A moins d'une heure de ses cousines vosgiennes, Vittel et Contrexéville, Bourbonne-les-Bains est la seule station thermale de la région Champagne-Ardenne. Une petite ville accueillante que cette cité animée et bâtie sur l'emplacement d'une ancienne station romaine, Lindesina, dont les vestiges se trouvent au musée municipal. Pour une cure de lecture, la bibliothèque offre 25 000 volumes aux dévoreurs de pages. Les thermes sont très bien équipés - Bourbonne-les-Bains présente la particularité de comporter un centre de rééducation fonctionnelle in situ en liaison avec l'établissement thermal - et il y a de nombreux hôtels à proximité pour s'installer ou encore des meublés. Non loin des thermes, le casino est ouvert depuis janvier 2006.

Les alentours de Bourbonne-les-Bains offrent de beaux paysages déjà presque vosgiens, forêts et prairies, impression renforcée par les grosses maisons de village, typiquement vosgiennes, équipées pour le froid et la neige. Balade dans le parc de la Bannie de 102 ha, pour voir, à pied, cerfs, biches et mouflons en liberté. L'arboretum de Montmorency présente 230 espèces d'arbres du monde entier. A proximité de Bourbonne-les-Bains, les amateurs visiteront donc les caves du vin de Coiffy, à Coiffy-le-Haut, qui produit à nouveau, depuis une dizaine d'années, l'excellent vin des coteaux, les blancs à partir de chardonnay, le gamay et le pinot noir pour les rouges.

Aux temps les plus anciens, l'eau était déjà chaude, et les premiers occupants, à l'âge paléolithique, en avaient déjà perçu les bienfaits, en observant la vapeur sourdre de la roche. Grâce à la découverte d'un silex acheuléen, on situe l'apparition de l'homme dans la région à près de 400 000 ans. Du néolithique, on conserve aujourd'hui une belle collection de cornes d'aurochs (au musée).

Les Gaulois, qui avaient pour habitude de multiplier les dieux, en avaient un pour chaque occasion. Le site fut donc dédié au dieu Borvo et à la déesse Damona. Si l'étymologie du premier paraît simple - le nom signifie tout simplement " je bous " en celte, faisant apparaître Borvo comme l'indiscutable dieu de l'eau chaude - la racine de Damona est un peu plus complexe, et les linguistes l'associent à la " gardienne de la source ". Pour ce qui est de l'exploitation des sources, si les Gaulois étaient particulièrement experts en ce qui concerne l'utilisation du bois, ce n'étaient ni des ingénieurs, ni des architectes de grande valeur.

Il fallut attendre l'arrivée des Romains pour que l'on réfléchisse sérieusement à l'acheminement de l'eau chaude. Ces maîtres des thermes, qui savaient déjà aménager un circuit complet d'eau chaude, tiède ou froide, durent résoudre le délicat problème du captage et de la distribution. A cet effet, ils édifièrent un puisard performant, joint à un aqueduc qui débouchait sur un puits vertical qui allait alimenter les différents bassins et piscines. Génial et considérable, cet impressionnant travail de maçonnerie a également une connotation religieuse (comme pour la plupart des installations thermales), puisqu'il fallait bien remercier quelqu'un d'avoir chauffé l'eau. Les fouilles ont permis de retrouver de nombreux vestiges, et notamment une stèle votive dédiée à Borvo dans une galerie entourant le puisard. Quant au nom de Lindesina, il ne fut pas, comme on le croit souvent, donné par les Romains, mais bien par les Gaulois ou leurs ancêtres celtes, signifiant en gros " le signe par l'eau ", ou encore " celle qui se distingue par ses eaux ".

Les incursions vandales, les désordres mérovingiens et carolingiens ne favorisèrent pas l'expansion de Bourbonne-les-Bains. Il fallut attendre le " temps des cathédrales ", et surtout l'apparition des " ordres nouveaux ", Cîteaux en Bourgogne, puis Clairvaux. Saint Bernard connaît des disciples fervents, et notamment Etienne Harding, qui fonde au début du XIIe siècle l'abbaye de Morimond, phare religieux de toute la région. La prospérité vient enfin, et l'église est construite en 1160, gâtée par les épidémies et la guerre de Cent Ans. Le ton est cependant donné, et la ville, qui s'est dotée d'une charte seigneuriale en 1204, conserve une certaine importance. Par alliance et succession, la Champagne devient française sous Philippe le Hardi (1284). Le Moyen Age se déroule avec le spectacle habituel des brigands qui rançonnent les voyageurs, lorsqu'ils ne les tuent pas par la même occasion, et des seigneurs qui se querellent. Les combats entre Français et Espagnols font rage autour de 1636, mais l'ennemi est repoussé. Le début du XVIIIe siècle, plus prospère et pacifique, permet à l'activité thermale de se développer, avec quelques améliorations techniques apportées dans les années 1715-1720, et malgré un grand incendie qui ravage la ville en 1717. Un hôpital militaire est créé vers 1730, permettant aux glorieux soldats blessés de venir se refaire une santé à Bourbonne-les-Bains.

A part quelques escarmouches, la Révolution se passe calmement, et le XIXe siècle marque les progrès de l'industrie et le développement des séjours de villégiatures. Napoléon III fut hôte du propriétaire du château en 1865. Ce château est ensuite acquis par Georges Chevandier de Valdrome, qui connut un spectaculaire rétablissement à Bourbonne-les-Bains. " Il arriva en 1842 à Bourbonne-les-Bains sur une civière pour y faire sa cure, il en repartit avec des béquilles. A la fin de sa troisième cure, il montait à cheval ", rapporte Henri Troisgros, l'excellent historien de Bourbonne-les-Bains et de sa région.

A sa mort, il lègue le château à la ville, qui y installe la mairie, conservant au parc son agrément et un libre accès au public. La démilitarisation s'opère dans un premier temps à la Seconde Guerre mondiale (les Allemands utilisèrent le cuivre rouge qui servait aux canalisations, rendant inutilisables les thermes militaires), puis en 1977, et enfin 1991, avec la vente à la ville, par l'armée, de tous les bâtiments militaires de l'hôpital. L'établissement thermal actuel date de 1977-1979. La qualité des installations, ainsi que celle des eaux a fait grimper en flèche le nombre de curistes en 40 ans : 5 000 en 1955, 9 000 en 1975, et 15 000 depuis 1985.

Les curistes célèbres. Si l'on a peu de renseignements sur les personnages illustres ayant fréquenté les thermes avant le XIXe siècle, la présence de l'hôpital militaire a amené de nombreux généraux à fréquenter Bourbonne-les-Bains, tels Mac-Mahon, Bourbaki ou Pélissier. Après Talleyrand et Chateaubriand au siècle précédent, les curistes de renom au XXe siècle s'appellent Auguste Renoir, Raimu ou Michel Platini. Un grand nombre de sportifs ont d'ailleurs, dans un passé récent, accompli leur rééducation à Bourbonne-les-Bains.

La qualité des eaux thermales est principalement due à son analogie avec le sérum humain, voyageant près de quarante ans sous terre avant de réapparaître à plus de 60°C. Les diverses installations offrent une capacité d'accueil au quotidien de 1 800 personnes. Le centre actuel a été entièrement reconstruit et modernisé en 1978. La spécificité de l'établissement est d'ailleurs d'être en liaison directe avec le centre de rééducation fonctionnelle, faisant ainsi gagner du temps de récupération. L'établissement thermal accueille, environ, 12 000 curistes par an (9 500 cures traditionnelles et 2 500 cures libres). Les affections traitées sont les rhumatismes, l'arthrose, l'ostéoporose (décalcification), les fractures, mais aussi les affections O.R.L. et des voies respiratoires. En 2006, l'établissement s'est agrandi, dans le cadre de la remise en forme : institut de beauté, salle de repos " privilèges ", boutique souvenirs, tisanerie.

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9.95 €
2020-05-27
624 pages
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