Petit Futé
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Résultats Musée au SAINT-PÉTERSBOURG (САНКТ-ПЕТЕРБУРГ)

L'avis du Petit Futé sur MUSÉE RUSSE

Plaque millesim 2022

Tout l’art de la Russie dans un seul musée : art religieux, impérial, classique, avant-garde du XX siècle, réalisme socialiste…

Le Musée russe, l'autre grand musée de la ville après l'Ermitage, permet de pénétrer plus intimement dans l'âme de la Russie. Il est au cœur du Triangle d'Or, devant la place des Arts qui compte parmi les places préférées des Pétersbourgeois et qui résume toute l'ambition de la ville. C'est tout l'art de la Russie qui est désormais rassemblé dans le magnifique bâtiment du palais Mikhaïlovski. Il fut créé par l'un des architectes emblématiques de la capitale du Nord, l'Italien Carlo Rossi à qui l'on doit notamment le palais de l'État-Major sur la place Dvortsovaya, le théâtre Alexandrinsky, les bâtiments du Sénat et du Saint-Synode sur la place du Sénat. Avec son classicisme affirmé, il servait autrefois de demeure au frère du tsar. On s'y délecte d'art religieux d'abord avec les célèbres icônes du maître Roublev, ou de l'école de Novgorod et de Smolensk (pas moins de 6 000 icônes constituent le fonds permanent du musée). Puis d'art politique avec les portraits des grands de l'empire, à commencer par les Tsars eux-mêmes et leurs conseillers. L'art pour l'art ensuite, avec les grandes œuvres des maîtres de la peinture russe, comme Repine et ses comparses les Ambulants. Et puis, l'art après l'art, avec la formidable liberté de l'Avant-garde russe du début du XXe siècle, Malevitch, Kandinsky, Vroubel, qui ont créé la peinture moderne et dans une certaine mesure l'art pictural utilisé par les affiches politiques puis la publicité. Enfin, l'art sans art, certains ont ainsi qualifié le réalisme socialiste. Plus agréable que l'Ermitage car il reçoit moins de visiteurs. Pourtant, le musée Russe redoute la concurrence de son voisin et certaines œuvres parmi les plus célèbres sont ainsi parties à l'Ermitage, comme le Carré Noir de Malevitch.
Au XVIIIe siècle, si l'art venu d'Occident a trouvé son temple dans l'Ermitage, le XIXe siècle, d'inspiration plus nationale, rendra urgente la création d'un musée consacré à l'art russe. Le musée a été conçu pour être un centre d'exposition de l'art russe, le pendant local de la galerie Tretyakov de Moscou. Mais la demeure princière, habitée par la grande-duchesse Hélène jusqu'à la mort de son époux, va se révéler bien étriquée après la révolution, qui lance des projets plus ambitieux pour le musée. Malgré l'adjonction d'un bâtiment annexe longeant le canal Griboïedov, le Musée russe ne peut guère exposer au public qu'une infime partie des 400 000 pièces du fonds artistique recueillies par l’État, qui les avait confisquées aux palais, aux demeures seigneuriales et autres monastères. Une visite au Musée russe n'en donnera pas moins un riche aperçu de l'art russe, de l'époque médiévale jusqu'à nos jours.

La visite (et la numérotation des salles) s'organise dans un ordre chronologique. Tout commence au premier étage, avant de descendre au rez-de-chaussée, de remonter à l'étage, et de redescendre au rez-de-chaussée. Le musée est divisé en trois zones : l'aile Benois, l'aile Rossi, et le palais Mikhaïlovsky (chacune à l'étage et au rez-de-chaussée). Pour l'anecdote, sachez que l'aile Benois est nommée d'après la célèbre famille d'artistes et architectes pétersbourgeois des XIXe et XXe siècles, descendants du confiseur français Louis Benois qui fuit la révolution française pour s'installer à Saint-Pétersbourg en 1794.

Les salles 1 à 4 exposent une très riche collection d'icônes (une véritable tradition russe), du XIe au XVIIe siècle. Il est très intéressant de noter l'évolution dans l'usage des couleurs, les proportions des personnages, les mises en scène... Vous remarquerez de superbes icônes de l'école de Novgorod (Miracle de saint Georges, XVe siècle), de Pskov, de Vladimir et de Moscou, dont plusieurs proviennent de la cathédrale de la Dormition de Vladimir et sont attribuées au grand maître Andreï Roublev ou à ses disciples, à Dionise et à Simon Ouchakov.

Dans les salles 5 à 23, on admirera la peinture russe des XVIIIe et XIXe siècles. Les premières salles exposent principalement des portraits. C'est seulement à partir de cette époque que la peinture russe s'émancipe peu à peu de la figuration religieuse. Sous l'impulsion de Pierre le Grand, de nombreux artistes russes vont se former ou se perfectionner à l'étranger. On appréciera les toiles de Nikitine, peintre proche de la famille impériale (ce qui n'était pas de tout repos). La salle 11 vaut particulièrement le coup d'œil pour son architecture, superbe témoignage original du décor néoclassique conçu par l'architecte du palais, Carlo Rossi. La salle contient des objets produits par les manufactures impériales.

Salle 14, on s'attardera sur l'intensité dramatique du Dernier Jour de Pompéi de Brioullov (1834) (beaucoup d'habitants de l'époque ont considéré que cette toile était une allégorie du destin à venir de Saint-Pétersbourg) et sur les scènes de naufrage d'Aïvazovski (en particulier La Neuvième Vague). Saurez-vous identifier la diversité des émotions dépeintes dans L'apparition du Christ au peuple, d'Ivanov, en salle 15 ?

À partir de la salle 18, on retourne au rez-de-chaussée, avec des œuvres de Fedotov, qui reproduit avec un humour parfois grinçant des scènes du quotidien militaire, bourgeois et artisan. Le réalisme critique de Perov, exprimé dans Le Réfectoire du monastère, salle 23, est lui encore plus mordant... et grave. Les salles 20 et 21 exposent diverses vues de l'Antiquité et d'événements historiques (Morts des chrétiens, Mort de Néron), très appréciées par les notables de l'époque.

Salle 23, on retrouve des scènes quotidiennes ; on sourira entre autres devant La Dispute d'Ivan Ivanovitch et d'Ivan Nikitfovorich de Gribokov. La salle 24 est principalement consacrée aux paysages de Savrasov (1830-1897), souvent considéré comme le père de la peinture paysagiste russe.

La section suivante est consacrée au groupe des Ambulants. En 1863, ces jeunes artistes de l'Académie refusent de continuer à peindre des sujets mythologiques et antiques, et de suivre les règles académiques en vigueur. Ils décident de fonder ce qui deviendra la société des Ambulants, présentant leurs peintures lors d'expositions ambulantes, pour éviter tout risque de censure. Leurs sujets de prédilection sont la vie populaire quotidienne (ainsi que ceux qui la vivent) et la nature. Leur projet remporte un certain succès dans la bourgeoisie de l'époque. Salle 25 sont exposés divers tableaux (portraits d'artistes, d'intellectuels, d'éditeurs...) d'Ivan Kramskoï, l'un des meneurs de ce mouvement. Vingt salles du musée (24 à 45, sans oublier la 54) sont consacrées aux œuvres des artistes de ce groupe. Chronologiquement, vous trouverez ainsi des œuvres de Gué, Vassiliev, Savitsky (et son émouvant Départ à la guerre, salle 31), Miasoyedov ou encore Repine (salle 54, vous pouvez voir La Séance du conseil d'Etat, une œuvre ayant requis un travail préparatoire colossal).

Il est alors temps de remonter vers le premier étage (dans l'aile Benois) pour terminer la visite, orientée vers l'art russe de la fin du XIXe et du XXe. Dans la salle 66, vous ferez connaissance avec le monde symboliste étrange de Vroubel, l'une des figures de proue du groupe d'artistes d'Abramtsevo, groupe attaché aux mythes et à l'art populaire russe.

Quant à la célèbre avant-garde des années 1910-1920, elle n'a été extraite des cartons poussiéreux de la censure qu'en 1988 (salle 81) : parmi d'autres, Malevitch et Kandinsky avaient alors cessé d'être des peintres décadents, pour figurer de plein droit aux côtés des œuvres de Filonov. Les dernières salles du musée sont ainsi consacrées au futurisme russe et au suprématisme (Malevich). Vous pouvez également voir dans certaines œuvres de Tatlin (salle 82) les prémisses du constructivisme.

Les trois dernières salles de l'étage 83 à 85 illustrent l'évolution d'une partie du mouvement de l'Avant-garde (Deineka, Samokhvlalov), à partir des années 1920, vers le réalisme socialiste, que Staline impose en 1932. Soucieux de répondre à sa vocation première, le Musée russe prête depuis quelques années ses salles aux jeunes peintres pétersbourgeois, qui se font ainsi connaître à la faveur des expositions temporaires qu'il accueille (rez-de-chaussée de l'Aile Benois, salles 87 à 97).

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4.8/5 (5 avis)
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Informations et horaires sur MUSÉE RUSSE

Lundi de 10h à 20h, jeudi de 13h à 21h, mercredi-dimanche de 10h à 18h. Fermé le mardi, les 31/12 et 1/01. 500 RUB.

Avis des membres sur MUSÉE RUSSE

5 avis
4.8/5
Rapport Qualité/Prix
Service
Originalité
Odri_dri
4/5
Visité en janvier 2020
Rapport Qualité/Prix
Service
Originalité
Super musée pour découvrir l'évolution et la richesse de la peinture russe, des icônes du XXème siècle à l'avant gardisme russe du XXème. Mérite la visite pour les curieux !
Michel 64
5/5
Visité en juillet 2019
Rapport Qualité/Prix
Service
Originalité
Indispensable au début d'un séjour
La visite du musée russe s'impose au début d'un séjour de quelques jours à St Pétersbourg pour s'approprier l'âme russe. Moins international et moins peuplé que l'Ermitage, sa visite est fort agréable. En particulier, les icônes sont splendides.
JaneK18
5/5
Visité en octobre 2018
Rapport Qualité/Prix
Service
Originalité
La plus grande collection d'œuvres d'art russes
Une immense collection d'art russe. Le musée présente des œuvres d'art russe ancien (icônes), des peintures du XVIIIe au XXe siècles, ainsi que des œuvres d'art de la période soviétique. Payer au moins 3 heures pour visiter, ne manquez pas!
bouli54
5/5
Visité en février 2019
Rapport Qualité/Prix
Service
Originalité
Magnifique musée consacré à l'art russe
Une très belle surprise que le Musée Russe, la partie Icônes est fascinante, des œuvres de grande qualité, originale, avec des couleurs surprenantes (vert, rose ...), le seul hic, l'accrochage et l'éclairage, des reflets qui rendent impossible la prise de photo et même de profiter pleinement des panneaux. Mais ce fut un éblouissement du début à la fin.
La section d'Art moderne possède des œuvres puissantes, de grands artistes, comme d'inconnus de talent.
Ne faites pas l'impasse, visitez ce musée où il n'y avait pas foule, privilégiez la fin d'après-midi ou début de soirée lors des nocturnes.
Barnabs
5/5
Visité en août 2018
Rapport Qualité/Prix
Service
Originalité
Magnifique musée sur l’art russe. Mérite vraiment la visite ! Mon oeuvre préférée : Les Cosaques zaporogues écrivant une lettre au sultan de Turquie ! Géniale !
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