Guide d'Italie : Histoire

Les ruines de Pompéi.
Les ruines de Pompéi.
PRÉHISTOIRE
Premiers peuplements en Italie méridionale

Les plus anciennes traces de peuplement humain en Italie ont été découvertes à Isernia, petite commune d'environ 20 000 habitants située dans le Molise, en Italie du Sud. Elles remontent à 730 000 ans ! Les Abruzzes, dont le Molise constitue le versant méridional, sont habitées depuis le Paléolithique. L'histoire de l'Italie se confond donc avec celle des peuples conquérants et tous ceux qui se sont disputés le territoire au cours du temps. On parle en fait très peu des premières traces de culture en Italie, tant les Romains ont éclipsé les peuples conquis. Or, il existait des Italiques dans la plaine d'Italie centrale, des populations appelées "  Sabelliennes  "   : des Sabins dans le Latium, des Samnites, des Lucaniens (en Basilicate surtout), des Osques, des Volsques, des Herniques sur les monts Lepini, des Bruttiens et des Marses.

Sans compter les Picéniens et les Eques, dont le territoire s'étendait de l'Anio à Préneste. Aujourd'hui, les traces de ces peuplades du passé subsistent dans les musées régionaux, tant ils se sont fondus dans l'Empire romain. En revanche, la documentation sur les Etrusques est de loin la plus conséquente, vu l'importance de cette civilisation, installée entre le Pô et la Campanie, avec des rameaux dans les Apennins.

A l'origine, les Etrusques : naissance de l'Italie

Les choses sérieuses commencent donc réellement vers 1000 av. J.-C., lorsque des hordes d'envahisseurs traversent les cols alpins. L'invasion la plus marquante fut sans nul doute celle des Etrusques, vers 800 av. J.-C. S'étant livrés à une destruction quasi totale et ayant absorbé progressivement toutes les cultures autochtones, ils donnèrent naissance à une culture originale, qui s'étendit du Latium à la Toscane, ainsi qu'en Ombrie et à Venise.

Au VIIe siècle av. J.-C., les Etrusques connurent une grande prospérité économique. On leur doit de nombreux travaux de drainage, ainsi que l'exploitation des minerais de cuivre et de fer en Toscane et sur l'île d'Elbe. Ils exportèrent objets de bronze et céramiques dans tout le pourtour méditerranéen, et se heurtèrent souvent à la concurrence des Grecs et des Carthaginois.

Cependant, la culture des Etrusques demeure mystérieuse... Il est vrai qu'on ne connaît que très peu de choses concernant leur mode de vie, mais ils semblent avoir grandement influencé la culture romaine, surtout dans le domaine des rites funéraires et des arts divinatoires. Par exemple, ils avaient pour coutume de lire l'avenir dans les entrailles de leurs ennemis ou d'animaux morts, avec une prédilection pour l'organe du foie ! Ces rituels ont marqué la culture romaine, souvent teintée de légendes et de superstitions...

Les historiens ont donc communément admis que la véritable naissance de l'Italie date de la période étrusque. Ce peuple savant a su résister à de nombreuses invasions, notamment celles des Celtes dans le nord du pays. Pendant un siècle, les Etrusques occupèrent Rome et transformèrent la petite ville en une cité prestigieuse. Mais quand leur puissance déclina, les Romains les chassèrent. L'Etrurie sera l'une des premières conquêtes de Rome, et disparaîtra ainsi vers 264 av. J.-C.

L'EMPIRE DE ROME
La Rome royale (753-509 av. J.-C.)

Succédant à l'acte fondateur de Rome, la légende relayée par l'Histoire distingue une longue période de près de 250 ans, communément appelée la royauté ou Rome royale et marquée par sept règnes, des plus hypothétiques aux plus probables. Une fois sa ville fondée sur les hauteurs du mont Palatin, Romulus en devient le roi. Il fonde ensuite, sur le Capitole, un asile pour qui souhaite rejoindre la population qui déjà l'accompagne, mélange d'Albains et de Latins issus des plaines du Latium. Sa ville-Etat accusant un retard démographique par rapport à ses concurrents, les Sabins, les Etrusques et autres Albains, Romulus se "  sert  " chez ses voisins (vers 720 av. J.-C.) installés sur les proches collines du Quirinal et du Viminal. C'est de cette période que date le mythique enlèvement des Sabines, qui entraîna une guerre finalement sanctionnée par la réconciliation et le légendaire accord entre Romains et Sabins de Tatius, accord qui permettait la fonte des deux peuples en un seul. Un gouvernement bicéphale est instauré, mais, après l'élimination de Tatius, Romulus gouverne seul jusqu'en 715 av. J.-C., date présumée de sa disparition mystérieuse au cours d'un orage.
La civilisation de Rome connut une première phase d'expansion sous le gouvernement des rois de Rome, qui sont également les fondateurs symboliques de nombreuses institutions romaines. La chute de la royauté serait due, selon la tradition, à un abus, un de plus, d'un des membres du clan royal, le propre fils de Tarquin le Superbe. Epris de la belle Lucrèce, femme de Tarquin Collatin, il tente de la séduire, mais il est repoussé. Furieux, il viole Lucrèce, que cet acte pousse au suicide. Cet épisode révolte la population romaine qui, à l'initiative de Junius Brutus, se soulève et chasse Tarquin et sa famille. Les centuries réunies nomment alors les deux premiers consuls de l'histoire de Rome, en charge pour un an des affaires de la cité.

La marche vers l'empire  : un siècle de troubles

La possession de la terre est au centre des problèmes que rencontre la république au cours du IIe siècle av.  J.-C. Le Ier siècle av.  J.-C. débute par la révolte des peuples italiques. Lassés de revendiquer la citoyenneté romaine, ils sont écrasés en plus par de lourdes charges financières. Les terres dont ils avaient l'entière possession avant la conquête romaine ne leur appartiennent plus. Elles sont concentrées dans les mains de la noblesse romaine. En 91 av.  J.-C. donc, les peuples du Centre et du Sud de la péninsule se soulèvent et vont jusqu'à déclarer leur indépendance. C'est la guerre dite sociale. Totalement réprimée en 88 av.  J.-C., cette guerre ouvre une ère de troubles qui sera fatale à la république, une ère marquée par l'ascension, l'ambition et la confrontation de grands hommes, opportunistes et carriéristes, à la recherche du pouvoir absolu, à l'exemple de Crassus, mais surtout de Pompée et de César. Tout d'abord alliés, ils vont ensuite se battre (vers 49 av. J.-C.) pour la direction de la République, entraînant l'Italie et les provinces dans une guerre civile générale. Une guerre dont César sortira vainqueur, roi sans couronne, car l'idée de la royauté reste difficilement acceptable aux yeux des Romains. César gouverne alors en maître absolu, bafouant toutes les valeurs républicaines. Il se lance dans une politique de grands travaux (Forum, temple de Vénus Genitrix...) et entreprend de faire admettre par le peuple son couronnement. Mais, en mars 44 av.  J.-C., il est assassiné au cours d'une séance du Sénat. Des troubles éclatent entre fervents républicains et le parti de César guidé par le propre lieutenant de celui-ci, Marc Antoine, par Lépide et, enfin, par Octave, le petit-neveu de César, que celui-ci a eu le temps d'adopter et de désigner comme son unique héritier. Marc Antoine est battu et se suicide avec Cléopâtre devenue sa maîtresse. Octave est désormais l'unique maître de Rome, où il triomphe en 29 av.  J.-C.

Le Haut-Empire (31 av.  J.-C.-194 apr.  J.-C.)

Resté seul, Octave, qui recevra le titre d'Auguste, va installer les bases d'un nouveau régime  : le principat. Il s'octroie un pouvoir quasi absolu, fondé sur le cumul de plusieurs magistratures civiles héritées du passé républicain, sur le soutien de l'armée (grâce à l'imperium, pouvoir extraordinaire) et sur la direction de la religion d'Etat par le grand pontificat. Attaché à la sécurité de l'empire, il cherche à consolider ses frontières. Sous le règne d'Auguste s'illustrent de grands artistes, comme Virgile, Horace ou encore Tite-Live, qui se mettent au service de l'empereur en glorifiant ses travaux et ses actions. D'autres artistes, tels qu'Ovide, dont les écrits sont considérés comme dangereux, ont moins de chance et connaissent un exil forcé loin de Rome.
Les Julio-Claudiens, héritiers d'Octave, prennent le pouvoir de 37 à 54 av.  J.-C. Ainsi se succèdent Tibère, Caligula, Claude et Néron. Ils sont suivis par la dynastie des Flaviens, avec Vespasien, Titus et Domitien. C'est ensuite l'avènement des Antonins et de la Pax Romana. Sous le règne de Trajan (53 à 117 av.  J.-C.), le royaume des Nabatéens est facilement conquis et transformé en une nouvelle province, celle d'Arabie. L'autre grande campagne militaire est celle menée contre les Parthes (113-117). Elle conduit les troupes romaines d'Arménie jusqu'à Babylone (116) en passant par la Nabatène (Arabie). Trajan trouvera la mort au cours de la retraite. Hadrien (76-138), cousin de Trajan, partage sa conception d'un empire universel et non seulement réduit à la seule ville de Rome. Le règne d'Antonin (adopté par Hadrien en 138) marque l'apogée de la Pax Romana. Comme son père adoptif, Antonin va s'attacher à la consolidation des frontières de l'empire. Le règne de Marc Aurèle marque le retour des troubles et des guerres aux frontières de l'empire. Commode, son fils naturel, lui succède en 180.

Antiquité tardive (IIIe siècle-VIe siècle)

La fin de la dynastie antonine plonge l'empire dans une période de troubles d'où émergera une dynastie, celle des Sévères, les nouveaux maîtres de Rome jusqu'en 235. Le bilan de cette période est catastrophique  : près d'un siècle d'une guerre perpétuelle depuis la fin du règne de Marc Aurèle, une instabilité politique chronique, une économie sinistrée. Avec l'avènement de Dioclétien, en 284, l'empire va enfin recouvrer une certaine stabilité. Dioclétien gouverne l'Orient et s'adjoint un co-régnant pour l'Occident en la personne de Maximien. Le système de la tétrarchie ne survivra pas à la démission de Dioclétien et de Maximien. En 306, Constantin, le fils de Constance, successeur de Maximien, est proclamé empereur. Son règne, particulièrement long pour l'époque, est marqué par le fameux édit de Milan (313), édit de tolérance pour la pratique du christianisme, l'église Saint-Pierre de Rome est reconnue de manière officielle. Baptisé, Constantin est considéré à juste titre comme le premier empereur chrétien. A partir de 364, l'empire est dirigé par une nouvelle dynastie, celle de Valentin. Elle régnera jusqu'en 395, date à laquelle monte sur le trône le fameux Théodose, dernier empereur unique de l'empire, empereur d'Orient de 379 à 392, puis empereur unique de 392 à 395. Théodose laisse deux fils ; ils se partageront définitivement l'empire. Honorius, à la tête de l'Occident jusqu'en 423, ne pourra rien face aux invasions barbares, et plus particulièrement face aux Ostrogoths d'Alaric, qui, en 410, entrent dans Rome et la pillent. Avec la mort d'Honorius (423), c'en est fini de l'autorité impériale. Empereurs fantoches, usurpateurs et autres généraux se succéderont désormais aux commandes de l'Etat, jusqu'à la date fatidique de 476, où le dernier empereur d'Occident, Romulus Augustule, est destitué.

LE TEMPS DES PAPES
La formation de la péninsule italienne : invasion lombarde et Etats pontificaux

A partir du VIIe siècle, les papes qui se succèdent à la tête du Saint-Siège vont apparaître comme les seuls défenseurs des intérêts des Italiens, abandonnés à leur sort par l'empereur byzantin.

En 568, les Lombards envahissent le nord de l'Italie et, très vite, occupent toute la vallée du Pô. Ravenne leur tient tête un temps, mais finit par céder en 765. Cela marqua la fin de l'unité dans la péninsule. Face à la menace lombarde, Rome fait appel aux Francs.

En 774, le royaume lombard tombe entre les mains de Charlemagne. D'autres conquêtes lombardes au sein de la péninsule (en 756) sont à l'origine des futurs Etats pontificaux. Ceux-ci furent d'ailleurs conquis et donnés par Charlemagne par le biais d'un faux texte officiel, appelé "  la donation de Constantin  ". Avec l'aide de la papauté, l'empereur devint le protecteur attitré des Etats du pape. Plus tard, au XXe siècle, ils seront regroupés sous le nom de Vatican. Mais revenons à Charlemagne. Son couronnement en l'an 800 fait de lui le véritable maître de la péninsule, annexant le nord de l'Italie à son Empire, à l'exception de Venise, du duché lombard (tous deux indépendants) et de l'Empire byzantin qui règne sur l'Italie du Sud (et plus spécialement en Calabre et en Sicile). La division de la péninsule italienne en deux aires d'influence politique (Nord/Sud), résultat de l'invasion lombarde, s'étend jusqu'à la moitié du XIXe siècle. Mais avec le déclin de l'Empire carolingien, l'Italie connaît une longue période de troubles (invasions, luttes). La papauté elle-même n'est pas épargnée et tombe aux mains de familles aristocratiques.

L'ère des empereurs germaniques (IXe-XIIIe siècle)

Au milieu du XXe siècle, c'est un vent de prospérité qui souffle sur l'Italie. En 951, le roi de Germanie Othon Ier envahit le nord de la péninsule et s'approprie le titre de roi d'Italie puis, dans la foulée, se fait couronner empereur (en l'an 962) ! Pendant trois siècles, les empereurs germaniques régneront dans le pays, ce qui est loin d'être au goût des grandes familles romaines et aristocratiques, tel le duc lombard Pandolfe Tête de Fer. Pour limiter leur soif d'émancipation, les empereurs durent donc soutenir l'essor des villes (qui, au cours du XIe siècle, furent florissantes grâce au commerce) développant un désir d'indépendance face aux féodaux auxquels elles appartenaient (évêques, archevêques, capitani...). C'est l'histoire de Venise, qui, affranchie de toute vassalité, continuait de commercer avec l'Orient byzantin, Gênes et Pavie. S'ouvre alors l'ère de la dynastie des Hohenstaufen. Frédéric  Ier Barberousse s'attacha à rétablir l'autorité impériale dans toute la péninsule. Il s'opposa à l'Eglise ainsi qu'aux villes lombardes désormais affranchies de tout pouvoir, et alliées en 1167 par la Ligue lombarde. Peu à peu, les villes lombardes gagnent du terrain... avec la défaite de l'empereur à la bataille de Legnano, en 1176. Le dernier Hohenstaufen, Conradin, fut lui aussi vaincu en 1268, date signant l'arrêt de la domination germanique sur l'Italie.

La fin du Moyen Age italien

Envahisseurs par la volonté de la papauté, les Angevins devront très vite affronter l'opposition du peuple sicilien qui, lors des fameuses Vêpres siciliennes, en 1282, organise le massacre des Français. Affaibli, le Saint-Siège doit, dès la fin du XIIIe siècle, s'opposer au roi de France. Vaincue, la papauté doit se résoudre à s'exiler, de 1308 à 1378, en Avignon, sous la surveillance des rois de France. Entre-temps, bien des luttes rongent les principales villes de Lombardie et ruinent les vieilles familles marchandes au pouvoir. Ainsi, Milan tombera entre les mains des Visconti, Vérone entre celles des Scaliger... Instaurant des régimes tyranniques, ces derniers rétablirent ordre et prospérité. La plupart d'entre eux furent également de grands mécènes. A Florence, les Médicis, grande famille de banquiers, prirent le pouvoir et connurent un destin grandiose.

Les trois grandes cités du nord de l'Italie

Trois grandes villes dominent le paysage politique et économique, à commencer par Milan, qui s'étend dans la plaine du Pô. En 1450, les Visconti (alors aux commandes des affaires de la cité), sont chassés par les Sforza.

République oligarchique et grande puissance maritime, Venise voit son hégémonie remise en cause en 1453 par la prise de Constantinople par les Turcs. Elle se tourne vers l'intérieur des terres, annexant de vastes territoires de la plaine lombarde. Politiquement divisée, l'Italie demeure, grâce à Florence, la première puissance financière de l'Europe ; et avec Venise, Milan et Gênes, la première puissance économique et commerciale. Sans oublier la richesse des foyers culturels et spirituels du nord de la péninsule, où le succès des arts et des lettres est florissant.

LES DOMINATIONS ÉTRANGÈRES
Les Français

Invasion, domination : un cycle commence dès 1494, quand le nord de la péninsule italienne voit surgir les armées du roi de France Charles VIII. Ce dernier, en tant qu'héritier de René d'Anjou, a des vues sur le royaume de Naples. Accueilli favorablement à Milan (où il aide à renverser les Sforza), puis à Florence (où les Médicis connaissent le même sort), Charles VIII entre dans Naples en 1495, mais ne résiste pas à la coalition de force du pape Alexandre VI, de Venise et de Ludovic Sforza, redevenu duc de Milan. Dans le cadre de la politique papale de reconquête du pouvoir du Saint-Siège, le Milanais sera, au début de la deuxième décennie du XVIe siècle, le théâtre de sanglantes batailles où les Français auront de nouveau à affronter les forces coalisées de Venise et d'Aragon, des Suisses et des Anglais. Un autre Valois, du nom de François Ier, reprend les guerres italiennes sitôt son avènement. Ces guerres furent marquées par les célèbres batailles de Marignan (1515) et de Pavie (1525), où les Français eurent à combattre les Aragonais mais aussi les troupes impériales de Charles Quint, où François Ier fut fait prisonnier. Libéré, reprenant dans la foulée les armes, François Ier se résolut à traiter avec Charles Quint, en abandonnant par le traité de Cambrai (1529), l'Italie à l'Empire.

Les Espagnols

Dès 1530, la domination habsbourgeoise dans le nord de la péninsule est totale, écrasant les dernières velléités d'opposition des cités lombardes et toscanes, et rétablissant les Médicis à la tête de Florence. En 1559 (par le traité de Cateau-Cambrésis), le royaume de France abandonne définitivement la péninsule italienne à la domination espagnole, et ce jusqu'en 1792. Deux entités politiques et économiques réussissent malgré tout à garder une certaine indépendance  : la Savoie qui, dès 1562, installe sa capitale à Turin ; et Venise, dont les possessions et la puissance économique et commerciale sont mises à mal (malgré la victoire de Lépante en 1571), par l'avance inexorable des Turcs.
Les XVIIe et XVIIIe siècles apportèrent à l'Italie de nouvelles destructions lors des grandes guerres européennes qui opposèrent la France des Bourbons à l'Espagne des Habsbourg. A la mort de Charles II d'Espagne (dernier représentant de la dynastie des Habsbourg), le nord de la péninsule fut le théâtre de nouvelles dévastations dans le cadre de la guerre de Succession d'Espagne.

La paix signée lors du traité d'Utrecht de 1713 a pourtant plusieurs conséquences : Philippe V (petit-fils de Louis XIV) récupère le trône d'Espagne, et la Savoie voit son pouvoir renforcé, puisqu'elle acquiert, en 1720, la Sardaigne. Entre 1734 et 1748, deux guerres de succession embrasent une nouvelle fois le nord de la péninsule italienne.

En 1748, le traité d'Aix-la-Chapelle met fin aux hostilités et fixe, jusqu'à l'intervention des armées révolutionnaires françaises en 1792, les divisions politiques du pays, où les Etats pontificaux coupent toujours la péninsule en deux. Bien connue pour ses princes inspirés par un goût du despotisme (Victor Amédée II, Charles Emmanuel III...), la Savoie renforce, au cours du XVIIIe siècle, ses positions dans le Piémont et en Sardaigne. Pendant ce temps, l'écart grandit entre le nord de la péninsule (sensible aux idées philosophiques européennes) et un sud de grands propriétaires terriens, en proie à l'immobilisme... jusqu'à l'arrivée des troupes napoléoniennes.

Napoléon Bonaparte et l'Italie

S'emparant de la Savoie dès 1792, les troupes révolutionnaires françaises arrivèrent en Italie du Nord au printemps 1796. La campagne d'Italie ne devait durer alors que deux années. Le 18 octobre 1797 fut signée la paix de Campo Formio (qui marqua la fin de Venise en tant qu'Etat) : l'Italie du Nord était organisée en républiques libres, auxquelles s'ajoutèrent celles correspondantes aux anciens Etats pontificaux et à l'ancien royaume de Naples. Dès lors, une "  âme italienne  ", plus libre et unie que jamais, semble naître... Après la proclamation de l'Empire français en 1804, les républiques italiennes furent une à une intégrées dans le royaume d'Italie, à la tête duquel s'installa en 1805 Napoléon lui-même. A ce royaume vinrent s'ajouter, entre 1805 et 1809, la Vénétie et le Trentin.
Si Napoléon n'eut jamais l'idée ou la volonté de réaliser l'unité de l'Italie, elle se réalisa de fait  : un même corps de lois (Code Napoléon) et une même administration régirent la vie de l'ensemble des Italiens. Ceux-ci en gardèrent un profond souvenir qui allait être à l'origine du futur Risorgimento. L'expérience "  unitaire  " prit fin avec le réveil des ennemis européens de Napoléon. En octobre 1815, toute la péninsule italienne fut conquise par les troupes autrichiennes.

L'UNITÉ ITALIENNE ET LA MONARCHIE
L'Italie de 1815 à 1848

Le congrès de Vienne, en 1815, marque la fin des guerres napoléoniennes et l'Italie assiste à un retour aux régimes despotiques. Les princes italiens ou étrangers retrouvèrent leurs principautés (duchés de Modène, Parme, Toscane...), l'Autriche recouvre la Lombardie, les Etats pontificaux sont restaurés ainsi que le Piémont. Du Nord au Sud, la répression concerne tous les Italiens.

A partir de 1815 cependant, un sentiment de conscience nationale très fort s'empare du pays. Très vite, des mouvements nationalistes se réunissent par le biais de sociétés secrètes, les fameuses "  carbonari  ", peuplées d'intellectuels, d'officiers, de magistrats et de tous les représentants de la vie sociale italienne (à l'exception de la population rurale)...

Si ces premières actions sont rapidement réprimées, l'idée d'une unité nationale fait son chemin, mais la forme qu'elle doit prendre suscite des discordes. Trois courants s'affrontent alors : le premier, représenté par l'abbé Gioberti, prône une confédération des principautés italiennes à la tête de laquelle prendrait place le pape ; le deuxième, celui de Giuseppe Mazzini, milite pour la mise en place d'une république unitaire ; enfin, le troisième et dernier, dont les chefs de file sont d'Azeglio et Balbo, rêve également d'une fédération mais chapeautée par le royaume de Piémont. C'est cette dernière tendance qui, en 1860, l'emportera.

Un nouvel Etat italien

En 1848, à la suite de mouvements populaires, plusieurs princes de la péninsule furent obligés d'accorder des constitutions. Le roi de Piémont Charles-Albert dut, sous la pression, instaurer dans son royaume un régime constitutionnel. Parallèlement, la Lombardie se soulevait contre l'occupant autrichien, rejointe, dans ce qui devenait une guerre ouverte, par le roi de Piémont qui déclara à cette occasion que  : "  l'Italia farà da se  " ("  l'Italie se fera elle-même  "). Aux insurgés lombards et aux troupes piémontaises s'ajoutèrent des renforts envoyés par d'autres princes italiens et même par la papauté. Mais, très vite, les dissensions puis la défection du pape (elle privait la cause nationale de sa caution éminemment prestigieuse) laissaient seule la maison de Savoie aux prises avec les Autrichiens, qui, dès août 1848, obligeaient Charles-Albert de Savoie à signer un armistice. Ayant sauvé l'essentiel, Charles-Albert reprit le combat en 1849, mais une nouvelle fois battu, il abdiqua en faveur de son fils Victor Emmanuel II. Laissé seul face aux régimes absolutistes italiens soutenus par l'Autriche, le royaume de Piémont vit arriver, en 1852, à la tête de ses affaires, un dénommé Cavour dont l'habileté politique et diplomatique allait conduire à l'unité de la péninsule italienne. S'alliant la gauche, élevant le Piémont au rang de grande puissance (guerre de Crimée sanctionnée par le traité de Paris), Cavour s'allia par le traité de Turin à la France de Napoléon III, favorable aux nationalités et au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. La France accordait son aide militaire de fait au Piémont contre l'Autriche, en échange de Nice et de la Savoie. La guerre, marquée par les batailles de Magenta (4 juin 1859) et de Solferino (24 juin), fut victorieuse pour les Franco-Piémontais. Le Piémont récupérait la Lombardie, mais non la Vénétie, toujours aux mains des Autrichiens.

La maison de Savoie

Les troupes piémontaises envahirent les Etats pontificaux puis vinrent imposer l'autorité du roi piémontais à Naples. Victor Emmanuel II fut proclamé roi "  par la volonté de la nation  ", autant dire (grande nouveauté) par le peuple italien tout entier ! Florence devint la capitale du jeune Etat italien, Rome étant toujours occupée par le pape et les forces françaises chargées de le protéger. Ce n'est qu'en 1870, à la suite du retrait des troupes françaises de la ville - guerre franco-prussienne oblige -, que Rome fut enfin jointe au reste de la nation et devint capitale.

La monarchie parlementaire (1870-1915)

La marche vers l'unité nationale avait, pendant des décennies, mobilisé les idées et les énergies de chacun. L'unité enfin réalisée, l'Italie prenait conscience de son retard économique à l'échelle de l'Europe, de ses différences, de l'important écart de développement qui séparait le Nord industriel du Mezzogiorno, du Sud presque exclusivement rural. Sur le plan politique, la monarchie parlementaire était des plus fragiles, du fait, semble-t-il, du régime censitaire en vigueur. Ce n'est qu'en 1912 que le suffrage universel finira par s'imposer. Ce sera l'époque du développement économique italien, dans le Nord tout au moins, le Sud restant à l'écart de ce phénomène et sa population se trouvant poussée à l'émigration, principalement vers le Nouveau Monde. Ce sera aussi l'époque de l'expansion du colonialisme italien.

L'ITALIE DES XXè ET XXIè SIÈCLES
L'engagement italien et l'avènement de Mussolini

L'Italie déclare d'abord la guerre à l'Autriche-Hongrie (mai 1915), puis à l'Allemagne (août 1916). Par le traité de Saint-Germain, elle acquiert, entre autres, le Trentin et Trieste. En mars 1919, Mussolini fonde à Milan les Faisceaux italiens de combat. Le fascisme se nourrit également des problèmes socio-économiques. Les troubles sociaux, la violence, les carences évidentes du régime parlementaire, l'instabilité gouvernementale profitent à Mussolini qui, le 28 octobre 1922, organise, avec ses Chemises noires, la fameuse marche sur Rome. Le 30 octobre, le roi Victor Emmanuel III appelle Mussolini au pouvoir.

L'Italie fasciste

Respectant tout d'abord le régime parlementaire, Mussolini organise, en 1924, des élections qui renforcent sa suprématie. La dictature fasciste commence. La politique mussolinienne concernant les affaires extérieures se radicalise brutalement après la conquête de l'Ethiopie, entreprise par le Duce fin 1935-début 1936. Une conquête suivie de vives protestations de la part des puissances coloniales déjà présentes sur le sol africain, autrement dit la France et l'Angleterre. Associées à la S.D.N. (Société des Nations, ancêtre de l'ONU), les deux puissances décrètent, dès la fin de l'année 1935, des sanctions économiques à l'encontre de l'Italie qui, ainsi attaquée, radicalise sa position et se rapproche de façon sensible de l'Allemagne nazie. L'avènement en France du Front populaire, puis la guerre civile espagnole favorisent encore le rapprochement de Mussolini avec l'Allemagne.

La guerre

Toutefois, quand Hitler, en 1939, se trouve isolé face à l'Angleterre et la France, le Duce ne le suit pas. Ce ne sera qu'en juin 1940, quand les forces françaises et anglaises seront acculées à la défaite par les troupes allemandes, que l'Italie entrera en guerre et envahira la France. Cependant, très vite, on peut constater un certain manque d'adhésion populaire, tout d'abord au niveau de l'opinion publique du pays. Quant à l'armée, mal préparée, elle va de défaite en défaite. La contestation populaire gagne même les rangs du parti fasciste (le Grand Conseil) qui, en juillet 1943, destitue Mussolini, lequel sera arrêté et placé en résidence surveillée au Gran Sasso, dans les Abruzzes, à proximité de l'Aquila. Un nouveau gouvernement, dirigé par le général Badoglio, avec l'assentiment du roi Victor Emmanuel III, négocie un armistice avec les Alliés. Avertie, l'Allemagne envoie ses troupes occuper Rome et l'Italie méridionale. Une fois libéré, Mussolini, avec l'aide des Nazis, reconstitue dans le Nord du pays un Etat fasciste  : la république de Salo. De nouveau arrêté, Mussolini est, avec son amante, sommairement exécuté. Tous deux furent pendus par les pieds sur une place de Milan et leurs dépouilles offertes en pâture à l'ire populaire.

L'après-guerre

Malgré le soutien, à partir de 1943, d'une partie de la population à la cause alliée, l'Italie sera à juste titre considérée comme l'un des vaincus de cette guerre. En conséquence, elle perdra ses possessions coloniales acquises durant le fascisme, ainsi que ses acquis territoriaux de la Première guerre mondiale, c'est-à-dire Fiume, l'Istrie, la petite ville de Zara et une partie de la Vénétie Julienne, qui passeront alors aux mains des Yougoslaves. La paix revenue, le Comité de libération nationale placé à la tête du gouvernement se charge d'organiser des élections et, surtout, un référendum relatif aux institutions du pays et dont le résultat va condamner la monarchie. Humbert II, qui était monté sur le trône après l'abdication de son père Victor Emmanuel III, choisit de s'exiler.
Après l'adoption d'une nouvelle constitution, la vie politique italienne sera principalement marquée par la lutte pour le pouvoir entre quelques grands partis issus de la Résistance, comme le Parti communiste (PCI), le Parti socialiste (PSI), le Parti républicain (PRI), les sociaux-démocrates et, enfin, la démocratie chrétienne (DC), cette dernière bénéficiant d'un large écho auprès des Italiens. Ceci explique sa présence continuelle, en presque 30 ans de vie politique, dans les 32 gouvernements qui vont se succéder à la tête de l'Italie entre 1946 et 1974.

L'Italie depuis les années 1970

Les années 1970 sont particulièrement agitées et difficiles en Italie. Les "  années de plomb  ", ainsi que les surnommèrent les médias, commencent avec l'autunno caldo (l'automne chaud) de 1969, durant lequel grèves, manifestations et émeutes se succèdent. Les choses vont empirer peu à peu, et l'Italie devra faire face à un activisme violent et incontrôlable, auquel prennent part les Brigades rouges et des groupuscules de droite. Le pays est au bord de la désintégration. Cette confusion sociale et politique trouve son point culminant avec l'assassinat du Premier ministre Aldo Moro, en 1978. Celui-ci est enlevé par les Brigades rouges, puis tué, à la suite du refus du gouvernement de négocier. Vers 1985, vitalité de l'économie italienne aidant, le terrorisme est quasiment vaincu. Mais l'Italie, qui prospère, se trouve confrontée à une série de scandales et de bouleversements politiques qui révèlent l'ampleur de la mainmise de la mafia sur la vie économique et politique du pays. L'opération Mani Pulite (mains propres) aura pour but d'assainir la vie politique et publique. Au plan européen, l'Italie se montre de plus en plus présente. Ainsi, en février 1992, elle a signé le traité de Maastricht qui institue l'Union européenne. Elle a également assuré la présidence tournante de l'Union européenne durant le premier semestre de 1996.

L'Italie au XXIe siècle

De nouveau président du Conseil en 2001, Silvio Berlusconi assure une deuxième fois la présidence de l'Union européenne. En politique intérieure, il doit pourtant faire face à une hostilité grandissante qui atteint son apogée en avril 2005, quand 12 régions sur 16 sont gagnées par le parti du centre-gauche. En 2006, c'est le centre-gauche qui gagne les élections, et Romano Prodi devient le chef du Conseil italien. La droite italienne, et notamment Silvio Berlusconi qui n'accepte pas sa défaite, multiplie les attaques contre le gouvernement Prodi. En difficulté à droite, Silvio Berlusconi décide de créer un nouveau parti, le Peuple de la Liberté (Popolo della Libertà, PDL), destiné à prendre le leadership de la droite. La nouvelle formation vient contrer le nouveau Parti démocrate créé le 14 octobre 2007 et qui fusionne les principaux partis de centre-gauche. Le vote de la loi de finances, approuvée par 161 voix contre 157, marque une victoire très étroite pour le gouvernement Prodi. Pourtant, une nouvelle crise politique se profile au tout début 2008. Après le départ de l'UDEUR (parti catholique populaire surtout en Italie du Sud) de la coalition de centre-gauche, le Sénat italien refuse sa confiance à Romano Prodi. Le retour du " professore " ne sera qu'une parenthèse dans les années Berlusconi : le milliardaire remporte haut la main les élections législatives anticipées d'avril 2008. Un retour au pouvoir, soutenu par la Ligue du Nord, qui obtient des ministères clefs tels que celui de l'Intérieur. Dans un premier temps, le troisième gouvernement de Berlusconi opère de manière résolue, fort de l'importante majorité obtenue lors des élections. Toutefois la vive contestation de la part de l'opposition ainsi qu'un fort mécontentement populaire nourri par les conséquences économiques de la crise internationale (face à laquelle on reproche à Berlusconi de ne pas avoir adopté les mesures nécessaires) ont contribué à déstabiliser le gouvernement du Cavaliere jusqu'à ce jour. Enfin la présumée complicité de Berlusconi avec la mafia (ce qui par ailleurs ne serait qu'un prétexte avancé à des fins politiques) a pu contribuer à remettre en cause sa légitimité.
Des divergences toujours plus fortes entre Berlusconi et Gianfranco Fini, le leader de Alleanza Nazionale et cofondateur du parti du Popolo delle Libertà, ont conduit à une sérieuse crise politique.

Encore une fois, alors que tout le monde le pensait fini, Berlusconi réussit à travers quelques manipulations, à obtenir la confiance de la chambre des députés en septembre 2010. Malgré ses différents plans d'austérité plus ou moins appliqués, la crise économique aura finalement raison du Cavaliere. Lâché de toutes parts, sous la pression des marchés financiers, il démissionne le 12 novembre 2011, conspué par ses opposants dans les rues de Rome. Un nouveau gouvernement de technocrates dirigé par l'ancien commissaire Mario Monti, surnommé " Super Mario ", est investi par le Parlement 4 jours plus tard, avec pour seul objectif de sauver l'économie italienne quel qu'en soit le prix en termes de restrictions budgétaires. Le 21 décembre 2012, il donne sa démission au président italien, mais prend dans la foulée la tête d'une coalition en vue des élections législatives anticipées.

Ces élections ont lieu les 24 et 25 février 2013 et voient, pour la chambre des députés, la victoire de la coalition centre-gauche de Pier Luigi Bersani (29,5 %), talonnée par celle de Berlusconi (29,1 %), loin devant Mario Monti (10,5 %). La coalition de gauche, sans une majorité au Sénat, ne parvient pas à gouverner ; le pays plonge dans une crise institutionnelle.

Giorgio Napolitano, réélu président de la République, doit faire face à cette crise pour former le nouveau gouvernement. Après deux mois de dures discussions, un gouvernement de large coalition est annoncé. En février 2014, c'est Matteo Renzi qui devient le nouveau chef du gouvernement italien.

Sept réformes majeures en cent jours. Le gouvernement de Matteo Renzi, le plus jeune Premier ministre de l'histoire de l'Italie, se montre incisif et engage des réformes attendues depuis longtemps (baisse des impôts des ménages les plus modestes, nouvelle loi électorale, promotion des femmes à la tête des grands groupes publics italiens...).

Seulement Matteo Renzi n'a pas convaincu avec son projet de réforme constitutionnelle qui visait à réduire le pouvoir du Sénat et des régions.

Large victoire du " non " au référendum italien. A presque 60 %, les Italiens ont rejeté le 4 décembre 2016, par référendum, la réforme constitutionnelle portée par Matteo Renzi qui, dans la foulée, a annoncé sa démission. Aujourd'hui, deux forces constituent la coalition au pouvoir, la Ligue (droite souverainiste) et le Mouvement Cinq Etoiles. Ils mènent une politique anti-immigration alors qu'ils tâtonnent encore sur les mesures économiques à proposer. Si le gouvernement de coalition est dirigé par Giuseppe Conte, celui qui fait la une de la presse internationale s'appelle Matteo Salvini. Décrit comme l'homme fort du pays, il occupe la fonction de ministre de l'Intérieur et de vice-président du Conseil des ministres aux côtés de Luigi Di Maio, chef du Mouvement Cinq Etoiles, connu pour son orientation populiste.

Chronologie

Xe-IXe siècle av. J.-C.> Les premiers Italiques (ou Italiotes) s'installent sur le Palatin et le Celio, collines de la future Rome.

800 av. J.-C.> Débuts de la civilisation étrusque en Toscane.

750 av. J.-C. > Naissance de Rome.

665 av. J.-C.> Destruction par les Romains de Alba la Longue, la ville rivale de Rome.

509 av. J.-C.> Brutus chasse les rois étrusques et fonde la république.

264-241 av. J.-C.> Première guerre punique.

219-202 av. J.-C.> Deuxième guerre punique.

146 av. J.-C.> Destruction de Carthage, fin de la troisième guerre punique.

49 av. J.-C.> César s'empare du pouvoir.

44 av. J.-C.> Devenu dictateur à vie, César est assassiné par Cassius et Brutus.

61-180> Marc Aurèle repousse les Marcomanes et les Parthes.

282> Division en empires d'Orient et d'Occident.

476> Odoacre renverse l'empereur romain d'Occident à Rome.

774 > Conquête du royaume lombard par Charlemagne.

751> Reprise de l'expansion lombarde.

778> Charlemagne, roi des Francs, s'empare de l'Italie.

800> Charlemagne est sacré empereur d'Occident à Rome.

1266> Charles d'Anjou instaure un règne angevin en Italie du Sud.

1309> La papauté s'installe à Avignon.

1377> Le pape Grégoire XI ramène la papauté à Rome.

1494> Charles VIII, roi de France, se lance à la conquête du royaume de Naples ; début des guerres d'Italie.

1545 > Début du concile de Trente.

1559> Traité du Cateau-Cambrésis, la France (Henri II) renonce à l'Italie (possessions du Piémont), qui au nord devient espagnole. Les Sforza doivent quitter la ville de Milan.

1796-1797> Campagne d'Italie, menée par le jeune Napoléon Bonaparte.

1799> Les Autrichiens occupent la péninsule.

1809> Napoléon Ier annexe les Etats pontificaux ; Rome est la seconde capitale de l'Empire napoléonien.

1814> Chute de l'Empire napoléonien et retour des Autrichiens.

1849> Garibaldi et Mazzini proclament la république à Rome. 23 mars : défaite de Charles-Albert, roi de Piémont, face aux Autrichiens à Novare.

1860 > Mouvement du Risorgimento à son apogée en vue de l'unité italienne.

1861> Proclamation du royaume d'Italie : Victor Emmanuel, roi de Sardaigne, devient roi d'Italie.

1915> L'Italie entre en guerre dans le camp des Alliés.

1924-1945> Régime fasciste de Mussolini.

1945 (28 avril)> Mussolini et ses ministres sont exécutés.

1946 (2 juin)> Par référendum, les Italiens choisissent la République pour leur pays.

1957> Traité de Rome : création du Marché commun.

1978 (9 mai)> Assassinat d'Aldo Moro, enlevé par les Brigades rouges. Durant la même année, Karol Wojtyla devient le pape Jean-Paul II.

1981 (13 mai) > Tentative d'assassinat du pape Jean-Paul II.

1987> Retour de la démocratie chrétienne au pouvoir.

1994> Première élection de Silvio Berlusconi.

1996 (21 avril)> Elections législatives auxquelles ne participent pas moins de 130 partis politiques. Romano Prodi devient Premier ministre (coalition du centre gauche).

1997> Chute du gouvernement Prodi.

2001 (13 mai)> Deuxième élection de Silvio Berlusconi.

2002 (1er janvier)> Adoption de l'euro.

8 février 2002> Annulation du Salon de l'auto de Turin qui annonce la crise de l'industrie automobile italienne.

2003> La famille royale Savoia a la permission de rentrer en Italie après une soixantaine d'années d'exil dans la principauté de Monaco. Quant à Berlusconi, il soutient George W. Bush dans sa guerre face à l'Irak.

2006> Elections très serrées entre Silvio Berlusconi et Romano Prodi. C'est finalement Prodi qui l'emporte avec la coalition de centre gauche et qui devient président du Conseil italien.

2007> Le gouvernement de Romano Prodi connaît plusieurs crises successives car la coalition de forces éloignées les unes des autres affaiblit le gouvernement. Silvio Berlusconi multiplie les attaques contre le gouvernement Prodi.

Octobre 2007> Fondation du nouveau Parti démocrate, fusion de divers partis de gauche et du centre. Le 28 octobre 2007, Walter Veltroni est officiellement élu premier secrétaire du Parti démocrate lors de la fondation constituante à Milan.

Novembre 2007> Silvio Berlusconi lance un nouveau parti : le Popolo della Libertà (PDL).

24 janvier 2008> Après le départ de l'UDEUR (parti catholique) de la coalition de centre-gauche, le Sénat italien refuse sa confiance à Romano Prodi. Ce dernier présente sa démission au président après 20 mois comme Premier ministre.

14 décembre 2010> La motion de censure contre Silvio Berlusconi impulsée par Gianfranco Fini, démissionnaire du Peuple de la Liberté et fondateur de Futur et Liberté, est rejetée par le Parlement.

2011 > 150 ans de l'Unité italienne. Elections municipales d'avril désastreuses pour la droite, qui perd notamment Milan et Naples. Au référendum de mai, les Italiens se prononcent contre la privatisation de l'eau, contre le nucléaire et contre l'immunité pénale du président du Conseil et de ses ministres. En novembre, suite à la démission de Silvio Berlusconi, Mario Monti devient président du Conseil.

2012 > Suite à l'entrée en récession du pays, la situation économique italienne frôle l'état d'urgence. La troisième économie de la zone euro croule sous une dette publique de 120 % du PIB et le gouvernement de Mario Monti se voit contraint de mettre en place un plan de rigueur sans précédent pour rassurer les marchés.

2013> Giorgio Napolitano est réélu dans un climat d'instabilité.

22 février 2014> Matteo Renzi, maire de Florence depuis 2009, devient Premier ministre.

2015 > Voyageant dans des conditions toujours plus difficiles, migrants et réfugiés affluent en grand nombre sur les côtes italiennes, fuyant la guerre dans leurs pays. Devant l'urgence d'une telle crise humanitaire, les dirigeants européens soutiennent l'action de Matteo Renzi.

2016 (24 août) > Un séisme de grande ampleur frappe le centre de l'Italie (villages des régions du Latium et des Marches), faisant près de 250 morts et laissant des dégâts considérables.

4 décembre 2016> Large victoire du " non " au référendum italien. A presque 60 %, les Italiens ont rejeté le 4 décembre 2016, par référendum, la réforme constitutionnelle portée par Matteo Renzi qui, dans la foulée, a annoncé sa démission.

14 août 2018 > Le pont Morandi à Genova s'écroule. Le bilan de cette catastrophe est de 43 morts et 16 blessés.

Juin 2018> Une coalition est finalement formée : deux forces sont au pouvoir, la Ligue (droite souverainiste) et le Mouvement 5 étoiles.

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