Tuléar (environ 250 000 habitants), à 12 km au nord du tropique du Capricorne, est le carrefour des circuits de l'ouest malgache. Carrefour stratégique, Tuléar est à la fois le point final de la merveilleuse descente de la RN 7, offrant une touche de bleu rafraîchissante après la terre rouge est aride ; l'achèvement de la traversée sauvage et éblouissante depuis Morondave pour les plus téméraires et le point de départ pour la chaotique route du sud qui relie Fort Dauphin. Une étape plus qu'un lieu de séjour, une ambiance indolente règne dans ses rues gorgées de soleil (28 °C de moyenne, taux d'ensoleillement record) où la ville tout entière semble se reposer dans l'attente de la tombée de la nuit pour profiter pleinement de la vie nocturne endiablée (" Toliara tsy miroro ", " Tuléar ne dort pas ").

Des efforts considérables ont été faits pour redynamiser la région : de belles routes goudronnées jusqu'à Ifaty, un front de mer en rénovation, des lieux et activités culturels en expansion, une offre sportive variée et surtout une propreté notable. L'atout de la ville reste surtout sa proximité avec les plages sauvages du Canal du Mozambique (Anakao, Salary, Ifaty...) vers lesquelles tout le monde se dirige le week-end venu.

Histoire

Des documents d'époque évoquent le nom d'Ankatsaoke (plus ou moins " le bruit qu'on entend quand on marche sur le sable ") pour qualifier un petit village de pêcheurs vezos, situé dans la région du Fiherenana. Mais Flacourt mentionne sur sa carte le nom de " Hivouron-Hehoc ".

Dès le XVIe siècle, de nombreux navires européens relâchent pour s'approvisionner en eau et en nourriture (dans la baie de Saint-Augustin notamment). Puis la dynastie des Andrevola (originaire de l'Anosy dans le sud-est) s'installe, sous l'égide du roi Varindry. Plus tard, au cours du XVIIIe siècle, de nombreux pirates s'activent autour du site et bénéficient de la traite d'esclaves vers le Brésil ou les Mascareignes (Maurice, Réunion, Rodrigues), en complicité avec les souverains Andrevola (enterrés près du banyan de Miary). En 1866, le village compte quelques centaines d'habitants à peine, et les maisons sont construites en vondro.
Vers 1890, la ville tombe peu à peu aux mains des Merina, favorisés par les Français, malgré la résistance du roi Tompoemanana, fils de Lahimiriza (qui donne sa fille Parata, âgée de 13 ans, en mariage à l'explorateur français Grandidier). Tompoemanana est le seul chef du sud-ouest à ne pas rendre hommage au colonisateur Gallieni lors de son passage à Tuléar le 19 juin 1897. Au moins 2 000 habitants sont alors recensés. Les confrontations continuent, sanglantes. Mais c'en est trop : le 4 août 1898, le roi capitule.

Dès la colonisation française, Tuléar s'affirme comme un centre important et se développe rapidement. On recense 17 000 habitants en 1932, 60 000 en 1980, 140 000 en 1991 et environ 200 000 aujourd'hui.
Quant à l'origine du nom, comme d'habitude, on ne s'entend guère : certains parlent d'un étranger qui, demandant à un piroguier s'il pouvait s'abriter près du petit village, aurait reçu la réponse " Toly-eroa ", soit " Mouillez là-bas " ; d'autres penchent plutôt du côté de " Tolya-ara " (abrité des récifs), ce qui semble plus plausible. Mais Guillain dans un livre de 1845 rapporte que ce nom provient de " Tolya-meva " (bon mouillage), les bateaux occidentaux ayant l'habitude d'ancrer dans les parages. Quoi qu'il en soit, le nom est toujours lié à la mer.

Tuléar aujourd'hui

Bien que tout y soit lenteur et torpeur dès le début de l'après-midi, moment de la sieste où la ville est littéralement désertée, Toliara est un centre universitaire actif, d'où une forte politisation de ses habitants. Avant l'indépendance, c'est à Toliara que le charismatique chef Monja Joana fonda le Monima, un mouvement patriotique pour l'Indépendance.

En 1971, Monja Joana mobilisa les paysans du Sud et contribua à la révolution qui mit fin à la 1re République. Jusqu'à sa mort, il ne cessa de s'impliquer dans la vie politique du pays.

Comme dans nombre de ports malgaches, la communauté musulmane (chiite, divisée en borahs, kodjas et ismaéliens) est présente à Toliara. Aux heures de prière, les fidèles se pressent vers la grande mosquée blanche dont les minarets s'élancent dans le bleu du ciel. Chaque vendredi, tous les mendiants de la région font la tournée des magasins. Les commerçants musulmans font alors un don à chaque mendiant qui se présente de l'aube au couchant.

Le vent souffle toujours à Tuléar, surtout de juillet à octobre : c'est le vent du sud (en réalité de direction sud-ouest/nord-est), le Tsiokantimo (qui apporte aussi sont lot d'anchois dans le lagon de Tuléar). Cependant, il y a rarement des bourrasques très fortes et il ne pleut jamais beaucoup : 30 à 40 cm de pluie par an ! Cela n'a pas empêché le cyclone Haruna de balayer la ville et de l'ensevelir sous les eaux en février 2013, causant de graves problèmes de santé dans les quartiers pauvres de la ville. Plus récemment, en janvier 2015, la tempête tropicale Chedza n'est pas non plus passée sans encombre...

L'activité économique de Tuléar tourne autour de la culture des pois du Cap (dont une partie de la production est exportée vers l'Afrique du sud), du coton, de l'arachide et du maïs. Des tentatives sont menées pour cultiver la spiruline, cette algue microscopique dont la valeur nutritive serait exceptionnelle. L'arbre katrafay est utilisé pour fournir une huile essentielle qui agit comme un baume pour le corps. Comme partout, le zébu est à la base de l'économie et des rapports sociaux. La pêche est bien sûr à l'honneur, de façon traditionnelle surtout (en pirogue à balancier), même si la pêche industrielle (thon, calmar, crevette, poulpe) commence à se répandre. On y élève aussi des concombres de mer (holothurie) dans une ferme pilote, à Belaza.

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