Guide du Vénézuela : Mode de vie

Vie sociale
Pause cantine à El Bruzual.
Pause cantine à El Bruzual.
La philosophie du hamac et de la glacière...

Impossible de dissocier Venezuela, hamac et glacière ! Le hamac pend invariablement devant les maisons à la campagne et accueille enfants assoupis, adultes au repos et grands-parents laissant la vie passer. Autour de lui on y discute, on y rêvasse, on y regarde la télévision, on y fait l'amour et, surtout, on y dort. Nombreux sont les Vénézuéliens qui possèdent dans leur chambre à coucher, en plus du lit, un hamac où ils dorment régulièrement. Quant aux différentes ethnies indiennes, toutes utilisent des hamacs comme couche. Dans la forêt, il est vital de dormir au-dessus du sol où peuvent se promener des animaux potentiellement dangereux ou dont la morsure n'est en tout cas pas agréable : araignées, serpents, scorpions, fourmis. Il existe bien sûr des hamacs de toutes les tailles et toutes les matières : en coton, en fibre de palmiers moriche, en diverses matières synthétiques. Il ne doit surtout pas être trop tendu, mais ne doit pas toucher terre non plus. Pensez à la moustiquaire également.

Encore plus populaire que le hamac mais pas incompatible - au contraire -, la glacière. Elle ne quitte pas son maître, dans la voiture, sur un parking ou sur une plage. Autour d'elle on y refait le monde, on y danse et on y chante. Les mains toujours prêtes à plonger au milieu des glaçons pour en sortir une bière Polar bien fraîche dont les Vénézuéliens sont d'immenses consommateurs. La glacière est à n'en pas douter le produit qui rassemble tout le monde. Pour les alimenter sur les routes circulent 24h/24 des remorques transportant les précieux breuvages fermentés et toutes les régions possèdent leur propre brasserie afin de faciliter et accélérer le transfert de la cuve jusqu'à la glacière pour finir dans le gosier. Le cocktail hamac et glacière se conclut souvent par une bonne sieste sur la plage ou devant le tube cathodique... ou plasmique !

Education

L'espagnol est la langue maternelle de la grande majorité des Vénézuéliens et la langue officielle de la République. Viennent ensuite les langues (pémon, warao, panare...) propres aux différentes populations indigènes, dont certains de leurs membres ne parlent ni ne comprennent l'espagnol. Un article de la loi reconnaît aux langues indigènes, à côté du castillan, le statut de langues officielles dans tout le pays. L'enseignement est généralement dispensé en espagnol. L'article 107 de la Constitution stipule qu'il est " obligatoire d'enseigner avec respect la langue castillane dans les institutions publiques et privées, jusqu'au cycle diversifié, ainsi que l'histoire et la géographie du Venezuela, et les principes de l'idéologie bolivarienne ". Les livres scolaires sont principalement rédigés en espagnol avec une orientation politique très marquée dans le public. Depuis son accession au pouvoir en 1999, Chávez a entrepris une réforme de l'enseignement dans les écoles et les universités sans précédent dans l'histoire, les droits d'inscription inabordables pratiqués par de nombreuses universités ont tenu pendant longtemps la majorité de la société à l'écart de l'éducation supérieure. La nouvelle loi organique a supprimé les droits d'inscription dans les écoles publiques, et a lancé le programme " laissés pour compte " destiné aux enfants défavorisés. Les élites continuent d'étudier dans les établissements privés qui sont les voies de l'excellence. D'ailleurs les enfants de quelques responsables politiques sont inscrits dans le privé, au Colegio Francia notamment.

Mœurs et faits de société
Télévision

Les Vénézuéliens en sont très friands. Ils sont toutefois sélectifs et ne regardent pas n'importe quoi : du base-ball et de plus en plus de football (les hommes) ou plus souvent des telenovelas (tous, de 9 à 99 ans). Les chaînes nationales proposent ainsi à leur public, en prime time, des sitcoms qui dépeignent dramatiquement les terribles problèmes sentimentalo-financiers de très riches et très belles personnes. Les téléspectateurs se passionnent pour ces pièces cinématographiques de premier ordre, commentent les actions des protagonistes et débattent enfin pour savoir si l'héroïne devrait quitter son richissime époux qui la bat ou se sacrifier à ses enfants. Le niveau, on s'en doute, atteint des sommets...

Quinceañera (la fête des quinze ans)

Comme dans toute l'Amérique latine, l'âge de quinze ans est considéré comme le plus important moment de la vie d'une femme (avec le mariage !). La célébration en grande pompe de cet anniversaire traduit le passage de l'enfance à l'âge adulte. Une belle fête, réunissant famille et amis, est alors organisée pour l'heureuse princesse d'un jour. Les familles économisent parfois des mois, quitte à s'endetter, pour offrir la plus belle robe et le plus beau banquet qui soit. Le cadeau dépend du budget des familles, certaines ne se privent pas d'envoyer leurs enfants à Orlando, voire à Paris, pour voir Mickey et faire la fête dans les discothèques.

Le culte des Miss

L'audimat explose lors de l'élection de Miss Venezuela, en septembre. Un site Internet leur est consacré (www.missvenezuela.com). Ces ravissantes poupées jouissent d'un formidable crédit et ne passent pas, contrairement à chez nous, pour des idiotes. Par conscience professionnelle, votre serviteur a bien voulu se sacrifier et fréquenter certaines de ces créatures, si bien qu'il peut confirmer l'information avec toute la rigueur journalistique qui sied à un guide dépeignant la culture d'un pays ! Le chemin qui mène à l'élection est pourtant semé d'embûches. Premièrement, les candidates ont tout intérêt à naître sous une bonne étoile, ou plutôt un beau jour, ce qui dans le jargon cache une suite de nombres : 90-60-90 constitue par exemple une bonne combinaison pour les numérologues de la profession. La suite tient moins du hasard. Pour avoir une chance, il faut être admise à " l'école des miss " dirigée par Osmel Souza, d'origine cubaine, devenu millionnaire en dollars depuis la création de son entreprise de charme. Le tout est d'y entrer : des centaines de créatures favorisées par Dame Nature défilent sous l'oeil imperturbable du big boss, d'un odontologue, d'un chirurgien plastique et d'un psychologue qui tentent de cerner les personnalités, ceci afin de ne retenir que les demoiselles présentant le plus grand potentiel. Le Vénézuélien de la rue n'est pas peu fier de l'allure de ces filles parfaites qui trustent les prix lors des concours internationaux. Il est d'usage que Miss Venezuela concourt pour l'élection de Miss Univers, sa dauphine se présente à celle de Miss Monde et la troisième à celle de Miss Panaméricaine. En 2009 : Stefania Fernandez est la sixième Vénézuélienne à être sacrée Miss Univers. Record également du côté des Miss Monde puisque le Venezuela a remporté six fois le titre devant l'Inde et le Royaume-Uni (5 titres). La dernière en titre, Ivian Sarcos, a été élue en 2011.

Homosexualité

Plus généralement masculine, propre aux sociétés machistes comme la grande majorité en Amérique latine, l'homosexualité est respectée. Il n'est pas rare de voir sur une plage comme à Choroni des regroupements d'hommes de même orientation sexuelle au milieu des familles. Les Vénézuéliens sont ouverts d'esprit généralement et se moquent de la vie privée des autres, ou du moins ne s'en occupent pas. A Caracas il n'est pas rare de croiser quelques couples main dans la main.

Religion

94 % de la population se réclame du catholicisme romain et l'Eglise, bien qu'au pouvoir légèrement déclinant, garde une importance certaine dans la vie de tous les jours. Ainsi, environ un tiers de la population se signe en passant devant une église et les Vénézuéliens ponctuent souvent leurs phrases par des expressions telles que Si Dios quiere (" Si Dieu le veut ") ou Gracias a Dios (" Grâce à Dieu "). Certains autres points chers à sa sainteté vaticane, tels que l'abstinence sexuelle avant le mariage ou la fidélité, trouvent également bien peu d'applications dans la pratique.

Depuis plus d'une vingtaine d'années, on constate une émergence de religions inspirées du protestantisme (5 % environ). Juifs et musulmans sont une minorité, alors que l'on voit apparaître quelques évangélistes autrefois insignifiants par rapport au poids qu'ils représentent en Amérique centrale, abstinents sur les deux points qui sont les plus chers aux Vénézuéliens : l'alcool et le sexe. Les Indiens des régions reculées pratiquent encore des rites animistes et consultent plus volontiers les chamans que les médecins ou les prêtres... Enfin, une petite partie de la population se voue au culte de la santería, provenant de rites africains en partie christianisés (les dieux africains ont été assimilés aux saints catholiques). On reconnaît aisément ses adeptes aux longs colliers colorés qu'ils portent autour du cou. Ils pratiquent volontiers la sorcellerie et l'art de la divination, ce qui provoque parfois une certaine crainte parmi le reste de la population. Il existe également des variantes, issues de métissages avec les religions indigènes, notamment le culte de María Lionza, qui se pratique principalement sur la montagne de Sorte dans l'Etat de Yaracuy.

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