Rapport Qualité/Prix
Service
Originalité
Incontournable
Il faut y déambuler et sentir l'ambiance de cette fameuse place, et si on n'aime pas être sollicité de toutes parts, on grimpe boire un verre sur une terrasse et on admirer le spectacle d'en haut tranquillement assis...
Avis déposé le 08/02/2019 à 13:23
Note globale :
Visité en février 2019
Rapport Qualité/Prix
Service
Originalité
Inratable
Cette place est au cœur de la ville et est son attraction la plus typique ! Comment venir à Marrakech sans déambuler sur cette place vivante ? Impossible !
Des charmeurs de serpents, des femmes qui proposent des tatouages à l'henné, des danseurs, des stands qui vous permettront de vous restaurer, des dresseurs avec leurs singes, les calèches... une place vivante qui est le poumon de cette ville...
Certes vous serez surement accosté et on vous proposera tout un tas de choses mais c'est juste un lieu inratable sans qui Marrakech ne serait pas la même....
Place Jemaa El Fna

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