Guide de LISBONNE : Histoire

Origines

Le Portugal ne date pas d'hier, Lisbonne non plus ! Ce pays et sa capitale, aujourd'hui discrets dans la marche du monde, ont connu une histoire mouvementée dont les grands moments ont forgé une mentalité particulière. Les musées ethnographiques et quelques sites mégalithiques du pays rappellent (non loin d'Evora par exemple) que plusieurs régions, au nord comme au sud, furent habitées dès la préhistoire par des tribus vivant essentiellement de l'élevage et de l'agriculture. Du IXe au VIIIsiècle av. J.-C., les Phéniciens, les Carthaginois et les Grecs s'installèrent sur les côtes de la péninsule Ibérique pour y ouvrir des comptoirs ; l'ouest de la péninsule était occupé par les Lusitaniens, des tribus d'origine ibère. Au IIIe siècle av. J.-C., la première grande invasion fut, comme partout ailleurs en " Europe ", celle des Romains qui étendirent leur empire jusqu'à Lisbonne (alors Olissipo : d'Ulysse), en dépit de la résistance des Lusitaniens (les Anciens désignaient ce pays par le nom de Lusitanie). De nombreuses villes portent encore la trace de la présence romaine (les ruines de Conimbriga, le pont de Chaves, le temple d'Evora). Outre leurs monuments, les Romains introduisirent les olives, le vin, le blé, le système des grandes exploitations agricoles (latifúndios), encore pratiqué aujourd'hui en Alentejo, et, surtout, une langue dérivée du latin. Mais l'Empire romain déclinant, tandis que la puissance chrétienne croissait peu à peu, le Ve siècle fut marqué par les invasions barbares, celles des Vandales, des Suèves et des Wisigoths qui dominèrent la Lusitanie (allez voir l'église wisigothique de Beja) jusqu'à l'invasion des Maures au VIIIe siècle, contraignant les chrétiens à se retrancher au nord du Douro. Les Maures s'installèrent rapidement dans le sud. Ils firent de Silves la capitale, et nommèrent Beja et toute la région entre Faro et Séville Al-Gharb al-Andalus. Le nord était principalement occupé par les chrétiens. On peut dire que la Reconquista (" reconquête ") du pays par les armées chrétiennes commença dès le IXe siècle (prise de Porto et de Coimbra).

Chronologie

1200 av. J.-C. > Occupation du site par les Phéniciens, qui baptisent Lisbonne Alis Ubbo (" la Rade délicieuse ").

205 av. J.-C. > Arrivée des Romains à Olissipona, la ville d'Ulysse, qui en serait le fondateur.

409 > Invasion de la péninsule Ibérique par les Goths, qui l'occuperont jusqu'en 714.

714 > Arrivée des Maures, début de la domination arabe. Lisbonne, à cette époque, correspond au quartier actuel de l'Alfama.

1147 > Reconquête chrétienne menée par Alphonse Ier (premier roi du Portugal). Expulsés d'Alfama, les Maures occupent le quartier de Mouraria. Création de l'Etat du Portugal, constitué des comtés de Coimbra et de Portucale.

1255 > Lisbonne est proclamée capitale du royaume.

1290 > Création à Lisbonne de la première université du pays.

1372-1373> Siège de Lisbonne par Henri II de Castille.

1383-1384> Insurrections populaires à Lisbonne et dans différentes villes de l'Alentejo.

1385 > João Ier, fondateur de la dynastie d'Aviz, remporte la victoire sur les Castillans à la bataille d'Aljubarrota.

Début du XVe siècle > Les grandes découvertes font de Lisbonne la capitale la plus riche et la plus prospère d'Europe.

1496 > Début de la construction du monastère des Hiéronymites et de la tour de Belém commandés par Manuel Ier.

1506 > Pogrom de Lisbonne durant la nuit du 19 avril.

1533 > Instauration de l'Inquisition au Portugal. Expansion de Lisbonne le long du Tage jusqu'à Belém. Le Bairro Alto est urbanisé et devient un noyau populaire.

1578 > Lisbonne est conquis par Philippe II d'Espagne, proclamé roi du Portugal sous le nom de Philippe Ier. La domination espagnole durera 60 ans.

1640 > Jean de Bragance (João IV) restaure l'indépendance du Portugal.

1703 > Grâce au traité de Methuen, signé avec les Anglais, et à la découverte de gisements d'or au Brésil, le Portugal et Lisbonne retrouvent leur prospérité d'antan. Construction du palais de Queluz, du palais da Pena à Sintra, du monastère de Mafra et de l'aqueduc de Lisbonne.

1755 > Tremblement de terre, suivi d'un incendie et d'un raz-de-marée qui détruisent toute la partie basse de Lisbonne (la Baixa). Le marquis de Pombal entreprend de la reconstruire selon un plan géométrique néoclassique. Inauguration de la Praça do Comércio.

1807 et 1810 > Invasion du Portugal par les armées de Napoléon Ier. La famille royale s'exile au Brésil. Rio de Janeiro devient la capitale de l'Empire portugais. Elle le restera jusqu'en 1821.

1822 > La cour royale revient à Lisbonne à l'indépendance du Brésil.

1880 > Inauguration de l'Avenida da Liberdade. Lisbonne s'étend vers le nord. Apparition des grandes avenues (da República, Almirante Reis), des premiers elevadores mécaniques et des premiers tramways.

1902 > Inauguration de l'elevador de Santa Justa qui relie la Baixa au Carmo.

1908 > Le roi Carlos Ier et son héritier sont assassinés à Lisbonne.

1910 > Proclamation de la République.

1932 > Nommé pour redresser l'économie du pays, António de Oliveira Salazar devient président du Conseil.

1933 > Salazar se donne tous les pouvoirs. Il proclame une nouvelle Constitution et instaure " l'Etat nouveau ".

1939/1945 > Neutralité du Portugal pendant la Seconde Guerre mondiale.

1966 > Inauguration du pont du 25-Avril, qui relie Lisbonne au sud du pays.

1974 > Révolution des oeillets. La dictature succombe à l'insurrection militaire dirigée par Otelo Saraiva de Carvalho. Indépendance des colonies. Arrivée massive à Lisbonne des anciens colons.

1986 > Le Portugal entre dans le Marché commun. Election à la présidence de la République de Mário Soares, qui occupera ce poste jusqu'en janvier 1996. Jorge Sampaio lui succédera. Grâce aux aides financières européennes, Lisbonne connaît une véritable renaissance.

1988 > Gigantesque incendie dans le quartier du Chiado. Les travaux de reconstruction débuteront en 1994.

1994 > Lisbonne est déclaré ville européenne de la Culture.

1998 > Lisbonne accueille la dernière Exposition universelle du XXe siècle. Pour le 500e anniversaire de la découverte de la route maritime des Indes par Vasco de Gama.

1999 > En décembre, le Portugal prend la direction de l'Union européenne pour une période de six mois.

2002 > Passage à l'euro.

2004 > Lisbonne accueille l'Euro de football.

Fin 2004 > José Manuel Durão Barroso (PSD/PPE) devient président de la Commission européenne.

2005 > José Sócrates (PS) devient nouveau Premier ministre.

2006 > Aníbal Cavaco Silva (PSD) est le président de la République succédant à Jorge Sampaio (PS).

2007 > António Costa (PS) est élu nouveau maire de Lisbonne.

Fin 2007 > Les chefs d'Etat et de gouvernement européens se réunissent dans la capitale pour signer le traité de Lisbonne.

Automne 2009 > Le PS gagne les élections législatives mais perd la majorité absolue au Parlement.

2010 > Centenaire de la république (instaurée le 5 octobre 1910).

Printemps 2011> Victoire de Pedro Passos Coelho (PSD) aux élections législatives anticipées.

15 septembre 2012 > Grande manifestation contre la Troïka et les mesures gouvernementales. 1 million de personnes ont protesté dans dans tous le pays, et 500 000 à Lisbonne. La plus grande manifestation depuis celle du 1er mai 1974.

14 novembre 2012 > Grève générale. Le chômage atteint un niveau record de 15,8 %.

29 septembre 2013 > L'opposition socialiste remporte les élections municipales. Revers historique pour le gouvernement de centre droit.

Début 2014 > Les mesures d'austérité mises en place par le gouvernement déclenchent une importante grogne populaire. Les grandes villes portugaises sont le théâtre de nombreuses manifestations de fonctionnaires.

27 octobre 2015 > Élections législatives. 5 jours après avoir été reconduit à son poste de Premier ministre par le président de la République Anibal Cavaco Silva, Pedro Passos Coelho présente son nouveau gouvernement minoritaire. La gauche, désormais majoritaire au Parlement, annonce aussitôt son intention de faire tomber ce nouveau gouvernement.

10 novembre 2015 > Fait historique, le Bloc de Gauche portugais (parti anti-austérité) et le parti communiste s'allient aux socialistes pour renverser le gouvernement de Passos Coelho.

24 novembre 2015 > Antonio Costa, chef de file du parti socialiste soutenu par la gauche radicale, est nommé Premier ministre par le président.

Janvier 2016 > Élection de Marcelo Rebelo de Sousa à la présidence de la République, il est investi le 9 mars.

Fin 2016 > Le gouvernement d'Antonio Costa, soutenu par une majorité de gauche au Parlement, est toujours au pouvoir.

Octobre 2017 > Le socialiste Fernando Medina remporte les élections municipales.

Novembre 2018 > Les organisateurs du Web Summit annoncent qu'ils s'installent à Lisbonne pour dix années supplémentaires, faisant de la ville un véritable hot-spot pour les start-up.

La naissance

Au XIIe siècle, Alphonse VI, roi de León et de Castille, entreprend de reconquérir Tolède, alors sous domination musulmane. Bien vite, il demanda un renfort étranger. Les croisés, parmi lesquels Henri de Bourgogne et son cousin Raymond, répondirent à l'appel pour participer à la reconquête contre l'Islam. Les musulmans vaincus, Alphonse VI accorda la main de sa fille Teresa à Henri de Bourgogne. Celui-ci reçut en dot le comté Portucalense qui s'étendait du Rio Minho au Rio Douro, et devint ainsi comte du Portugal. Son fils, Alphonse Henriques, allait devenir le premier roi du Portugal en 1139, après avoir remporté la célèbre bataille d'Ourique contre les Maures. Il fonda la dynastie de Bourgogne qui régna jusqu'en 1383. Mais la guerre contre les infidèles n'était pas achevée pour autant ; avec l'aide des croisés et la bénédiction de l'Eglise qui finit par lui reconnaître le statut de guerre sainte, elle se poursuivit jusqu'en 1249, avec la prise de Faro, qui marqua la fin de l'occupation musulmane. Enfin, en 1297, le traité d'Alcanices reconnaissait les frontières du royaume du Portugal, presque identiques aux frontières actuelles.

La dynastie de Bourgogne - Conflits avec la Castille (1128-1383)

Le roi Denis Ier (1279-1325), le roi poète, assura au pays une ère de prospérité : il réorganisa l'agriculture, fit construire ou agrandir grand nombre de châteaux-forteresses, institua le portugais langue nationale et créa l'université de Lisbonne, transférée par la suite à Coimbra. Il fit des réformes, enfin, en offrant les biens des Templiers au nouvel ordre du Christ. Il institua la paix également puisqu'il signa un pacte d'amitié avec les Anglais en 1308. Cependant, après son règne, la situation devint conflictuelle avec la Castille, qui rêvait toujours d'annexer cet Etat voisin. Ferdinand Ier, dernier descendant de la dynastie de Bourgogne, joua un jeu d'alliances dangereux avec la Castille et l'Angleterre (représentée par le duc de Lancaster). Il promit la main de son unique fille légitime, Beatriz, au neveu du duc de Lancaster, lorsque les Anglais arrivèrent en 1381 pour aider à refouler l'invasion castillane au Portugal. Mais, entre-temps, Ferdinand Ier avait signé un pacte de paix avec les Castillans et offert la main de Beatriz à Jean Ier de Castille, jetant ainsi le Portugal aux mains des Castillans. A la mort de Ferdinand Ier, en 1383, Jean de Castille voulut lui succéder, mais la bourgeoisie choisit Jean (fils bâtard du roi Pedro Ier), grand maître de l'ordre d'Avis, et proclamé roi sous le nom de Jean Ier en 1385 par les Cortes de Coimbra. Jean de Castille fut vaincu par Jean Ier à la bataille d'Aljubarrota, ce qui stoppa les visées de la Castille sur le Portugal qui se tourna vraiment vers la mer.

Les grandes découvertes et la dynastie d’Avis (1385-1578)
<p>Monument des Découvertes (Padrão dos Descobrimentos), le prince Henri le Navigateur et le roi Afonso V.</p>

Monument des Découvertes (Padrão dos Descobrimentos), le prince Henri le Navigateur et le roi Afonso V.

Déjà le roi Denis Ier avait supprimé l'ordre des Templiers et créé un ordre du Christ dont la richesse était sous contrôle royal. C'est avec cet argent que Jean Ier arma une flotte dirigée par son fils, l'infant Henri, qui allait devenir le symbole de l'esprit de découverte du Portugal. Il débarqua à Ceuta en Afrique en 1415. De retour au Portugal, Henri le Navigateur devint le gouverneur de l'Algarve et le grand maître de l'ordre du Christ : à ce titre, il put disposer des richesses de l'ordre et s'installa à Sagres. Il y construisit une forteresse, un palais et un observatoire, et invita savants, géographes et cartographes de plusieurs pays à participer à l'aventure naissante des découvertes qui répondait à toutes ces nécessités : esprit d'aventure, devoir d'évangéliser, curiosité scientifique et intérêt économique. On fabriqua un nouveau bateau, maniable et capable de transporter diverses denrées : la caravelle. En 1434, Gil Eanes doubla le cap Bojador, jusque-là considéré comme infranchissable. D'autres voyages suivirent ce premier grand succès, d'autant plus qu'une donnée nouvelle rendait cette exploration lucrative : les esclaves. En 1445, on franchit le Cap-Vert, puis les embouchures du Sénégal, de la Guinée et du Congo en 1492. Entre-temps, Jean II avait succédé à Jean Ier, et Henri le Navigateur était mort en 1460. Mais l'esprit de conquête perdurait, plus pragmatique sans doute. En 1487, Bartolomeu Dias doubla le " cap des Tempêtes ", mais dut rebrousser chemin afin d'éviter une mutinerie de l'équipage. C'est ainsi que la voie des Indes fut ouverte. Jean II rebaptisa ce cap et lui donna le nom de Bonne-Espérance. En 1493, au retour du premier voyage de Colomb (que Jean II avait refusé de satisfaire), Ferdinand d'Espagne demanda au pape Alexandre VI de garantir à son pays toutes les terres situées à l'ouest des Açores et du Cap-Vert. Le roi Jean II contesta cette requête et, en 1494, le traité de Tordesillas scella l'accord pour le partage du Nouveau Monde entre l'Espagne et le Portugal.

Succédant à Jean II, Manuel Ier poursuivit l'oeuvre de découverte et arma une flotte placée sous le commandement de Vasco de Gama en 1497-1499. Le navigateur doubla à nouveau le cap de Bonne-Espérance et, après un voyage extrêmement difficile, toucha le Mozambique pour atteindre, après la traversée de l'océan Indien, Calicut, port des Indes d'une grande effervescence commerciale d'où Gama ramena épices et pierres précieuses. Le Portugal, désireux d'affermir sa suprématie, prépara l'expédition de Pedro Alvares Cabral, lequel, voulant éviter les eaux calmes de la côte africaine, finit par débarquer en 1500 au Brésil qui devint une possession portugaise. Cabral reprit sa route et, sur les traces de Vasco de Gama, se dirigea vers les Indes, à Calicut, puis à Cochin. En 1505, François d'Almeida fut chargé de construire des garnisons dans les quelques places fortes tenues par les Portugais et d'affaiblir les ennemis, le prince de Calicut notamment. Mais le héros de la colonisation sera Alphonse d'Albuquerque. En 1510, il s'empara de Goa et tenta de dominer le commerce de l'océan Indien et de la mer Rouge. Il parvint à contrôler le détroit d'Ormuz, dans le golfe Persique, et le détroit de Malacca, en Malaisie, sans obtenir vraiment l'appui du roi Manuel Ier. L'Empire du Portugal, qui allait vivre pendant cinq siècles, couvrait alors les cinq continents. Le commerce des épices, de l'or, des tapis et des soieries valut au Portugal des richesses inestimables et l'installa au rang des nations les plus prospères d'Europe.

A la découverte du monde...

Sans les Portugais, notamment Vasco de Gama et Magellan, saurions-nous que la Terre est ronde ? Il n'y aurait ni Brésil, ni Afrique du Sud, ni Japon ! A l'aube du XVe siècle quand la France est encore en pleine guerre de Cent Ans, les Portugais partent sur les caravelles, des navires révolutionnaires pour l'époque mais qui paraissent maintenant de vraies coques de noix ; si vous en voyez une au musée de la Marine de Lisbonne, vous ne penserez pas à partir à Jersey à son bord ! A défaut de Coupe de l'America, ils vont voir là-bas si la mer est plus verte. Pas le choix, c'est vrai, la population est en expansion et ils ont le dos tourné à l'Espagne ! Madère, les côtes africaines, le cap de Bonne-Espérance, rien ne les arrête ! Les serpents de mer et les cordages envahissent l'architecture, les essences exotiques peuplent les jardins, la cannelle parfume les desserts. De ces découvertes, Lisbonne tire des richesses, la gloire, mais aussi une épopée commune, une expression artistique et... un passé lourd à porter. Ne parlez jamais de conquêtes ! Les bateaux étaient peuplés de missionnaires et de commerçants qui se mêlaient réellement à la population. Rappelez-vous cet éblouissement et cette aventure pour vraiment comprendre le Portugal, et particulièrement Lisbonne. Votre découverte à vous, ce sera certainement un pays encore quelque peu marqué par ses rêves de grandeur.

La domination espagnole (1580-1640)

Après le règne de Manuel Ier, période marquée par le développement d'une culture humaniste, Jean III favorisa volontairement l'établissement de l'Inquisition au Portugal (sans commune mesure cependant avec celle de l'Espagne). Il cherchait à anéantir la communauté juive, pourtant déjà expulsée sous le règne de Manuel Ier, condition de son mariage avec la princesse Isabelle d'Espagne, fille des Rois catholiques. Parallèlement, la grande aventure des conquêtes avait épuisé le pays en hommes, passant de 2 à 1 million d'habitants, les richesses n'avaient profité qu'à quelques-uns, et les cultures se voyaient abandonnées : le Portugal s'affaiblissait.

Le règne du roi Sébastien porta le coup de grâce. En 1578, vidant les caisses du royaume pour engager une armée de plus de 15 000 hommes, il décida de mener une nouvelle guerre sainte au Maroc contre l'ennemi héréditaire : les Maures. La bataille de El Ksar el-Kébir fut la défaite la plus cruelle et la plus inutile de l'histoire du Portugal. A peine une centaine d'hommes survécurent, et le roi y perdit la vie ; dès 1580, le roi Philippe II d'Espagne profita de cette situation désastreuse et se transforma en Philippe Ier de Portugal. Le Portugal allait vivre sous la domination espagnole durant 60 ans et perdre ainsi sa mainmise sur les colonies au profit des Espagnols, des Hollandais et des Anglais.

La dynastie de Bragance (1640-1910)

Le 1er décembre 1640, à la suite d'un complot, Jean de Bragance devint le nouveau roi du Portugal sous le nom de Jean IV et inaugura le règne dynastique des Bragance qui se poursuivra jusqu'en 1910. En 1668, l'Espagne, épuisée elle aussi par le conflit permanent avec son ennemi, reconnut l'indépendance du Portugal. En 1662 déjà, Jean IV avait réussi à reprendre possession du Brésil, seule colonie que le Portugal allait dominer commercialement et qui allait se révéler des plus précieuses tant par l'exploitation des diverses cultures (épices, coton, etc.) que par la richesse aurifère du pays. Plusieurs traités économiques furent signés avec l'Angleterre créant d'étroites relations entre ces deux pays et, surtout, une certaine dépendance du Portugal vis-à-vis de l'Angleterre, le premier en 1654. Mais surtout en 1703, le traité de Methuen allait stimuler le commerce anglo-portugais en accordant des taux préférentiels pour l'importation des textiles anglais au Portugal et en favorisant l'exportation du vin de Porto en Angleterre.

En 1750, Joseph Ier accédait au trône. Le comportement dépensier des souverains portugais (Alphonse VI, Jean V) annonçait le déclin de la monarchie et l'avancement de la classe bourgeoise et du despotisme éclairé des Lumières, un pouvoir symbolisé par la personnalité du marquis de Pombal. Le 1er novembre 1755, un tremblement de terre frappa la ville de Lisbonne. L'intensité du séisme fut telle que ses ondes se propagèrent jusqu'en Ecosse. Il provoqua un énorme incendie, et un raz-de-marée dévasta complètement la partie basse de la ville. Sur une population estimée à 250 000 habitants, plus de 30 000 Lisboètes perdirent la vie. La France et l'Angleterre offrirent leur aide. Le marquis de Pombal, Premier ministre de Joseph Ier, reconstruisit la ville rationnellement, dans un style néoclassique. Lisbonne perdit un nombre inestimable de monuments, mais, surtout, elle ne pouvait plus faire valoir son rôle de premier port européen. En outre, Pombal affecta considérablement le pouvoir, notamment en chassant les jésuites du Portugal en 1759. Cependant, à partir de 1777, Marie Ire de Bragance réussit, durant son règne, à relever le blason monarchique et évinça Pombal, tandis que la crainte de la propagation des idées révolutionnaires françaises de 1789 hantait le pouvoir. En 1793, le Portugal se joignait à la coalition antirévolutionnaire et envoyait des soldats en France.

En 1807, Napoléon Ier voulant s'assurer la maîtrise maritime sommait le Portugal d'interdire ses ports à la flotte anglaise, mais le pays ne pouvait trahir son allié économique. Napoléon envoya Junot s'emparer de Lisbonne, tandis que la famille royale (Jean VI) s'enfuyait au Brésil. L'Angleterre vint à la rescousse et, après trois ans de guerre, les armées de Soult puis de Masséna finirent par battre en retraite, laissant un Portugal ravagé. Profitant du poids grandissant de la présence anglaise sur l'économie portugaise en décomposition, le Brésil revendiquait son indépendance, obtenue dès 1822, ce qui porta un coup fatal à l'économie. Peu à peu, les idées libérales gagnaient les intellectuels, et les peuples de Porto et de Lisbonne furent excédés par la mainmise anglaise. Une courte révolution éclata en 1820, ce qui amena, au moins, la royauté à concéder quelques droits (égalité, suffrage universel, établissement d'une constitution).

Marquês de Pombal, le despote éclairé

Ce marquis n'était pas divin, mais pragmatique. Sebastião José de Carvalho e Melo, de son vrai nom, est appelé au pouvoir en 1750 par José Ier, il met en place une politique de celles qu'on qualifie pudiquement de " despotisme éclairé ". D'une main de fer, il soutient les artisans et la bourgeoisie industrieuse, encourage les manufactures, protège les Indiens du Brésil de l'esclavage, expulse les jésuites, crée la première appellation contrôlée, celle du porto (un coup pour notre orgueil national !) et reconstruit la ville quelque peu malmenée par le tremblement de terre et le raz de marée de 1755. Tout ça n'a pas fait que des heureux (il y eut quelques assassinats politiques...), et son pouvoir n'a pas survécu à celui de José Ier ! Mais les traces sont indélébiles. Lisbonne, pas rancunière, lui a dédié une place entière, en haut de l'avenida da Liberdade, sa plus belle avenue. C'est l'inévitable Praça Marquês de Pombal, la place de l'Etoile locale, porte d'entrée au parc Eduardo VII, grand jardin à la française. Comme il existe de bien meilleures occasions de perdre son temps que de dire les adresses complètes, on abrège couramment en " Pombal ".

Le tremblement de terre de 1755

Il s'est produit plusieurs fois, il se reproduira sûrement mais le plus grand (jusqu'à présent) reste celui de 1755. Le jour de la Toussaint, une secousse sismique ébranla pendant six minutes la ville de Lisbonne. Hélas, c'était l'heure de la messe ! Nombre de ceux qui avaient pu sortir dans la rue, échappant aux voûtes de l'église en chute libre, furent noyés dans la monstrueuse onda gigante (" vague géante ") qui ravagea toute la ville basse. Ceux qui étaient en hauteur périrent dans le gigantesque incendie qui s'ensuivit. Bilan : 80 000 morts, une ville ravagée, un bras de mer déplacé - et toute l'Europe du temps des Lumières devenue un peu plus pessimiste. Pombal utilisa les premières méthodes de préfabriqués et redessina la ville basse au cordeau tandis que les fabriques d'azulejos s'épuisèrent à fournir de quoi masquer les fentes des façades. Une ruine fut conservée en signe de deuil : la merveilleuse église du Carmo dont les arcades délicates couronnent la colline du Chiado. Aujourd'hui ? La terre frémit très souvent, les sismologues font des paris sur la prochaine grande secousse (Lisbonne est sur une faille), et les immeubles sont soi-disant construits en conséquence. Certains prétendent sentir le sol trembler ou flotter de temps en temps, mais ne serait-ce pas plutôt les effets de la ginja (liqueur de griottes typique) ?

L’avènement de la République

Le partage se fit alors plus évident entre les monarchistes et les républicains, eux-mêmes divisés. Un gouvernement souvent despotique entraîna de nombreuses révoltes tendant à la guerre civile. En 1890, l'interdiction faite au Portugal par les Anglais de relier en Afrique l'Angola et le Mozambique stimula à nouveau le patriotisme républicain qui brûlait de renverser la monarchie. Charles Ier, conscient de l'extrême danger, instaura un régime dictatorial. C'en était trop : le 1er février 1908, son fils et lui furent assassinés sur la place du Commerce à Lisbonne. Très rapidement Manuel II abdiqua et entraîna avec lui la fin du règne des Bragance. Le 5 octobre 1910, on proclama la République. Mais ce nouveau régime n'arriva pas à résoudre le désordre intérieur : opposition conservatrice encore très influente, malaise en matière de gestion et de réformes économiques. Divisée en tendances, incapable de s'entendre et prise dans la tourmente de la Première Guerre mondiale - sans retirer aucun avantage de sa participation en hommes -, la République, secouée de conflits et de grèves, fut renversée en 1926 par un coup d'Etat militaire opéré par le général Gomes da Costa. En 1928, da Costa fit appel à un professeur d'économie catholique, Antonio de Oliveira Salazar, pour tenter de régler les difficultés financières du pays.

Etat nouveau

A connaître pour comprendre la Révolution des oeillets. En 1926, un coup d'Etat militaire met en place un pouvoir militaire fort. C'est alors qu'apparaît un certain professeur d'université, appelé Salazar, qui devient ministre des Finances puis Premier ministre. Il le sera pendant plus de quarante ans ! L'escudo redevient alors une monnaie refuge, le Portugal reste à l'écart de la crise économique de 1929 et parvient à tirer son épingle du jeu durant la Seconde Guerre mondiale (on tolère la présence de tous, mais les Açores sont une base indispensable pour les Alliés). Mais à quel prix ! Police politique puissante, vie artistique bridée, mise en avant des 3 F : Fátima, Fado et Football. A l'actif de l'Etat nouveau, on retiendra un intense effort d'urbanisme, le pont sur le Tage, les sommets du Benfica en Coupe d'Europe (mais quel rapport ?).

La dictature

D'une certaine façon, on peut dire que le contexte de crise économique mondiale (1929) aida Salazar à mettre en place l'argument de sa future dictature. En fermant le pays à toute influence étrangère, il réussit à stabiliser la monnaie portugaise, ce que le peuple attendait. En 1932, il devint président du Conseil et, en 1933, il créa l'Estado Novo, entouré d'une police politique extrêmement efficace, la PIDE (Police intérieure en défense de l'Etat). Malgré d'évidentes sympathies avec les autres régimes dictatoriaux (Mussolini, Franco, Hitler), Salazar défendit une politique de non-intervention doublée d'un enfermement du pays dans ses frontières et d'un hermétisme à l'égard des idées et des technologies nouvelles. En dépit de grandes réalisations hydroélectriques (barrages) et spectaculaires (le pont suspendu sur le Tage), le Portugal continuera à vivre sur un schéma rural ancestral dont le rendement allait se révéler peu à peu insuffisant. Evidemment, une censure implacable et l'entretien de l'idéologie religieuse interdirent tout mode de contestation, puni d'enfermement. Durant la Seconde Guerre mondiale, Salazar tint le Portugal à l'écart de la tourmente (tout en aidant discrètement l'Allemagne, puis, sentant le vent tourner, en acceptant que les Alliés utilisent les Açores comme lieu stratégique), ce qui permettra de le faire entrer à l'ONU en 1955. Cependant, cette dictature faisant de plus en plus d'insatisfaits, le général Delgado se présenta en 1958 aux élections présidentielles en promettant de démettre de sa fonction le Premier ministre (Salazar a tenu ce poste jusqu'à la fin de son régime). Le général perdit les élections et fut assassiné en 1965. A partir de 1960, Salazar s'enlisa dans une politique coloniale qui annonçait la fin proche du régime, tandis que l'émigration allait croissant. Les troupes chargées de maintenir les colonies africaines (Angola et Mozambique) regimbaient de plus contre ce sacrifice inutile. En 1968, Salazar étant frappé d'une hémorragie cérébrale, Marcelo Caetano, désigné pour lui succéder, poursuivit la politique coloniale. Salazar meurt en 1970, à l'âge de 81 ans.

La révolution des Œillets

La nuit du 25 avril 1974, Grândola, Vila Morena, la chanson de Zeca Afonso diffusée à la radio, est le signal attendu. Le mouvement des capitaines et de tous ceux qui autour du général Spinola sont écoeurés des guerres coloniales sans issue menacent ouvertement les organes du pouvoir, entourés du peuple de Lisbonne tenant à la main des... oeillets. La capitulation est rapide, et la révolution pacifique : seuls trois morts sont à déplorer. Pour une fois, une armée européenne fait une révolution de gauche ! L'effondrement du pouvoir moribond ouvre une période de confusion totale : militaires et intellectuels sociaux-démocrates doivent partager le pouvoir avec les mouvements politiques de gauche, souvent inspirés du maoïsme. Les grandes familles s'enfuient, on nationalise à tour de bras ; des " cellules ", des " collectifs " se mettent en place, et les " camarades conseillers agricoles " débarquent dans les exploitations. La majorité des Portugais profitent de leur liberté nouvellement acquise pour vivre trois ou quatre années grandioses ! Mais cela ne pouvait durer ! Dans le pays, les partis se démènent pour établir un système démocratique stable. A l'extérieur, Mário Soares souligne les inconvénients d'un Portugal derrière le rideau de fer (regardez sur une carte ce que signifiaient à l'époque des bases soviétiques aux Açores). L'appartenance à l'Otan et la promesse d'une entrée dans la CEE calment les esprits, et en 1975 des élections démocratiques sont organisées. Leur résultat ne plaît pas à tous, et il faut plusieurs mois pour que tout se stabilise. Depuis, en l'espace d'une trentaine d'années, sous la houlette de gouvernements de centre droit ou de centre gauche (mais toujours au centre), le Portugal est passé du XIXe siècle au XXIe siècle, laissant certains sur le carreau. Les grandes familles sont revenues discrètement racheter leurs entreprises qui se transforment en conglomérats, et le pays a beaucoup changé ! Les Lisboètes sont très fiers de cette " révolution tranquille " et ils ont de quoi l'être même si aujourd'hui les enfants des anciens dirigeants d'avant la révolution ont repris les rênes du pays et ne jurent que par l'Europe !

Hier, aujourd’hui et demain

Les années 1980 et 1990 marquent un certain renouveau. Les partis politiques s'affrontent perpétuellement et les gouvernements se succèdent, oscillant entre socialisme, centre, social-démocratie et droite. La situation reste instable, à l'exception notable du gouvernement formé par la coalition de droite Alliance Démocratique dirigé par Sa Carneiro au début des années 1980. Mais ces " années difficiles " pour la jeune République connaissent une fin heureuse en 1986, lorsque le Portugal adhère à la CEE. En 1987, Cavaco Silva, du parti social-démocrate (attention, faux ami : il s'agit du principal parti portugais de centre droit), est nommé Premier ministre. Il va être le principal défenseur d'une modernisation du Portugal : de nombreuses réformes économiques et un effort touristique important sont entrepris, et il semble que les industries étrangères n'hésitent pas à investir dans un pays qui souhaite ardemment se développer. Cependant, ces réformes se font souvent au détriment des plus démunis et, après dix ans au pouvoir, Cavaco Silva perd sa popularité. En janvier 1996, Jorge Sampaio, socialiste et ancien maire de Lisbonne, est ainsi élu sans surprise président de la République, avec António Guterres comme Premier ministre socialiste. Mais, après le vif succès de l'Exposition universelle de 1998 à Lisbonne et ses retombées économiques et architecturales, quelques événements traumatisants au début du nouveau millénaire (comme l'effondrement d'un pont sur le Douro en mars 2001 et les gigantesques feux de forêt qui ravagent des milliers d'hectares en 2003 et 2005) ont contribué à démoraliser un pays déjà éprouvé par la détérioration de la situation économique au début des années 2000. Ayant accumulé de nombreuses erreurs et pénalisés par leur immobilisme, les socialistes perdent largement les élections municipales en décembre 2001, submergés par une vague orange, la couleur du parti social-démocrate (Lisbonne, Porto, Coimbra, Faro et bien d'autres villes sont passés à droite). A la suite de cette lourde défaite, le Premier ministre Antonio Guterres décide de démissionner. Les législatives anticipées qui s'ensuivent en mars 2002 sont gagnées quelque peu maladroitement par le centre droit, les socialistes ayant mieux résisté que prévu à l'usure du pouvoir.

Le nouveau gouvernement du Premier ministre Durão Barroso (PSD) (en coalition avec les conservateurs du PP populiste) met alors en place un programme de réformes ambitieux. Il se heurte tout d'abord à l'opposition des étudiants. S'ensuivent une mobilisation et des manifestations nationales qui ne font que souligner un mécontentement assez général envers le gouvernement... En 2004, José Manuel Barroso décide d'abandonner son parti en plein mandat gouvernemental pour devenir président de la Commission européenne. Tournant politique finalement en février 2005 : José Socrates, ancien secrétaire général du parti socialiste, devient le nouveau chef du gouvernement, son parti ayant remporté la majorité absolue aux élections législatives. Il s'engage à réformer la fonction publique, dont la lourdeur est difficile à supporter pour le budget étatique, et à créer un " choc technologique " pour stimuler la croissance. En janvier 2006, Aníbal Cavaco Silva (PSD) succède à Jorge Sampaio à la présidence de la République remportant 50,6 % des suffrages, devenant ainsi le premier président de droite de Portugal depuis " la révolution des oeillets " et la chute de la dictature.

La crise économique mondiale des années 2008 touche le Portugal de plein fouet. En 2010, des mesures impopulaires sont prises pour renflouer les caisses de l'Etat : prime de Noël divisée par 2, ticket modérateur multiplié par 2, autoroutes gratuites qui deviennent payantes... Si bien que les élections municipales de 2013 vont marquer une défaite historique de centre-droit : l'opposition socialiste remporte trois grandes villes (Porto, Sintra et Vila Nova de Gaia) et conserve Lisbonne. Le pouvoir en place se voit donc contraint de composer avec l'opposition, même si l'austérité est unanimement perçue par la classe politique comme difficile à éviter.

Un remaniement ministériel a lieu en décembre 2013, provoquant la démission notamment de Vítor Gaspar, figure de proue du plan d'austérité. Malgré ces changements, les citoyens n'en démordent pas et le début de l'année 2014 est marqué par un nombre croissant de manifestations de fonctionnaires. Sur une invitation du Premier ministre, Antonio José Seguro, leader de l'opposition socialiste, accepte de définir avec le gouvernement un plan de sortie de crise, tout en maintenant la nécessité d'une rigueur économique. Désireux toutefois de garder ses distances avec le plan d'austérité national, il insiste sur l'existence de profondes divergences quant à la manière d'équilibrer les finances du pays.

Alors que courant 2015 la troïka se félicite du recul du chômage et de la remontée de la croissance, faisant du Portugal le " bon élève " de l'Union Européenne, les élections législatives du 4 octobre (qui enregistrent le plus fort taux d'abstention de l'histoire du Portugal : 45 %) donnent gagnant le parti de centre-droit de Passos Coelho, mais sans la majorité absolue. Malgré le fait que l'opposition détienne 123 sièges au Parlement (contre 107 pour le parti jusqu'alors au pouvoir), le président de la République, par souci de stabilité, décide de reconduire le précédent chef du gouvernement à son poste. Pour la première fois dans l'histoire portugaise, le parti socialiste et son chef de file Antonio Costa, plutôt que de chercher à dialoguer avec son adversaire idéologique, s'allie aux différentes factions radicales à la gauche de la gauche, à savoir le parti communiste et le Bloc de gauche (parti anti-austérité affilié à Syriza). Le mardi 10 novembre 2015, le XXe gouvernement portugais, vieux de 11 jours, est renversé. Le 24 novembre, après un long bras de fer, Antonio Costa est nommé Premier ministre par le président.
Le 29 janvier 2016, Marcelo Rebelo de Sousa, issu des rangs du PSD, ancien Prof de Droit (duquel Antonio Costa a été l'étudiant) et ancien commentateur à la télé, est élu Président de la République. Investi le 9 mars 2016, il laisse tacitement agir le gouvernement soutenu par sa majorité parlementaire de gauche, auquel l'opposition et les milieux d'affaires tant nationaux qu'internationaux ne donnaient pas 1 mois d'espérance de vie. Antonio Costa décide de ne pas céder à la pression de l'Europe et montre que l'on peut relancer l'économie sans austérité. La croissance économique du Portugal affiche un taux record, une embellie tirée par le boom du tourisme et de l'immobilier. Le tourisme a fourni un quart des emplois créés en 2016 au Portugal, dont le taux de chômage est descendu sous la barre des 10 % en février, le taux le plus bas depuis 2009. Début 2018, le gouvernement portugais était fier d'annoncer un taux de chômage particulièrement bas ainsi que le recul de ce dernier chez les jeunes. Le salaire minimum a été revu à la hausse également, mais il reste encore très bas par rapport au coût de la vie qui augmente énormément.

Pour en savoir plus sur l’histoire du Portugal

Histoire du Portugal, Joaquim Martins, Ed. de la Différence, 1994. La référence pour tout connaître sur l'histoire du Portugal.

Lusiades, Luís de Camões, Ed. R. Laffont, 1999. Cette épopée en vers retrace la découverte des Indes par Vasco de Gama. Dix chants épiques pour ce texte fondateur de la littérature et de la nation portugaises.

La Ballade de la plage aux chiens, José Cardoso Pirès, Gallimard, 1999. Le Portugal des années 1960, vu à travers la rébellion d'un officier et de ses compagnons enfermés dans une maison isolée. Crépusculaire.

Lisbonne hors les murs, Michel Chandeigne, Ed. Autrement, 1999. Une série d'articles qui se proposent d'éclairer différents aspects de l'histoire de Lisbonne.

Histoire du siège de Lisbonne, José Saramago, Ed. du Seuil, 1999. Et si les croisés n'étaient pas venus secourir les troupes portugaises contre les Maures, et si un correcteur pouvait en changeant un seul mot réécrire l'histoire de son propre pays.

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