Ici, sur le canal du Midi, tout est luxe, calme et volupté. Le temps qui passe, au rythme de l'eau. Le calme qu'on savoure au passage des écluses. Les vins de la Narbonnaise à déguster à bord d'une péniche ou sur la terrasse d'une jolie guinguette. C'est tout bonnement le luxe. Celui de prendre le temps, quand enfin, fin mars, le canal ouvre à nouveau ses voies navigables aux voyageurs amateurs de slow travel. Canal du Midi, de la Robine et de Jonction, on se régale d'ores et déjà de sillonner ces trois canaux classés au Patrimoine mondial de l'Unesco, sans oublier Narbonne, la ville romaine traversée par le canal de la Robine, avant de se jeter dans la mer Méditerranée. Quoi de plus agréable, au printemps, que de se laisser séduire par tous ces petits villages pittoresques en bordure des canaux, de visiter les chais ou les caves viticoles, et de s'arrêter ici et là dans les galeries d'art pour une expo... On a fait le chemin, et on le recommande.

 

 

Le canal du Midi : première halte au Somail

Il est bien un endroit au charme intemporel sur le canal du Midi qui attire autant de visiteurs : le Somail, un petit port où autrefois les voyageurs de la barque de poste faisaient halte pour la " couchée ", classé par l'Unesco et les Monuments historiques. Ce joli hameau est un monde à part, teinté d'une authentique convivialité. L'ambiance unique d'un temps qui se serait arrêté. On se sent vraiment bien au Somail. Entre la balade sur le petit pont en dos d'âne qui relie les deux rives, la visite à la chapelle où on célèbre encore les messes, on prend plaisir à s'attabler sur la terrasse d'un des restaurants pleins de charme au bord de l'eau, tel Le Comptoir Nature pour y déguster de bons produits frais locaux. On s'amuse des cris effarouchés des oies et des canards sur les berges avant de découvrir cette curiosité qu'abrite le Somail : le Trouve Tout du Livre, une librairie ancienne installée dans une cave viticole, qui compte plus de 50 000 références, et dont la propriétaire, Nelly, au sens inné de l'accueil, saura transmettre l'histoire avec brio. Surtout, on ne quitte pas le port sans avoir testé la promenade en bateau, sur cette ancienne gabarre du XIXe siècle, à la découverte des remarquables ouvrages d'art du canal du Midi, tout en saluant les promeneurs et cyclistes empruntant les berges. Et puis, on craque pour une toile ou une sculpture en poussant les portes des expos du Festival "De l'Art et des Mots au bord de l'eau" qui a lieu du 4 au 6 avril. Un moment fort comme on les aime...

Plus d'infos : [email protected] - 04 68 41 55 70 - Sur leur site internet.


 

Le canal de Jonction: Sallèles-d'Aude et son passé gallo-romain

En poursuivant, après la Porte Minervoise, un ancien relais à chevaux transformé en boutique de produits régionaux, on dépasse Port Robine où sont amarrées bon nombre de jolies péniches. Et puis, on arrive face à cette curiosité qu'est le canal de la Jonction constitué de sept écluses ceintes par des allées de pins parasols. C'est le canal le plus récent, construit en 1780 afin de relier le canal du Midi et celui de la Robine. Avant, les voyageurs et marchandises empruntaient la route, le plus souvent à dos d'âne. D'un point de vue fluvial, on ne se lasse pas des paysages traversés, l'heure est à la contemplation. On continue à allure régulière vers Sallèles-d'Aude, un charmant village qui arbore en bord du canal des maisons de maîtres remarquables. Le temps d'une pause sur la terre ferme, on plonge dans l'histoire des potiers et du commerce durant l'Antiquité au site gallo-romain Amphoralis.

Plus d'infos : www.amphoralis.com

 

 

Le Canal de la Robine : la ville romaine, Narbonne

On vogue vers Narbonne à l'ombre des platanes, empruntant le canal de la Robine qui passe sous l'un des rares ponts couverts de France, le pont des Marchands. Fondée par les Romains en 118 av. J.-C, on dit de Narbonne qu'elle est "la première fille de Rome". Quant au canal de la Robine, il  parcourt l'ancien lit de l'Aude que les Romains utilisaient déjà en bateau. C'est à un soudain changement de trajectoire du fleuve que le canal de la Robine doit sa création pour relier Narbonne à la voie fluviale. La ville romaine n'aura donc pas tout perdu de son antique vocation portuaire. Ici, on amarre quelques heures pour flâner sur les bords du canal, faire un tour de vélo, prendre un verre au coeur de la ville, sur l'une des terrasses de la nouvelle promenade aménagée. Et on profite du soleil. Et pourquoi pas, si le coeur en dit, prolonger la halte en réservant au Clarion Suites Île du Gua, pour une nuit au bord du canal, version grand luxe, cette fois ?

Plus d'infos : www.narbonne-tourisme.com

 

 

Là où le canal rejoint la mer : Port-la-Nouvelle et l'île Sainte-Lucie

Pour rejoindre la belle bleue, on traverse six écluses sur le canal. On ne se lasse pas de ce spectacle vivant. Monter, descendre sur le quai, amarrer, écouter les bruits de l'eau qui monte... Le canal de la Robine termine sa course dans la mer Méditerranée, à Port-la-Nouvelle exactement, après 32 km de voie navigable depuis le canal de Jonction. On en profite, et on apprécie les embruns vivifiants à l'approche de la petite station balnéaire familiale, qui est aussi le 3e port de Méditerranée française. Bateaux de pêcheur à l'allure modeste, ou immenses cargos de tous horizons, on se nourrit de l'univers si particulier des ports. Et on repart, pour plus de calme, vers la Réserve naturelle régionale de Sainte-Lucie où, par un petit sentier balisé en bord de canal, on peut observer à loisir une faune et une flore uniques ainsi que des panoramas à couper le souffle sur les lagunes.

Plus d'infos : www.ot-portlanouvelle.com