Guide d'Ecosse : Histoire

Chronologie
Chronologie

-6000 > Arrivée des premiers hommes en Ecosse.

-3000 à -1000 > Premiers vestiges de l'âge du bronze (monolithes).

-500 > Colonisation celte.

79 > Conquête par le Romain Agricola. Tacite baptise le pays " Caledonia ".

122-127 > Construction du mur d'Hadrien pour contenir les Pictes.

410 > Capitulation des Romains qui quittent l'île.

563 > St Columba venu d'Irlande s'installe sur l'île d'Iona.

700 > Premières incursions des Vikings venus de Norvège.

843 > Couronnement de Kenneth MacAlpin, premier roi d'Ecosse. Scots et Pictes s'associent contre les Vikings.

1124 > Début du règne de David Ier et mise en place d'un système féodal.

1266 > Alexandre III chasse les Vikings et les Hébrides sont intégrées au royaume écossais.

1295 > Signature de la Auld Alliance entre Philippe le Bel et Jean Baillol.

1296 > Premières attaques de l'Angleterre pour conquérir l'Ecosse. William Wallace puis Robert the Bruce résistent à Edouard Ier d'Angleterre.

1328 > Signature du traité de Northampton qui reconnaît officiellement l'indépendance de l'Ecosse et le pouvoir royal de Robert Bruce.

1371 > Règne de Robert II, premier de la dynastie Stuart. Les tentatives d'invasions anglaises se poursuivent.

1472 > Les Shetland et les Orcades sont rattachées à la couronne.

1542 > Mary Stuart devient reine d'Ecosse.

1558 > Elle épouse en France François II qui devient roi de France.

1561 > Retour de Mary Stuart en Ecosse suite à la mort de son mari.

1567 > James VI succède à sa mère après la défaite de Carberry Hill.

1603 > James  VI, roi d'Ecosse, succède à la reine Elisabeth, qui décède sans héritier, et devient le roi James Ier d'Angleterre. C'est l'Union des deux couronnes.

1625 > Son fils Charles Ier lui succède.

1638 > L'Eglise presbytérienne d'Edimbourg se révolte contre le roi en faveur de la liturgie anglicane. Guerre civile en Ecosse entre partisans du roi et partisans du Parlement menés par Cromwell. Toute cette période est connue sous le nom de Guerre des Trois Royaumes.

1643 > Exécution de Charles Ier par Cromwell.

1650 > Cromwell domine l'Ecosse après avoir battu les royalistes à Dunbar.

1660-1685 > Restauration de la monarchie britannique avec Charles II.

1707 > Signature du traité d'Union entre l'Ecosse et l'Angleterre, sous l'impulsion de James II.

1745 > Bonnie Prince Charlie lance l'ultime révolution jacobite pour rendre le trône aux Stuart mais est écrasé l'année suivante à Culloden.

1746 > A partir de là, la répression sur les traditions des Highlands est sans merci : clans, langue, musique...

1790 > Les Highland Clearances débutent et les paysans sont expulsés par les propriétaires terriens pour faire place aux troupeaux de moutons. Ils migrent en Amérique, au Canada, en Australie...

XIXe siècle > L'Ecosse est au centre de la Révolution industrielle. De nombreux chemins de fer sont créés et Glasgow monte en puissance.

1885 > Nomination d'un secrétaire d'Etat pour l'Ecosse au sein du cabinet britannique.

1934 > Création du Parti national écossais par John MacCormick.

1939 > Installation du Scotland Office à Londres.

1973 > Décentralisation administrative en faveur de l'Ecosse.

1980 > Décennie marquée par le boom économique du pétrole de la mer du Nord.

1991 > 20 % des Ecossais se disent favorables à leur indépendance lors d'un référendum.

1997 > 74,3 % des Ecossais approuvent la dévolution (décentralisation du pouvoir exécutif) lors du référendum organisé par Tony Blair.

1999 > Création du Parlement écossais à Edimbourg. Gestion indépendante de plusieurs secteurs  : justice, santé, éducation et formation, tourisme, développement économique...

2004 > Inauguration du siège du Parlement à Edimbourg, construit près du palais de Holyrood.

2005 > Loi sur la langue gaélique adoptée par le Parlement écossais pour sa reconnaissance dans les domaines de la radiodiffusion, des arts et de l'éducation.

2011 > Suite aux élections écossaises de mai 2011, le Scottish National Party (SNP), qui a mené campagne en faveur de l'indépendance de l'Ecosse, est majoritaire au parlement.

2012 > L'indépendantiste Alex Salmond, premier ministre écossais, a lancé, mercredi 25 janvier, une consultation de vingt semaines, première étape vers l'organisation d'un référendum sur l'indépendance en 2014.

2013 > Le lancement du plus grand parc d'hydroliennes d'Europe a débuté en septembre.

2014 > Après une campagne acharnée, les Ecossais rejettent l'indépendance par référendum le 14 septembre à 55,4 %.

2015 > Le SNP remporte 50 % des voix et 56 sièges sur 59 possibles aux élections générales du Royaume-Uni, le 7 mai.

2016 > Le 23 juin, le Royaume-Uni vote le Brexit à 51,89 %, malgré 62 % en faveur du maintien en UE en Ecosse.

2017 > Le 8 juin, des élections anticipées ont lieu à l'appel de Theresa May, le SNP perd 21 sièges (de 56 à 35).

Des origines à nos jours
Les origines et la conquête romaine

Habitée par l'Homme depuis environ 6 000 ans avant notre ère, l'Écosse connaît des vagues successives d'envahisseurs qui en font une mosaïque de peuples tour à tour rivaux ou alliés. Du VIe au IIIe siècle av. J.-C., les Celtes s'y installent en nombre. La plus ancienne civilisation écossaise connue est celle des Pictes, du mot latin pictus signifiant " homme peint ", car leurs guerriers se battaient nus et le corps enduit. Occupant le nord du pays, ils furent au coeur de la résistance contre les Romains, face auxquels ils surent conserver leur indépendance. A partir du Ier siècle de notre ère, ces derniers tentent de s'implanter en Écosse, mais les trois quarts du territoire leur échappent. En 79, le conquérant Agricola s'empare du sud et une première mention historique est faite du pays par Tacite sous le nom de Caledonia. En 122, une fortification allant de la Tyne au golfe de Solway, dite " mur d'Hadrien ", est construite pour contenir les Pictes, alors appelés Caledonii. Vingt ans plus tard, sous Antonin, un nouveau mur est construit plus au nord, entre le Firth of Forth à la Clyde. Mais l'Empire ne parvint pas à dominer la population et, vers 410, il abandonne l'Écosse en laissant peu de traces de son passage.

Invasions des Scots, des Britons, des Anglo-Saxons et des Vikings

Au cours des Ve et VIe siècles, les Scots s'installent dans les territoires de l'ouest, entre l'embouchure de la Clyde et le Great Glen, et fondent le royaume de Dal Riata. Ces nouveaux venus d'Irlande du Nord ont longtemps conservé une communauté de culture avec leur terre d'origine, à commencer par leur langue, le gaélique. Leurs voisins, les Britons, vivent au sud de la Clyde et du Firth of Forth et s'étendent jusqu'à l'Angleterre et au Pays de Galles. Quant aux Angles, venus du Danemark et de l'Allemagne septentrionale, ils s'établissent sur la partie est du pays. Contrairement aux Scots et aux Britons, ils ne sont pas celtes mais germains. La première unification de l'Écosse est l'oeuvre des missionnaires chrétiens. Ninian, au IVe siècle, fait l'une des premières tentatives d'évangélisation, suivi par le redoutable Brandon, puis Saint-Columba qui s'établit en 563-565 sur l'île d'Iona avec douze compagnons et y fonde un monastère très influent. Au VIIIe siècle, à défaut d'un équilibre politique, l'harmonie religieuse règne, mais de nouveaux envahisseurs arrivent de Norvège : les Vikings. Ils occupent progressivement les terres du nord et du nord-ouest et montrent la même violence envers les populations celtiques et germaniques.

Création du royaume d'Écosse

Vers 843, sans doute pour mieux s'opposer aux raids vikings, le roi Kenneth MacAlpin réussit à unir Pictes et Scots au sein d'un même royaume : Scotland. Peu à peu, les Pictes disparaissent, probablement absorbés par les Scots. De ce fait, les historiens connaissent peu de choses sur eux, au point de parler d'une véritable " énigme picte ", bien qu'ils nous aient laissé de nombreux monuments sous la forme de pierres dressées et de cairns. Les Angles, quant à eux, ne s'intègrent qu'au début du XIe siècle, sous le règne de Malcolm II, membre de la dynastie des Canmore (" grosse tête "). Mais les Norvégiens dominent encore les îles et poursuivent leurs incursions jusqu'au XIIe siècle. En 1040, Duncan, petit-fils de Malcolm II, est assassiné par Macbeth. Ce dernier ne fut pas le mauvais souverain décrit par Shakespeare. Les chroniqueurs de l'époque en donnent au contraire l'image d'un homme pieux et libéral, protecteur des faibles et des pauvres. En 1057, Malcolm III, fils de Duncan, venge son père et s'empare de la couronne. Sous son règne, l'Écosse est consolidée et l'unité religieuse achevée. Guillaume le Conquérant lui-même, malgré quelques tentatives, ne parviendra jamais à envahir le pays. David Ier (1124-1153), troisième fils de Malcolm, s'emploie à restructurer l'Eglise et met en place un système féodal, comparable à celui qui domine déjà en France ou en Angleterre. Il crée les villes d'alors : les burghs et favorise le commerce. En 1266, le roi Alexandre III, chasse définitivement les Scandinaves et se réapproprie les Hébrides par le traité de Perth.

La dure lutte pour l'indépendance

Mais après sa mort (1286) et celle de sa petite-fille Margaret (1290), le pays n'a pas moins de 13 rivaux à la succession pour le trône. Les supporters des deux principaux candidats, Robert the Bruce et John Balliol, craignent la guerre civile et demandent la médiation du roi anglais Edouard Ier. Celui-ci y voit l'occasion d'envahir l'Écosse, comme il l'a fait avec le Pays de Galles, et accepte leur demande non sans arrière-pensée. Lorsqu'il arrive en 1291 pour débuter les négociations, il est accompagné de son armée et exerce une forte pression sur les prétendants. Il demande à être nommé Lord Paramount of Scotland (sorte de seigneur suzerain), ce qui est accepté, le pays étant trop faible pour s'y opposer. Il joue alors de ce nouveau titre pour que tous les châteaux écossais, y compris celui d'Édimbourg, soient placés sous son autorité et que l'ensemble du peuple lui prête allégeance. Il y a 13 rencontres de mai à août cette année-là, dans le port de Berwick, qui est alors en Écosse (aujourd'hui, il s'agit de Berwick-upon-Tweed, en Angleterre). Durant ces événements, Robert the Bruce et John Balliol font tous deux valoir leurs arguments et leur crédibilité. Les différents arbitres nommés ne pouvant parvenir à une entente, Edouard affirme qu'il est en son pouvoir de Lord Paramount de trancher et fait couronner John Balliol à Newcastle, en novembre 1292. Il le considère alors comme son vassal et lui réclame rapidement des troupes pour envahir la France. Mais l'Écosse ne l'entend pas de cette manière et décide de défier l'Angleterre en s'alliant secrètement avec Philippe IV de France : c'est la Auld Alliance. Londres apprend la trahison fin 1295 et envahit son voisin du nord l'année suivante. Balliol abdique et la résistance s'organise. C'est à cette époque que s'illustrent des héros comme William Wallace, nommé gardien de l'Écosse en 1298, puis exécuté à Londres en 1305, ou Robert the Bruce, finalement roi en 1306. C'est lui qui clôt le premier volet des hostilités en envahissant le nord de l'Angleterre. Mais quand il meurt en 1329, son fils, le roi David II, n'est qu'un enfant et le conflit de succession entre les Bruce et les Balliol reprend de plus belle. Le prétendant Edouard Balliol, aidé par le roi anglais d'alors, Edouard III, déclenche la seconde guerre d'indépendance. David se réfugie en France et ses soutiens continuent le combat en Écosse. En 1341, il revient chez lui après que l'Angleterre a déplacé ses troupes vers le continent, alors que la Guerre de Cent ans a éclaté. Mais en 1346, quand il mène des raids près de Durham pour soutenir ses alliés français, il est capturé et envoyé à la Tour de Londres pendant 11 ans. Il n'est relâché qu'en 1357, en vertu du Traité de Berwick qui met fin aux guerres d'indépendance et impose à l'Écosse de verser d'importantes sommes à Londres.

La Réforme et l'Union des deux couronnes

Au sortir du conflit, Edimbourg n'a de cesse de grandir et au XVe siècle, elle connaît sa période de Renaissance et une activité culturelle forte. Elle est symbolisée par la création du Palais de Holyrood par James IV, qui s'y installe définitivement avec sa cour et fait de la cité, de facto, l'unique capitale du pays. Mary Stuart, dite Mary Queen of Scots, devient reine d'Ecosse en 1542, à la mort de son père, James V. Mais elle ne rentre pourtant dans son pays d'origine qu'en 1561, après le décès de son époux, le roi français François II. Son règne est bref et tourmenté, sa foi catholique la rendant impopulaire en pleine Réforme. John Knox, l'illustre prédicateur protestant, monte la population contre elle, si bien qu'elle est incarcérée en 1567 et doit abdiquer. Elle s'enfuit au sud de la frontière, où elle espère trouver refuge auprès de sa cousine, la reine Elizabeth Ire, mais connaît un destin tragique. Son fils, James VI, lui succède au trône écossais, avant de se retrouver aussi souverain d'Angleterre en 1603, quand la dynastie des Tudor s'éteint. C'est l'Union des deux couronnes. Il déplace alors sa cour à Londres mais promet de revenir tous les trois ans, ce qu'il ne fera pourtant qu'une fois, en 1617. Malgré ce royaume commun, l'Ecosse garde beaucoup d'autonomie grâce à son parlement.

Le XVIIe siècle, entre révolutions et guerres religieuses

Au XVIIe siècle, le pays est frappé par d'importants troubles religieux, pendant lesquels les Covenantaires s'opposent à l'imposition du culte anglican par Londres. Connus sous le nom de Bishops' War (guerre des évêques), ces conflits durent de 1639 à 1640 et s'inscrivent dans une période de crise plus longue qu'est la Guerre des Trois Royaumes (1639-1651). Le roi anglais Charles Ier veut alors imposer ses vues religieuses et politiques aux trois nations de sa couronne : l'Angleterre, l'Ecosse et l'Irlande. En 1642, la guerre civile éclate et il est exécuté en 1649. L'Ecosse se prononce pour la restauration de son fils, Charles II, qui promet l'indépendance religieuse. Oliver Cromwell et ses troupes réagissent en assiégeant Edimbourg et prennent le château avant d'envahir le reste du pays. Il faut attendre sa mort, en 1658, pour que le Commonwealth qu'il a instauré s'effondre et que Charles II arrive au pouvoir, en 1660. Et pourtant, le chaos du XVIIe siècle n'est pas fini. La Glorious Revolution (Glorieuse Révolution) qui suit de 1688 à 1689 n'épargne pas l'Ecosse. Le roi Anglais James II, qui a succédé à son frère Charles II, est un catholique impopulaire. Son gendre, Guillaume III d'Orange, époux de la princesse Mary, est appelé à l'aide par les protestants inquiets, alors que Louis XIV a révoqué l'Edit de Nantes de l'autre côté de la Manche. Il débarque avec ses troupes et force Charles II à fuir en France. Guillaume et Mary en profitent pour monter sur le trône, en contre-partie de quoi, ils signent le Bill of Rights (1689) qui stipule notamment qu'aucun catholique ne pourra plus porter la couronne. Seulement, en Ecosse, James II avait de nombreux alliés catholiques dans les Highlands qui ont très mal perçu ce renversement. Appelés les Jacobites (du latin Jacobus, pour James), ces opposants se soulèvent dès 1689 derrière James Graham, mais sont écrasés en mai 1690.

La fin de l'indépendance et la seconde révolte jacobite

En 1707, l'Ecosse perd définitivement son indépendance lors de l'Acte d'Union, qui transfère tous les pouvoirs à Westminster. De nombreux Ecossais s'y opposent et manifestent à Edimbourg. C'est la fin officielle du pays en tant qu'Etat, après avoir déjà vu son monarque partir à Londres en 1603. Quelques temps plus tard, le sentiment nationaliste reste si fort qu'il donne naissance à une seconde révolution jacobite. En 1743, la France et l'Angleterre entament une nouvelle guerre sur la succession de l'Autriche. Charles Edouard Stuart, entré dans l'Histoire sous le nom de Bonnie Prince Charlie, entend bien alors récupérer les trônes d'Ecosse et d'Angleterre pour sa famille, la maison Stuart. C'est le petit-fils du roi James II et il vit en exil à Rome, où il est né. Louis XV lui assure son soutien et, malgré un premier départ raté en 1744, il débarque le 4 août 1745 à Eriskay, dans les Hébrides Extérieures. Les clans des Highlands sont d'abord méfiants, car il n'a ni troupe, ni munition, mais il parvient à soulever 3 000 hommes à Glenfinnan. Il marche ensuite vers le sud, où seulement 4 000 soldats anglais sont présents, tandis que le pays affronte la France. Les Jacobites s'emparent de Perth, puis d'Edimbourg, sans parvenir à prendre le château. James Stuart, le père de Bonnie Prince Charlie, devient alors le roi James VIII d'Ecosse. Mais il est toujours en exil en Italie, et son fils assure la régence avec sa cour au Palace d'Holyrood. Il y reste quelques semaines avant de se diriger en Angleterre, fort de 6 000 hommes. Ils arrivent à Derby, à 200 kilomètres de Londres, mais son conseil de guerre force Charles à revenir en Ecosse, où se rassemblent de plus en plus de partisans. Malgré quelques victoires, le mouvement s'épuise, et est définitivement battu à la bataille de Culloden, près d'Inverness, en avril 1746. Charles s'enfuit alors en France habillé en femme et c'est la fin de ses ambitions.

La crise des Highlands et les Clearances

La fin du XVIIIe siècle est marquée par une période de répression pour l'Écosse, au sortir du soulèvement jacobite. Des routes sont tracées et des ponts construits pour faciliter les déplacements des troupes ; les habitants des Highlands sont dépossédés de leurs armes ; l'usage de la langue gaélique, les kilts et la cornemuse sont interdits ; les paysans sont chassés de leurs terres par les propriétaires terriens qui entendent y implanter d'importants troupeaux de moutons. Cet épisode des Highlands Clearances a profondément marqué la culture nationale. L'esprit de clan succombe peu à peu, certains chefs se laissent séduire par la vie mondaine à Londres. Dans ces conditions, nombre d'Ecossais émigrent en Amérique du Nord, en Australie ou en Nouvelle-Zélande. Il faudra attendre 1886 et l'adoption du Crofters Act pour voir enfin la protection des petits fermiers et la fin de l'épuration des Highlands officiellement affirmée (les crofts étant les fermes traditionnelles highlandaises).

L'influence culturelle d'Édimbourg

Néanmoins, la seconde moitié du XVIIIe siècle et le début du XIXe voit la montée en puissance d'Edimbourg, avec la création de New Town face à la surpopulation de la ville en 1767, que l'on doit au génie de James Craig. Le lac de Nor Loch est asséché et les nouvelles rues en quadrillage sont nommées en hommage à l'Union et au roi George III : George Street, Queen Street, Hanover Street, Princes Street, etc. A cette même période, le port de Leith est un pôle maritime majeur dans le monde et la ville joue un rôle fondamental dans la philosophie des Lumières. Elle assiste à l'émergence de grands esprits tels Adam Smith, David Hume, Robert Burns, Adam Ferguson, John Playfair ou James Hutton. Les nouveaux penseurs se retrouvent dans des sociétés comme la Select Society pour discuter et échanger leurs idées. Symbole de cette contribution, l'encyclopédie Britannica, qui voit le jour à Edimbourg et est publiée en trois volumes entre 1768 et 1771. Au XIXe siècle l'architecture de la capitale lui vaut le titre d'Athènes du nord, et ses écrivains de renom se succèdent : Walter Scott, Arthur Conan Doyle ou encore Robert Louis Stevenson. A la même époque sont construites la National Gallery (1857) et la National Portrait Gallery (1889).

L'essor industriel

De l'autre côté du pays, Glasgow et la vallée de la Clyde deviennent rapidement la salle des machines de l'Empire britannique pendant la Révolution industrielle. Elles sont célèbres pour leurs aciéries, leurs usines sidérurgiques et, surtout, leurs chantiers de construction navale. Sur le plan religieux, le pays continue de revendiquer son appartenance à l'Eglise presbytérienne, bien que celle-ci soit affaiblie en 1843 par la création d'une Eglise libre d'Ecosse, la Free Church. La reine Victoria s'intéresse beaucoup aux affaires du nord de son royaume et y fait même construire sa résidence d'été, Balmoral Castle. Elle joue un rôle important dans le renouveau de l'identité nationale écossaise qui voit le jour vers la fin du XIXe siècle et aboutit à la création d'une " Association nationale pour la revendication des droits de l'Ecosse " (1853), puis à la nomination d'un ministre spécial portant le titre de secrétaire pour l'Ecosse (1885).

L'Écosse vers l'indépendance ?

Au XXe siècle, la population manifeste un désir croissant d'autonomie politique, illustré par la création d'un parti national écossais par John MacCormick, le SNP (1934), l'installation du Scottish Office à Edimbourg (1939) et l'accroissement de la décentralisation administrative (1973). En septembre 1997, le gouvernement de Tony Blair organise un référendum en Ecosse et au pays de Galles pour approuver la "  dévolution  " : l'exercice des différentes attributions décentralisées, par un pouvoir exécutif responsable devant une assemblée élue. Le pays se prononce pour un "  oui  " massif à 74,3 %. En 1999, il retrouve donc son Parlement, dont le siège est établi près du palais de Holyroodhouse à Edimbourg. Avec à sa tête un First Minister, il est responsable de l'administration de 5 départements  : éducation et santé, développement, planification, agriculture et pêche, et système juridique. Restent du ressort de Londres la défense, la politique étrangère et l'emploi. Toutefois, les Ecossais sont déçus par les résultats de l'autonomie, tant sur le plan économique que politique. La plupart des hommes politiciens préfèrent s'engager à Londres afin de mener une carrière nationale. C'est ainsi qu'en mai 2007, après plusieurs décennies de domination travailliste, les indépendantistes du Parti national écossais (SNP) deviennent la première formation politique du Parlement (47 sièges). Leur leader, Alex Salmond parvient à faire instaurer l''organisation d'un référendum sur l'indépendance, mais le 14 septembre 2014, après une campagne acharnée, les Ecossais rejettent l'idée à 55,4 %. Le débat n'est cependant pas clos et le 7 mai 2015, lors des élections générales du Royaume-Uni, le SNP a remporté 50 % des voix et 56 sièges sur 59 possibles.

Le choc du Brexit

Le scrutin national voit la réélection de David Cameron comme Premier ministre, notamment grâce à sa promesse d'un référendum sur l'appartenance à l'Union européenne. La campagne sur cette question se révèle violente et oppose la plupart des partis aux eurosceptiques du UKIP et à leur leader Nigel Farage. Des discordes ont également lieu au sein même du Parti conservateur et au gouvernement, malgré le soutien de David Cameron au maintien dans l'UE. L'assassinat de la députée travailliste Jo Cox, le 16 juin 2016, par un homme d'extrême droite marque les esprits, mais le Leave l'emporte le 23 juin 2016 à 51,89 %.

Le choc est énorme, la livre chute sur les marchés et le pays est profondément divisé, entre zones rurales et villes, différentes tranches d'âge et, particulièrement, entre l'Angleterre et les nations dévolues. L'Ecosse a voté à 62 % en faveur du maintien dans l'union et ne se reconnaît pas dans ce résultat (à l'image de l'Irlande du Nord). Nicola Sturgeon, la Première ministre écossaise, menace d'un nouveau référendum sur l'indépendance et essaye de faire entendre sa voix dans les discussions avec Bruxelles. C'est dans ce contexte instable que Theresa May succède à David Cameron le 13 juillet 2016 et reçoit la lourde tâche de mener le Royaume-Uni lors des négociations avec ses partenaires européens. Avec l'espoir de renforcer sa majorité, elle appelle de nouvelles élections anticipés qui ont lieu le 8 juin 2017. C'est pourtant un revers : elle perd sa majorité absolue et se maintient au pouvoir avec l'aide des Unionistes irlandais du DUP, ce qui assombrit les perspectives du Brexit. Le SNP en ressort également affaibli, même si toujours majoritaire en Ecosse, malgré la perte de 21 sièges (de 56 à 35), ce que les Conservateurs pointent comme le rejet d'un second référendum sur l'indépendance.

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