Guide de l'Ontario : Population et langues

La province de l'Ontario est une véritable mosaïque culturelle et linguistique. On y retrouve des groupes ethniques qui parlent plus d'une centaine de langues et dialectes différents. La population ontarienne est plus diversifiée que celle du reste du Canada, et la ville de Toronto abrite plus de cultures différentes que sa voisine québécoise (Montréal). Un melting pot impressionnant qui semble vivre en harmonie.

Les minorités visibles

Selon la définition officielle au Canada, le terme de " minorité visible " s'applique aux personnes qui ne sont ni blanches, ni caucasiennes, ni aborigènes. Dans la région métropolitaine de Toronto, près de la moitié de la population se considère comme faisant partie d'une de ces minorités. Les minorités les plus importantes répertoriées sont les Sud-Asiatiques, les Chinois, les Noirs, les Philippins et les Latino-Américains.

Les peuples autochtones
<p>Danse aborigène à Ottawa.</p>

Danse aborigène à Ottawa.

Selon les données du ministère des Affaires autochtones de l'Ontario, 1,7 % de la population ontarienne est d'origine autochtone, soit environ 245 000 personnes d'ascendance amérindienne ou inuite enregistrées auprès du gouvernement (résidents et non-résidents). Ce groupe représente environ 15 % de la population autochtone du pays, soit la plus forte concentration au Canada. Les Autochtones sont composés des peuples des Premières Nations (Amérindiens), des Métis et des Inuits. Une journée leur est d'ailleurs dédiée d'un océan à l'autre : le 21 juin, Journée nationale des Autochtones. Les Autochtones de l'Ontario sont répartis en sept nations : Algonquin, Cri, Delaware, Haudenosaunee, Odawa, Ojibway (Chippewa) et Potawatomi. Ces nations vivent dans plus de 200 réserves dispersées sur l'ensemble du territoire de l'Ontario. A noter qu'il n'y a pas d'Inuits sur le territoire de l'Ontario.

Les Amérindiens

On réduit trop souvent l'histoire de ce qu'on appelle le Nouveau Monde à celle de sa colonisation par l'Ancien Monde, épisode récent au regard à la longue présence de l'homme sur le continent. Les premiers occupants de l'Amérique furent les Amérindiens qui, venus d'Asie en franchissant le détroit de Béring par vagues successives, ont fait preuve d'une certaine ingéniosité pour subsister dans un environnement souvent hostile. Aujourd'hui, le Canada compte un peu plus d'un million d'Amérindiens, de Métis et d'Inuits divisés en différentes nations dispersées sur l'immensité du territoire.

Les Amérindiens aujourd'hui. Le lien des Amérindiens avec la nature est très étroit. Il ne se borne pas à l'exploitation pure et simple de cette dernière. Il s'agit au contraire de l'utilisation intelligente d'un potentiel limité de ressources écologiques. Que reste-t-il de ce mode de vie après l'arrivée des Européens ?

C'est lentement que l'influence européenne a eu des répercussions, si bien que certaines nations comme les Cris ont pu préserver jusqu'à maintenant une partie de leur culture. Le christianisme a cherché à en éliminer tout ce qui lui faisait concurrence, à commencer par la religion et la mythologie. Les missionnaires, qui ont toujours un certain pouvoir auprès des Autochtones, ne sont pas étrangers à leur sédentarisation, datant parfois d'il y a moins de cinquante ans. La création des réserves et des pensionnats, sans oublier les adoptions forcées, est une page sombre de l'histoire de l'Ontario et du pays tout entier. Un génocide culturel, un déracinement sans précédent. Une importante page d'histoire est omise dans le système d'éducation canadien...
Toutefois, certaines nations continuent de faire de longs séjours dans la nature et d'y mener des activités de chasse, de pêche et de cueillette qui restent essentielles. De nombreux Amérindiens ont surtout su garder une réelle connaissance d'un milieu difficile auquel ils se sont adaptés de manière spécifique, tout en le transmettant à la jeune génération.

Un statut à part. Le clivage perdure entre les Amérindiens et les Blancs, accentué par une méconnaissance réciproque. Les Amérindiens ont un statut fiscal privilégié et bénéficient de certains avantages particuliers, notamment un statut dérogatoire pour la chasse et la pêche. Mais lorsqu'on prend le temps de lire la Loi sur les Indiens, on découvre que la vie sous un statut d'amérindien est loin d'être rose. Une vie au crochet de l'Etat où le décrochage scolaire, l'alcoolisme et la violence font tristement partie de la routine quotidienne. Une vie où pendant des siècles, on a tenté de faire disparaître toute trace de culture, langue et coutumes chez les peuples autochtones.

Certaines réserves ont toutefois connu un sort plus enviable en développant de meilleurs services sociaux et une offre culturelle et touristique de qualité.

La question amérindienne au Canada. Le Canada actuel s'efforce, plus que par le passé, de se préoccuper de ses minorités, surtout depuis l'arrivée au pouvoir de Justin Trudeau. À savoir qu'une Commission de vérité et réconciliation s'est conclue en mai 2015 au sujet des pensionnats autochtones, et que le gouvernement entend bien effectuer la mise en oeuvre des recommandations de la Commission. Après des années de pression auprès de l'ancien gouvernement Harper, demandes qui n'ont essuyé que des refus de sa part, une enquête nationale sur les quelque 1 200 femmes et filles autochtones disparues ou assassinées est finalement en cours. Autre bon coup du gouvernement Trudeau : il appuie désormais sans restriction la Déclaration sur les droits des peuples autochtones de l'ONU, abandonnant ainsi la position d'objecteur permanent qu'il maintenait jusqu'alors. Bonus : des promesses électorales concernant l'injection massive de fonds pour l'éducation et la santé, des crédits pour les communautés faisant la promotion de leur langue et de leur culture, l'accès à l'eau potable dans toutes les communautés, la révision, l'abrogation et l'amendement de toute loi en vigueur qui ne respecte pas les droits des Autochtones ou qui a été adoptée sans véritable consultation, etc. En bref, depuis que les Autochtones commencent à s'unir, leurs revendications politiques sont de plus en plus écoutées. Et avec la collaboration qui s'installe entre le gouvernement de Justin Trudeau et les Premières Nations, Métis et Inuits du pays, on peut s'attendre à une nouvelle ère de relations entre ces " clans " que l'histoire a trop longtemps divisés.

Tourisme autochtone. A la fin des années 1980, certaines nations ont commencé à accueillir des touristes sur leurs territoires, dans le but de leur faire connaître leur environnement, leur habitat et leur culture. Le créneau touristique s'est développé à un point tel que plusieurs associations et organismes ont vu le jour pour chapeauter un réseau offrant divers services allant de l'hébergement aux activités traditionnelles. Une belle manière de vivre le " vrai " Canada ! Pour plus d'info sur le tourisme autochtone en Ontario : www.mtc.gov.on.ca/fr/aboriginal/aboriginal_tourism.shtml

Langues

Selon les données de Statistique Canada lors du dernier recensement en 2016, l'anglais est parlé par plus de 12 millions de personnes et le français par plus de 500 000 personnes. Près de 1,4 million de personnes parlent les deux langues officielles, tandis que plus de 3,3 millions parlent une autre langue. D'autres langues sont également beaucoup parlées dans les foyers ontariens, comme l'italien, le cantonais, l'espagnol, le pendjabi, le tagalog (filipino), le portugais, l'arabe, l'allemand et l'ourdou.

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