Quitter Louis Trichardt par Krogh Street, et prendre la R522 vers l'ouest sur 10 km. Tourner à gauche vers The Schoemansdal Open-Air Museum (8h/16h), la ville-fantôme des commerçants d'ivoire. Andries Hendrik Potgieter fonda ici sa république indépendante du Zoutpansberg en 1848. Une république frondeuse et riche autour d'un village tout simplement nommé Zoutpansbergdorp, et dont la population atteindra les 1 500 âmes en 1855. Les défenses d'éléphant étaient acheminées jusqu'à Delagoa Bay sur la côte mozambicaine, où elles étaient vendues aux grossistes portugais. Mais les pièces d'or amassées par les aventuriers de Schoemansdal (en 1854, le village fut rebaptisé par Stephanus Schoeman, nouveau leader de la République) n'étaient d'aucune utilité lorsque les Venda passaient à l'attaque. Le 15 juillet 1867, à l'issue de combats acharnés, les indigènes incendièrent le petit bourg, réduisant en cendres les ambitions de la République. Schoemansdal avait vécu dix-neuf ans. Un seul résista : Joao Albasini. Fils de capitaine, ce Portugais volontaire qui avait décidé à l'âge de 18 ans de devenir chasseur d'éléphant, avait fait le long chemin du Mozambique pour s'établir à Schoemansdal comme commerçant. En quelques années, il était devenu la personnalité de la région. Monsieur le consul du Portugal eut la bonne idée de se construire une ferme fortifiée, Goedgewensch. Derrière ses hauts murs, Albasini avait tenu bon lors de l'incendie de 1867. Il vécut dans sa forteresse jusqu'à sa mort en 1888. Aujourd'hui, à droite de la piste d'accès au musée, cherchez parmi les herbes folles le cimetière national de Schoemansdal où repose le trekker Hendrik Potgieter. Vous aurez peut-être, comme moi, le frisson, en parcourant ce lieu où l'histoire est passée, ce lieu sorti de la mémoire collective sud-africaine. Et pourtant voici une des étapes capitales de l'aventure blanche au sud du Limpopo, l'illustration désormais de la grandeur du sacrifice et des ambitions, de la violence de l'Afrique. Voyez comment la nature dévore ce que les hommes ont fait. Le musée lui-même, à quelques centaines de mètres du cimetière, ne paraît pas vraiment entretenu. D'ailleurs, lors de mon passage, il n'y avait pas un chat ; atmosphère totalement fantomatique.

Reprendre la R522 vers l'ouest et rouler environ 80 km. On atteint le lieu-dit de Buysdorp et Mara.

C'est dans ce coin perdu du Transvaal, non loin du lac salé qui devait donner son nom au massif montagneux de la région, que s'était établi Coenraad de Buys. Né dans la province du Cap en 1761, ce géant insoumis, grand amateur de femmes de couleur, s'était marié à une belle Xhosa, Elisabeth. En 1819, sa tête ayant été mise à prix, il fit ses valises et emmena femmes et enfants le plus loin possible vers le nord. Ici même. Considéré comme un traître à sa communauté, ne pouvant compter que sur ses propres forces, Coenraad allait établir une sorte de république personnelle en plein coeur du bush. A la mort de sa femme, en 1823, il abandonna tout son petit monde pour une autre vie, d'abord au Mozambique, ensuite près de Warmbaths, où il s'illustra dans le siège du Buyskop. Ses descendants sont restés sur place et ont toujours été protégés par les Voortrekkers. Aujourd'hui, il reste peu de traces de ce métissage, mais Buyskop paraît - ironie de l'histoire - en phase avec la nouvelle Afrique du Sud. Personne ne s'y rend jamais ; c'est donc une bonne raison pour faire le voyage.

Reprendre le R522 jusqu'à Vivo, tourner à droite vers le nord sur 6 km, puis à nouveau à droite pour revenir vers Louis Trichardt par la R523. Ce chemin (139 km) permet de passer près du Salt Pan à Waterpoort, et ensuite dans les tunnels (mal éclairés) de la N1.

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