Guide d'Italie : Mode de vie

Vie sociale
<p>Dans les rues de Vintimille.</p>

Dans les rues de Vintimille.

Naissance et âge

Le pays connaît un taux de natalité de 7,45 ‰ pour un taux de mortalité de 10,70 ‰. Le taux de fécondité, en constante baisse, est de 1,35 enfant par femme, insuffisant pour le renouvellement des générations, d'où le risque à terme d'un dangereux vieillissement de la population (en décembre 2017, le pays comptait environ 100 000 personnes de moins que l'année précédente, soit la troisième année de baisse consécutive). Cependant, ces données alarmistes ne reflètent pas les fortes disparités existantes entre régions, et principalement entre un "  grand Nord  ", déficitaire quant à sa natalité, et un Mezzogiorno dont le solde naturel est resté excédentaire. Ces chiffres sont la traduction d'un véritable phénomène de société, d'un changement de mentalité, dû à l'urbanisation, à l'enrichissement ou encore à la baisse d'influence de l'Eglise, notamment chez les jeunes. La distribution sexuelle est assez homogène  : 49 % d'hommes, pour 51 % de femmes. L'espérance de vie est de 80 ans pour les hommes et de 84 ans pour les femmes. Dans tout le pays mais surtout dans le Sud, la tradition de communication veut que les avis de décès soient placardés dans tout le village, dans toute la ville, avec l'heure d'inhumation. Ce qui peut nous paraître parfaitement lugubre - il y a parfois les photos - est considéré comme un geste naturel par les Italiens pour prévenir tous ceux qui ont connu le défunt.

Retraite

Le problème des retraites, d'actualité en France, l'est aussi en Italie. Les Italiens partiront à la retraite encore plus tard ! L'âge légal de départ à la retraite est de 66 ans pour les hommes et de 62 ans pour les femmes. Il sera fixé à 67 ans à partir de 2019. Dès 2019, il sera alors nécessaire de cotiser 43 ans et 3 mois pour les hommes, et 42 ans et 3 mois pour les femmes.

Education

En Italie, le taux d'alphabétisation est de 98 %. L'école publique est gratuite et obligatoire jusqu'à 16 ans. Les divisions scolaires se déroulent de la maternelle (de 3 à 5 ans) au primaire (à 10 ans), jusqu'à l'équivalent du collège français, appelé " intermédiaire " en Italie et sanctionné par un examen important de fin d'études (équivalent du BEPC en France). Ensuite, au lycée, les élèves peuvent choisir entre les études d'enseignement classique, scientifique, littéraire ou artistique. L'examen, la maturità, correspond au baccalauréat français. Le système universitaire est partagé en deux cycles, de 5 ans au total. Après les trois premières années est délivrée une laurea breve (qui correspond à une licence française), puis il faut faire encore 2 ans pour obtenir une laurea specialistica (un master).

Travail

Les aléas de la crise européenne n'épargnent pas l'Italie. La situation économique serait comparable à celle de la France en Italie du Nord et à celle de l'Espagne en Italie du Sud. En effet, depuis les cinq dernières années, le taux de chômage ne cesse d'augmenter... ne faisant qu'accentuer les disparités Nord/Sud préexistantes. Les jeunes diplômés (ou non) sont les premiers à souffrir d'une telle situation : la difficulté d'accès au premier emploi n'est qu'amplifiée par l'importante précarité économique (baisse de la rémunération, absence de cotisations sociales...). Le chômage des jeunes reste élevé à 37,1% (2017). Nombreux sont les jeunes actifs à demeurer encore chez leurs parents ou à vouloir s'expatrier vers des destinations lointaines, mais plus rentables : Canada, Australie, Nouvelle-Zélande...

Expressions napolitaines

Naples. Le coeur de l'Italie. Ville mythique, d'art et d'histoire, pour un peuple épris d'audace et de liberté... Naples la frénétique, bouillonnante de vie et de trafic urbain, portuaire, routier ! Pendant que les Vespa filent à vive allure, un habitué sirote sereinement son café en terrasse... avant de rejoindre ses amis, qu'importe la grève des poubelles ! C'est sans doute ce mélange si particulier de nonchalance et d'urgence qui forge le caractère de Naples. Malgré ces contradictions, la cité demeure, tranquille...

Ces trois phrases napolitaines illustrent à merveille cet état d'esprit, étendu également au domaine du travail. Loin de subir la pression de la crise et le mal du siècle occidental (le stress), les Napolitains vivent au jour le jour... Et dans la vie professionnelle, il vaut mieux apprendre à lâcher prise !

Andiamo a fatica' ! Plutôt que d'aller bosser, les Napolitains préfèrent utiliser le verbe " se fatiguer ", ce qui veut tout dire !

Nun t'applica. Cette allocution se traduit facilement par le fait de ne pas chercher à t'appliquer. Nul sens du travail bien fait et du perfectionnisme... Il s'agit simplement de faire le minimum syndical !

Sta' senza pensieri. L'art de vivre à Naples semble se rapprocher de la philosophie orientale ! En effet, vous entendrez de la bouche de certains Napolitains le conseil de demeurer sans pensées. Ceci équivaut à ne pas encombrer son esprit de pensées négatives ou parasites, en somme de rester zen en toutes circonstances et de vivre l'instant présent !

Mœurs et faits de société
<p>Dans les rues de Naples.</p>

Dans les rues de Naples.

Noms

Les noms de famille italiens dérivent souvent des charges ou de titres dont bénéficiaient les plus illustres ou les plus anciens membres d'une lignée  : Abati (abbé), Consoli (consul), Giudici (juge). Autre cas de nom de famille, moins glorieux mais très courant  : Esposito, dont la signification en napolitain est "  exposé  ". Mais exposé à quoi ? A qui ? Ce nom fut donné aux enfants abandonnés qui étaient placés sur l'autel ou le porche d'une église. Ils étaient exposés, d'où le nom donné à ces enfants trouvés. Les prénoms dérivent aussi des différents saints des lieux. A Naples, par exemple, où saint Carmine est très important ce prénom est fréquent.

Famille

L'influence de l'Eglise catholique romaine reste sensible sur la structure familiale. D'une manière générale, les liens familiaux sont plus forts en Italie, surtout dans le Sud, que dans n'importe quel autre pays d'Europe occidentale. Les caricatures ou autocritiques du cinéma d'après-guerre à propos de la fameuse mamma italienne sont toujours actuelles. Ainsi, le film français Tanguy, où un enfant, jeune homme de 28 ans, vit encore chez ses parents, alors que ceux-ci l'encouragent à quitter le foyer familial, a été très mal reçu en Italie, fortement critiqué, voire censuré. Plus les enfants quittent tard la maison parentale, plus les parents sont heureux. Le point de vue des enfants, encore aujourd'hui, n'est pas très clair : bien que trouvant un certain confort à demeurer plus longtemps dans le nid familial, le système économique du pays, fragilisé par de nombreux aléas (crise financière, augmentation du taux de chômage chez les jeunes, précarité de l'emploi...), ne fait qu'augmenter ce phénomène et retarder l'envol des jeunes adultes.

Le mammisme

Véritable phénomène de société, on parle de mammisme (ou matriarca) pour désigner la proximité de la mamma Italienne, la mère de famille et de ces enfants. La mamma pour un Italien, c'est tutto ! Tout, comprenez toute sa vie ! Son passé, son présent et même son avenir... N'en déplaisent aux dames, les hommes italiens n'arrivent pas à couper le cordon ombilical. On voit alors des "  grands garçons  " rester jusqu'à 30 ans chez leur mamma, ou se marier mais habiter à... quelques minutes de chez leur mère. La mamma s'apparente à un mythe, propre aux Italiens, à leur culture et à leur vision de la famille et de la société. Ce mythe se perpétue de génération en génération, la mamma est "  indémodable  ". Aux petits soins pour ses enfants, elle-même contribue à un certain machisme italien. Le cinéaste Pier Paolo Passolini en a fait même un film La mamma roma. Sans sa "  mamma italienne  ", un Italien semble déboussolé ! Le mariage reste le plus important accomplissement dans la vie des Italiens. La religion, en tant que valeur morale, a toujours beaucoup de poids dans la structure familiale mais n'est plus un obstacle quant aux décisions de séparation. Autorisé depuis 1970, le divorce est peu à peu rentré dans les moeurs.

Homosexualité

Le peuple italien (surtout dans le sud du pays) demeure considérablement attaché à ses traditions. Le pays s'est forgé au fil des siècles au gré de valeurs morales fortes et ancestrales, transmises de génération en génération. Le mythe de la famille traditionnelle (où la mamma règne en maître) nous le prouve encore aujourd'hui. De plus, la religion revêt une importance fondatrice et le Vatican est le coeur même de l'Eglise catholique. Dès lors, parler d'homosexualité dans un tel contexte n'est pas chose aisée... et le sujet est resté longtemps tabou, ne faisant qu'accentuer le mal-être des jeunes homosexuels du pays et rendant quasi impossible leur coming out. Dans le monde politique, les propos homophobes sont relativement répandus chez certains partisans de la Ligue du Nord. Par rapport aux autres pays d'Europe occidentale, l'Italie pourrait bien afficher un retard de 20 ans en la matière !

Mais depuis ces dernières années, le Nord du pays se montre bien plus ouvert sur la question. Les choses bougent pour le plus grand plaisir de la population homosexuelle (gay, lesbienne, bi, trans) italienne. D'où l'émergence de lieux gays où sortir et s'amuser (bars, clubs, endroits tendance), de bons plans accessibles dans les villes branchées d'Italie.

Des associations (dont la principale et la plus célèbre : Arcigay) se mobilisent pour prôner l'obtention des mêmes droits que les hétéros. Les nombreuses manifestations dans les rues sont d'ailleurs au coeur de tous les débats. Le 11 mai 2016, en dépit de l'avis des nombreux opposants, Matteo Renzi contribue à une grande avancée puisque la loi sur les unions civiles homosexuelles est désormais adoptée. Le texte reconnaît donc un réel statut pour les concubins gays, aux yeux de la loi. Mais jusqu'à l'adoption du mariage gay comme en France, il y a encore du chemin à faire...

Religion
La religion antique

Dès ses origines, Rome a toujours lié les pratiques religieuses à chacun des événements de la vie publique. Les pratiques religieuses semblent être la caractéristique de la religion romaine, qui ne connaît pas de mythologie ni de théologie, contrairement à d'autres peuples du Bassin méditerranéen. Mais la religion romaine est plus complexe qu'il n'y paraît  : il s'y mêle des éléments italiques, étrusques et grecs. De plus, cette religion s'est toujours montrée très tolérante à l'égard des cultes étrangers, et ses caractéristiques originelles ont souvent été gravement altérées par la pénétration et la diffusion de divinités et de cultes exotiques  : l'afflux de cultes orientaux à mystères (cultes d'Isis, de Mithra et de Sérapis) n'a fait qu'aggraver les différences déjà existantes entre les pratiques des classes supérieures de la société et celles du petit peuple.
Le sentiment religieux des temps archaïques relève d'un sens du divin profond mais diffus. Les puissances supérieures, indistinctes, multiformes, sont appelées numina ; il est intéressant de constater que dans certaines régions très isolées d'Italie, la conscience de ces divinités toujours agissantes n'a d'ailleurs pas actuellement disparu. Très rapidement, semble-t-il, les anciens Romains ont distingué un "  temps sacré  " (réservé aux dieux, aux fêtes) d'un temps "  profane  " (consacré aux travaux de la terre, à la guerre)   : un calendrier "  magique  " s'est ainsi créé, faisant alterner action et inaction, temps profane et temps sacré. Ce sont les Etrusques vraisemblablement qui ont codifié les rituels organisés dans le temps, pour rendre aux dieux les honneurs correspondant aux activités saisonnières.

La religion actuelle

Le christianisme est apparu à Rome une dizaine d'années après la crucifixion du Christ. Les premiers chrétiens furent persécutés par les Romains, mais le christianisme finit par devenir la religion officielle de l'Empire romain. Au Moyen Age, le pape, chef spirituel de tous les catholiques, régnait sur un Etat influent et Rome devint le centre du monde chrétien. L'Eglise italienne et le Vatican n'ont pas d'autres rapports, et ce depuis 1870, date à laquelle les papes ont abandonné le pouvoir politique dont ils disposaient. En 1929, les accords de Latran reconnaissaient la cité du Vatican comme Etat indépendant et souverain au sein de Rome. L'Eglise italienne est dirigée par un cardinal et par le conseil épiscopal italien, et est une ramification de l'ensemble du monde catholique. L'influence politique de l'Eglise est allée en s'amenuisant depuis les années 1960. Le catholicisme fut longtemps religion d'Etat et ce n'est qu'en 1984 qu'un concordat a mis fin définitivement à sa position prééminente. De nos jours, le catholicisme n'est plus une religion d'Etat et la Constitution italienne garantit la liberté de religion. Cependant la religion regroupe sur son territoire nombre d'églises, de saints et de sanctuaires du monde chrétien. A cela s'ajoute le fait que le Vatican se trouve en Italie. Mais le pape qui y réside et est à la tête du Vatican se charge de plus de 850 millions de catholiques dans le monde.
Comme en France, les trois grandes fêtes religieuses sont Pâques, le 15 août (ferragosto) et Noël. Si les Italiens sont de plus en plus nombreux à adopter les us et coutumes de l'Europe du Nord en matière de célébration de Noël - sapin et échanges de cadeaux - il reste deux traditions bien ancrées en Italie  : la construction de crèches (presepi) très élaborées et la Befana. Le 6 janvier, jour de l'Epiphanie, la Befana (sorcière) parcourt le ciel sur un manche de balai à la recherche de l'Enfant Jésus. Elle s'arrête à chaque maison et laisse cadeaux, jouets et friandises aux gentils enfants et un morceau de charbon aux autres.

Pratique religieuse. Si 97 % de la population italienne est baptisée, seulement 10 % va à la messe régulièrement et encore moins nombreux sont ceux qui suivent le Vatican dans le domaine de la morale. De même, l'instruction religieuse est facultative dans les écoles publiques. Dans les années 1950, la part des catholiques pratiquants était de 60 %, alors qu'aujourd'hui elle ne représente plus que 30 % de la population italienne. Il y a aujourd'hui 43 000 prêtres en Italie, contre 91 000 en 1901. Cependant, depuis les années 1990, selon les chercheurs, la tendance n'est plus à la baisse et les Italiens seraient de plus en plus nombreux à assister à la messe, témoignage d'une revalorisation de la religion dans la vie des Italiens.

Conseils aux visiteurs. En Italie, visiter l'intérieur d'une église ou d'un monument religieux suppose d'adopter une attitude vestimentaire correcte. Pour les Italiens, c'est un signe de respect vis-à-vis de soi-même, des autres et du lieu saint en question. De ce fait, évitez les tenues trop courtes, dénudées ou provocantes (shorts très courts, tops dos-nu), et pensez par exemple à vous couvrir les épaules à l'aide d'un foulard ou d'un gilet, le temps de votre visite. Ces conseils valent encore plus dans le cadre où vous souhaiteriez assister à une messe par exemple.

Autres religions

En Italie, les non-catholiques ne sont que 3 % de la population. Ce pourcentage est très faible en comparaison de l'ensemble des pays européens. La communauté musulmane, dont les représentants sont originaires d'Europe centrale et du Maghreb, est très récente en Italie, une nation qui au même titre que l'Espagne, resta exportatrice de main-d'oeuvre vers le Nord de l'Europe et les Etats-Unis jusque dans les années 1970. Les chrétiens protestants et orthodoxes, originaires d'Europe centrale (Roumanie, Russie, ex-Yougoslavie ou Bulgarie) arrivent ensuite, devant les membres de la communauté juive, traditionnellement présents en Italie du Nord essentiellement.

Le Vatican

C'est un "  micro  " Etat de 1 000 habitants qui travaillent pour l'Eglise catholique (la garde suisse, les hauts dignitaires, le clergé en général). Cette indépendance remonte aux accords du Latran symbole de séparation de l'Eglise et de l'Etat. Chaque jour des milliers de personnes se déplacent à Rome pour voir et prier au Vatican et avec de la chance recevoir la bénédiction du pape. Le Vatican est le symbole par excellence du catholicisme. C'est un Etat indépendant situé à Rome ayant pour chef le pape François. Il est le 266e pape ! Ce pape argentin jésuite se distingue par son ouverture d'esprit et son anticonformisme, il est aussi le premier pape issu du continent américain. Parmi les évènements majeurs récents, citons les canonisations des papes Jean-Paul II et Jean XXIII en avril 2014 et la canonisation (le fait de devenir saint) de Mère Teresa, devenue sainte officiellement aux yeux du monde et de l'Eglise catholique le 4 septembre 2016.

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