Cette aire (abrégée en NCA) s'étend sur 8 300 km2, dont 260 km2 pour le cratère lui-même (la plus grande caldera au monde encore intacte), et sur 890 km2 de forêt. La zone de conservation de Ngorongoro est la porte d'entrée obligatoire depuis Arusha de son voisin le Parc national du Serengeti (taxe de transit à payer), avec lequel il partage près de 80 km de frontière.

Géologie. Si une première chaîne de montagne ancienne granitique s'est formée il y a 500 millions d'années (nord de l'aire de conservation), les hauts plateaux et les volcans se sont formés pendant le même processus de fracturation qui a créé la vallée du Rift (le grand escarpement) il y a 15 à 20 millions d'années. L'aire, qui comprend donc ce cratère qui s'élève à 2 000 mètres d'altitude, se divise ensuite en hauts plateaux à l'est, avec des reliefs (pitons rocheux, cratères plus petits, gorges) également à très hautes altitudes, et en " basses " plaines à l'ouest dans le prolongement du Serengeti, à environ 1 300 mètres d'altitude. La variation d'altitude est grande, passant de 1 230 m à 3 648 m (mont Lolmalasin, le 3e plus haut d'Ethiopie derrière le Kilimandjaro et le Meru). La NCA compte, outre le cratère de Ngorongoro, celui d'Empakaaï et le volcan Ol Doinyo Lengaï du côté du lac Natron à l'est, les gorges d'Olduvai (considéré comme l'un des berceaux de l'Humanité car des hominidés y vivaient il y a 3 millions d'années) et les rives du lac Eyasi.

Histoire. Le nom du Ngorongoro provient de celui des guerriers de la tribu autrefois installée dans le cratère, les Likorongoros (nom déformé par les colons allemands en Ngorongoro). Les Maasaïs, peuple guerrier et conquérant, ont chassé les Likorongoro (aussi appelés Datoga), une tribu également d'origine nilotique comme les Maasaïs, qui ont finalement migré vers le lac Eyasi. Les Maasaïs les appellent désormais les Mangatis, soit " les ennemis respectés ". Deux frères allemands cultivateurs vivaient dans le cratère jusqu'au début de la Première Guerre mondiale. D'ailleurs les chercheurs utilisent encore l'une de leurs anciennes fermes. Le tourisme a commencé dans les années 1930, lorsque le Ngorongoro Crater Lodge fut édifié. 
Créé en 1951, le Serengeti allait bien au-delà de sa frontière actuelle, et excluait les Maasaïs des pâturages des grandes plaines. Un conflit éclata en 1956 entre les parcs nationaux et les Maasaïs. La zone de conservation du Ngorongoro fut alors fondée en 1959, à la fois comme réserve naturelle pour protéger une faune exceptionnelle, comme conservatoire pour la gorge d'Olduvai, où les époux Leakey venaient de découvrir le crâne de l'Australopithecus zinjanthropus, et comme terre d'accueil et de protection des Maasaïs chassés du Serengeti et du cratère de Ngorongoro, et donc de très vastes pâturages pour leurs troupeaux. Inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1979, la NCA a été déclarée deux ans plus tard réserve internationale de la biosphère avec le Serengeti. Deux naturalistes, les Grzimek (prononcer Jimek), ont beaucoup oeuvré pour la promotion de la conservation dans la région. Michaël (1934-1959) mourut après que son avion eut heurté un vautour lors du tournage du célèbre Serengeti shall not die. Son père Bernhardt continua, créant aussi la Société zoologique de Francfort, et marquant la politique de protection de la nature de nombreuses régions sauvages du monde, jusqu'à sa mort en 1987. Une stèle est dressée en l'honneur de son fils sur le rebord du cratère.

Aujourd'hui, de nombreux Maasaïs vivent dans la vaste zone de conservation du Ngorongoro, mais n'ont plus le droit de descendre dans le cratère depuis 1970 pour laisser la vie sauvage suivre son cours au moins dans cette zone. Malgré la faune et les dangers qu'elle peut représenter pour l'homme (lions, serpents...), les Maasaïs marchent armés de leur bravoure et de l'expérience acquise. Dans la zone de conservation autour du cratère, on les aperçoit au loin marchant à la tête de leurs troupeaux, dans leurs villages, en bord de routes...

Un réservoir animalier exceptionnel. Lors du dernier recensement, en saison des pluies, on a dénombré 55 espèces de mammifères : autruches, grues couronnées, outardes de Kori, zèbres, gazelles de Thomson, gazelles de Grant, gnous, bubales, élands, cobes, buffles, phacochères, chacals, hyènes, lions, éléphants, rhinocéros noirs, hippopotames, grivets, et babouins, sans parler des flamants roses et nains, des léopards présents dans les pentes, de quelques servals... Seuls le guépard, la girafe, le damalisque et l'impala manquent à l'appel. Il est à noter qu'une bonne partie des animaux reste prisonnière des 600 m de falaises entourant le fond plat de la caldeira. Moins de la moitié des gnous, zèbres, buffles ou gazelles de Grant sortent vers les versants extérieurs du côté ouest en saison sèche ; les autruches, élans ou hippopotames sont complètement indigènes. En revanche, les éléphants, qui sont de très bons grimpeurs, n'hésitent pas à aller se désaltérer dans les plantations des versants extérieurs du côté est, ce qui pose bien entendu des problèmes avec les populations. En revanche, concernant les rhinocéros noirs, les autorités tanzaniennes font venir des spécimens d'Afrique du Sud (environ 100 000 € le prix du transfert pour chacun).

Heroes Point. La montée depuis la porte de la zone de conservation est épique en 4x4 tant les roches sont partout, les moteurs forcent et la course est lancée ! Très éprouvante pour votre séant comme pour la voiture. Arrivé au sommet, vous pourrez enfin admirer le cratère au fameux Heroes Point, le belvédère qui offre une vue plongeante de 600 mètres de hauteur sur l'intérieur du cratère. A l'horizon les nuages lèchent la ligne de crête pour s'évaporer à l'intérieur, magique ! Ensuite deux options, soit continuer à l'intérieur du cratère et le visiter, soit continuer vers le Serengeti en traversant les zones peuplées par les Maasaïs qui vivent encore dans la zone hors cratère pour rejoindre Seronera.

Le cratère. Le premier Européen à atteindre le cratère fut, en mars 1892, Oskar Bauman, un explorateur autrichien. En 1921, le major Dugmore estimait déjà la faune présente dans le cratère à 75 000 animaux. Ce chiffre était sans doute exagéré. Aujourd'hui, les comptages estiment une présence animale supérieure à 20 000 têtes, et il semble que la végétation naturelle du sol soit exploitée au maximum par la faune herbivore. Le cratère, classé au patrimoine mondial de l'Unesco, est une caldera, c'est-à-dire un ancien cratère gigantesque, peut-être aussi haut que le Kilimandjaro d'aujourd'hui, mais qui s'effondra il y a environ 2,5 millions d'années, après que tout l'intérieur, poussé par des gaz d'éruption, eut été vidé et déversé sur les plaines environnantes, en formant en particulier la couche supérieure du Serengeti. On dit que des fumerolles sont encore parfois présentes au-dessus du centre du cratère. Le cratère du Ngorongoro (l'un des 115 de la zone de conservation) est aujourd'hui le lieu où la densité animale est la plus importante d'Afrique. Pour les mystiques, c'est un calice où la nature montre la présence de Dieu en reflétant sa splendeur, une sorte d'Arche de Noé naturelle.

Orientation dans le cratère. Il abrite le lac Magadi (qui signifie soude), un grand lac alcalin plus ou moins à sec suivant les saisons, où viennent de nombreux flamants. Au sud du lac se trouve la forêt du Leraï, habitée par les éléphants, les cobes et les singes, par définition arboricoles. Les rhinocéros y habitent aussi en principe pendant la nuit. Ils en sortent souvent entre 8h et 9h du matin pour gagner les plaines, un peu loin de la piste, où ils s'allongent s'il y a du vent. Au sud-est, près des marais de Gorigor, on rencontre fréquemment des lions derrière les hautes herbes. Au bout de ces marais se trouve un étang, Ngoitokitok Springs. C'est un coin habité par des éléphants, quelques hippopotames et de nombreux milans. En allant vers le centre du cratère, on peut trouver des hyènes, et la hippo pool où, pendant la journée, les véhicules parviennent assez près de ces mastodontes aquatiques. Au nord, on peut longer la rivière Munge, près de laquelle se trouvent les ruines d'une des fermes des frères Siedentopf, qui avaient commencé à exploiter le cratère à la fin du XIXe siècle (l'autre ferme, derrière la forêt du Leraï, est le bâtiment des rangers).

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