Guide du Texas : Histoire

L'histoire du Texas est passionnante pour la simple et bonne raison qu'elle est mêlée au passé de plusieurs nations. Le passé du Mexique et des Etats-Unis, mais aussi de l'Espagne et de la France. Longtemps indépendant, le Texas a rejoint l'Union des Etats-Unis en 1845, avant de la quitter puis d'y revenir.

Avant les Européens

Comme pour beaucoup de pays ou de régions du continent américain, il est difficile d'en savoir beaucoup sur leur passé avant l'arrivée des Espagnols. Les historiens sont cependant d'accord pour reconnaître, sur le territoire de l'actuel Texas, la présence de trois civilisations d'autochtones nord-américains distinctes. La première s'est développée dans les collines le long du Rio Grande. La seconde occupait l'Est et la vallée du Mississippi. Enfin, la dernière était plus éparse et regroupait les tribus influencées par la culture précolombienne du Mexique ou d'Amérique centrale. Parmi les Indiens qui peuplaient la région à l'arrivée des Européens, se trouvaient les Alabama, les Apaches, les Atakapan, les Bidai, les Caddo, les Coahuiltecan, les Comanches, les Cherokee, les Choctaw, les Coushatta, les Hasinai, les Jumano, les Karankawa, les Kickapoo, les Kiowa, les Tonkawa et les Wichita. Les historiens ont d'ailleurs tracé l'origine du nom Texas dans le langage des Caddo. Ils l'ont rapproché du mot " taysha " qui désignait l'amitié, le rapprochement à l'autre. Très vite, certaines tribus ont vu l'arrivée des Européens comme une mauvaise chose, alors que d'autres les ont aidés à s'installer. L'histoire retient que le premier explorateur blanc à découvrir le Texas fut Alonso Alvarez de Pineda, en 1519. La carte qu'il dessina de la côte du golfe est le plus ancien écrit historique sur la région. Les expéditions sérieuses et poussées au coeur du Texas commencèrent à partir de 1528.

Chronologie

La révolution du Texas

1832 > le 26 juin, les premiers affrontements ont lieu entre les troupes mexicaines et les rebelles texans qui souhaitent plus d'autonomie. La première bataille a lieu à Velasco. Les Mexicains abdiquent trois jours plus tard.

1835 > le 2 octobre, les autorités mexicaines exigent des colons de Gonzalez la restitution d'un canon qui leur avait été prêté pour qu'ils se défendent des attaques indiennes. Leur refus de se soumettre aux ordres mexicains marque le début de ce que les historiens nomment la " révolution du Texas ".

1835 > le 10 octobre, publication du premier journal anglophone du Texas, le Telegraph and Texas Register.

1835 > début novembre, des indépendantistes texans se mettent d'accord sur la formation d'un gouvernement provisoire. Deux semaines plus tard, l'armée des Texas Rangers est officiellement fondée. Elle a pour objectif de défendre les intérêts du Texas.

1836 > le 2 mars est marqué par la déclaration d'indépendance du Texas, dans la commune de Washington-on-the-Brazos. Le lendemain commence le siège d'Alamo par les troupes mexicaines. Au bout de 72 heures, les troupes texanes sont anéanties.

1836 > le 10 mars, Sam Houston quitte Gonzales pour se replier vers l'est devant l'avancée des troupes mexicaines. Les civils fuient leur village.

1836 > le 27 mars, 350 prisonniers texans sont exécutés.

1836 > le 21 avril, Sam Houston et ses hommes prennent le dessus en quelques minutes sur les Mexicains, à San Jacinto, à quelques kilomètres de l'actuelle cité de Houston.

1836 > le 14 mai, signature de deux traités, l'un portant sur la république du Texas et l'autre tenu secret par les deux parties. Ils mettent fin à la " révolution du Texas ". Ils ne seront pas vraiment respectés.

1836 > le 22 octobre, élection de Sam Houston à la présidence de la république du Texas et de Lorenzo de Zavala à la vice-présidence. Approbation également par référendum de l'annexion du Texas par les Etats-Unis.

1837 > les Etats-Unis reconnaissent la république du Texas pour la première fois.

1837 > Houston devient la capitale du Texas pour deux ans.

1839 > vente des premières parcelles de terre dans la nouvelle capitale, à Austin, qui s'appelle encore à l'époque Waterloo.

1839 > le 19 mars, traité de paix conclu avec les Indiens Comanches. La rencontre se passe mal. 35 Indiens et 7 Texans sont tués. En représailles, les Comanches attaquent des villages. Ils sont défaits par les Texas Rangers le 11 août.

1841 > le Texas essaie de s'agrandir et de récupérer les terres mexicaines de Santa Fé. Echec.

L'annexion états-unienne

1845 > le 1er février, fondation de l'université de Baylor.

1845 > le 1er mars, résolution du Congrès américain en faveur de l'annexion du Texas.

1845 > forte immigration allemande.

1845 > la proposition d'annexion américaine est acceptée par les leaders texans. Elle n'a plus qu'à être soumise aux citoyens autorisés à voter. Ils l'approuveront à leur tour le 13 octobre, en même temps qu'une nouvelle constitution.

1845 > le Texas devient le 28e Etat de l'Union et rejoint donc les Etats-Unis.

Guerre mexicaine et développement

1846 > en mai, bataille de Palo Alto, qui ouvre le conflit de 2 ans avec le Mexique.

1848 > le 2 février, signature du traité de Guadaloupe Hidalgo, marquant la paix avec le Mexique et délimitant les frontières internationales.

1850 > le 11 février, début de la construction de la première ligne ferroviaire.

1850 > le 25 novembre, le Texas est amputé de ce qui constitue aujourd'hui la moitié de l'Etat de New Mexico, un tiers du Colorado et des bouts de l'Oklahoma et du Wyoming, en échange de l'effacement d'une dette publique de 10 millions de dollars.

1854 > des réserves sont concédées aux Indiens dans le centre et l'ouest du Texas.

1858 > depuis le 15 septembre, la route ferroviaire commerciale reliant Saint Louis à la côte ouest passe par le Texas.

1859 > les réserves indiennes sont déplacées en territoire indien, aujourd'hui l'Oklahoma, par le gouvernement fédéral.

Guerre de sécession

1861 > le 1er mars, le Texas est reconnu comme un Etat par le gouvernement provisoire des Etats confédérés d'Amérique.

1861 > le 2 mars, la sécession du Texas de l'Union états-unienne est approuvée.

1861 > le 16 mars, Sam Houston démissionne de son poste de gouverneur pour protester contre la sécession.

1862 > le 10 août, 68 loyalistes de l'Union tentent d'affronter les troupes confédérées. Ils meurent tous.

1862 > en octobre, 42 militants présumés de l'Union sont pendus à Gainesville.

1865 > le 13 mai, alors que la guerre civile est officiellement terminée, a lieu la tragique bataille de Palmito Ranch, près de Brownsville. L'information confirmant la fin de la guerre n'avait pas encore atteint le Texas !

1865 > le 19 juin, le général Gordon Granger arrive à Galveston pour annoncer l'abolition de l'esclavage.

1865 > début de la " reconstruction du Texas ".

1865 > en septembre, le Bureau des réfugiés du Texas est jugé coupable d'aider d'anciens esclaves dans leur transition vers la liberté.

1866 > le 15 mars, approbation d'une ordonnance annulant les actions de la Convention sécessionniste.

1866 > le 20 août, proclamation de paix entre le Texas et les Etats-Unis par le président américain Andrew Johnson.

Le Texas à l'heure de la croissance

1868 > début de l'irrigation à grande échelle au Texas, grâce notamment à la construction de canaux à Del Rio.

1869 > le 30 novembre, approbation d'une nouvelle constitution texane.

1870 > le 30 mars, le Texas est de nouveau admis à être représenté au Congrès américain.

1870 > Edmund J. Davis devient le premier gouverneur républicain du Texas.

1871 > à Salt Creek, 7 hommes sont tués dans un train par des Indiens Comanches.

1872 > extension importante du réseau ferroviaire depuis Dallas.

1873 > les voies ferrées partant du Texas atteignent désormais le Missouri et le Kansas.

1874 > l'élection du démocrate Richard Coke à la tête du Texas marque la fin de la période de reconstruction de l'Etat.

1874 > en septembre, bataille entre l'armée américaine et les Indiens dans le Palo Duro Canyon. Les autochtones sont chassés vers le territoire indien.

1876 > adoption d'une nouvelle constitution du Texas. Elle est encore en vigueur aujourd'hui.

1876 > en octobre, ouverture de la première université texane, destinée à l'agriculture et à la mécanique.

1876 > Charles Goodnight établit, dans le canyon de Palo Duro, le premier ranch de bétail des plaines du centre du Texas.

1881 > la ligne de train Texas et Pacifique rejoint pour la première fois Sierra Blanca, située à 90 km à l'est d'El Paso.

1883 > en septembre, premiers cours donnés à l'université du Texas.

1884 > le non-respect des barrières d'une propriété privée devient un délit au Texas.

1886 > un terrible ouragan achève de détruire la ville d'Indianola, déjà fortement touchée par des intempéries 11 ans plus tôt. La cité ne sera plus jamais reconstruite.

1888 > fin de la construction du capitole d'Austin, encore utilisé aujourd'hui.

1894 > le premier gisement de pétrole est découvert à Corsicana. Un premier puits industriel est ouvert 2 ans plus tard.

1900 > le 8 septembre, le Grand Ouragan s'abat sur Galveston et tue plus de 6 000 habitants.

Le boom pétrolier

1901 > les découvertes de nouveaux gisements importants d'or noir à Beaumont font du Texas un pionnier de l'industrie pétrolière.

1911 > début d'une importante vague migratoire mexicaine qui, pendant 9 ans, fuit la guerre civile et trouve refuge au Texas.

1916 > pour la première fois, les citoyens texans autorisés à voter peuvent participer au choix des sénateurs américains.

1918 > victoire féministe de taille : les femmes sont désormais autorisées à voter aux primaires.

1920 > plan majeur d'irrigation dans les plaines du centre.

1925 > Miriam Ferguson est la première femme élue au poste de gouverneur.

1928 > en juin, organisation et tenue de la Convention nationale du Parti démocrate à Houston, la première dans un Etat du sud des Etats-Unis depuis 1860.

1937 > une explosion de gaz naturel dans une école du comté de Rusk fait 296 victimes.

1947 > le 16 avril, explosion dans le port de Texas City d'un navire français, le SS Grandcamp, qui transporte de l'ammonium. Elle est suivie le lendemain par une autre explosion, celle du SS High Flyer. La tragédie coûtera la vie à près de 600 personnes. L'explosion est ressentie sur 100 km à la ronde le long des côtes et provoque des vagues de 5 m de haut.

La seconde moitié du XXe siècle

1949 > admission du premier étudiant noir à l'université du Texas, à Galveston.

1950 > la Cour suprême des Etats-Unis ordonne au Texas de mettre en place les lois portant sur " l'intégration des races " pour l'université du Texas.

1953 > Dwight D. Eisenhower devient le premier président des Etats-Unis natif du Texas.

1953 > le 11 mai, à Waco, une tornade tue 114 personnes et en blesse 597 autres.

1953 > le 22 mai, Dwight D. Eisenhower signe un accord autorisant l'Etat du Texas à être le seul bénéficiaire de son pétrole off-shore.

1954 > les femmes du Texas peuvent désormais officier dans un jury.

1962 > la NASA installe un site à Houston.

1963 > assassinat du président américain John F. Kennedy, à Dallas.

1965 > un natif de San Antonio (Texas) est le premier Américain à marcher dans l'espace.

1966 > Barbara Jordan, originaire de Houston, devient la première femme noire à intégrer le Sénat du Texas.

1966 > le 1er août, un certain Charles Whitman ouvre le feu et tue 17 personnes sur le campus de l'université du Texas.

1969 > l'astronaute Neil Armstrong, à bord du vaisseau Apollo 11, envoie le message : " Houston, l'aigle vient d'atterrir ".

1979 > une série de tornades frappent l'ouest du Texas, tuant 53 personnes.

1984 > Convention nationale du Parti républicain à Dallas.

1988 > George Bush, originaire de Houston, est élu à la présidence des Etats-Unis.

Les années 2000

2000 > l'ancien gouverneur du Texas, George W. Bush, est élu à la présidence des Etats-Unis.

Juin 2001 > la tempête tropicale Allison déferle sur Houston, l'eau montant jusqu'à 9 m à certains endroits. 20 personnes y trouvent la mort.

2008 > en septembre, l'ouragan Ike dévaste le Sud du Texas, faisant une soixantaine de morts.

2010 > le 20 avril, la plateforme pétrolière off-shore Deepwater Horizon, louée par BP, explose, entraînant une marée noire historique dans le Golfe du Mexique.

2015 > après deux années de sécheresse record, des tornades aux pluies diluviennes s'abattent sur l'ensemble du Texas, provoquant des inondations meurtrières dans le centre et l'est du pays. Douze morts dans le Hill Country.

2016 > le 8 novembre, le milliardaire républicain Donald Trump est élu 45e président des Etats-Unis en remportant l'élection face à la candidate démocrate Hillary Clinton. Il récolte 52,6 % des voix au Texas.

2017 > fin août, l'ouragan Harvey a frappé le sud des Etats-Unis, causant la mort de 82 personnes dans le seul Texas. Le montant des dommages s'élève à près de 70 milliards de dollars.

Le Texas à l’heure française

Présents sur le continent américain, les Français ont eux aussi mis la main sur un bout du Texas. Si les premiers explorateurs à avoir découvert le Texas agissaient au nom de la Couronne espagnole, rien n'officialisait une colonie hispanique dans la région. En 1682, sans trop de surprise, René-Robert Cavelier, également connu sous le nom de Sieur de La Salle, pose ses valises dans la vallée du Mississippi et déclare française cette région d'Amérique du Nord. Après des négociations avec le roi de France Louis XIV, il parvient à faire de cette zone une colonie.

De retour en Amérique, René-Robert Cavelier peine à retrouver son chemin. A la suite d'une erreur de calcul, il ne parvient pas à gagner l'embouchure du Mississippi. Peu lui importe, il lui faut installer la colonie désormais ordonnée par le Roi-Soleil. Au début de l'année 1685, il choisit, sans trop le savoir, la baie de Matagora, à plus de 500 km du Mississippi ! Il construit le fort Saint Louis, nommé en hommage au roi de France.

Forcément fasciné par sa première rencontre avec le Mississippi, René-Robert Cavelier décide de poursuivre les recherches. Pensant avoir accosté trop à l'est, il entreprend avec ses hommes de chercher vers l'ouest. Ils tombent alors nez à nez avec le fleuve Rio Grande, qui marque aujourd'hui la frontière entre le Texas et le Mexique. La colonie de Fort Saint Louis peine alors à survivre. Des récits historiques portent à moins de 50 le nombre d'habitants deux ans après sa fondation. Finalement, René-Robert Cavelier meurt assassiné en janvier 1687, alors qu'il cherche encore le Mississippi, cette fois-ci vers l'est.

La fin de l'aventure n'est guère plus glorieuse. Dès 1685, les Espagnols ont vent de la création future de Fort Saint Louis et décident de chercher René-Robert Cavelier. Une de leurs expéditions tombera finalement sur un membre de la colonie qui finira par les y mener. A leur arrivée, il ne reste plus que quelques bébés. Le village a été pillé par des Indiens. C'est la fin de l'implantation française au Texas.

Figures historiques

Stephen F. Austin. Il a donné son nom à Austin, la capitale du Texas. C'est dire l'importance de ce personnage dans l'histoire de l'Etat. Né en Virginie, il accompagne dès l'âge de quatre ans ses parents qui s'établissent dans le Missouri. Son père, Moses, se passionne pour la politique et les divers mouvements qui marquent son époque - la France vient de vendre la Louisiane. Influencé par son père et son désir d' " américaniser le continent ", le jeune Stephen, alors âgé de 11 ans, part en Nouvelle-Angleterre pour faire ses études. Il obtient son premier diplôme à 17 ans, avant de suivre des études de droit. A la fin de ses quatre années de formation, il rentre en Virginie pour intégrer l'Assemblée, avant d'essayer de faire fortune dans l'Arkansas. C'est alors que son père lui propose un projet qu'il ne peut refuser : la fondation d'une colonie anglaise sur le territoire du Texas, pour laquelle il fera venir 300 familles anglo-saxonnes. Quand le père de Stephen décède, ce dernier reste seul en charge du projet, même s'il doit encore prouver aux autorités espagnoles qu'il est habilité à le faire. C'est alors que se forge sa légende. Il devient l'un des principaux fondateurs de l'Etat. Finalement, après avoir appris l'indépendance du Mexique et visité la côte du golfe accompagné d'explorateurs et d'autochtones, à la fin de l'année 1821, il choisit de poser ses valises sur ce qui constitue aujourd'hui le comté de Brazoria.

Après plusieurs démêlés avec les autorités mexicaines, il parvient à les convaincre que les colonies sont nécessaires pour prévenir les attaques des Indiens et tout particulièrement des Comanches. Il fait de San Felipe de Austin le pôle principal du comté et parvient à attirer de nouvelles familles en leur offrant de grandes parcelles de terre à petit prix.

Dwight D. Eisenhower. Parmi les hommes politiques ayant occupé la Maison Blanche, Eisenhower est probablement l'un des plus liés à l'histoire de France. Né en 1890 à Denison au Texas, il a marqué l'histoire de la Seconde Guerre mondiale. Il s'est illustré en tant que " commandant suprême " des Forces alliées lors du débarquement de Normandie. A l'entrée de Bayeux, dans le Calvados, parmi les premières villes françaises libérées par les Alliés le 6 juin 1944, une superbe statue placée au milieu d'un rond-point lui rend hommage. Forcément marqué par la politique internationale après cette guerre, puis celle de Corée, ainsi que par son passage à la tête de l'OTAN en 1951, il passa une grande partie de ses deux mandats de président des Etats-Unis, entre 1953 et 1961, à apaiser les tensions naissantes entre le bloc soviétique et celui de l'Ouest.

Sam Houston. Difficile de séjourner au Texas sans entendre son nom au moins une fois. Le simple fait d'aller à Houston fait surgir la référence historique. Né en 1793 en Virginie, Houston suit très tôt sa famille qui part pour le Tennessee. La route vers l'ouest a déjà commencé. Il y grandit, s'y marie et y fait de la politique. Sa popularité le place même au poste de gouverneur de l'Etat, mais, très vite, des ennuis avec la justice le poussent à émigrer. Il choisit alors le Texas, qui est encore sous contrôle mexicain. C'est d'ailleurs très certainement la révolution texane pour l'indépendance qui motive son choix.

En décembre 1832, il quitte sa femme et part donc pour le Texas, avec pour seul objectif d'y retrouver la même popularité qu'il a connue au Tennessee avant de devenir gouverneur. Très rapidement, il gagne la confiance de partisans favorables à l'indépendance du Texas. Il prend part à la Convention de 1833 qui traite du sujet, ainsi qu'à la Consultation de 1935 qui prépare le terrain. Il en sort général, ce qui lui permettra de devenir le leader de l'armée texane lors de la guerre d'Indépendance. Le 21 avril 1836, il est de ceux qui participent à la célèbre bataille de San Jacinto, décisive dans l'histoire du Texas. Après avoir essuyé plusieurs revers face aux Mexicains, il tient enfin sa victoire. Le dictateur mexicain fait prisonnier, le Texas accède à l'indépendance. Jonglant sur la vague du succès, il se fait élire à deux reprises président de la République indépendante du Texas, la première fois en octobre 1836. Maintenant installé, il joue les pacifistes, tentant à maintes reprises de nouer le dialogue avec les peuples autochtones colonisés. Il en fait de même avec le Mexique, qui, a plusieurs reprises, cherche à récupérer le Texas. Par la suite, il devient gouverneur du Texas, ce qui lui permet aujourd'hui de figurer dans l'histoire des Etats-Unis comme le seul homme à avoir dirigé deux Etats différents. Non partisan d'une intégration aussi précoce du Texas au sein de l'Union des Etats-Unis, il est peu à peu évincé de la scène politique. Il se retirera plus tard à Huntsville, toujours au Texas, pour y finir ses jours. Il décède en juillet 1873.

Lyndon B. Johnson. Né en 1908 dans le centre du Texas, près de Johnson City, il est connu dans les livres d'histoire comme le 36e président des Etats-Unis. Numéro deux derrière John Kennedy lors des élections de 1960, il lui succède, comme le veut la Constitution américaine, le 22 novembre 1963, peu après l'assassinat du président à Dallas. L'histoire s'en souvient comme d'un homme politique très engagé sur la scène internationale. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il servait dans la US Navy comme lieutenant dans le Pacifique sud.

Après la disparition de Kennedy, il poursuit ses grandes réformes, concernant les droits civiques notamment. Préparant sa propre campagne électorale de 1964, il tient un grand discours regardé par des millions d'Américains, au cours duquel il a cette phrase célèbre qui explique le but de sa politique et la direction que doivent prendre les Etats-Unis : " pour construire une grande société, un endroit où le sens de la vie d'un homme égale les merveilles de son travail ". En 1964, il est élu pour la première fois à la présidence des Etats-Unis, avec l'une des plus confortables marges de l'histoire des élections présidentielles américaines (22 points).

Il poursuit ses réformes pour faire valoir l'égalité entre ses concitoyens. Il signe notamment, en 1965, le Voting Rights Act, qui interdit aux Etats du Sud, dont le Texas, d'imposer aux Afro-Américains des tests pour savoir s'ils ont la capacité de voter. Il développe également la couverture sociale pour tous et trouve des ressources supplémentaires contre la grande pauvreté.

Mais il trébuche sur la scène internationale qu'il connaît pourtant si bien. La lutte effrénée avec la Russie se complique d'année en année pendant la guerre froide. Et il est le premier président à devoir gérer la crise du Viêt-nam. Cette guerre l'usera. A l'approche des élections de 1968, il refuse de se représenter, préférant agir pour la cause de la paix au Viêt-nam. Il mourra d'une crise cardiaque, dans son ranch au Texas, en janvier 1973, deux ans avant la fin du conflit.

Le Texas à l’heure espagnole (1528-1821)

A partir de 1519, la Couronne espagnole envoie des hommes explorer les terres texanes, même s'il lui faut encore attendre une bonne dizaine d'années pour que ses investigations soient poussées un peu plus loin. Pendant presque 200 ans, Madrid inclut ce vaste territoire du Sud des Etats-Unis dans ce qu'elle appelle la Nouvelle-Espagne, sans trop s'y intéresser. Et c'est d'ailleurs l'installation du fort français de Saint-Louis, en 1685, qui incite la Couronne espagnole à porter plus d'intérêt à la région. L'Espagne envoie ainsi onze expéditions pour trouver le village fondé par René-Robert Cavelier. Toutes permettront de fournir des rapports bien plus précis sur la géographie texane.

L'Espagne, soutenue par la papauté, souhaite d'abord faire de ce territoire une terre sainte. En 1690, Alonso de León part y installer une mission dans l'Est, San Francisco de los Tejas, près de l'actuelle ville de Weches.

La puissante nation européenne ne perd plus de temps. C'est tout du moins ce qu'elle donne l'impression de faire. Dès l'année suivante, elle nomme Domingo Terán de los Ríos premier gouverneur du Texas. Puis, plus rien pendant 20 ans. L'Espagne ne voit pas trop l'intérêt de prospecter sur ces terres sèches où il n'y a pas d'or. L'Eglise n'est pas de cet avis, persuadée de devoir évangéliser la région. Elle décide de se tourner vers le gouverneur français de Louisiane, via un missionnaire franciscain, Francisco Hidalgo. Une fois de plus, mise devant le fait accompli, l'Espagne décide de reprendre le contrôle des opérations au Texas. En 1716, elle finance quatre nouvelles missions qui seront toutes installées dans l'Est, et un nouveau gouverneur est choisi. Ce dernier, nommé Martín de Alarcón, décide de créer un village qui se situerait à mi-distance entre les missions de l'Est et le Rio Grande. Avec seulement 10 familles, il fonde la ville de San Fernando de Bexar, où une mission est également mise en place. La fondation de cette cité marque le début du peuplement du Texas par les Blancs.

Dans leurs efforts de colonisation, les Espagnols sentent très vite le besoin de se protéger non pas des Indiens, mais bien des Français qui n'ont pas tant renoncé que ça à agrandir la Louisiane vers l'ouest. Le nouveau gouverneur du Texas, le marquis de San Miguel de Aguayo, fait construire un fort sur un site appartenant aujourd'hui à la Louisiane, pour protéger la colonisation future du Texas par l'Espagne. Ce site deviendra d'ailleurs la première capitale du Texas.

La question des Indiens

Le conflit franco-ibérique s'apaise à la fin des années 1720. En surface tout du moins. La frontière entre la Louisiane française et le Texas espagnol est de plus en plus nette. Confrontées à des problèmes d'ordre humain, des missions doivent fermer et se rabattre sur San Antonio. Ce repli culturel et religieux est d'autant plus dommageable pour les Espagnols qu'ils ont du mal à convaincre les autochtones d'adopter leur culte, tout particulièrement les Hasinai de l'Est et les Apaches. Ces derniers se montrent d'ailleurs de plus en plus hostiles aux colons, avant de trouver un accord de paix avec eux. Cet arrangement aura pour conséquence de provoquer la colère et la rébellion des ennemis des Apaches, tels que les Comanches, les Tonkawa et, bien entendu, les Hasinai.

Il faut attendre 1785 pour que la paix soit signée entre les Comanches, qui cherchent alors, avec l'aide des Espagnols, à anéantir les tribus karankawa. Les deux parties s'entendent encore quelques années plus tard pour joindre leurs forces contre les Apaches. Certains récits rédigés par des religieux expliquent qu'à la fin du XVIIIe siècle presque tous les peuples autochtones du Texas sont devenus chrétiens. Et comme, depuis 1762 et la cession à l'Espagne par la France de la partie de la Louisiane située à l'ouest du Mississippi, les colons hispaniques ne craignent plus d'attaques extérieures, le Texas est devenu une zone stable.

Mais, nouveau coup de théâtre : en 1799, l'Espagne, qui connaît des difficultés à apaiser des tensions sur ses terres, décide de rendre sa partie de la Louisiane à la France, qui la vendra trois ans plus tard aux Etats-Unis, selon le souhait de Napoléon. Les imprécisions et la méconnaissance géographiques de l'époque provoquent un nouveau quiproquo. Après l'accord marchand conclu avec Napoléon, Washington pense avoir récupéré un territoire qui s'étend sur l'ensemble du Texas, sur l'actuelle Louisiane et jusque sur un bout de la Floride. Finalement, l'Espagne décide de lâcher prise sur la Floride, en échange du total contrôle du Texas. L'accord est signé en 1819. Chose intéressante, pour déstabiliser l'Espagne, les Etats-Unis décident alors de reconnaître l'indépendance du Mexique dès 1821 et d'y inclure le Texas. La Couronne espagnole n'est plus que l'ombre d'elle-même. Le Texas est mexicain.

Le Texas mexicain (1821)

1821 sonne le glas de la domination espagnole sur les terres nord-américaines. La Nouvelle-Espagne qui englobait le territoire du Texas n'est plus. La zone s'appelle désormais le Mexique. Un peu à l'image de ce qui se développe aux Etats-Unis, ce nouveau pays cherche avant tout à constituer une fédération d'Etat. La première division administrative associe alors le Texas à la région de Coahuila, précisant d'entrée de jeu que, dès que le Texas sera prêt à former un seul et même Etat, il le sera. Cherchant à développer rapidement le pays, les autorités mexicaines autorisent des étrangers à acquérir des terres au Texas. C'est ainsi que s'installent, le long de la rivière Brazos, 300 colons anglophones que l'Histoire texane honore en les qualifiant de Old Three Hundreds (" les 300 Vieux ").

Parmi eux, Moses Austin et surtout son fils Stephen, qui donnera plus tard son nom à la capitale actuelle du Texas.

Sous gouvernance mexicaine, les colons anglophones se comportent bien et développent leurs affaires comme bon leur semble. Mais quelque chose chagrine Mexico. Depuis 1829, les autorités mexicaines estiment que tous les esclaves doivent être libérés. Pour obéir aux lois nationales et après une dérogation d'un an, les propriétaires texans se plieront pour la plupart à la règle, en transformant leurs esclaves en employés agricoles à vie. Plusieurs historiens rapportent cependant qu'en 1835 de nombreux Texans exploitaient toujours des esclaves.

Après dix années d'accord entre le pouvoir central et les anglophones du Nord, le président mexicain, Anastasio Bustamante, redoute l'invasion du Texas par les troupes américaines en raison d'une acculturation évidente du Texas. L'immigration étrangère au Texas est alors suspendue indéfiniment à partir de 1830. Cette décision n'est pas sans provoquer une réaction hostile parmi des colons texans, qui voient là un sérieux frein à l'expansion de leurs affaires. Quelques années plus tard, le nouveau chef d'Etat mexicain, Antonio Lopez de Santa Anna, connu pour être le " Napoléon d'Amérique ", décide de centraliser le pouvoir et d'annuler l'autonomie dont jouissent certains Etats comme le Texas. L'identité texane, qui n'a cessé de se forger depuis une quinzaine d'années, se sent assujettie pour la première fois.

Révolution et indépendance (1835-1845)

Depuis quelques années déjà, le ton monte entre Mexico et les colons qui souhaitent obtenir plus d'autonomie. L'arrivée au pouvoir d'Antonio Lopez de Santa Anna est une mauvaise nouvelle supplémentaire pour les rebelles texans qui sont de plus en plus nombreux. Un incident va alors servir de prétexte, en 1835, pour déclencher des hostilités sérieuses contre le gouvernement mexicain. Ce dernier exige des Texans qu'ils rendent un canon qui leur avait été prêté quelques années plus tôt, pour se défendre des assauts indiens. Les rebelles texans refusent. Les rixes se multiplient et, en l'espace de dix semaines, les troupes texanes, désormais bien organisées, prennent le dessus. Le 2 mars 1836, c'est officiel, l'indépendance du Texas est proclamée.

Reste que le Mexique ne l'entend pas ainsi et refuse de reconnaître la naissance de la nation texane. Le 6 mars, Antonio Lopez de Santa Anna, à la tête de 4 000 hommes, attaque le fort Alamo situé à San Antonio de Bexar. S'ensuivent 13 jours de massacre. Pas un résident du fort ne sortira vivant de cet assaut. Parallèlement à cette attaque, un autre général mexicain est parti combattre le long de la côte avec 2 000 hommes, anéantissant à son tour la résistance texane. Début mars, les 300 prisonniers de guerre qu'il a capturés sont tous exécutés dans ce que l'Histoire a retenu comme étant le massacre de Goliad.

Ces deux événements tragiques vont cimenter les aspirations révolutionnaires du Texas. Quelques jours plus tard, sur un autre champ de bataille, à San Jacinto, le général Sam Houston, qui mène les soldats de la révolution, poussera ce cri au moment de l'assaut : " Souvenez-vous d'Alamo ! ". Le 21 avril 1836 voit l'estocade portée par les Texans aux troupes mexicaines. Antonio Lopez de Santa Anna est capturé et contraint de signer les traités de Velasco, qui marquent la fin de la guerre et garantissent une première reconnaissance du Texas indépendant.

Difficile indépendance

Très vite, les rebelles se dotent d'institutions, très largement inspirées par le modèle politique états-unien. Le 22 octobre 1836, Sam Houston accède à la présidence de la république du Texas. Cette date marque également l'approbation par référendum de l'annexion éventuelle du tout nouveau pays par les Etats-Unis. Quelques semaines plus tard, à la fin du mois de décembre, Stephen Austin décède, après avoir officié quelque temps comme Secrétaire d'Etat. Il restera à tout jamais dans l'Histoire comme étant le " Père du Texas ".

Qui dit nouveau pays, dit nouveau drapeau et nouvelle capitale. En tout, six villes seront choisies (Columbia, Galveston, Harrisburg, Houston, Velasco et Washington-on-the-Brazos) avant qu'Austin ne soit élue par le successeur de Sam Houston, Mirabeau Lamar, en 1839. Indépendant oui, mais toujours pas pour le Mexique qui ne semble pas digérer le traité de Velasco. En 1842, un groupe de soldats mexicains d'environ 500 hommes entre en territoire texan, avant de recevoir le soutien de 1 500 mercenaires supplémentaires menés par un commandant français. En quelques jours, San Antonio est de nouveau aux mains des Mexicains. Ces derniers ont la bonne idée de s'associer aux Indiens cherokee qui ne tolèrent pas non plus la création d'un Texas indépendant. Finalement, devant défendre d'autres frontières, les troupes mexicaines se retireront plus tard sous la pression de l'armée texane.

La démocratie semble bien installée dans le tout nouvel Etat. De grandes questions sur ce que doit être le Texas font débat. Les partisans de Sam Houston militent en faveur d'un rapprochement avec les Etats-Unis, alors que ceux de Mirabeau Lamar sont plutôt favorables à une consolidation du Texas et à son expansion vers l'ouest. Pour ces derniers, il faut également combattre les Indiens au plus vite.

L’adhésion à l’Union dans la douleur (1845)

Ironiquement, c'est à des milliers de kilomètres de là, à Washington, que va se jouer le destin du Texas. Alors que l'approbation au Texas du référendum de 1836, portant sur l'annexion éventuelle du tout nouveau pays par les Etats-Unis commence à dater, le Congrès américain relance lui-même le débat. Au début de l'année 1845, un projet de loi intégrant le Texas à l'Union est étudié par la Chambre des représentants. Le premier mars, le président des Etats-Unis, John Tyler, signe la loi. Il ne reste plus qu'à ce que les électeurs texans approuvent la proposition. En octobre 1845, un référendum offre au Texas une nouvelle constitution. Entre autres réformes, elle refuse l'esclavage. Le Texas devient le 28e Etat de l'Union.

Pour convaincre les leaders les plus sceptiques, Washington a dû intégrer deux clauses à la résolution concernant le rattachement du Texas. Ce dernier conserve le droit de se diviser, s'il le souhaite, en un maximum de cinq Etats et, surtout, le gouvernement du Texas n'a pas à céder un millimètre carré de terre au gouvernement fédéral de Washington.

La guerre avec le Mexique

Mexico avait annoncé la couleur. En cas d'annexion du Texas par les Etats-Unis, volontaire ou involontaire, il romprait ses relations diplomatiques avec Washington. C'est chose faite. Washington anticipe une éventuelle attaque mexicaine en plaçant 3 500 hommes à hauteur du fleuve Rio Grande, que les dirigeants texans reconnaissent depuis des années comme étant la frontière naturelle du Sud de l'Etat. Pour apaiser les tensions avec le Mexique, le président américain de l'époque, James Polk, envoie en novembre un conseiller à Mexico avec une grosse enveloppe (le montant exact n'a jamais été connu, mais beaucoup d'historiens s'accordent sur une somme avoisinant les 20 ou 25 millions de dollars). Avec ce butin en poche, il a pour objectif de convaincre le gouvernement mexicain de lâcher prise sur les zones au nord du Rio Grande, ainsi que sur les Etats de Santa Fé et de Haute-Californie.

Reste que pour les Mexicains, les rives du Rio Grande leur appartiennent. Pour eux, la frontière avec le Texas est située bien plus au nord, à hauteur de la rivière Nueces. Mexico refuse de reconnaître le traité de Velasco, signé en 1836 par Santa Anna alors prisonnier. Devant le refus américain de se replier du Rio Grande, le pouvoir exécutif mexicain sonne la charge. Une troupe de 2 000 hommes attaque une position américaine composée d'une soixantaine de soldats. Les historiens nommeront cet épisode " l'affaire Thornton ".

C'est ici que la propagande et l'histoire se mêlent. Car, côté mexicain, on assure que la première agression a été portée par les Etats-Unis. Et vice versa. Toujours est-il qu'en mai 1846 Mexicains et Américains entrent en guerre. La bataille la plus connue se déroule au fort de Palo Alto, à quelques kilomètres de l'actuelle Brownsville. Les troupes américaines reçoivent deux renforts significatifs de 2 400 et de 3 400 hommes, qui leur permettent de reprendre le contrôle du fort puis de Resaca de la Palma. Il s'agit là des deux seules batailles de la guerre entre le Mexique et les Etats-Unis sur le sol de l'actuel Texas.

D'autres batailles suivent en territoire mexicain. Moins de deux ans plus tard, le 2 février 1848, une paix est signée entre les deux parties. Elle est scellée par le traité de Guadalupe Hidalgo. Les accords donnent naissance à de nouvelles frontières désormais incontestables. Le territoire du Texas s'arrête à la rive gauche du Rio Grande. Ce sera aussi l'occasion pour Washington de récupérer de nouvelles terres. La " Cession mexicaine ", comme l'appellent les historiens, permet aux Etats-Unis de récupérer les territoires actuels de la Californie, du Nevada et de l'Utah, ainsi que des bouts de l'Arizona, du Colorado, du Nouveau-Mexique et du Wyoming. En échange, Mexico reçoit une enveloppe d'un peu plus de 18 millions de dollars. Plus personne ne touchera désormais aux frontières du Texas.

Guerre de Sécession (1861-1865) et croissance

Que les Texans d'aujourd'hui l'admettent ou non, la thèse de certains historiens selon laquelle les colons anglophones réclamaient plus d'autonomie de la part du Mexique en raison du désaccord profond sur la question de l'esclavage est aujourd'hui crédible. Dès 1829, le Mexique, qui comprenait alors Texas dans ses frontières, décrète l'esclavage illégal. Cette loi n'est pas sans contrarier les premiers entrepreneurs, qui souhaitent réaliser leur " rêve américain " et faire fortune sur le dos des esclaves. Cette main-d'oeuvre gratuite permet à de nombreux propriétaires de développer considérablement leurs champs de coton.

Tous se disent qu'après tout le Texas appartient au royaume du coton où de telles pratiques sont courantes. Les historiens estiment que, en 1830, 8 000 à 10 000 individus restent encore réduits en esclavage. Profitant des troubles de la révolution texane (1835-1845) et de la guerre américaine avec le Mexique (1846-1848), des centaines d'esclaves parviennent à s'enfuir. Mais, une fois les troubles de la révolution terminés en 1845 et le conflit avec le voisin mexicain stoppé en février 1848, le Texas reprend sa chasse à l'esclave. Les historiens relèvent la présence d'environ 58 000 esclaves, en 1850, dans les frontières de l'Etat. Ils seront 182 000 dix ans plus tard et près de 250 000 en 1865, à la fin de la guerre de Sécession. Toutefois, comme dans le reste des Etats du sud des Etats-Unis, cette guerre (1861-1865) offrira aux esclaves leur liberté.

En ce qui concerne le Texas, tout commence probablement au début de l'année 1861, lorsqu'une majorité d'électeurs approuve l'idée de quitter l'Union comme beaucoup d'autres Etats sudistes. Un mois plus tard, le 2 mars, le Texas rejoint les 10 autres Etats confédérés d'Amérique, esclavagistes et menés par Jefferson Davis. Le Texas fournit la plus grosse garnison du Sud en soldats pour affronter les Etats restés dans l'Union. Après quatre ans d'une guerre civile qui marque l'histoire de l'Amérique, les Etats du Nord parviennent à prendre le dessus sur leurs homologues du Sud. En juin 1865, tous les esclaves du Texas sont enfin libres.

Pendant la guerre, le Texas n'a pas été l'un des principaux champs de bataille. Des conflits n'y ont eu lieu que localement. Mais comme pour beaucoup d'Etats du Sud, il lui faudra de nombreuses années avant de retrouver une unité, entre les anciens esclaves désormais libres, les fédéralistes et les séparatistes. Des tueries, comme celle de 34 unionistes allemands lors du " massacre de Nueces ", sont encore gravées dans les mémoires. Après la guerre, de nombreux règlements de compte ont lieu. Le président des Etats-Unis, Andrew Johnson, sent qu'il doit lui-même nommer le nouveau gouverneur du Texas pour apaiser les tensions. Il choisit le général Andrew Hamilton, qui, en quelques mois, réussit son pari de calmer les esprits. Il promet de ne pas traduire en justice les anciens confédérés, à condition qu'ils soutiennent désormais l'Union. Il va même jusqu'à prendre d'anciens leaders séparatistes dans son équipe pour gouverner le Texas.

Une croissance chamboulée par un ouragan

Sur le plan économique, même si la guerre a ralenti l'activité, le Texas continue de croître, grâce au coton toujours et au chemin de fer. Désormais en paix, et pour la première fois depuis bien longtemps, le Texas est en marche pour devenir rapidement un Etat puissant. Mais, sur le plan des droits de l'homme, de nombreuses restrictions raciales sont mises en place.

Galveston devient vite l'un des principaux ports des Etats-Unis, point névralgique de l'exportation du coton vers le reste du pays et vers le vieux continent. Toutefois, en septembre 1900, un terrible ouragan vient durement frapper la ville. 6 000 personnes y perdent la vie. Après ce drame, tout le Texas tente de reconstruire son principal centre d'activités. Mais les autorités choisissent finalement de bâtir un autre port, plus à l'est et plus proche de Houston. L'objectif est de se servir de la baie pour protéger les installations d'une éventuelle nouvelle catastrophe climatique. Très logiquement, le rail relie désormais Houston aux autres grandes cités de l'Etat qui ont déjà eu le temps de se développer : Austin, Dallas et San Antonio.

Le « boom pétrolier »

La suite du développement du Texas est étroitement liée à la découverte de pétrole et de gisements de gaz naturel.

Les premières tentatives réussies de forage ont lieu en janvier 1901, dans les environs de Beaumont, à Spindletop exactement. Après seulement un an d'exploitation, les ingénieurs ne parviennent plus à sortir de pétrole. En 1925, la compagnie propriétaire du site décide de forer plus profond et parvient à extraire plus de 72 millions de barils d'or noir pendant dix ans. La seconde découverte majeure intervient en 1930, dans l'est du Texas, après qu'une autre multitude de puits a été creusée puis exploitée dans le reste de l'Etat. Les barils s'exportent par millions et, à chaque forage, les investisseurs sont plus nombreux. Des dizaines et des dizaines de villes se développent. Les économistes parlent de " boom pétrolier ". Le Texas est devenu, en l'espace de 30 ans, un géant de l'or noir.

La Grande Dépression

Comme c'est le cas de très nombreux Etats américains, la Grande Dépression de 1929 frappe de plein fouet le Texas. Les investisseurs des grandes villes américaines n'ont plus confiance dans le marché et hésitent à investir pour financer de nouveaux forages. Aux difficultés du monde de l'industrie viennent s'ajouter celles du secteur agricole. Depuis plusieurs années, la sécheresse brûle les champs, assèche les rivières et contamine les bêtes. La vie du ranch n'a jamais été aussi dure que dans les années 1930. Le prix du coton chute sur le marché international, tout comme celui de la viande américaine. De très nombreux Texans quittent leurs terres pour assurer leur survie. La majorité des exilés gagnent la côte californienne. L'activité engendrée par la fin de la Seconde Guerre mondiale sera alors la seule à redonner quelques couleurs au Texas. Des bases militaires se multiplient sur le sol de l'Etat. Le prix du baril remonte. Le secteur des services explose. De nombreuses compagnies d'assurances s'installent dans les grandes villes. Les universités texanes se modernisent et reçoivent des fonds fédéraux qui leur permettent de dominer certains secteurs comme la recherche pharmaceutique. La société de consommation a trouvé, comme dans beaucoup d'autres Etats, sa vitesse de croisière.

De la Seconde Guerre mondiale aux années 2000
<p>Photographie de Lee Harvey Oswald, l'assassin de JFK.</p>

Photographie de Lee Harvey Oswald, l'assassin de JFK.

Après la Seconde Guerre mondiale, les Etats-Unis en général et le Texas en particulier connaissent un boom économique qui rappelle celui des années 1920. Les industries de haute technologie tournent de nouveau à plein régime. Le Texas devient l'un des principaux pôles de la Sun Belt des Etats-Unis. Les métropoles texanes concentrent ces industries, notamment l'aire métropolitaine de Dallas-Fort Worth, avec plusieurs compagnies qui y possèdent leur siège social comme Texas Instruments, At&T Inc ; ainsi qu'Austin, qualifié de Silicon Hills, grâce à Dell. A noter aussi que le secteur tertiaire se développe à Houston, avec Landry's Restaurant, Men's Warehouse, et à Austin avec Whole Foods Market.

En 1953, Dwight D. Eisenhower est élu président des Etats-Unis et son mandat annonce le lancement de la conquête spatiale, dans laquelle le Texas va s'illustrer. Face à l'URSS, les Etats-Unis lancent un premier projet en 1954, Orbiter, qui se soldera par plusieurs échecs. En parallèle, l'URSS parvient à lancer son Spoutnik, premier satellite. Il faut attendre 1958 pour que la NASA soit créée. La guerre froide, entre les deux blocs, dope cette course à l'espace. Sous le nom d'Explorer, des satellites américains sont lancés jusqu'au début des années 1960, seul un parviendra à filmer quelques images. En 1961, le président John Fitzgerald Kennedy est élu. Il lance notamment le programme Apollo (1961-1975) afin de redonner du prestique à la conquête spatiale américaine mise à mal pour les Soviétiques. Le programme a pour mission d'envoyer un homme sur la lune et le 21 juillet 1969, il y parvient avec Apollo 11, menée par Buzz Aldrin et Neil Armstrong. Cette réussite sera suivie de cinq autres missions. En 1962, le Johnson Space Center est créé à Houston et dédié aux missions spatiales habitées.

En parallèle de la conquête spatiale, JFK mène une lutte pour les droits civiques. Bien que la ségrégation raciale ait été interdite par le Congrès en 1945, beaucoup d'Etats du Sud ne respectent pas le nouvel ordre. Le Ku Klux Klan fait rage jusque dans les années 1960, quand il est démantelé par le FBI. JFK est malheureusement arrêté dans sa lancée, car il est assassiné, le 22 novembre 1963 à Dallas, plongeant le monde entier dans la stupeur.

En 1963, Martin Luther King organise une marche sur Washington pour prôner l'égalité des droits sans violence. En parallèle, Malcom X milite pour un Etat noir indépendant. En 1965, le président Johnson, ancien vice-président de Kennedy, poursuit l'oeuvre de son prédécesseur et met en place le Voting Rights Act et la discrimination positive pour faire entrer les Noirs dans les universités. Sous régime démocrate, les Etats-Unis votent une loi pour la contraception la même année, ce qui soulève de nombreuses protestations dans la Bible Belt, cette zone sociologique qui réunit les états du Sud-Est des Etats-Unis, dont le Texas, particulièrement religieux. Un an plus tôt, une autre loi bouscule la vie des Texans : la suppression du programme Bracero, qui permettait aux Mexicains de travailler temporairement aux Etats-Unis. A partir de 1964, l'immigration clandestine commence.

Entre 1969 et 1981, le pays est successivement gouverné par deux républicains, Richard Nixon (1969-1974) qui sera délogé par l'affaire du Watergate, Gerald Ford (1974-1977) et un démocrate Jimmy Carter (1977-1981). Peu à peu, la guerre froide se détend, suite à l'échec retentissant de la guerre du Vietnam jusqu'à se terminer au début des années 1980. La crise pétrolière frappe, influant notamment sur l'économie du Texas. Ronald Reagan (1981-1989) accède ensuite à la présidence et entame une révolution conservatrice, teintée d'un néolibéralisme sans faille. Nous sommes alors aux grandes heures du capitalisme et le Texas, bien doté en industries et en services prospère très rapidement. Reagan fait voter l'Immigration Reform and Control Act qui prévoit de punir les employeurs qui embauchent des immigrants illégaux. Reagan reste encore aujourd'hui la personnalité politique préférée des Texans (et des Américains en général).

En 1989, c'est un Texan qui va accéder à la magistrature suprême, George H. W. Bush. Son mandat voit la fin de l'URSS (1991) et place les Etats-Unis comme " gendarme du monde ". Il sera aussi marqué par la première guerre du Golfe, lancée pour libérer le Koweït envahi par l'Irak. Sur le plan de la politique intérieure, le pays entre en récession et la succession de politiques libérales a augmenté les disparités sociales et raciales, menant aux émeutes de Los Angeles. Bush Senior déçoit les Américains et n'est pas réélu en 1993, laissant ainsi la place au démocrate Clinton (1993-2001).

Les années 2000

Sur le plan national, Bush Junior est élu en 2001. Son mandat sera marqué par les attentats du 11 septembre, la déclaration de guerre à l'Afghanistan (2001) et à l'Irak (2003), mais aussi à la gestion désastreuse du cyclone Katrina en Louisiane (2005). L'ancien gouverneur du Texas sera pourtant réélu. De 1990 à 2010, l'immigration illégale mexicaine a quadruplé et, pour l'endiguer, Bush promulgue en 2006 le Secure Fence Act, destiné à renforcer la surveillance à la frontière. Un mur de 1 200 km est élevé, notamment au Texas.

L'Etat, finalement, n'a pas beaucoup changé depuis les années 1970-80. Deuxième Etat le plus riche du pays, il continue d'exploiter ses nombreuses richesses, à commencer par le pétrole. Les nouvelles technologies et l'industrie aérospatiale sont également en première position pour assurer aux Texans un niveau de vie confortable. Cela dit, cette situation pourrait changer, depuis que le président Obama a annoncé, en 2010, vouloir mettre un frein à la conquête spatiale pour des raisons budgétaires. Finalement, en octobre 2016, Barack Obama annonce la construction de vaisseaux spatiaux destinés à envoyer des hommes sur Mars entre 2030 et 2040, réaffirmant son projet de conquérir la Planète Rouge, grâce à des financements publics et privés. Trump de son côté souhaite renforcer l'hégémonie américaine dans la conquête spatiale face aux avancées récentes de la Chine et de l'Inde.

Politiquement, le Texas reste républicain (depuis 1985, tous les gouverneurs texans sont républicains) et particulièrement conservateur. Les positions anti-avortement, anti-écologie, pro-armes ou pro-peine de mort n'ont pas évolué. Le deuxième plus grand Etat du pays ne se pose finalement que peu de questions, au vu de sa réussite économique, qui n'implique pas de changement radical. Seule une affaire a secoué la mécanique bien huilée de l'Etat : le scandale Enron. Cette entreprise de gaz naturel, fondée en 1985 au Texas, a fait l'objet d'une crise sans précédent dans les années 2000 qui l'a conduite à sa perte. Symbole du capitalisme sans limites, Enron a révolté l'Amérique après que l'on a découvert qu'elle manipulait ses bénéfices, les gonflait, afin d'augmenter sa capitalisation boursière. Lorsque le pot aux roses a été découvert, l'entreprise a coulé, et les 20 000 personnes employées avec.

En 2011, le gouverneur du Texas Rick Perry veut imiter son prédécesseur George W. Bush en se lançant dans la course à l'investiture républicaine pour les élections présidentielles de 2012. Plusieurs maladresses l'inciteront à jeter l'éponge dès janvier 2012. C'est Mitt Romney qui sortira finalement vainqueur de ces primaires républicaines et affrontera en novembre 2012 le démocrate Barack Obama, candidat à sa propre succession et vainqueur des élections.

Depuis 2015, l'industrie pétrolière semble ralentir et de nombreux employés des stations offshore sont remerciés. Un ralentissement de l'économie texane pourrait apporter des modifications d'envergure, notamment dans les villes fortement dépendantes du pétrole comme Houston ou les villes de l'ouest pétrolifère comme Odessa et Midlands, qui vivent au gré des fluctuations du marché. Mais pour le moment, rien ne semble prêt à venir troubler l'air confortable d'un Etat riche et sûr de lui. En 2016, les Texans ont par ailleurs réaffirmé leur positionnement républicain lors de l'élection de l'actuel président des Etats-Unis, Donald Trump, qui a raflé 52,23 % des voix dans l'Etat du Texas.

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