Bienvenue en Sibérie ! Plus grand, plus loin, plus froid. Telle pourrait être la devise de la Sibérie, avec sa surface équivalente au 1/7e de toutes les terres émergées de la planète, son espace de 14 millions de km² liant l'Oural, l'Arctique et la mer du Japon, et ses températures variant entre -60 °C et +40 °C. Mais cette vision comptable de la Sibérie ne rend pas compte de son extraordinaire diversité, de ses dizaines de peuples autochtones aux traditions millénaires encore vivaces, de ses paysages qui alternent les forêts les plus denses, les déserts les plus arides, les lacs, les montagnes, les volcans. Un océan de terre qui, de taïga en toundra, fut le lieu des aventures du Michel Strogoff de Jules Verne, ou des pérégrinations du Docteur Jivago de Pasternak. Pasternak pose aussi la question de l'autre facette de la Sibérie, celle de la déportation. Comment ne pas penser, dans les maisons des exilés de 1825 à Irkoutsk, dans le musée de Goulag de Perm ou dans le port de Magadan, à ces millions de Russes qui, de Dostoïevski à Soljenitsyne en passant par Khodorkovski, connurent l'expérience du camp sibérien ? Mais ce serait encore une fois réduire la Sibérie à une case trop étroite pour elle.

Ainsi le Transsibérien, fierté et symbole de tout un pays, est comme une immense veine de 9 000 km qui irrigue toute la Sibérie et permet d'accéder aux grandes villes : la Cathédrale-sur-le-Sang à Ekaterinbourg (élevée sur le lieu de l'exécution des Romanov), les spectacles de l'Opéra de Novossibirsk, l'architecture en bois d'Irkoutsk ou de Tomsk et le port de Vladivostok sont ainsi à portée de train. Mais il faut sortir des sentiers battus pour découvrir les trésors les mieux gardés de la Sibérie : les ports de pêche de l'île d'Olkhon sur le lac Baïkal, les sommets de l'Altaï, les rites chamaniques à Touva, ou les trekkings sur les volcans du Kamtchatka.

Autant d'aventures hors du commun, au cours desquelles on pourra expérimenter la règle universelle qui veut que, lorsque la nature est hostile, les hommes s'entraident. C'est peut-être là l'ultime frontière sibérienne. Renvoyé à sa taille infinitésimale par tant d'espace et de diversité, on se sent profondément lié à cette humanité chaleureuse et persistante qui vous accueille au-delà des distances et des langues et qui vous invite fièrement à partager sa vie rude mais juste. Ici plus qu'ailleurs, on préférera toujours la vérité d'une poignée de main à un message sur Facebook.

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L’espace

Rares sont les endroits sur cette terre où l'on peut se sentir véritablement seul. La Sibérie en fait partie. Au beau milieu de la taïga ou de la toundra, en haut de ses montagnes et le long de ses fleuves, l'espace sibérien procure un sentiment de solitude et de liberté. Si vous avez épuisé le catalogue des " vacances nature ", la Sibérie est pour vous. Ski de piste, chiens de traîneaux, croisières fluviales, hélicoptère au-dessus des volcans ou simple méditation devant tant de beauté, cet immense territoire dévoile ses charmes à qui veut franchir l'Oural. Il faut sept jours de train pour traverser ce pays, 500 kilomètres sont une promenade de santé et certaines régions septentrionales sont coupées du monde plusieurs mois par an. Mais le jeu en vaut largement la chandelle.

Le choc culturel
<p>Compétition de Kures, la lutte khakasse.</p>

Compétition de Kures, la lutte khakasse.

L'impression que procurent ces espaces à perte de vue est si forte qu'on se sent mal à l'aise une fois de retour en ville après quelques jours de randonnée ou de trekking. Mais cette sensation de décalage passe bien vite : les cités sibériennes ont le sens de l'accueil et sont d'une tranquillité réconfortante. Loin d'être des laiderons architecturaux, les plus anciennes sont même fort belles telles Irkoutsk ou Tomsk.

Elles sont aussi pour le voyageur l'occasion d'observer le melting-pot sibérien. Russes, Ukrainiens, Polonais, Caucasiens, Asiatiques... La Sibérie est la terre natale d'une trentaine d'ethnies minoritaires qui n'ont absolument rien en commun avec les Russes et qui se répartissent en plusieurs familles linguistiques : les peuples ougriens (cousins des Finnois... et des Hongrois !), les peuples ouraliens (cousins des précédents), les peuples toungouses, mongols et turcs appartenant à la famille altaïque, sans oublier les peuples hyperboréens qui n'ont pas fini de faire enrager les linguistes. La Sibérie est aussi ce mélange de peuples et de cultures, au croisement de l'Europe et de l'Asie, comme un point d'interrogation sur l'identité russe.

Une autre Russie
<p>Lever de soleil automnal sur la Réserve Naturelle de l'Altaï</p>

Lever de soleil automnal sur la Réserve Naturelle de l'Altaï

Hélas, les voyages en Russie sont souvent circonscrits dans sa partie européenne, la plus peuplée, la plus ancienne, mais aussi la moins représentative de l'espace russe. Alors que les Moscovites s'agitent et que les Pétersbourgeois n'en finissent pas de lorgner sur l'Europe, la Sibérie impose un autre rythme, plus lent, contemplatif même. Il est difficile d'énoncer des généralités sur la situation économique des Sibériens : certaines régions bénéficient d'importants investissements (gaz, pétrole, mines...) alors que d'autres sont laissées à l'abandon. Cela étant, un voyage au-delà de l'Oural vous permettra d'apprécier peut-être plus justement la situation des Russes contemporains qu'un séjour à Moscou. De plus, les Sibériens ont la réputation (parfaitement justifiée) d'être très hospitaliers et ravis de faire découvrir leurs contrées aux visiteurs étrangers. Plus qu'ailleurs en Russie, vous ressentirez cette tradition d'accueil qui veut qu'on reçoive un étranger comme un prince et qu'on le prenne en main quand il est perdu. Espace de solitude, la Sibérie est aussi un endroit où la solidarité est un mot qui prend tout son sens.

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