On vient du côté de Colón surtout pour la Zone Libre, le fort San Lorenzo ou les écluses d'Agua Clara. Colón est situé à la sortie atlantique du canal, dans la baie de Limón, à 75 km au nord-ouest de Panamá. Avec presque 200 000 habitants, c'est la deuxième ville du pays. Depuis sa fondation en 1852, Colón se consacre au transit maritime et au négoce. Plusieurs grands ports aux infrastructures ultramodernes se trouvent dans les environs, ainsi qu'une enclave dédiée au libre échange de marchandises : la Zone libre de Colón (ZLC), où travaillent 35 000 personnes. Les cadres vivent dans les condominios protégés à l'extérieur de la ville sur la route des écluses et les employés arrivent par centaines de la capitale chaque matin par le train de 7h15. Colón est une ville où modernité et richesses côtoient le dénuement le plus total. Ici, le mur séparant riches et pauvres n'est pas qu'une image : on pénètre dans le monde du business, la ZLC, en présentant son passeport. A l'extérieur, les ruelles sales et les vieilles maisons en bois délabrées témoignent de l'abandon par les pouvoirs publics d'une ville jadis prospère.

Histoire

En 1502, Christophe Colomb explore l'île marécageuse de Manzanillo, située à quelques dizaines de mètres du continent. Trois cent cinquante ans plus tard, profitant du déferlement de milliers de chercheurs d'or transitant par l'isthme pour rejoindre la Californie, une compagnie américaine aménage le terminus atlantique de la première voie ferrée inter-océanique du continent. Un port, des maisons en bois, des hôtels, des commerces, un hôpital sont construits à la hâte sur l'île devenue péninsule (rattachée au continent par une jetée). Cette bourgade aux airs de Far West, un temps nommée Aspinwall du nom de l'un des fondateurs de la compagnie ferroviaire, devient vite un haut lieu du divertissement. On raconte que les rues où donnaient les bars étaient les plus faciles à paver : au fil des ans, la couche de bouteilles brisées répandue dans la boue était si épaisse qu'il n'était plus nécessaire d'y mettre du gravier !

Colón s'assoupit peu à peu dans les années 1870 depuis la mise en service en 1869 d'une voie ferrée concurrente traversant les Etats-Unis d'est et l'ouest. Mais la construction du canal français dans les années 1880 donne un second souffle à la ville. Le quartier moderne de Cristobal prend forme. Des milliers de travailleurs en provenance des Antilles (Barbade, Martinique, Guadeloupe, Trinidad...) et d'Europe (Espagnols, Français, Italiens...) s'installent, donnant une touche cosmopolite à la ville. Cette mosaïque de nationalités s'étoffe encore quand les Américains reprennent en 1904 le chantier abandonné par les Français.

Après la destruction partielle de la ville par plusieurs incendies, de belles demeures à l'architecture néocoloniale sont édifiées ainsi que des restaurants, théâtres et cabarets où se produisent des artistes de renommée internationale. Les grands bazars font recette et la ville, pleine de vie, s'étend dans les années 1920-1930. Son développement s'accélère avec les grands travaux de l'armée américaine pendant la Seconde Guerre mondiale, puis par la création de la Zone Libre en 1948, devenue en quelques décennies la zone franche la plus importante au monde, après celle de Hong-Kong.

Depuis le début des années 1970, malgré la proximité du canal et les tonnes de marchandises qui transitent dans ses ports, la ville traverse une grave crise sociale. Les milliards qui s'échangent dans la ZLC ne sont pas injectés à Colón, considérée comme une ville trop dangereuse pour y investir ou s'y installer. Les négociants préfèrent vivre à Panamá ou dans des quartiers sécurisés en périphérie. Actuellement, une bonne partie de la population est sans emploi et les gangs s'affrontent pour le contrôle d'une poignée de rues. Seuls les travaux portuaires et l'accueil des passagers de bateaux de croisière à Colón 2000 offrent quelques opportunités d'emplois. Depuis des années les politiques promettent une véritable réhabilitation du centre-ville, mais celle-ci impliquerait un relogement des habitants à l'extérieur du centre, ce que la majorité refuse.

Tourisme

Colón n'est donc pas une ville touristique et les locaux viendront vous mettre en garde si vous vous risquez dans ses rues. Elle mérite cependant qu'on s'y intéresse, pour son histoire liée au chemin de fer et au canal, et pour sa population en majorité d'origine afro-antillaise, orientale ou chinoise. Si vous faites le choix de visiter la ville, faites-le en taxi ou accompagné par le guide d'une agence. Jetez un oeil sur les vieilles maisons en bois ornées de balustrades et de balcons (qui s'écrouleront sans doute bientôt...), la cathédrale et la statue de Christophe Colomb, avant de faire une pause café sur le front de mer depuis un lieu sûr comme l'hôtel Washington, pour profiter d'une vue sur la baie et sur les énormes cargos attendant leur tour à l'entrée du canal.

Il faut préciser qu'en terme de sécurité, seule la ville de Colón est dangereuse, le reste de la province du même nom est très sûr, alors n'hésitez pas à visiter cette belle région, encore très authentique.

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15.95 €
2019-01-02
456 pages
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