Si les options sont multiples pour partir à la découverte de Madagascar, on peut imaginer s’offrir une escapade dans le sud, après avoir longé la RN7, cette route mythique et spectaculaire qui s’enfonce de la capitale Antananarivo jusqu’à Tuléar au sud-ouest. Sur le chemin, des parcs à couper le souffle et la possibilité de rallier ensuite les plages sauvages de la baie d’Ifaty pour d’innombrables sessions de farniente et des plongées de rêve dans le lagon. Pour une fin de séjour tout en douceur !

Un parc national exceptionnel et très couru

Après avoir traversé les belles étendues vertes et rouges du plateau de l’Horombe, où les fines silhouettes des palmiers Medemia étendent leurs longues ombres au soleil couchant, la RN7 nous conduit vers Ranohira. Ici la plaine se ravine et le relief prend un air tourmenté. L’Isalo approche. Incroyable paysage de western, ce massif semble issu de la science-fiction avec ses formes hallucinantes. Baignées dans un profond silence, les murailles calcaires de cet immense massif ruiniforme font figure de cité fantôme au milieu du désert.

Apparaît alors le superbe Parc national de l’Isalo (81 540 ha), le plus visité du pays, qui s’étend à l’ouest de Ranohira, dans la région de l’Ihorombe. On pourrait facilement y passer deux, trois, voire quatre jours pour s’immerger dans cette nature exceptionnelle. Ainsi, on pourra admirer à loisir le soleil levant et les formidables embrasements du crépuscule sur un paysage presque lunaire... L’Isalo offre en effet des enchaînements de canyons, des pics de grès qui vont du rouge au rose, des grottes, des masses de granit sculptées par les vents et les eaux. Ailleurs, ce sont des plateaux creusés de cratères, des déserts de pierre et de silence, des escarpements abrupts... Dans ce paysage où tout semble mystérieux, le vent qui souffle entre les massifs calcaires est chargé de sens ; peut-être est-ce le murmure d’un ancêtre ?

Sept espèces de lémuriens sont recensées dans le parc, dont 4 nocturnes et 3 diurnes. Lors de votre promenade, sans doute apercevrez-vous ainsi les catas, les sifakas, et les lémuriens bruns... peu farouches.

Vous trouverez également dans le calme exceptionnel de ce lieu 86 espèces d’oiseaux (dont le drongo malgache, le merle de roche de Benson [Pseudocossyphus bensoni], une espèce endémique protégée, ou le corbeau pie), ainsi que des reptiles en tout genre (inoffensifs), de l’impressionnant lézard aux serpents (boa notamment) en passant par les grenouilles, dont le Boophis albilabris occidentalis, endémique (on peut l’observer près de la cascade des Nymphes). La flore compte environ 1 200 espèces et comprend aloès, épineux, palmiers rares comme le satrana qui résiste au feu (Bismarkia nobilis) ainsi qu’une plante grimpante spectaculaire appelée « le pied d’éléphant » (Pachypodium rosulatum). À noter que 80 % de la forêt originelle ont été anéantis par le feu en 2011 ; quelques rares espèces ont survécu en s’adaptant (espèces xérophiles), comme le Tapia ou le Heza (dont le bois vert est couramment utilisé comme bois de chauffe : il est parfaitement combustible, comme du bois mort). Le sabotse, une plante endémique, aurait donné son nom au massif.

Douces nuits à Rahonira

Retour donc à Rahonira, car, pour passer quelques jours dans l’Isalo, c’est ici que l’on trouvera deux adresses de rêve. Aux portes du parc, Le Relais de la Reine est un hôtel de charme dans une oasis de verdure (40 ha), plantée au cœur d’un site superbe. Des circuits pédestres ont également été aménagés, offrant des points de vue spectaculaires sur l’Isalo. Il faut donc prévoir de rester au moins deux nuits pour pouvoir profiter pleinement du lieu. Pas loin, Le Jardin du Roy, un établissement tenu par les mêmes propriétaires, partage quelques activités avec Le Relais de la Reine. On trouve aussi un restaurant et une superbe piscine ensoleillée. Enfin, les petits budgets pourront choisir les bungalows « Rênes de l’Isalo » situés entre les deux établissements.

Retour sur la RN7

Puis, en continuant de descendre la RN7, on croise Ilakaka. Il y a moins de vingt ans, ce village était à peine visible depuis la route. Mais Ilakaka est devenu une véritable « ville champignon » de ce Far West stricto sensu, du fait de la découverte d’importants filons de saphir qui ont provoqué l’afflux des prospecteurs venus de toutes les régions de Madagascar, et aussi du monde entier. La visite des galeries, creusées dans le sol, doit s’effectuer avec prudence, même si des tour-opérateurs et des guides proposent un parcours guidé.

Il est alors temps de remonter en voiture, direction le Parc Zombitse Vohibasia, après être passé à Sakaraha, une autre plaque tournante de pierres précieuses. Les paysages se font à nouveau superbes dans cette aire protégée qui comprend, sur une superficie de 36 208 hectares, trois parcelles distinctes : Zombitse (16 845 ha, la plus accessible), Isoky Vohimena (3 293 ha) et le Vohibasia (16 170 ha). Ce parc possède une forêt tropicale sèche caducifoliée, la plus méridionale de Madagascar. On pourra y découvrir huit espèces de lémuriens, de nombreux oiseaux (47 % des espèces endémiques de Madagascar !), dont le fameux Bulbul d’Appert ou Ritrik'ala comme on le surnomme ici, seulement identifiable dans cette forêt, et assez facilement observable dans les zones touristiques du parc. On y trouve aussi plusieurs variétés de papillons et de lézards, dont le Phelsuma standigui, un gecko endémique. Encore éloigné des sentiers touristiques, ce parc n’en est que plus intéressant, notamment pour les amoureux des oiseaux.

Tuléar, point final de la RN7 et point de départ de la route des plages

Après la visite du parc, on reprendra la RN7 pour descendre tout doucement vers son terminus Tuléar, à 12 km au nord du tropique du Capricorne. Si la ville est le point final de la merveilleuse descente de la célèbre nationale, c’est aussi un carrefour stratégique de l’ouest malgache. Après des paysages parfois désertiques et une terre rouge et aride, Tuléar offre une touche de bleu vraiment rafraîchissante.

Une ambiance indolente règne dans les rues gorgées de soleil et la ville tout entière semble se reposer, les pieds dans le sable de préférence, dans l’attente de la tombée de la nuit pour profiter pleinement de la vie nocturne endiablée. À noter, des efforts considérables ont été faits pour redynamiser la région : un front de mer en rénovation, des lieux et activités culturels en expansion, une offre sportive variée, une propreté notable et de belles routes goudronnées jusqu’à Ifaty. Car l’atout de la ville reste surtout sa proximité avec les plages sauvages du Canal du Mozambique (Anakao, Salary, Ifaty...) vers lesquelles tout le monde se dirige le week-end venu.

Farniente dans la baie d'Ifaty

Notre périple prendra donc fin dans la baie d’Ifaty. Un must en ce qui concerne le farniente et les belles plages bordées de cocotiers... Si c’est une station balnéaire d’une certaine ampleur pour la région, cette vision doit bien vite être tempérée (un moindre mal dans ce coin où le soleil écrase les plus endurcis) : on est en effet bien loin de La Grande-Motte ! Le « pôle touristique » principal du village de Mangily (quand on parle d’Ifaty, on parle en fait du village de Mangily) est simplement constitué de quelques établissements où les bungalows sont rois. Le village compte aussi de bons clubs de plongée et des petits hôtels vraiment charmants où le mot « vacances » prend tout son sens. Avec des spots de 10 à 30 m de profondeur, on peut aisément observer raies-aigles, barracudas, napoléons ou poissons-pierres, pour ne citer qu’eux. En plus, on peut aller observer les baleines en saison (de mi-juin à fin septembre) ! Depuis la construction de la RN9, la plupart des agences proposent de finir la descente de la RN7 par quelques jours de repos bien mérités à Ifaty. Une belle idée, qui ravit les voyageurs à chaque fois.

Les mythiques baobabs pour finir !

Enfin, juste à la sortie du village de Mangily, il faudra aussi profiter de la Réserve naturelle de Reniala. Située à 800 m de la mer, dans une forêt de baobabs et de didieréacées, cette réserve, qui regroupe un sentier botanique et une réserve ornithologique, s’étend sur 60 ha et comprend environ 1 000 espèces végétales xérophiles (adaptées au climat sec). Malheureusement, après avoir salué les mythiques baobabs malgaches, il sera temps de rejoindre Tulear pour un vol intérieur vers la capitale Tana. Des souvenirs plein la tête et, déjà, l’envie de revenir pour partir à l’aventure dans d’autres contrées de la Grande Île.

 

Infos futées

 

Quand ? L’hiver austral qui correspond à la saison sèche est la plus agréable. Il est donc conseillé de programmer son séjour entre avril et octobre-novembre sachant que la saison des baleines est de mi-juin à fin septembre.

 

S'y rendre. Vols presque quotidiens. Le prix moyen d’un vol aller-retour Paris-Antananarivo varie entre 700 € et 1 500 €. La compagnie Air Madagascar est vraiment agréable et Tsaradia, sa nouvelle filiale, permet de faire les vols intérieurs.

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