La côte varoise se tait en été, laissant la parole aux « people »... Mais dès que les premiers froids chassent leurs folies et les paparazzi, le Var devient beaucoup plus bavard ! Il retrouve alors des airs fiers et sauvages, des vignobles de Bandol aux falaises de l’Estérel en longeant le littoral ou en suivant la route dorée du mimosa. Encouragées par la douceur du climat, Porquerolles, Port-Cros et l’île du Levant se laissent aller à leur nature tandis que les villages s’animent au rythme de fêtes provençales. Même Saint-Tropez joue le jeu de l’authenticité et redevient ce petit village de pêcheurs d’avant l’heure. Le Var en hiver n’est point avare : il s’offre à nous plus généreusement qu’il ne s’alloue aux stars.

 

Cap au sud

La gare « centrale » du Var est Toulon, une ville somme toute sympathique mais qui ne nous retiendra pas plus d’une journée, trop pressés de retrouver Hyères-les-Palmiers. Cette coquette cité a les pieds dans l’eau, jusqu’à ses chevilles même puisqu’elle compte la presqu’île de Giens dans ses jupons. Plus ancré dans les terres, son quartier médiéval s’enroule autour d’un labyrinthe de ruelles agrippées à la colline du Castéou. Il a pris place dans l’ancienne enceinte du château, legs des seigneurs de Fos qui résiste tant bien que mal au temps : seule la vue qui embrasse terre et mer reste intemporelle. Les légendes aussi, et l’on raconte que la collégiale attenante, Saint-Paul, préserverait le trésor des Templiers... Mais des histoires plus que des légendes, Hyères en aurait à raconter depuis sa fondation par les Phocéens de Massalia. Alors baptisée Olbia, elle fut un comptoir commercial dont on imagine l’envergure en visitant le site archéologique dans le quartier de l’Almanarre. Les vestiges des remparts, des temples et des thermes forment le plus bel ensemble grec du littoral.

Quelques siècles plus tard, Hyères connut d’autres épopées à cause des salins que se disputaient les comtes de Provence. En visitant les salins des Pesquiers, on mesure aisément tous les enjeux de l’or blanc qui agrémentait les coffres-forts bien plus que les plats provençaux !

L’un des chapitres importants de la ville remonte au siècle dernier, lorsque le tourisme d’hiver débarque avec les belles autos des aristocrates et riches industriels. Il est alors coutumier de construire sa villa secondaire avec autant de faste et d’imagination, comme en témoigne encore la célèbre villa Noailles, devenue centre d’art et d’architecture. Ainsi, Hyères offre différents visages qui regardent tous vers la mer, admirant au passage les neuf ports, la pinède et les falaises qui soutiennent la presqu’île de Giens. Là encore, on découvre une autre patine, plus brute dans les criques, plus authentique dans les petits ports, plus méditerranéenne sur les longues plages...

 

Îles hivernantes

Surfréquentées l’été, les îles d’Or retrouvent leur tranquillité aux premiers froids. Porquerolles, Port-Cros et les îles du Levant en profitent alors pour se laisser aller à leur nature. Privé d’activités balnéaires, on ne les dérangera pas plus d’une journée durant laquelle on arpentera des paysages toujours aussi verdoyants. Porquerolles, la première, reprend des airs sauvages de ses souliers ensablés jusqu’aux bonnets qui coiffent massifs et falaises. On enfourche un vélo à travers ses forêts de pins. Les sentiers balisés sur une cinquantaine de kilomètres conduisent jusqu’aux plages. On participera aussi aux dégustations dans l’un des trois domaines viticoles de l’île ; ici fut créé l’un des premiers crus classés des côtes-de-provence, posé sur toutes les tables du village. Enfin, ne manquez pas le fort Sainte-Agathe qui présente une exposition d’archéologie sous-marine.

Du vert, encore du vert, on enchaînera à Port-Cros après le déjeuner. Au programme, baignades pour les plus courageux et promenades sur l’île pour les autres. Parc national, on y trouve 120 espèces d’oiseaux.

Puis, en traversant la passe des Grottes, on atteint l’île du Levant, royaume estival des naturistes que la fin de saison rhabille forcément ! Restent son adorable village, l’Arbousier, ses sentiers qui longent la réserve naturelle, ses points de vue panoramiques et cette vie suspendue « loin de tout » que les insulaires animent joyeusement.

 

Saint-Trop' en toute simplicité

Impossible de parler de côte varoise en ignorant le plus célèbre village de France. D’ailleurs, il serait dommage de bouder Saint-Tropez qui vit en toute simplicité une fois l’été parti. Il reprend ses airs de petit port de pêche et son caractère plutôt fier que l’histoire a forgé. Car bien avant les mini-shorts vichy de B.B., Saint-Tropez était moins olé olé : il connut attaques et surtout rébellions comme en témoignent les canons en bronze de la citadelle qui surplombe le bourg. Derrière le pont-levis, aux côtés des douves, se trouve le musée de la Marine qui relate le passé naval et les aventures du bailli de Suffren, héros tropézien. Au vu du patrimoine religieux, on prend conscience que le village n’a pas toujours eu la cuisse légère des soirées show-biz ! On s’étonne alors de l’austérité des petites chapelles, dont la bienveillante Sainte-Anne, ou de l’église de Notre-Dame-de-l’Assomption qui prête son clocher et sa coiffe de tuiles rouges à tous les clichés.

La visite des musées nous apprend aussi que la cité n’expose pas uniquement des seins nus mais d’autres collections. Le musée de l’Annonciade préserve grand nombre d’œuvres de l’avant-garde picturale qui s’inspira des paysages varois. Matisse, Derain, Braque, Dufy et surtout Paul Signac sont ici mis à l’honneur.

Pour le reste, on s’attarde à l’apéro place des Lices, amusé par les parties de pétanque qui confrontent les anciens du village ; on se ravit des spécialités du terroir au point de se lever, les mardis et samedis matin, pour faire le marché provençal... Saint-Trop’ en toute simplicité.

 

Un paradis botanique

Ensuite, on partira à la découverte de Bormes-les-Mimosas pour l’Arboretum de Gratteloup et sa collection... de mimosas bien sûr. Puis, en une poignée de kilomètres se succèdent le jardin méditerranéen du Domaine du Rayol et le jardin botanique des Myrtes de Sainte-Maxime. On passe par Saint-Raphaël avant de bifurquer sur le massif de l’Esterel. Là, on a le souffle coupé moins par la marche accessible à tous que par la beauté des paysages parfois surréalistes avec les jeux de lumière sur la roche rouge...

Mandelieu-la-Napoule constitue la dernière étape maritime ; on lui accordera plus de temps, ne serait-ce que pour visiter les jardins du château médiéval, au pied du parc départemental du Mont-San-Peyre. On s’enfonce ensuite dans les terres pour atteindre le royaume du mimosa : Tanneron, un village paré de kilomètres de forêts dorées. Ses tableaux révèlent à quel point la nature peut être bluffante...

La route rejoint enfin les jardins fleuris de Grasse, capitale du parfum classée ville d’art et d’histoire et délicieux point final à notre escapade.

 

Infos futées

 

Quand ? Dès la fin de l’été et de la saison touristique pour découvrir le Var en toute simplicité.

 

S’y rendre. En avion, direction Toulon. Jusqu’à 6 vols quotidiens au départ de Paris-Orly. Compter entre 60 et 200 € l’aller-retour. En train, compter environ 4 heures.

AIR FRANCE - Plus d’informations sur le site

VOYAGES SNCF - Plus d’informations sur le site

 

Utile. Pour préparer au mieux son escapade.

COMITÉ DÉPARTEMENTAL DE TOURISME DU VAR - Plus d’informations sur le site