A 37 km à l'est de Batna, l'ancien Thamugadi se trouve sur le versant nord des Aurès, à 1 070 m d'altitude, sur une voie romaine qui reliait Lambèse à Theveste (Tébessa).

Fondée à la fin du Ier siècle après J.-C. sous le règne de l'empereur Trajan, la ville romaine, la Pompei africaine, est dans un excellent état de conservation, sauvegardée par le sable et l'oubli - il faudra attendre la fin du XIXe siècle pour que les ruines soient dégagées. Elle connut pourtant les outrages des Vandales puis des montagnards au VIe siècle, fut reconstruite par les Byzantins avant d'être détruite lors de la conquête arabe au VIIe siècle. Le site est inscrit au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco.

Quand on regarde le plan de la ville, on remarque tout de suite la régularité de son tracé. Comprises dans un quadrilatère presque carré, deux rues principales se croisent à angle droit aux deux tiers du carré, son centre étant marqué par le forum. Toutes les autres sont parallèles aux Cardo nord et sud et au Decumanus Maximus (sud-ouest/nord-est).

L'entrée principale de la cité, près de laquelle s'élevait un temple des génies de la ville, se trouvait à l'ouest, au début du Decumanus Maximus qui s'ouvrait par l'arc de Trajan qui fêtait la victoire de Trajan sur les Parthes. Cette voie dont les dalles portent la marque des roues des chariots est bordée de portiques qui abritaient des boutiques. Sur son parcours, on passe près de latrines publiques dont les stalles sont séparées par des appuis en forme de dauphins. Juste après, une maison décorée de balustrades en forme de jardinières précède le marche de l'est auquel on accède par un petit escalier. De l'autre côté du Decumanus, les grands thermes de l'est datent du début du IIe siècle. La sortie est de la voie était marquée par la porte à colonnes de Mascula, l'actuel Khenchela.

Le forum, place publique, était une place de 50 x 43 m entourée d'arcades. Des statues dressées à la gloire de notables de l'empire se dressaient sur les socles encore visibles. Dans l'une des boutiques qui devait être une taverne, on a retrouvé une inscription qui résumait le mode de vie des Romains - " Chasser, se baigner, jouer, rire, c'est vivre " - qui pouvaient s'exercer à l'une ou l'autre de ces activités dans le théâtre tout proche. Celui-ci, très bien conservé, a été construit au IIe siècle en appui sur une petite colline au sud du forum. Les gradins séparés par trois paliers pouvaient accueillir jusqu'à 3 500 spectateurs. C'est dans ce lieu évocateur que se déroule chaque année le festival international qui anime les vieilles ruines.

Plus loin, à l'extrémité du cardo Sud, les belles maisons d'Hermaphrodite et de Sertius font partie d'un groupe de bâtiments restaurés dont les thermes du sud où les sous-sols sont en bon état. Au-delà des thermes, s'étendait le quartier des artisans.

De l'autre côté du forum, sur le cardo Nord, la bibliothèque était richement décorée. Des niches creusées dans les murs accueillaient les ouvrages qu'on consultait dans une salle de lecture semi-circulaire. De retour à l'entrée ouest, flanquée du marché de Sertius où les comptoirs des boutiques n'attendent que le chaland, on se dirige vers le capitole au sud-ouest de la ville. Dans une enceinte de 90 x 62 m, un temple de 53 x 23 m se dressait sur une plate-forme surélevée à laquelle on accédait par une volée de 38 marches. Seules deux colonnes restaurées subsistent du fronton qui en comportait six et des côtés.

La voie qui prolonge le Decumanus Maximus menait à Lambèse. En prenant une ruelle sur la droite avant le château d'eau et le puits, on débouche sur une cathédrale qu'on imagine donatiste, dont le plan est nettement visible à partir des murs et des colonnes encore debout.

A l'ouest de la ville, se dressent les grands thermes de l'ouest et les thermes du Capitole. Plus loin encore, au-delà de la porte de Lambèse et de l'oued, une basilique byzantine en bon état côtoyait une nécropole païenne.

A l'écart de Timgad, les Byzantins ont édifié en 539 une forteresse sur des monuments romains. Il ne reste quasiment rien de ce fort qui mesurait 112 x 67 m. Les murailles d'une épaisseur de 2,5 m élevées avec des pierres de remploi étaient piquées de huit tours de guet. A côté, trois temples étaient dédiés aux divinités africaines dont Baal Hammon et Tanit. La nécropole chrétienne voisine, l'une des plus vastes d'Algérie, compte plus de 10 000 tombes.

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