Guide de MONTRÉAL : Arts et culture

Architecture
<p>Centre-ville de Montréal.</p>

Centre-ville de Montréal.

Elle a considérablement évolué du XVIIe siècle à nos jours, que ce soit l'architecture religieuse, domestique ou urbaine.

Architecture autochtone

Les peuples des Premières Nations produisent une architecture unique, tant temporaire que permanente. Dans la première catégorie, on retrouve des constructions éphémères telles que les igloos, les wigwams et les tipis. Ensuite figurent les maisons semi-souterraines et les maisons longues en bois. Ces bâtiments sont non seulement ingénieux et originaux sur le plan technique, mais ils révèlent des systèmes de croyances culturelles profondément enracinées qui en font les dépositaires d'un sens religieux et spirituel riche. Bien entendu, l'architecture autochtone créée avant les premiers contacts avec les Européens changera à la suite de ces contacts. Toutefois, l'architecture indigène contemporaine se pratique toujours, et elle englobe les formes et les matériaux traditionnels et contemporains. Un bel exemple est l'Hôtel-Musée Premières Nations de Wendake.

Le modèle français

Il ne subsiste au Québec aucun vestige antérieur aux premiers établissements du XVIIe siècle. Construits par des artisans venus de France, les édifices simples de cette époque sont inspirés des styles régionaux, en particulier bretons et normands. Des fortifications protégeaient les bourgs stratégiques de Montréal, Québec et Trois-Rivières. La Citadelle de Québec constitue à cet égard le meilleur exemple d'architecture militaire française de la province. La Maison Jacquet, rue Saint-Louis à Québec, en pierre et à un étage surmonté d'une haute toiture rouge percée de lucarnes, demeure un des rares témoignages du XVIIe siècle. À la fin de ce siècle, l'architecte Claude Baillif élève des bâtiments monumentaux, d'abord administratifs puis religieux, à la suite de l'installation au Québec de plusieurs ordres : ceux des Ursulines, des Augustines et des Jésuites. L'architecture s'inspire alors du classicisme français : Monastères des Ursulines de Québec et de Trois-Rivières, Vieux Séminaires de Québec et de Saint-Sulpice à Montréal. Une série d'incendies ayant ravagé la Basse-Ville de Québec, de nouvelles réglementations incitent désormais à la construction d'édifices mieux adaptés au climat nord-américain : c'est la naissance d'une architecture québécoise, caractérisée par un toit d'ardoise à deux pentes sans chien-assis, des murs en pierre sans décor de bois susceptible de s'enflammer, de hautes cheminées toujours installées sur les larges pignons des côtés afin d'éviter les incendies. Le meilleur exemple en est la maison de Pierre Calvet (1725) à Montréal.

L'influence anglaise

Après la conquête anglaise, l'influence de l'Angleterre se fait prépondérante et va progressivement modifier le paysage architectural du Québec. Le modèle est désormais la maison anglo-saxonne, à cheminées massives et toit à quatre pentes peu inclinées. Les rives du Saint-Laurent deviennent les lieux de villégiature d'une bourgeoisie aisée. Le Château Ramezay, à Montréal, est à ce titre représentatif d'une demeure du début du XVIIIe siècle. Très prisé des Anglais, le style palladien, emprunté à Palladio, architecte italien du XVIe siècle, domine l'architecture québécoise pendant le premier quart du XIXe siècle. Inspiré du modèle antique, il affectionne frontons, pilastres, colonnes doriques ou ioniques et corniches moulurées. Les meilleurs exemples en sont la cathédrale anglicane de la Sainte-Trinité à Québec et le Marché Bonsecours à Montréal.

L'éclectisme

Dans la première moitié du XIXe siècle apparaît la maison québécoise, synthèse heureuse du modèle français et du cottage anglais. À l'époque de Viollet-le-Duc, le style néogothique s'impose, lui aussi, au Québec dans l'architecture des églises, qu'elles soient catholiques ou protestantes (Christ Church, à Montréal). Victor Bourgeau réalise l'intérieur de Notre-Dame de Montréal, de style néogothique, afin de répondre à la tradition de l'Église catholique du Québec qui affectionne les sculptures, les boiseries et les dorures. Il adopte aussi un style néobaroque qui trouve sa meilleure expression dans la basilique-cathédrale Marie-Reine-du-Monde, à Montréal, caractérisée par des proportions massives et un énorme dôme. La bourgeoisie aisée adopte le style néo-Renaissance, inspiré des villas italiennes (Hôtel Ritz-Carlton, à Montréal). L'architecte Eugène-Étienne Taché élève, dans le style Second Empire, d'imposants édifices gouvernementaux reconnaissables à leur toit mansardé, leurs fenêtres à linteaux cintrés et leurs crêtes faîtières en fer forgé, dont les meilleurs spécimens sont l'Hôtel du Parlement de Québec et la Maison Shaughnessy à Montréal. À la même époque, on aime également le style château du Moyen Âge, agrémenté de tours, tourelles, mâchicoulis et toits coniques : la représentation la plus célèbre en est le Château Frontenac (1892) à Québec, construit par l'Américain Bruce Price. Le style néo-roman se retrouve aussi dans les églises ou les gares comme la Gare Windsor, à Montréal, elle aussi due à ce même architecte. En vogue en Amérique du Nord, le monumental style Beaux-Arts, caractérisé par le mélange hétéroclite des styles (gothique, Renaissance, élisabéthain, Louis XV, Louis XVI) trouve sa meilleure illustration dans le Château Dufresne, à Montréal, qui symbolise la réussite de la nouvelle bourgeoisie canadienne française.

Courants modernes et post-modernisme

L'architecture métallique qui triomphe aux États-Unis avec l'école de Chicago conquiert à son tour le Québec, annonçant l'ère des gratte-ciel. Lui succède le style Art déco (Bruce Price) dans les années 1920. Après la Seconde Guerre mondiale, on revient à des volumes simples et géométriques inspirés de Le Corbusier et de Gropius. Les tours de verre et de métal noir font leur apparition à Montréal. La Place Ville Marie, due à l'architecte Pei, illustre le renouveau du centre-ville de Montréal dans les années 1960 et 1970. De superbes complexes lui succèdent dans les années 1980 : Place des Arts, Desjardins, Guy-Favreau, Palais des congrès, Place Montréal Trust... À Montréal, à la fin des années 1980, le postmodernisme tente de rompre la monotonie de l'architecture par l'emploi d'arcs en ogive et de verre cuivré (Place de la Cathédrale), d'aluminium (Maison Alcan) ou de verre bleuté réfléchissant (tour de BNP Paribas). Le Centre canadien d'architecture, de Peter Rose, à Montréal, est une autre remarquable réalisation contemporaine, de même que le Musée canadien de l'histoire, à Gatineau. L'architecture vise désormais à intégrer d'anciens bâtiments du XIXe siècle dans une structure ultramoderne.

Artisanat

Les traditions québécoises sont celles d'un peuple rural longtemps soumis à la domination de l'Église catholique et confronté à un climat rude aux hivers interminables. Aujourd'hui, le paysage québécois a conservé l'empreinte d'innombrables églises, chapelles et chemins de croix. Par ailleurs, l'artisanat est demeuré très vivace. C'est celui d'une société rurale qui privilégie le travail du bois et la ferronnerie pour créer des objets utilitaires : ustensiles de cuisine, moules de bois pour le sucre d'érable (feuilles ou coeurs), girouettes, meubles. Dès les débuts de la colonisation, la nécessité de se protéger des grands froids de l'hiver a contribué au développement du tissage et de la broderie, pour la confection de couvre-lits en patchwork (assemblage de bouts de tissu de diverses couleurs), de châles, d'écharpes de laine, de mitaines (gants), de tuques (bonnets) et de chaussons. De nos jours, la création de bijoux modernes a pris le relais de cet artisanat traditionnel.

Art traditionnel amérindien. Les peuples nomades de langue algonquienne (Algonquins, Micmacs, Montagnais, Cris), qui vivent dans la forêt boréale, s'étaient spécialisés dans le travail des perles d'os, de pierre, de coquillages ou de graines, ainsi que dans la broderie au poil d'orignal et de caribou ou aux piquants de porcs-épics. Autrefois, ils s'échangeaient des ceintures de wam-pum, ornées de perles de coquillages, pour conclure des traités ou lors des cérémonies de paix. Ils continuent à décorer leurs vestes et leurs mocassins, en peau de caribou ou d'orignal, de motifs perlés et à fabriquer des objets usuels en écorce de bouleau, décorés de motifs géométriques incisés et peints où domine la couleur rouge. Les femmes huronnes, sédentarisées depuis toujours, consacrent beaucoup de temps à la confection des broderies en poil d'orignal dont on peut admirer de superbes exemplaires, tandis que les hommes sculptent des masques en bois, confectionnent des raquettes à neige, des canots et de la corde. Les Mohawks créent des bijoux en argent ornés de perles et des sculptures traditionnelles en pierre. Les Abénaquis sont passés maîtres dans l'art de la vannerie de frêne. Ils fabriquent aussi des masques en cosses de maïs, des bijoux perlés et des totems. Dans le Grand Nord, entre toundra et taïga, les Naskapis, proches voisins des Inuits, ont développé un artisanat particulier fondé exclusivement sur le caribou, transformant les peaux, les bois, la corne et les os en vêtements, outils, bijoux et sculptures.

Que rapporter de son voyage ?

Sirop d'érable. Si vous n'avez pas pu vous procurer du sirop d'érable auprès d'un producteur, achetez-le en boîte de conserve ou en bouteille. Mais attention, prenez-le 100 % pur, de catégorie A, pour ne pas vous retrouver avec du " sirop de poteau ".

Alcools. On n'oubliera pas non plus d'emporter dans ses valises du cidre, dont le fameux cidre de glace, des liqueurs et crèmes typiques (bleuet, camerise, chicoutai, érable...) et des bières artisanales.

L'artisanat autochtone, très cher quand il est beau et authentique (recherchez le sceau), notamment les sculptures inuites. Vous pourrez vous procurer mocassins, raquettes à neige, calumets, bijoux, peaux, boîtes en écorce de bouleau, etc.

Maillots et casquettes des grandes équipes sportives de Montréal : Canadiens pour le hockey ; Alouettes pour le football canadien ; Impact pour le soccer (foot).

Cinéma

C'est à la fin des années 1950, lors de la Révolution tranquille, que le cinéma québécois commence à se détacher du cinéma canadien anglophone, à la recherche de son identité propre. Aidé par les financements publics, il a acquis une reconnaissance locale, mais aussi un rayonnement international grâce à la qualité de ses productions. Le film Les Raquetteurs (1958), de Michel Brault et Gilles Groulx, est considéré comme la première oeuvre majeure de la filmographie québécoise.

On compte parmi les films importants de la cinémathèque québécoise :

Pour la suite du monde (1963, film documentaire s'appuyant sur les témoignages de deux ancêtres de l'île aux Coudres sur la vie des insulaires) et Un pays sans bon sens (1970, film traitant de la question nationale en l'abordant de manière large et en la situant comme une question planétaire) de Pierre Perrault. Dans les années 1960, il représente le cinéma vérité.

Les Ordres (1974, film sur l'emprisonnement et le mauvais traitement de citoyens innocents durant la Crise d'octobre 1970 au Québec) et Mon amie Max (1994, la quête d'une mère pour son fils, d'une amie d'enfance pour son enfance et son amie) de Michel Brault. Il a réalisé plusieurs films avec Pierre Perrault.

Les Mâles (1970), La Vraie Nature de Bernadette (1972), La Mort d'un bûcheron et Maria Chapdelaine (1983) de Gilles Carle. Dans les années 1970, où la tendance est aux films documentaires mettant en scène les milieux ouvriers et les gens ordinaires, il réalise des films populaires.

Mon oncle Antoine (1971, l'atmosphère d'une petite ville minière du Québec des années 1940, la veille de Noël)) et Kamouraska (1973, histoire basée sur un triangle amoureux du Québec rural du 19e siècle), tiré du roman d'Anne Hébert, de Claude Jutra. Ce réalisateur a acquis une renommée internationale grâce à ces deux films.

J.-A. Martin, photographe (1976, l'histoire d'un photographe qui part seul chaque été sillonner le Québec du début du 20e siècle pour prendre et vendre des photos) de Jean Beaudin. Son film a été primé au festival de Cannes.

Le Crime d'Ovide Plouffe (1984) de Denys Arcand a conquis le public européen et américain. Puis vinrent Le Déclin de l'Empire américain (1986), comédie couverte de récompenses, Jésus de Montréal (1989), nominé à Cannes et à Hollywood, et enfin Les Invasions barbares (2003), qui a obtenu une panoplie de récompenses internationales : le prix de la meilleure actrice pour Marie-José Croze et du meilleur scénario au festival de Cannes 2003 ; trois Césars pour meilleur film, meilleur scénario et meilleur réalisateur ; et l'Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2004. L'Âge des ténèbres (2007), dernier de la trilogie, fut bien moins apprécié que les précédents. Arcand a depuis réalisé le long-métrage Le Règne de la beauté (2014) et son prochain film, La Chute de l'Empire américain, sort en salles à la fin du mois de juin 2018.

Un zoo la nuit (1987) et Léolo (1992) de Jean-Claude Lauzon. Il aborde les thèmes de la ville, la nuit, la violence.

Trente-deux films brefs sur Glenn Gould (1993), film alignant une trentaine de séquences autonomes - de la fiction à l'entrevue - qui retracent la vie du pianiste Glenn Gould, Le Violon rouge (1998), l'histoire d'un violon rouge qui traverse les siècles, provoquant l'adoration, la folie ou la mort des personnes en sa possession, et Hochelaga, terre des âmes (2018), film historique racontant les 750 ans d'histoire d'un lieu bien précis, celui situé au pied du mont Royal à Montréal, tous trois signés François Girard. Du cinéma d'auteur qui jouit d'une grande reconnaissance internationale.

Un crabe dans la tête (2001, portrait inusité d'un homme caméléon qui fuit tous les engagements) d'André Turpin. Il a reçu trois prix Jutra et deux prix Génie pour ce film.

Atanarjuat, la légende de l'homme rapide (2001) de Zacharias Kunuk. Une histoire typiquement inuk, racontée et interprétée par les Inuits (vie traditionnelle d'autrefois dans le Grand Nord). Caméra d'or, Festival de Cannes.

La Grande Séduction (2003) de Jean-François Pouliot, comédie romantique se déroulant dans un village isolé de la Basse-Côte-Nord et grand succès populaire. Sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes en 2003.

Babine (2008) de Luc Picard. Premier film nous transportant dans l'univers des contes de Fred Pellerin. Inspiré entre autres du conte " Il faut prendre le taureau par les contes ! ". Un 2e film basé sur les contes de Fred Pellerin est sorti à l'automne 2012 : Ésimésac.

Gerry (2011) de Alain DesRochers. Un des films les plus attendus de l'année 2011 retraçant la vie de Gerry Boulet, pionnier du rock'n'roll québécois.

Monsieur Lazhar (2011) de Philippe Falardeau. Ce long-métrage raconte l'histoire d'un réfugié politique, nouvellement engagé comme professeur dans une école dévastée par le suicide d'une enseignante. Un pur bijou ! Ce film a notamment remporté deux prix à Locarno, le prix du meilleur film canadien au TIFF 2011 et a été choisi par Téléfilm Canada pour représenter le Canada dans la course à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère.

La Maison du Pêcheur (2013), d'Alain Chartrand. Basé sur une histoire vraie, ce film relate l'été 1969 à Percé alors qu'un groupe de militants indépendantistes y ouvrent la Maison du Pêcheur (dorénavant un restaurant réputé) dans le but d'y faire de l'animation sociale. La situation dégénère, la violence éclate, les incitant à renoncer au discours pacifique pour adhérer au Front de Libération du Québec (FLQ). Un prélude à la crise d'octobre en 1970.

Louis Cyr : L'homme le plus fort du monde (2013), de Daniel Roby. Film biographique portant sur la vie de Cyprien-Noé Cyr, mieux connu sous le pseudonyme de Louis Cyr. Ce long-métrage met non seulement en vedette les nombreux exploits incontestés et incontestables de l'homme fort, mais parle aussi de plusieurs malheurs qui sont survenus tout au long de sa vie.

Le Démantèlement (2013), de Sébastien Pilote. L'histoire de Gaby, un homme solitaire et indépendant, habitant sur une ferme familiale qu'il songe à démanteler pour aider financièrement sa fille aînée. Ce film a notamment remporté le Prix SACD (sélection " Semaine de la critique ") lors du Festival de Cannes 2013, en plus d'être en lice aux Prix Lumières à Paris en 2014.

Le Mirage (2015), de Ricardo Trogi. L'histoire d'un couple avec ses deux enfants dans une vie typique de banlieusard. Leur vie chargée leur apporte un lot de problèmes : surconsommation, épuisement professionnel, insatisfaction sexuelle et soucis financiers. Ricardo Trogi est aussi connu pour ses films Québec-Montréal (2002), Horloge biologique (2005), 1981 (2009) et 1987 (2014).

Paul à Québec (2015), de François Bouvier. Basé sur la célèbre bande dessinée de Michel Rabagliati, ce film s'écarte un peu de la BD mais en garde l'essence, soit l'histoire d'une famille tricotée-serrée dans un Québec de carte postale.

Chasse-galerie : la légende (2016), de Jean-Philippe Duval. Ce film fantastique est inspiré de la populaire légende québécoise dans laquelle plusieurs bûcherons isolés dans le bois pactisent avec le diable afin de retrouver leurs femmes. A savoir que Jean-Philippe Duval a réalisé plusieurs courts et longs métrages dont Dédé, à travers les brumes (2009), un film qui relate la vie de Dédé (André) Fortin, anciennement chanteur du groupe Les Colocs et qui s'est suicidé en mai 2000.

Trois grands réalisateurs actuels

Xavier Dolan. J'ai tué ma mère (2009) est le premier long-métrage de ce jeune prodige. En plus d'avoir été sélectionné et d'avoir remporté des prix à la Quinzaine des Réalisateurs de Cannes, ce film s'est vu attribuer d'autres distinctions, notamment à Rotterdam et au Québec. Dolan a également réalisé Les Amours Imaginaires, à l'affiche à l'été 2010 et vivement salué par la critique, tout comme Laurence Anyways (2012), qui raconte l'histoire d'un impossible amour entre un homme et une femme après que l'homme a décidé de changer de sexe. Ce film a reçu le prix de meilleur film canadien au Festival international du film de Toronto et le grand prix au Festival du film de Cabourg. Son quatrième film, Tom à la ferme (2013), est basé sur la pièce de théâtre de Michel Marc Bouchard. Il a remporté le prix FIPRESCI lors de la Mostra de Venise la même année. Son film Mommy (2014) a quant à lui reçu le prix du jury à Cannes et le César 2015 du meilleur film étranger. En 2016 est sorti son sixième film, Juste la fin du monde, une adaptation de la pièce éponyme de Jean-Luc Lagarce, dont l'histoire présente un écrivain qui, de retour dans son village après des années d'absence, doit annoncer sa mort prochaine à sa famille. Il fut couronné du Grand Prix du Festival de Cannes la même année, sans oublier les prix reçus aux Césars en 2017, dont celui du meilleur réalisateur. En 2017, un septième film est sorti en salles, le premier en anglais : The Death and Life of John F. Donovan, qui pose une réflexion sur le show-business moderne et la place qu'occupent les stars dans la société.

Jean-Marc Vallée. S'il fait des films depuis 1992, c'est C.R.A.Z.Y. (2005) qui l'a fait rayonner. Ce film retraçant la vie d'une famille québécoise confrontée à l'homosexualité d'un de ses fils dépeint à merveille le quotidien du pays dans les années 1960 et 1970. Il a reçu plusieurs récompenses pour ce film. En 2011, Café de Flore, qui a connu un immense succès, met en parallèle deux histoires d'amour séparées par plusieurs décennies. Puis, en 2013, il dirige Dallas Buyers Club, mettant entre autres en vedette Matthew McConaughey dans le rôle d'un cowboy violent, macho et homophobe, adepte du rodéo, de l'alcool, de la cocaïne et du sexe, qui se retrouve diagnostiqué séropositif. Jean-Marc Vallée a aussi réalisé deux autres films américains, Wild, sorti en 2014 (histoire d'une ancienne junkie qui part en randonnée solo sur le Pacific Crest Trail), et Demolition, en 2015 (histoire d'un homme vivant bizarrement son deuil suite au décès de sa femme et qui démolira tout autour de lui afin de mieux reconstruire).

Denis Villeneuve. Récipiendaire de nombreuses distinctions depuis 1991, on le connaît surtout pour Un 32 août sur Terre (1998), film racontant l'histoire de Simone, une jeune femme qui décide de changer de vie après un accident de voiture, Maelström (2000), film racontant les déboires soudains d'une enfant gâtée, Polytechnique (2008), film choc basé sur les témoignages des survivants de la tuerie de l'Ecole polytechnique de Montréal en 1989 (5 prix Jutra lors du gala de 2010), Incendies (2010), qui raconte l'aventure de deux jumeaux en quête de leurs origines, et Prisoners (2013), film policier américain dans lequel un charpentier d'une petite ville de Géorgie décide de faire justice lui-même après l'enlèvement de sa fille. Il a fait quatre autres films depuis (Enemy, Sicaro, Arrival et Blade Runner 2049) et un autre est prévu pour 2019 : Dune.

Expressions modernes

Le "nouveau cirque québécois". Si certains spectacles de cirque semblent parfois désuets, les représentations du Cirque du Soleil ont démontré qu'une réconciliation immédiate avec le genre est possible. Modernes, d'une créativité étonnante, d'un raffinement certain, les numéros s'enchaînent avec une grâce incroyable et surprennent par leur hardiesse. Les formes des objets, la beauté des costumes, le décor, la chorégraphie, tout vous incite à revenir au prochain spectacle. A voir absolument, même pour les plus réticents au genre ! Fondé en 1984 au Québec par Guy Laliberté (à noter qu'un consortium mené par le fonds d'investissement américain privé TPG Capital en est désormais le propriétaire), le Cirque du Soleil a complètement bouleversé l'approche traditionnelle du cirque et propose des spectacles à travers le monde, à Las Vegas notamment où plusieurs de leurs shows grandiloquents sont à l'affiche des plus grands casinos. Ses nombreux spectacles, connus de tous, ont bourlingué de par les mers et océans, mais ils ont tendance à déposer leurs valises au Québec quelques semaines chaque année. Pensez à réserver vos billets à l'avance ! D'autres compagnies québécoises, comme le Cirque Eloize ou Les 7 Doigts de la Main, très originales et multidisciplinaires elles aussi, sont reconnues dans le monde entier et font du cirque une véritable spécialité québécoise. À noter que Montréal est l'hôte de l'École nationale de cirque, fondée en 1991 et réputée à travers le monde.

La place de l'humour au Québec. Les Québécois sont de bons vivants et apprécient particulièrement l'humour. À tel point qu'une École nationale de l'humour fut fondée à Montréal en 1988. L'école a depuis diplômé plus de 400 auteurs et humoristes dont plusieurs grands noms contemporains de l'humour québécois comme Jean-Marc Parent, Lise Dion, Laurent Paquin, Jean-Michel Anctil, Martin Matte, Guillaume Wagner, François Bellefeuille ou Philippe Laprise. Certains d'entre eux sont même montés sur les planches de diverses salles en France et ailleurs dans le monde. Chaque année, le Gala Les Olivier (baptisé ainsi en l'honneur de l'humoriste Olivier Guimond) met en valeur le travail des artistes du secteur de l'humour en les récompensant pour leurs oeuvres. Il a également pour but de faire la promotion de l'industrie humoristique, en plus de faire connaître au public les humoristes émergents, mais également les auteurs et les metteurs en scène. Montréal est aussi le lieu de naissance du plus grand festival dédié à l'humour au monde, le célèbre festival Juste pour Rire, se tenant annuellement en juillet. Ce dernier a fait des petits avec des éditions à travers le monde (Londres, Sydney, Toronto, Vancouver...). Se déroule en parallèle le Zoofest à Montréal, événement dédié aux nouveaux humoristes, dans une formule non-conventionnelle et festive. À noter que suite au scandale dévoilé en octobre 2017 entourant le fondateur de Juste pour Rire, Gilbert Rozon, plusieurs humoristes ont décidé de se dissocier de cette organisation et de créer leur propre festival dès l'été 2018, le Festival du rire de Montréal.

Littérature

A l'époque coloniale (1534-1763), les colonies de la Nouvelle-France sont très peu peuplées et la majorité des Français qui viennent en Amérique sont des visiteurs qui repartent sans s'y établir. Toutefois, ces derniers ont souvent écrit sur la Nouvelle-France par la suite, tels Jacques Cartier, Samuel de Champlain, ou encore Marie de l'Incarnation. Au XIXe siècle apparaissent les premières véritables oeuvres littéraires réalisées par des Québécois, marquées par leur caractère patriotique. On peut penser à Louis-Joseph Papineau, Octave Crémazie ou Edmond de Nevers. Au XXe siècle se succèdent l'influence parisienne, la littérature du terroir, de la grande noirceur (le manifeste artistique Refus Global en est issu - remise en question des valeurs traditionnelles et rejet de l'immobilisme de la société québécoise de l'époque), de la revendication de l'autonomie, d'avant-garde... jusqu'au décentrement littéraire qui dure depuis les années 1980. Signalons les oeuvres d'Amérindiens, tant dans leur langue qu'en français, et celles d'auteurs québécois qui ont publié en anglais, en yiddish, en hébreu ou encore en inuit. En résumé, le Québec a subi d'importantes étapes dans son histoire et les livres, la littérature, sont le reflet de cette réalité.

Voici quelques grands noms de la littérature québécoise moderne, dont plusieurs Montréalais :

Émile Nelligan. Poète québécois, disciple du symbolisme, il a été profondément influencé par Octave Crémazie, Louis Fréchette, Charles Baudelaire, Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, Georges Rodenbach, Maurice Rollinat et Edgar Allan Poe. Parmi les thèmes récurrents de ses poèmes, on note l'enfance, la folie, la musique, l'amour et la mort. La poésie de Nelligan a inspiré de nombreux compositeurs qui ont mis plusieurs de ses poèmes en musique. De plus, il n'est pas rare que ses vers soient repris dans certaines chansons.

Michel Tremblay. Cet enfant du Plateau, homosexuel notoire, aimé de tous les Québécois, est un écrivain prolifique qui défend l'âme et le patois de sa région. Le premier, il ose porter à la scène cette langue populaire qu'est le joual dans Les Belles-Soeurs. Ses pièces nourries de culture populaire québécoise sont devenues de véritables classiques, traduites dans toutes les langues : Albertine en cinq temps (1984), Le Vrai Monde (1987), et toutes racontent la détresse et la rage de son univers.

Bibliographie sélective

Aquin (Hubert), Prochain épisode, Léméac Éditeur, 1965. Au coeur de la Révolution tranquille qui a secoué le Québec durant les années 1960, la parution de ce premier roman a été un événement marquant, un écho en quelque sorte au Refus Global publié sous la signature de Paul-Émile Borduas en 1948. Ce roman annonce l'engagement d'un écrivain dans une action révolutionnaire que le politique ne viendra pas compléter et qui aboutira, après une série de textes subversifs et d'une grande modernité - L'Antiphonaire (1969), Point de fuite (1971), Neige noire (1974) -, au suicide de l'auteur.

Bombardier (Denise), Une enfance à l'eau bénite, Éditions du Seuil, 1985. Une autobiographie où elle évoque son enfance de petite Canadienne-française dans un milieu culturellement défavorisé et un monde dominé par les Anglais et la toute-puissance de l'Église catholique.

Grignon (Claude-Henri), Un homme et son péché, Les Editions du Totem, 1933. La vie de Séraphin Poudrier, paysan avare qui mène une double activité d'agriculteur et d'usurier dans les Laurentides. Adaptation récente au cinéma, immense succès.

Hébert (Anne), Les Fous de Bassan, Éditions du Seuil, 1984. L'émigration au Québec de loyalistes restés fidèles au gouvernement anglais, pendant la guerre d'Indépendance américaine.

Hémon (Louis), Maria Chapdelaine, Presses Pocket, 1914. Roman phare de la littérature sur le Canada qui décrit la dureté de la vie des paysans, soumis aux terribles conditions climatiques.

Laberge (Marie), la trilogie Le Goût du Bonheur : Gabrielle (2000), Adélaide (2001), Florent (2001). Dramaturge, romancière, comédienne, scénariste et metteur en scène, Marie Laberge fut récompensée à de multiples reprises, tant pour ses oeuvres littéraires que ses pièces de théâtre. En 1995, elle a rédigé le préambule de la Déclaration d'indépendance du Québec en collaboration avec Gilles Vigneault, Fernand Dumont et Jean-François Lisée, entre autres.

Richler (Mordecai), L'apprentissage de Duddy Kravitz, Bibliothèque québécoise, 1959. Remarquable portrait d'un entrepreneur juif de Montréal, ce roman se caractérise par la très forte ambivalence de l'auteur, le contraste entre le comique et le pathétique, la richesse des scènes dramatiques, ainsi que par le rythme du récit et la description détaillée du héros en tant qu'individu, montréalais et juif.

Roy (Gabrielle), Bohneur d'occasion, Éditions du Boréal, 1945. L'histoire se déroule dans le quartier pauvre de Saint-Henri, à Montréal, durant la Seconde Guerre mondiale. C'est le premier exemple de réalisme urbain dans la littérature canadienne-française. Les habitants voient dans la guerre leur salut, ils pensent qu'elle les délivrera du chômage. Cette oeuvre a reçu le prix Femina et fut choisie " livre du mois " par le Literary Guild of America en 1947.

Paul à Montréal

L'auteur Michel Rabagliati est l'un des chefs de file de la bande dessinée québecoise. Son personnage de Paul est le héros d'une série d'une dizaine d'albums semi-autobiographiques dont Paul à Montréal, publié en 2017 aux éditions La Pastèque.

Dans le cadre du 375e anniversaire de Montréal, un parcours urbain de 12 cases de bande dessinée géantes a vu le jour dans le quartier du Plateau Mont-Royal, retraçant l'histoire de Montréal de 1642 à nos jours. Le livre regroupe ces cases ainsi que des anecdotes sur la ville. Une édition spéciale pour célébrer la métropole !

www.lapasteque.com/michel-rabagliati/

Médias locaux
Presse

Le Devoir. Ce quotidien se veut un organe de réflexion. Très attaché à la liberté d'expression, Le Devoir a gagné le respect des élites (www.ledevoir.com).

Le Journal de Montréal. Quotidien dans lequel les nouvelles locales, les scandales et les sports tiennent la vedette. L'actualité internationale, les nouvelles économiques et la culture se glissent dans les interstices de la publicité. On lui reproche souvent ses accents sensationnalistes et son style relâché (www.journaldemontreal.com).

La Presse. La Presse jouit d'une grande crédibilité. Les idées exprimées dans ses pages ont une grande influence sur la vie politique et sociale du pays. Sa pluralité fait sa force. À noter que dès 2018, le journal sera uniquement disponible sur le Web (www.lapresse.ca).

Montreal Gazette. Le quotidien des anglophones de Montréal (www.montrealgazette.com).

Le magazine Voir. Mensuel culturel indispensable. Prenez-en un sur les présentoirs, c'est gratuit (www.voir.ca) !

L'Actualité. Le plus grand mensuel francophone d'information générale hors de France. L'Actualité semble faire le bonheur de ses lecteurs qui y trouvent un complément indispensable à l'analyse des événements locaux et internationaux (www.lactualite.com).

Radio

ICI Radio-Canada Première (FM 95.1), Montréal. Intéressant, un monument incontournable des ondes canadiennes. Diffuse à travers le pays également, sur différentes fréquences.

CIBL (FM 101.5), Montréal. Radio communautaire qui se tisse de diverses tendances. Chacun y trouvera son style. Une écoute toujours intéressante.

ENERGIE (FM 94.3), Montréal. Musique commerciale, animation et humour. Diffuse dans plusieurs régions du Québec.

CKOI (FM 96.9), Montréal. Musique commerciale, animation et humour.

Rouge fm (FM 107.3), Montréal. " Toute la musique, une couleur ". Anciennement connue sous le nom de Rock Détente.

CHOM (FM 97.7), Montréal. LA station rock anglophone dans la grande région de Montréal. Les nostalgiques du rock des années 1970 et 1980 se donnent rendez-vous tous les midis en semaine pour l'incontournable Electric Lunch Hour.

Radios universitaires à programmation variée : CISM (FM 89.3 - Université de Montréal) et CKUT (FM 90.3 - McGill University).

Télévision

Le câble permet de visualiser des centaines de chaînes différentes, de jouer à des jeux à l'écran, de commander son menu de la soirée (émissions, films) ou de bénéficier de la télévision dite interactive. On y retrouve les chaînes anglophone et francophone de ICI Radio-Canada/CBC, des stations privées/publiques provenant du Canada et des États-Unis. Les chaînes de service présentent la météo, l'état des routes et les petites annonces. La chaîne TV5 retransmet une partie des émissions françaises, belges et suisses. Les journaux de France 2 y sont retransmis.

Musique

Les chansonniers du Québec sont restés très populaires. Parmi eux La Bolduc, Robert Charlebois, Félix Leclerc et Gilles Vigneault sont des monuments de la musique québécoise. Plus récemment, toute une ribambelle de chanteurs québécois dits " à voix " ont eu du succès en France, tels qu'Isabelle Boulay, Céline Dion, Garou, Lynda Lemay ou encore Roch Voisine.

Parmi les artistes francophones qui ont marqué leur époque ou encore ceux de musique traditionnelle, citons Beau Dommage, La Bottine Souriante, Gerry Boulet (et son ancien groupe, Offenbach), Les Colocs, Les Cowboys Fringants, Richard Desjardins, Claude Dubois, Raôul Duguay, Diane Dufresne, Jean-Pierre Ferland, Louise Forestier, Harmonium, Laurence Jalbert, Pauline Julien, Plume Latraverse, Jean Leloup, Marjo, Mes Aïeux, Michel Pagliaro, Paul Piché, Ginette Reno, Chloé Sainte-Marie, Richard Séguin, Diane Tell... et la liste est encore longue.

La scène New Wave montréalaise des années 1980 s'est fait connaître à l'international avec, entre autres, American Devices, Boys du Severe, Déjà Voodoo, Men Without Hats, les performances de Michel Lemieux, Monty Cantsin et son obscur sous-mouvement néoiste, Rational Youth, Red Shift et Trans-X.

Du côté des tendances actuelles, citons Bernard Adamus, Fanny Bloom, Coeur de Pirate, Louis-Jean Cormier (anciennement du groupe Karkwa), Antoine Corriveau, Lydia Képinski, Koriass, Keith Kouna, Pierre Lapointe, Catherine Major, Ariane Moffat, Alex Nevsky, Safia Nolin, Karim Ouellet, Yann Perreau, Klô Pelgag, VioleTT Pi et Les Soeurs Boulay.

Au niveau de la musique anglophone, Montréal est très dynamique en matière de musique indépendante, avec quelques grands groupes comme Godspeed You ! Black Emperor, Arcade Fire, We are Wolves, Socalled, etc. Le metal extrême est également un milieu extrêmement actif au Québec, avec entre autres Vengeful, Gorguts, Cryptopsy, Martyr ou encore Voivod.

Les artistes autochtones sont de plus en plus présents sur la scène musicale québécoise grâce, notamment, à des festivals d'ampleur comme Innu Nikamu ou Présence Autochtone qui permettent de les découvrir. Nous vous recommandons plus particulièrement les chanteurs/joueurs de tambour Black Bear réputés parmi les meilleurs au pays, l'auteure-compositrice-interprète inuite Elisapie Isaac, le rappeur et poète algonquin Samian, Shauit et son reggae innu, sans oublier les magnifiques chansons de l'auteur-compositeur-interprète innu Florent Vollant (anciennement du groupe Kashtin qu'il formait avec Claude McKenzie, le plus important groupe musical de l'histoire des Premières Nations).

Les lieux de rencontre et les occasions de divertissement ne manquent pas. Montréal possède un grand orchestre symphonique : l'Orchestre symphonique de Montréal. L'Université McGill dispose d'un orchestre de chambre réputé et propose des concerts de musique classique, de musique de chambre et de jazz. Le Centre Bell présente toute l'année des concerts de rock et pop. Enfin, le Festival international de jazz de Montréal (fin juin - début juillet), les FrancoFolies de Montréal (juin), et Osheaga (fin juillet - début août) sont des événements musicaux majeurs.

Peinture et arts graphiques
<p>Fresque murale, rue Prince-Arthur Est.</p>

Fresque murale, rue Prince-Arthur Est.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la religion étant le fondement de la société québécoise, l'art est essentiellement religieux. Chaque village possède son église qui fait l'objet de grands efforts de décoration (sculptures, dorures, autels, retables, baldaquins, orfèvrerie) dans le style baroque. C'est ainsi que la famille Baillairgé a acquis sa renommée en embellissant bon nombre d'églises québécoises au XVIIIe siècle.

Il faut attendre le XIXe siècle, époque où l'économie de la province est devenue florissante, pour que se dégage un art profane. Les artistes, pour la plupart formés en Europe, exécutent des portraits et des paysages que leur commande la nouvelle bourgeoisie canadienne française. Le plus connu est sans conteste Antoine Plamondon (1804-1895), suivi de Théophile Hamel (1817-1870) et de Joseph Légaré (1795-1855), le premier à se lancer dans la peinture événementielle. Durant tout le XIXe siècle, l'influence européenne reste dominante du fait de l'arrivée au Québec d'artistes d'outre-Atlantique comme l'Irlandais Paul Kane (1810-1871), célèbre pour l'intérêt ethnologique de ses tableaux d'Amérindiens, ou Cornélius Krieghoff (1815-1872), d'origine hollandaise, peintre de la vie quotidienne des nouveaux habitants du continent.

Au XXe siècle, l'influence de l'Ecole de Paris continue de se faire sentir chez les peintres québécois d'inspiration impressionniste comme Suzor-Côté (1869-1937), auteur de belles natures mortes, chez le fauve James Wilson Morrice (1865-1924) et chez le pointilliste Ozias Leduc (1864-1955), originaire de Mont-Saint-Hilaire.

Marc-Aurèle Fortin. Pour faire pendant au Groupe des Sept, composé de paysagistes de Toronto (Harris, Jackson, Macdonald, Carmichael, Lismer, Varley, Johnston, Thompson - ce dernier est mort noyé en 1917) qui se voulaient les seuls représentants d'un art véritablement canadien, les artistes montréalais se rassemblent autour de Marc-Aurèle Fortin (1888-1970) pour créer une école d'art paysager purement québécois, complètement dégagé de l'influence européenne. Fortin peint des tableaux ayant pour sujets son Québec natal, en particulier le Saint-Laurent, la faune et la flore de la province, dans un style personnel influencé par l'Art déco.

Après la Seconde Guerre mondiale, la peinture est dominée par le groupe des Automatistes, un mouvement d'artistes dissidents du Québec, actifs entre 1945 et 1954, composé notamment des peintres Marcel Barbeau, Jean-Paul Riopelle, Pierre Gauvreau, Fernand Leduc, Jean-Paul Mousseau et Marcelle Ferron. Puis dans les années 1950-60, c'est au tour des Plasticiens, un mouvement qui a réagi au courant créé par les Automatistes et la gestuelle spontanée mise de l'avant à la fin des années 1940, en prônant l'abstraction géométrique. Quatre grands plasticiens qui se sont fait connaître à Montréal puis sur la scène internationale : Guido Molinari, Claude Tousignant, Yves Gaucher et Charles Gagnon.

En art contemporain, le Québec a été marqué par quatre artistes d'importance : Claude Toussignant (oeuvres abstraites axées sur les formes et la géométrie), Françoise Sullivan (peintre, danseuse, chorégraphe, sculptrice, artiste conceptuelle - a signé le manifeste artistique Refus Global), Marcelle Ferron (peintures abstraites au rendu non léché ainsi que des vitraux dont celui de la station de métro Champ-de-Mars - a aussi signé le Refus Global), et Fernand Leduc (tableaux lumineux jouant avec les formes et surtout l'abstraction - a fondé l'Association des artistes non figuratifs de Montréal avec les artistes Jean-François Riopelle, Pierre Gauvreau et Françoise Sullivan). Actuellement, l'art contemporain québécois jouit encore d'une belle notoriété et plusieurs artistes se démarquent tant au Québec que sur la scène internationale. C'est le cas notamment de Rafael Lozano-Hemmer qui s'illustre dans le multimédia, qualifié même "d'architecte de la lumière". C'est lui qui est derrière l'oeuvre Intersection articulée qui a illuminé la Place des Festivals en 2011. Pour découvrir les grands noms de l'art contemporain, actuels ou passés, de nombreuses galeries d'art et musées sont dédiés à la cause au Québec, sans oublier l'incontournable Biennale de Montréal.

Art contemporain amérindien. Les artistes amérindiens ont su renouveler l'art traditionnel en employant d'autres matériaux et de nouveaux procédés artistiques, tout en continuant à puiser leur inspiration dans leur patrimoine culturel, inventant un nouveau langage dans la tradition des chamans. On assiste aujourd'hui à l'émergence d'un art amérindien d'avant-garde.

Pour ceux qui s'intéressent aux plus grands peintres du Québec, nous vous conseillons de vous renseigner sur Suzor-Côté, Clarence Gagnon, Marc-Aurèle Fortin, Alfred Pellan, Henri Masson, Jean-Paul Lemieux et André Biéler.

Street art. En vogue plus que jamais, on le retrouve dans plusieurs villes du Québec, notamment à Montréal. D'ailleurs, chaque année, le festival MURAL accueille des artistes tant du Québec que du Canada et de l'étranger afin d'ajouter de nouvelles oeuvres sur les maisons et édifices de la métropole. Il ne faut pas non plus manquer l'événement mensuel Beaux Dégâts aux Foufounes Électriques, toujours à Montréal. Plusieurs artistes québécois s'illustrent dans ce domaine et, pour les découvrir ainsi que leurs oeuvres, rendez-vous sur : www.fatcap.org/pays/canada.html. On vous recommande d'ailleurs l'artiste graffiteur FONKi, star montante de l'art urbain montréalais, fortement inspiré par ses racines cambodgiennes (sa websérie FONKi World est à voir !).

Sculpture

Au XIXe siècle, la sculpture perd son caractère exclusivement religieux. Louis-Philippe Hébert (1850-1917) a exécuté, à Montréal, maintes statues historiques de caractère commémoratif : Maisonneuve, Jeanne Mance, Mgr Ignace Bourget. Autre sculpteur célèbre, Alfred Laliberté (1878-1953), qui sera inspiré par l'Art nouveau.

Plus récemment, le sculpteur David Altmejd, né à Montréal en 1974 et vivant maintenant à New York, a atteint une grande notoriété dans le domaine. Le musée Guggenheim possède d'ailleurs, dans sa collection permanente, l'une de ses installations (The University 2). Il y a aussi Valérie Bass, une étoile montante de l'art contemporain québécois. Exposée tant à Montréal qu'à Berlin ou encore Istanbul, elle séduit le public par l'originalité et la qualité de ses sculptures. Son oeuvre emblématique est She Was a Big Success.

L'art inuit

Les témoignages les plus anciens sont des pétroglyphes gravés sur le roc des collines de stéatite trouvés à Kangiqsujuaq, dans le détroit d'Hudson. Déjà, le peuple de Thulé, ancêtre des Inuits, venu du Groenland, fabriquait des peignes et des statuettes, supports de ses croyances et pratiques religieuses. Au début du XIXe siècle, les Inuits sculptaient de nombreux objets miniaturisés en stéatite mais aussi, en ivoire de morse et en os de baleine, en échange de produits de base, comme le sel et les armes que leur fournissaient les Européens. Ayant perdu leur signification religieuse ou magique, ces objets sont devenus sources de revenus. Aujourd'hui, l'art inuit contemporain est essentiellement représenté par les sculptures en stéatite ou pierre à savon, roche tendre, facile à travailler et très abondante dans les régions septentrionales du Canada. Mais d'autres roches, plus dures, sont également à l'honneur, comme la serpentine verte, la dolomite ou le quartz. Les sculptures modernes, qui peuvent atteindre des tailles impressionnantes, représentent presque toujours la faune et les hommes du Grand Nord. Les Inuits pratiquent aussi la sculpture sur bois de caribou, la gravure sur pierre et la broderie. Afin de protéger les artistes inuits des revendeurs, des coopératives locales se sont créées dans les années 1960, regroupées depuis 1967 en Fédération des coopératives du Nouveau-Québec. Les centres artistiques les plus réputés sont les villages de Povungnituk et Inukjuak sur la baie d'Hudson. Les galeries d'art inuit Images Boréales et Elca London, toutes deux situées dans le Vieux-Montréal, jouent un rôle important dans la qualité de la commercialisation de l'art inuit au Québec.

Traditions

Parmi les coutumes et traditions les plus ancrées au Québec :

Célébrer la fête nationale (la Saint Jean-Baptiste, le 24 juin).

Faire de l'autocueillette de fruits en été et à l'automne (fraises, framboises, bleuets, pommes, etc.).

Participer, en famille ou entre amis, aux "épluchettes de blé d'Inde" au mois d'août, une fête autour de la récolte du maïs.

Fêter Halloween à la fin octobre. Les plus jeunes iront de porte en porte pour avoir des bonbons, alors que les plus vieux iront dans l'une des soirées spéciales organisées dans un bar ou club.

Aller à la cabane à sucre, à l'arrivée du printemps.

Chez les autochtones

Les diverses communautés autochtones se sont efforcées de mettre en valeur leur patrimoine culturel. Celui-ci est avant tout un patrimoine vivant détenu par les anciens, un héritage spirituel reposant sur le respect des coutumes ancestrales ainsi que des lieux sacrés ou profanes. Ces communautés ont créé des musées, des boutiques d'artisanat, des galeries d'art, des centres d'interprétation, des reconstitutions de villages traditionnels. Elles organisent aussi, en juillet et en août, une grande fête culturelle (ouverte au public) appelée " pow wow ", consistant en mets traditionnels, folklore, chants au tambour, danses, musiques, contes et légendes, rites et cérémonies, et diverses activités comme le montage d'une tente, l'allumage d'un feu, la préparation de la bannique, etc.

L'art de cuisiner sur un feu de bois fait partie des traditions amérindiennes. Les autochtones font la distinction entre la nourriture de bois qui est à la base de leur régime alimentaire traditionnel et celle des Blancs, achetée au supermarché. La nourriture de bois se compose essentiellement de produits frais tirés de leur environnement. Selon la saison ou le lieu, il s'agit de saumon, phoque, caribou, orignal, porc-épic, ours, et de baies (framboises, bleuets, atocas...). Ces mets sont servis rôtis, bouillis ou cuits, accompagnés de thé et de la fameuse bannique amérindienne, sorte de pain ayant la consistance d'un gâteau. Traditionnellement, la nourriture, qui était considérée comme un cadeau offert par l'esprit des animaux, revêtait un caractère sacré. Aussi les repas étaient-ils accompagnés de rituels, de chants et de battements de tambour. Ils se terminaient par une danse d'action de grâce appelée " makoucham ". Aujourd'hui, il est possible au visiteur de déguster la nourriture de bois assis, dans une tente, sur un matelas de sapinage. Par ailleurs, de plus en plus de restaurants proposent, à leur menu, des mets autochtones.

Au Québec, c'est surtout dans les domaines de la musique, du spectacle, du théâtre, de la sculpture et de la peinture que l'expression artistique des Premières Nations connaît aujourd'hui une véritable explosion.

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