La Nouvelle-Orléans, ou plus intimement NOLA, se situe sur les rives du Mississippi, à 20 miles de Lake Borgne, qui constitue l'extrémité ouest du golfe du Mexique, et au sud de l'immense Lake Ponchartrain. Avec 379 000 habitants intra-muros, c'est la plus grande ville de Louisiane

Créée en 1718 par les Français, sous la direction de Jean-Baptiste Le Moyne (1680-1767), Sieur de Bienville, la ville devint espagnole en 1762, après avoir été capitale de la Louisiane française à partir de 1723. Elle fut détruite par deux incendies en 1788 et en 1794. Pour s'assurer que la ville ne soit pas dévastée une troisième fois, les Espagnols instaurèrent des règles strictes pour la reconstruction : des toits en tuile, des maisons en brique, des murs de séparation pour les jardins intérieurs, la suppression des allées. Ainsi, tout ce qui est considéré comme les caractéristiques d'un architecture classique lors d'une visite du Quartier français (arches, cours intérieures, balustrades, portails en fer forgé) est d'origine espagnole.

En 1800, la ville revint sous le contrôle français, avant que Napoléon Bonaparte ne vende la Louisiane aux États-Unis en 1803.

En 1815, lors de la guerre d'Indépendance, la bataille de la Nouvelle-Orléans se conclut par une victoire des forces américaines, menées par Andrew Jackson (1767-1845) et aidées par le flibustier français Jean Lafitte (1770-1823 ?), contre les troupes anglaises.

Quand la guerre de Sécession éclata en 1861, les Néo-Orléanais ne furent pas véritablement favorables à la Confédération par crainte de briser le commerce établi avec les États en amont du Mississippi. Après plusieurs batailles aux portes de la ville à compter du 25 avril 1862, le maire préféra se rendre aux forces de l'Union le 1er mai. La prise de cette importante place confédérée eut un fort retentissement international. L'administration très ferme de la ville par le général Benjamin Franklin Buttler (1818-1893) fit de ce dernier l'un des personnages les plus controversés du conflit.

A la fin de la guerre, La Nouvelle-Orléans eut beaucoup de mal à survivre économiquement. Elle resta capitale de la Louisiane jusqu'en 1880 (en passant le relais à Bâton-Rouge), tout en gagnant rapidement une réputation de lieu de débauche et de tripots.

Les années 1920 furent décidément folles : jazz, pouvoir de la mafia italienne, prostitution dans le Quartier français. La réputation sulfureuse de la Nouvelle-Orléans allait la suivre durant plusieurs décennies

Dans les années 1960, une série de violents affrontements se produisit lorsque la ville tenta la déségrégation...

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Population et langues

L'histoire de la Louisiane est un véritable brassage ethnique qui fait de cet Etat un des meilleurs exemples du big melting pot américain. Le choc des populations a souvent été rude sur cette terre de conquête qui a vu passer les couronnes des Français, Espagnols ou Anglais avant de devenir américaine et de subir les affres de la guerre civile. Si les tensions sont lointaines et que les populations venues d'Europe se sont assimilées à la population américaine, les populations noires et indiennes restent malheureusement trop souvent dans une situation économique précaire et vivent à l'écart dans des ghettos.

Quel français parlent les Cajuns ?

XVIIIsiècle. On trouve en Louisiane trois sortes de français : le français parlé par la haute société, les planteurs, les prêtres français ou québécois qui savent l'écrire mais le font très rarement ; le français des Cajuns et celui de la communauté noire.

Lorsque Napoléon vend la Louisiane, les Anglo-Saxons ont tôt fait d'envahir le terrain et pour commercer l'anglais supplante bien vite notre langue. Seuls les Cajuns isolés dans les bayous continuent de parler le français mais ne l'écrivent pas.

1861. Le français est brièvement rétabli comme seconde langue officielle, mais dès 1865 il est à nouveau rejeté : plus aucune école ne l'enseigne. Les Cajuns sont mis au ban de la société louisianaise.

1916. Avec la scolarité obligatoire et gratuite pour tous, les Cajuns envoient docilement leurs enfants à l'école où ils deviennent anglophones, l'usage du français étant formellement interdit en classe et dans les établissements gouvernementaux.

1968. Le français est finalement réadmis à l'école, tandis que le Conseil pour le développement du français en Louisiane (CODOFIL) est créé. A l'origine de cette association, un avocat et ancien membre du Congrès, Jimmy Domengeaux, qui a investi son argent et son énergie pour la sauvegarde du français en Louisiane. Il vient à Paris demander des professeurs au président Georges Pompidou.

1970. Cinquante militaires font leur service en enseignant notre langue aux petits Louisianais. Les autres pays francophones suivent le mouvement : des professeurs québécois, belges et français donnent ainsi entre trente minutes et deux heures de cours par jour dans les écoles primaires.

2003. Des programmes bilingues financés par le gouvernement fédéral sont poursuivis. On ne fait plus uniquement qu'enseigner le français, il est maintenant utilisé comme langue véhiculaire pour l'enseignement de certaines matières.

Malgré tous ces efforts, peu de jeunes parlent bien le français, même s'ils se montrent de plus en plus motivés pour apprendre la langue de leurs ancêtres.

Population

La Louisiane se classe au 21e rang des Etats-Unis en termes de population. La natalité est légèrement au-dessus de la moyenne nationale avec un taux de 17 ‰. Cette forte natalité n'est pas une évolution récente et permet d'avoir une population relativement jeune avec un âge moyen de 31 ans. Les paroisses du sud qui sont fortement catholiques et connaissent une forte population immigrée ont le taux de natalité le plus élevé de l'Etat. Par ailleurs de nombreux jeunes des régions du nord émigrent vers le sud, ce qui élève l'âge moyen de ces régions. Le taux de mortalité est de 8,8 ‰. 11 % de la population est âgée de plus de 65 ans, alors que le taux national est de 12,5 %.

Les Indiens ou les natifs américains

Peuple de type mongol, ils seraient arrivés sur le continent environ 3 500 ans av. J.-C. par le détroit de Bering. Leur lente migration vers le sud les conduisit dans le golfe du Mexique, il y a 3 000 ans. S'ils firent du commerce avec les premiers trappeurs ou colons, ils ne virent pas d'un bon oeil leur arrivée. Au XVIIIsiècle, ils étaient 13 000 répartis en différentes ethnies. Déjà menacés d'extinction par une faible natalité, les guerres entre ethnies, puis les massacres organisés par les colons, les nouvelles maladies amenées par ces derniers contribuèrent à les décimer.

Aujourd'hui, il resterait environ 3 000 Houmas, 400 Chitimachas, 350 Tunicas, 300 Coushattas et 150 Choctaws sur le territoire de la Louisiane. Ils gardent de leurs ancêtres mongols les cheveux noirs, la peau cuivrée, les pommettes saillantes, une taille plus petite que la moyenne et un système pileux pratiquement inexistant. Bien sûr, vous rencontrerez rarement un authentique natif américain, mais vous retrouverez chez leurs descendants quelques signes distinctifs de leurs ancêtres.

Les Indiens houmas. Le premier explorateur français à mentionner l'existence des villages des Indiens Houmas fut Lasalle en 1682. Ils étaient alors un peuple sédentaire installé à l'est du Mississippi, au nord de la Louisiane. Avec l'arrivée des Anglais, ils sont descendus dans la région des bayous et s'allièrent avec les Français. Leur langue est la meilleure preuve de leur complicité, puisqu'aujourd'hui encore les Indiens houmas parlent en français. Leur principale préoccupation est d'être reconnus comme une tribu à part entière par les Etats-Unis. Leur reconnaissance actuelle n'étant que fédérale, cela ne leur permet pas d'avoir les mêmes avantages que les autres Indiens (casinos, etc.).

Les créoles

Ce nom, d'après les linguistes, viendrait soit du mot caraïbe criar signifiant " élever ", soit du mot espagnol criollo signifiant " natif du nouveau monde par des ancêtres de l'ancien monde ". Il fut créé par les conquistadors et utilisé pour la première fois en Inde pour désigner toute personne née de parents européens ; puis aux Antilles, pour différencier les esclaves noirs nés aux colonies de ceux qui étaient nés en Afrique. Aux Etats-Unis, " créole " pouvait désigner aussi bien les étrangers noirs ou blancs.

En Louisiane, " créole " désignait une personne blanche de souche française ou espagnole et avait, à une certaine époque, une connotation de supériorité par rapport aux Américains, Acadiens et natifs Américains. Au XVIIsiècle, les premiers colons créoles vinrent de Cuba, de Saint-Domingue et des Antilles, fuyant la révolte des esclaves et les conquêtes espagnoles. Plus tard, des réfugiés politiques venant de France les rejoignirent. Ils s'installèrent sur les rives du Mississippi, idéales pour irriguer leurs cultures de coton et de canne à sucre qu'ils importèrent des îles, ainsi que pour le transport des marchandises. Il y eut jusqu'à 2 000 plantations sur les bords du Mississippi.

Les créoles devinrent rapidement très riches et contribuèrent à la renommée de La Nouvelle-Orléans.

Ils établirent une aristocratie encore plus rigide qu'en France : divisée en véritables castes sociales et financières. Les familles créoles riches qui vivaient dans les villes méprisaient celles qui vivaient à la campagne. Ils avaient, en fait, un comportement de nouveaux riches, réactionnaires et attachés à l'Ancien Régime. Après la guerre de Sécession, la plupart des plantations furent inondées ou brûlées, et leurs propriétaires ruinés. Ils déclinèrent petit à petit ne sachant rivaliser avec les Anglo-Saxons beaucoup plus arrivistes. Aujourd'hui encore subsistent quelques familles fières de leur descendance directe des premiers colons, mais la plupart se sont assimilées et mélangées à la population américaine.

Les cous rouges (rednecks)

Baptisés ainsi par les Cajuns, parce que ces descendants d'Anglais avaient la peau blanche et lorsqu'ils revenaient des champs après une longue journée de labeur ils avaient le cou rougi par le soleil. Ils s'installèrent uniquement dans le nord de la Louisiane.

Aujourd'hui, le terme redneck désigne une certaine catégorie de la population qui vit plutôt à la campagne. C'est aussi pour certains une insulte, synonyme de " bouseux ".

Les Noirs ou les Afro-Américains (African Americans)

Ils représenteraient aujourd'hui près d'un tiers de la population du pays. Descendants d'esclaves arrivés à partir de 1719 du Sénégal et du Congo. En 1865, Colbert fit promulguer le Code Noir en Louisiane. Cet édit définissait les droits et les devoirs des maîtres envers les esclaves. S'ils avaient le droit de vie ou de mort sur leurs esclaves, ils devaient les loger, les vêtir et les nourrir décemment. Ce qui n'était pas toujours le cas, loin s'en faut. Tout manquement à ces devoirs pouvait entraîner des sanctions sévères. Les esclaves travaillaient dans les champs, construisaient les routes, élevaient des digues pour protéger des crues (une de leurs plus belles contributions fut la première longue digue qui longeait le Mississippi), tandis que les femmes cuisinaient et étaient les nourrices des petits enfants blancs.

Ils étaient achetés et vendus comme du vulgaire bétail, et le traitement inhumain des esclaves fut une des raisons de la guerre de Sécession entre le Nord et le Sud. Après la guerre, les créoles continuèrent à avoir un comportement raciste envers les Noirs, même si certains comme Charles Testu ou les frères Rouquette prirent leur défense et les aidèrent à être plus égaux en droit.

La plus grande contribution noire à l'histoire et à la culture de la Louisiane et du monde entier fut la musique : le gospel, le negro-spiritual, le blues et notamment le jazz.

Au temps des colonies, les femmes blanches étant plutôt rares en Louisiane, les hommes choisissaient leurs maîtresses parmi les plus belles esclaves noires. Leurs enfants métis furent appelés mulâtres, octavons ou quarterons. Certains firent leurs études en Europe et revinrent très cultivés, devinrent écrivains, musiciens, et parfois fort riches. A La Nouvelle-Orléans pendant un temps s'installa une étrange coutume : le bal des quarteronnes. Lors de ces bals, on présentait des demoiselles de couleur fort bien élevées à de riches célibataires blancs. Bien sûr, ils les entretenaient mais jamais ne les épousaient. Ces hommes et femmes reconnues au niveau social, étaient appelés creoles of color ou les " créoles de couleur ".

Les gens de couleur libre (free people of color)

L'histoire des Blancs et des esclaves est bien connue, mais ce qui est resté dans l'ombre est un groupe social entre les deux : les " gens de couleur libre ", comme les Français les appelaient, aussi appelés après la guerre civile creoles of color (créoles de couleur).

Dans les années 1800, les gens de couleur libre avaient leur propre identité et castes sociales. Parlant français, cultivés, de classe moyenne pour la plupart, ils étaient des membres respectés de la communauté de La Nouvelle-Orléans. On pouvait les voir à l'Opéra français au théâtre et leurs noms étaient même mentionnés dans leurs propres journaux lors de débats politiques. La Nouvelle-Orléans possédait la plus grande communauté de gens de couleur libre aux Etats-Unis. Leurs leaders ont influencé l'évolution sociale, économique et légale de La Nouvelle-Orléans, mais aussi de la Louisiane. On les retrouve aussi à Washington D.C., tout particulièrement lors de la Reconstruction pour la mise en place des droits des Noirs.

Les Cajuns

Les Cadiens (diminutif de " Acadien ", déformé en " Cajun " en anglais) forment le groupe francophone le plus nombreux aux Etats-Unis. Les 700 000 Acadiens vivant dans le sud de la Louisiane sont les descendants des premiers colons blancs qui ont émigré du Poitou, de la Normandie et de la Bretagne, pour s'installer dès 1604 au Canada, sur le territoire de l'actuelle Nouvelle-Ecosse.

Après avoir été contraints à l'exil en 1755, chassés du Canada par les Anglais lors du Grand Dérangement, certains d'entre eux viennent s'installer le long du Mississippi et dans les bayous (dans le Bayou Lafourche notamment). D'autres traversent le bassin de l'Atchafalaya et arrivent sur le site actuel des villes de St. Martinville et Lafayette.

Vivant en marge de la communauté anglophone, ils évoluent différemment. Ils parlent ainsi plusieurs dialectes régionaux cajuns, tous issus du français acadien, mais comportant de nombreuses nuances et expressions qu'une oreille exercée peut distinguer. Plusieurs générations d'Acadiens ont vécu sans scolarisation, repliées sur elles-mêmes. C'est pourquoi ceux-ci furent pendant longtemps injustement considérés comme des ignorants menant une existence rudimentaire dans les marais, sans aucun contact avec les autres populations, vivant de la pêche, de la chasse et de la vente de paniers artisanaux.

Aujourd'hui, les Cajuns ont abandonné depuis bien longtemps leurs " bateaux-maisons " ou houseboats et vivent dans des maisons sur la terre ferme. Peu savent encore tisser ou tresser des paniers à la main, mais nombre d'entre eux ont perpétué la tradition de la pêche et de la chasse et les trappeurs sont encore très actifs. Certains Cajuns sont encore bateliers et la Louisiane possède aujourd'hui la flotte de bateaux artisanaux la plus importante du pays. Ils sont représentés dans toutes les catégories professionnelles.

Ils défendent également le rôle important qu'ils ont joué dans l'histoire de la Louisiane et de l'Amérique : ils ont en effet vaincu les Anglais lors de la Révolution américaine, ont combattu aux côtés du général Jackson lors de la bataille de La Nouvelle-Orléans. C'est un Acadien qui présidait la Convention lorsque la sécession de la Louisiane fut votée. D'autres travaillèrent à sa réintégration. Un Acadien, Alexandre Mouton, fut le premier gouverneur de Louisiane élu démocratiquement (ils étaient auparavant désignés par le pouvoir législatif).

Ils détiennent aujourd'hui des sièges au Congrès, à l'Assemblée et à la Cour de justice. Les Cajuns ont donc naturellement pensé qu'il fallait perpétuer leurs valeurs traditionnelles afin de conserver leur identité. S'ils ont toujours ressenti une certaine méfiance envers leurs voisins anglophones, qui les avaient expulsés de leurs terres d'origine, les Cajuns cherchaient l'isolement avant tout pour préserver leur culture, qu'ils ont maintenue et renforcée jusqu'à nos jours. D'autres populations les ont rejoints dans ce groupe francophone : les créoles de La Nouvelle-Orléans, les Noirs francophones haïtiens ou antillais, installés dans la région bien avant les Acadiens. Alors, qui est cajun et qui ne l'est pas ?

Nous pourrions limiter l'appellation aux descendants des Acadiens exilés de la Nouvelle-Ecosse en 1755, même si les premiers immigrants français se marièrent avec des Cajuns et adoptèrent leurs coutumes...

On peut donc trouver aujourd'hui des Cajuns qui ne sont pas du tout d'origine acadienne. C'est en réalité la culture et non le sang qui définit le Cajun d'aujourd'hui.

Vous vous rendrez vite compte que les Cajuns sont un peuple tolérant dans cette Amérique puritaine : ils tolèrent que l'on boive et danse un peu trop et que l'on triche un peu en politique...

Us et coutumes des Cajuns. Les Cajuns sont de fervents catholiques. Lorsqu'ils étaient isolés dans les marécages, des prêtres s'enfonçaient dans les bayous pour les grandes occasions. Les fêtes religieuses ont toujours été respectées dans les maisons où on privilégie les grandes réunions familiales, où le moindre événement est prétexte à une fête de village. Les " visites du soir " ou veillées, caractéristiques d'une société de culture orale, ont permis aux Cajuns de transmettre à leurs enfants l'héritage historique et culturel de leur communauté. Tout cela a peu à peu disparu et les enfants ne sont plus capables de comprendre les histoires en français de leurs grands-parents. Mais un trait caractérise les Cajuns depuis leur installation en Louisiane, et qui ne les a pas quittés, c'est la joie de vivre. Leur maxime : " Laissez les bons temps rouler " est reprise et appliquée en toute occasion.

Le week-end idéal à la mode cajun se résume ainsi : gumbo, geaux-geaux, dodo. En d'autres termes, manger toute la journée un bon gumbo ou un barbecue avec des amis, boire des dizaines de bières, faire la sieste et surtout ne pas oublier les plaisirs de l'amour : le Cajun est un grand sentimental... Preuve en sont les chansons d'amour qu'il compose depuis l'époque du Canada. Le rythme et la musique ont évolué, pas les textes. Et les Cajuns n'ont pas non plus oublié leur amour pour la danse. " Si ta grand-mère n'arrête pas de se plaindre toute la semaine sauf le samedi soir, car elle va au bal, alors tu es un vrai Cajun. Ici, le soleil se couche tôt pour que nous allions danser plus vite. "

Leurs chansons rappellent bien leurs origines françaises : Cadet Roussel, Malbrough s'en va-t-en guerre, Trois Jeunes Tambours, mais leur musique a beaucoup évolué depuis le Canada. Des Indiens, les Cajuns ont appris à chanter d'une voix traînante ; les Noirs leur ont apporté le blues, les percussions et l'art du chant improvisé ; les Espagnols, la guitare ; tandis que les juifs allemands immigrés leur ont fait découvrir l'accordéon dans les années 1830. Un orchestre cajun se compose d'un ti'fer (triangle), d'un accordéon, d'un violon et d'une guitare. Qui dit musique, dit danse : valses, polkas, two-steps, one-step... jeunes et vieux réunis dans des fais-dodo (les bals) sont infatigables et dansent jusqu'à l'aube. Pour le croire, allez donc voir au Fred's Lounge à Mamou l'atmosphère qui règne encore le samedi matin, ou bien essayez d'assister au Cajun Heritage and Music Festival à Lafayette début octobre.

A cette période, les orages détrempent souvent les pistes de danse en plein air mais, qu'à cela ne tienne, on a vu des gens danser dans quarante centimètres de boue !

Michael Doucet et son groupe Beausoleil, Zachary Richard ou les Basin Brothers font partie des musiciens qui exportent leur talent à l'étranger, mais ils sont des milliers d'autres en Louisiane. Pas une famille cajun n'échappe au virus musical !

Les Latinos

Depuis l'ouragan Katrina, les Latinos sont revenus immigrer dans le sud de la Louisiane. Tout particulièrement aux alentours de La Nouvelle-Orléans. En 2000, on comptait environ 14 800 habitants hispaniques (7,1 % de la population totale). Des chiffres publiés durant l'été 2006 annoncent 42 000 habitants hispaniques, soit 9,6 % du total de la population réduite.

Langues

Ne croyez pas que la Louisiane soit bilingue. La langue officielle est l'anglais. Le pays n'est resté français que 80 ans, il y a bien longtemps ! On parle français dans la région de Lafayette (et encore !). La communauté française n'est pas très soudée, ni active. Beaucoup de Français installés en Louisiane sont des profs venus de pays francophones pour enseigner le français dans les écoles louisianaises. Selon le recensement de 1990, à peu près 250 000 Louisianais ont répondu que le français était la langue principale parlée chez eux.

La Louisiane est le seul Etat des Etats-Unis qui a créé une agence pour la défense des droits linguistiques d'une minorité. Pour maintenir le français en Louisiane, les gouvernements de France, du Canada et de Belgique ont signé un accord avec le département d'Education de l'Etat, administré par le CODOFIL (Conseil pour le développement du français en Louisiane). Ces accords déterminent la nature des relations entre la Louisiane et les autres gouvernements. La principale activité du CODOFIL, créé en 1968, est d'accueillir plus de 250 professeurs francophones pour enseigner le français dans les écoles publiques de Louisiane. Mais aussi de " faire tout ce qui est nécessaire pour encourager le développement, l'utilisation et la préservation du français tel qu'il existe en Louisiane pour le plus grand bien culturel, économique et touristique pour l'Etat " comme mentionné dans les statuts de l'association (www.codofil.org). Selon le recensement de 1990, à peu près 250 000 Louisianais ont répondu que le français était la langue principale parlée chez eux. Le recensement de 2000 montre 198 784 francophones louisianais qui ont plus de 5 ans, incluant 4 470 personnes qui parlent le français créole.

Aujourd'hui, plus de 100 000 élèves en Louisiane étudient le français. Mais ce n'est pas une raison pour entendre parler français à La Nouvelle-Orléans. Depuis l'ouragan Katrina, vous entendrez sûrement plus l'espagnol puisque de nombreux Latinos se sont installés en Louisiane pour aider à la reconstruction.

Curieusement, ce sont les citoyens les plus pauvres (natifs américains, paysans cajuns) et les plus isolés qui parlent français. Les jeunes cadres dynamiques et urbains ne connaissent pas la langue de Molière. Cependant, en pays cajun, les Louisianais n'osent pas souvent parler français, par simple timidité ou complexe par rapport à leur français aux tournures archaïques, qui n'a jamais vraiment été une langue écrite et qui comporte des fantaisies grammaticales. Le français cajun est cependant très savoureux par son accent et ses expressions. Encouragez les Cajuns que vous rencontrerez à parler français, ils y prendront un grand plaisir et vous aussi !

Le manifeste de l'Action cadienne. Afin de mieux comprendre l'attachement des Cajuns à la langue française et l'accueil chaleureux qu'ils nous réservent, à nous les " cousins de loin " comme ils nous nomment, voici l'intégralité du manifeste de l'Action cadienne, association pour la défense de la langue française en Louisiane. Cette organisation bénévole à but non lucratif a été fondée à Lafayette en avril 1996. N'importe qui voulant soutenir la préservation de la langue française en Louisiane peut devenir membre. Le groupe se rencontre une fois par mois pour discuter des divers moyens d'atteindre leur but (www.actioncadienne.org)

" Etant donné qu'il est impossible de concevoir une culture sans pouvoir parler de sa langue. Etant donné que la langue française telle qu'elle nous a été transmise de génération en génération est la source profonde de notre identité, par ce document nous déclarons notre objectif de soutenir la langue française en Louisiane, d'établir sa continuité et d'assurer à chaque Cadienne et Cadien la connaissance de son héritage.

L'avenir du peuple cadien en Louisiane est une jeunesse parlant la langue de ses ancêtres. L'histoire de la communauté française en Louisiane depuis les derniers cinquante ans est tragique vu la destruction de la langue dans les écoles publiques. Par la punition violente des enfants cadiens quand ils parlaient français à l'école, leur identité et leur langue ont été compromises. Pour rétablir l'une et l'autre, l'enseignement bilingue est primordial. La seule façon réellement efficace d'apprendre le français est l'immersion. Donc, nous réclamons l'immersion française et l'éducation pour chaque étudiant le désirant dans les 22 paroisses reconnues officiellement comme l'Acadiana.

Parce que notre avenir est indéniablement lié à notre passé, nous souhaitons promouvoir l'enseignement de l'histoire des Cadiens pour pouvoir assurer à chaque citoyen la connaissance de son héritage.

Etant donné que notre identité est impossible à maintenir sans la compréhension de notre histoire, nous réclamons l'enseignement de l'histoire cadienne dans les écoles publiques des 22 paroisses d'une façon assurée et à faire comprendre le passé du peuple cadien en Louisiane et à soutenir la mémoire collective de l'expérience française en Louisiane. "

Un peu de vocabulaire…

L'accent et les expressions de la langue française en Louisiane sont uniques. Voici quelques mots louisianais que vous pourrez entendre si vous rencontrez un Cajun.

Asteur - maintenant

Bayou - petit cours d'eau sinueux

Bec - bouche ou baiser

Berçeuse - rocking-chair

Boucane - fumée

Bourre - jeu de carte cajun, cajun bridge

Bucher - battre

Char - voiture

Chaudière - casserole

Chevrette - crevette

Cocodril - alligator

Ecore - rive

Espérer - attendre

Fais-dodo - bal populaire

Femelle - épouse

Fromille - fourmi

Galance - balançoire sur laquelle on aime se balancer !

Gaz - essence

Huile - pétrole

Icitte - ici

Jongler - penser

Lâcher la patate - être découragé

Maringouin - moustique

Mèche - marais

Mouiller - pleuvoir

Ouaouaron - grenouille

Paré - prêt

Piastre - dollar

Pirogue - canoë

Ricasser - ricaner.

Roulaison - récolte de la canne à sucre

Ça me fait zire ! - Ça me dégoûte !

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