Guide d'Italie : Population et langues

POPULATION
La population aujourd'hui

Jusqu'au milieu des années 1970, l'Italie "  exportait  " ses travailleurs, conséquence du sous-emploi bien sûr mais également du fort taux de natalité que connaissait le pays. Aujourd'hui, la population baisse en Italie. En décembre 2017, le pays comptait environ 100 000 personnes de moins que l'année précédente et le nombre de naissances n'a jamais été aussi bas. L'Italie comptait en 1981 56,1 millions d'habitants, 58,711 millions en juillet 2007, d'un âge moyen s'élevant à 43 ans. Fin décembre 2017, le pays comptait 60,5 millions d'habitants. Malgré cette tendance, l'Italie reste un pays à forte densité de population (202 habitants/km²), mais là aussi il existe de nets contrastes entre les régions montagneuses et industrialisées, entre les régions rurales et celles à forte concentration urbaine. Par exemple, la Sardaigne a une densité de 69 habitants/km², tandis que celle de la Lombardie, avec une population de 10 004 434 habitants, est de 413 hab/km². Enfin, précisons que 70 % de la population italienne est urbaine (80 % pour la France) et que le réseau urbain italien se compose d'un très grand nombre de petites villes. Quatre villes seulement dépassent le million d'habitants  : dans un ordre décroissant, ce sont Rome, Milan, Naples et Turin. Une cinquantaine dépasse la barre des 100 000 habitants, dont 11 possèdent entre 200 000 et 500 000 habitants (comme Bologne, Florence ou Venise).

Les flux migratoires

Pendant les années 1960 l'Italie vit son miracle économique. Le taux de croissance annuel était de 6 % et le chômage au nord est inexistant. Cependant, au sud, la situation reste grave encore aujourd'hui et l'écart entre les deux parties du pays se creuse de plus en plus. Les habitants du Sud de l'Italie qui s'étaient tournés jusque-là vers le Nouveau Monde (700 000 New-Yorkais descendent encore de cette diaspora et l'on estime à l'heure actuelle qu'il y a près de 5 millions d'Italiens dans le monde, et pas loin de 58 millions de personnes d'origine italienne installées un peu partout !) le Nord de l'Europe, dont la France et l'Australie, décident de s'embarquer sur le treno del sole et de s'installer au nord dans le "  triangle industriel  " formé par Turin, Gênes et Milan. Calabrais, Siciliens, Napolitains débarquent donc à Rome, Bologne, Florence et surtout dans les deux grandes villes industrialisées du Nord, Turin et Milan.
Entre 1951 et 1961 le nombre d'immigrants italiens tentant leur chance dans le Nord est évalué à 2 millions dont presque 600 000 s'installent à Milan. L'intégration n'est évidemment pas facile surtout à cause d'une sorte de racisme. Toute la vie sociale des émigrants méridionaux est touchée par ce fléau. Ils n'ont souvent même pas la possibilité de se loger et de s'amuser car les petites annonces de location portent la mention "  Méridionaux s'abstenir  " et dans les bars milanais ils sont accueillis par un panneau annonçant "  On ne sert pas les Terroni  ", soit les "  bouseux du Sud  ". Dans les années 1970 l'immigration interne se stabilise et avec elle les problèmes d'intégration, si bien qu'aujourd'hui 80 % de la population milanaise a des origines méridionales.

LANGUE

La langue italienne est la preuve incontestable du métissage constant auquel le peuple italien a été exposé pendant des siècles. Ainsi, ragazzo et magazzino sont des mots d'origine arabe (les Arabes furent longtemps présents en Sicile), tandis que albergo, banca, guardia ou sapone sont d'origine germanique. Charles Quint avait l'habitude de plaisanter en disant qu'on parle à Dieu en espagnol, aux hommes en français et aux femmes en... italien ! L'italien est en effet l'une des langues latines les plus mélodieuses. Elle ne s'est formée que très tardivement car elle n'apparaît en tant qu'idiome littéraire qu'au XIIe siècle. L'aristocratie et les écrivains italiens ont en effet préféré parler le latin ou le provençal et le français pendant des siècles. Cette évolution fut progressive, puisque, à la fin du XIIIe siècle, Marco Polo écrivait son très célèbre Il Milione en franco-vénitien. Peu à peu une langue s'est constituée et formalisée, grâce à l'oeuvre d'auteurs tels que Dante, Boccace, ou Pétrarque. Ceux-ci utilisaient le dialecte toscan, qui est à l'origine de l'italien tel que nous le connaissons aujourd'hui. A partir du XVIe siècle la Renaissance italienne fascine l'Europe et les emprunts aux langues italiennes se multiplient notamment dans les oeuvres des grands écrivains français de l'époque.

Mots français d'origine italienne

A partir du XVIe siècle, se développe en Europe, et particulièrement en France, l'influence des grands Etats italiens. Outre leur rôle moteur dans la Renaissance (de nombreux artistes italiens viennent travailler en France), ces Etats s'immiscent dans la politique française  : on pense notamment aux Médicis, qui fournissent deux reines à la France (Marie et Catherine), et à des hommes comme Concini et Mazarin, quasiment arrivés dans leurs valises. L'Italie fascine, notamment les grands écrivains français de l'époque, et les emprunts aux langues italiennes se multiplient. Voici quelques exemples passés dans le langage courant  :

Alarme  : alle arme, aux armes, le signal pour se précipiter à l'armurerie.

Alerte  : all'erta, sur la hauteur, où l'on se mettait pour guetter et donner l'alerte.

Appartement  : appartamento.

Aquarelle  : acquarello.

Arpège  : arpeggio.

Balcon  : balcone.

Bandit  : bandito, c'est-à-dire banni.

Banque  : banca, le banc, la planche sur laquelle s'installaient les marchands.

Banqueroute  : banca rotta, rompu ; emprunté à l'usage qui voulait qu'on détruise le comptoir d'un marchand pour signifier sa faillite.

Banquet  : banchetto.

Biscotte  : biscotto, littéralement cuit deux fois.

Brigand  : brigante, à l'origine les membres d'une brigade (brigata), à une époque où les soldats ne se distinguaient pas vraiment par leur respect des populations locales.

Caleçon  : calzone.

Cardan  : de Jérôme Cardan (Cardano), son inventeur.

Carène  : carena.

Cavalcade  : cavalcata, initialement un défilé de cavaliers.

Corsaire  : corsaro.

Dessin  : disegno.

Ecurie  : scuderia.

Escalope  : scaloppe.

Escarpin  : scarpino, littéralement petite chaussure.

Festin  : festino.

Frégate  : fregata, qui désignait un bateau à rames.

Pantalon  : pantalone.

Pantoufle  : pantofola.

Solfège  : solfeggio.

Sérénade  : serenata.

Virtuose  : virtuoso.

Dialectes

Toutefois les différents dialectes régionaux restent très vivaces en Italie (dialecte milanais, romain ou napolitain, le sarde ou le dialecte sicilien). L'unité italienne ne s'étant faite qu'au XIXe siècle, il existe en effet une grande variété de dialectes, plus de 1 500 d'après certaines études. Certaines régions, en raison de leur position géographique, sont même bilingues. Par exemple, la population du Val d'Aoste parle couramment français et, dans le Trentin-Haut-Adige, l'allemand est la deuxième langue locale. Cependant, avec l'uniformisation de l'enseignement, la télévision, la radio, les dialectes perdent peu à peu de leur importance, mais restent une référence culturelle et historique essentielle pour comprendre l'Italie. D'autre part, le pays compte certaines minorités ethniques par une langue et une culture propres. Par exemple, la présence de l'albanais date du Ve siècle, avec l'arrivée des premiers Albanais en Molise. Cette langue est parlée dans 45 communes et parties de communes regroupant 80 000 personnes dans le Sud (Abruzzes, Sicile, Calabre, Pouilles, Campanie, Basilicate, Molise) et 50 000 dans le reste du pays. Les autres langues minoritaires sont le catalan en Sardaigne (20 000 personnes), l'occitan (Piémont, Ligurie), le français (Val d'Aoste), le slovène (Frioul-Vénétie-Julienne), le grec (Pouilles, Calabre) et le serbo-croate (Molise). De même, le provençal est parlé par 90 000 personnes établies depuis les XIIIe et XIVe siècles (Val d'Aoste, nord du Piémont).

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