L'actuelle ville de Campeche, capitale de l'État du même nom, est sise sur l'emplacement d'un port maya du nom de Can Pech ou Ah Kin Pech, en référence à un lignage de gouvernants de premier plan. La petite ville maya était alors une halte sur la route de commerce maritime préhispanique qui reliait le golfe du Mexique à l'Amérique centrale. Le premier contact a lieu lors d'expéditions en 1517 puis Francisco de Montejo "el Adelantado" essaie en vain d'y monter un port du nom de Salamanca de Campeche. C'est finalement en 1540 que la ville est officiellement fondée par Francisco de Montejo "El Mozo", le fils du premier conquérant de la péninsule. La ville ne tarde pas à devenir un port d'escale important entre le nouveau territoire conquis, les Caraïbes et l'Espagne puisque durant deux siècles il s'agit du seul port habilité pour le commerce transatlantique. Aux XVIe et XVIIe siècles, les nombreuses attaques de pirates sur la ville tendraient à faire penser que la cité et sa population étaient prospères. Mais la pauvreté de la région était proverbiale en comparaison de nombreuses autres zones du continent. Les exportations du palo de tinte (arbre duquel on tira la teinte hématine, très en vogue en Europe) ne compensaient pas la faiblesse de la production agricole locale et l'absence de métaux précieux. Les butins récupérés par les pirates (corsaires français du XVIe, boucaniers et flibustiers anglais et hollandais au XVIIe) étaient minimes mais l'isolement de la ville en faisait une proie facile. On se souviendra de la dernière attaque d'envergure en 1685, celle du tristement célèbre Lorencillo, plus pour les exactions et les ravages commis contre la population que pour le maigre butin emporté. Les attaques constantes des pirates pour s'emparer de ses maigres richesses obligent donc les Espagnols à édifier une muraille autour de la ville. Sa construction formelle commence en 1686 et s'achève en 1704. Bien préservée, on visualise très bien son tracé hexagonal irrégulier entre les huit bastions appelés baluartes. La seconde moitié du XVIIIe siècle marque le début d'une évolution de premier plan dans l'architecture civile de la ville. Les fortifications redonnent de la confiance aux habitants habitués aux attaques sur la ville, et l'augmentation des productions régionales et des échanges commerciaux font progressivement souffler un vent de prospérité inédit jusqu'alors. Les fenêtres des maisons s'ouvrent de part en part et les lourdes portes en bois régional s'agrandissent pour laisser entrer les charrettes de marchandises dans les maisons cossues des commerçants. Les façades s'enrichissent et se parent tout d'abord de discrets atours baroques traduits dans les linteaux, avant que des détails néoclassiques ne pointent le bout du nez au XIXe siècle sous la forme de corniches et d'auvents ; les vestibules ne sont alors que le préambule des patios aux arches en plein cintre, construits autour de puits d'eau. Nous voici alors sous le régime de Porfirio Diaz, dont l'ouverture culturelle vers l'Europe et la France favorise l'introduction d'éléments Art déco et Art nouveau sur les façades désormais parées de larges ouvertures au travail de ferronnerie sophistiqué ; les pilastres des façades se retrouvent jusqu'au deuxième étage des intérieurs de véritables petits palais provinciaux désormais parés d'arcs extérieurs imposants, alors qu'en parallèle les maison plus modestes voient leurs toits se couvrir de tuiles importées de France, créant une harmonie qui a tant bien que mal subsisté jusqu'à nos jours.

Une harmonie que l'on découvre à travers les belles maisons aux couleurs pastel ornées de grandes fenêtres et sa magnifique cathédrale blanchâtre qui se détache merveilleusement du ciel d'un bleu profond, en fin d'après-midi. A Campeche, la luminosité est très belle et de spectaculaires couchers de soleil sont à observer. On peut très bien faire le tour de cette ville, qui est inscrite au patrimoine de l'Humanité depuis 1999, en une journée ; mais n'oubliez pas que les quartiers adjacents, qui font l'objet de rénovation, valent aussi le détour.

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