Cette partie de Pribaïkalié est en grande partie couverte de champs et de prés, résultat de l'activité de l'homme. On a découvert ici, près des monts Mankhaï, des traces de l'homme, sous forme de sculptures rupestres datant de 25 000 ans. On a également mis au jour des vestiges de l'époque néolithique (2 000-7 000 ans) dans les communes de Ikhirite-Boulagate et d'Ossa. Au IXe siècle de notre ère, les tribus turques, mongoles et évenks menaient une vie nomade. Certaines cependant, telle celle des Kourikans, avaient une culture de haut niveau et s'occupaient d'élevage et d'agriculture. Aux XIIe-XIIIe siècles, leur terre fut annexée à l'empire de Gengis Khan. Après sa défaite, les tribus nomades, formant autant de clans, vécurent en guerre les unes contre les autres, et souffrirent des incursions mongoles fréquentes. L'arrivée des Russes au XVIIe siècle mit un terme à la confrontation perpétuelle et marqua la rupture de ces tribus avec l'ethnie mongole.

Les aborigènes de la région s'appellent les Bouriates d'Ouest, à la différence des Bouriates d'Est, habitants des régions sud du lac. Les Bouriates d'Ouest s'imprégnèrent de l'influence russe et se sédentarisèrent les premiers, abandonnant l'élevage traditionnel pour l'agriculture, d'autant que leurs plaines étaient assez fertiles. Elles représentent actuellement le tiers des terres cultivées en Pribaïkalié. Aujourd'hui, les agriculteurs du district produisent un tiers du lait, des céréales et la moitié de la laine de toute la région d'Irkoutsk.

L'industrie, inexistante avant l'ère soviétique, exploite, à Noukouti, l'une des plus grandes mines de gypse du pays ainsi qu'une mine de fer à Zabitouï, au sud. Le Transsibérien, qui traverse le district à l'ouest, et les grands travaux de l'époque socialiste, attirèrent dans la région des gens d'un peu partout. Sur les 122 000 habitants actuels de l'okrug (subdivision administrative de type département), les Bouriates sont au nombre de 43 000 (36 %), les Russes représentant 50 %. Déjà au XVIIe siècle, les liens entre les Russes et les Bouriates étaient assez solides ; dans les villages mixtes, les Russes célibataires épousaient volontiers les filles des Bouriates. Ce qui a donné à la région de nombreux beaux métis aux pommettes saillantes et aux yeux mi- bridés. Les années de la guerre civile et de la collectivisation furent pour le peuple bouriate non moins néfastes que pour les autres. Ces mêmes années pourtant s'accompagnèrent d'un bond culturel et économique pour la population bouriate, dont 97 %, avant la révolution, ne savait pas lire et habitait dans des yourtes, avec un feu de bois au centre, sans même un abri pour ses bestiaux en hiver. A l'automne, on creusait des fosses pour protéger les animaux du froid pendant les mois d'hiver. Quelques-uns avaient encore recours à cette pratique il y a...

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L’espace

Rares sont les endroits sur cette terre où l'on peut se sentir véritablement seul. La Sibérie en fait partie. Au beau milieu de la taïga ou de la toundra, en haut de ses montagnes et le long de ses fleuves, l'espace sibérien procure un sentiment de solitude et de liberté. Si vous avez épuisé le catalogue des " vacances nature ", la Sibérie est pour vous. Ski de piste, chiens de traîneaux, croisières fluviales, hélicoptère au-dessus des volcans ou simple méditation devant tant de beauté, cet immense territoire dévoile ses charmes à qui veut franchir l'Oural. Il faut sept jours de train pour traverser ce pays, 500 kilomètres sont une promenade de santé et certaines régions septentrionales sont coupées du monde plusieurs mois par an. Mais le jeu en vaut largement la chandelle.

Le choc culturel
Compétition de Kures, la lutte khakasse.
Compétition de Kures, la lutte khakasse.

L'impression que procurent ces espaces à perte de vue est si forte qu'on se sent mal à l'aise une fois de retour en ville après quelques jours de randonnée ou de trekking. Mais cette sensation de décalage passe bien vite : les cités sibériennes ont le sens de l'accueil et sont d'une tranquillité réconfortante. Loin d'être des laiderons architecturaux, les plus anciennes sont même fort belles telles Irkoutsk ou Tomsk.

Elles sont aussi pour le voyageur l'occasion d'observer le melting-pot sibérien. Russes, Ukrainiens, Polonais, Caucasiens, Asiatiques... La Sibérie est la terre natale d'une trentaine d'ethnies minoritaires qui n'ont absolument rien en commun avec les Russes et qui se répartissent en plusieurs familles linguistiques : les peuples ougriens (cousins des Finnois... et des Hongrois !), les peuples ouraliens (cousins des précédents), les peuples toungouses, mongols et turcs appartenant à la famille altaïque, sans oublier les peuples hyperboréens qui n'ont pas fini de faire enrager les linguistes. La Sibérie est aussi ce mélange de peuples et de cultures, au croisement de l'Europe et de l'Asie, comme un point d'interrogation sur l'identité russe.

Une autre Russie
Lever de soleil automnal sur la Réserve Naturelle de l'Altaï
Lever de soleil automnal sur la Réserve Naturelle de l'Altaï

Hélas, les voyages en Russie sont souvent circonscrits dans sa partie européenne, la plus peuplée, la plus ancienne, mais aussi la moins représentative de l'espace russe. Alors que les Moscovites s'agitent et que les Pétersbourgeois n'en finissent pas de lorgner sur l'Europe, la Sibérie impose un autre rythme, plus lent, contemplatif même. Il est difficile d'énoncer des généralités sur la situation économique des Sibériens : certaines régions bénéficient d'importants investissements (gaz, pétrole, mines...) alors que d'autres sont laissées à l'abandon. Cela étant, un voyage au-delà de l'Oural vous permettra d'apprécier peut-être plus justement la situation des Russes contemporains qu'un séjour à Moscou. De plus, les Sibériens ont la réputation (parfaitement justifiée) d'être très hospitaliers et ravis de faire découvrir leurs contrées aux visiteurs étrangers. Plus qu'ailleurs en Russie, vous ressentirez cette tradition d'accueil qui veut qu'on reçoive un étranger comme un prince et qu'on le prenne en main quand il est perdu. Espace de solitude, la Sibérie est aussi un endroit où la solidarité est un mot qui prend tout son sens.

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