Guide du Kirghizistan : Jeux, loisirs et sports

<p>Repos des chevaux dans l'herbe.</p>

Repos des chevaux dans l'herbe.

Disciplines nationales
<p>Bozkachi (jeu équestre traditionnel).</p>

Bozkachi (jeu équestre traditionnel).

Les sports kirghiz sont la plupart du temps hérités des traditions nomades et guerrières. La lutte et l'oulak-tartych sont au premier rang des sports nationaux les plus prisés et les plus pratiqués dès le jeune âge. Mis en veilleuse pendant la période soviétique, lorsque Moscou tenta d'éradiquer le mode de vie et les traditions nomades, ils sont revenus au premier plan dès l'indépendance et se pratiquent autant pour le plaisir que pour l'exaltation de l'identité nationale.

La lutte

Très populaire dans toute l'Asie centrale (il suffit de regarder le tableau des lutteurs kirghiz, ouzbeks ou kazakhs au tableau des jeux Olympiques d'Athènes ou de Pékin), sa pratique est apparue voici plus de 3 500 ans. Au départ, il s'agissait d'animer des festivités populaires, avant de devenir, à l'époque des grands empires nomades, un mode d'entraînement privilégié des jeunes guerriers. Depuis l'indépendance, le kurash s'est codifié pour répondre aux normes internationales de cette catégorie sportive. Le premier tournoi international s'est tenu à Tachkent en 1998 (remporté par un Turc), et une association internationale de kurash a été créée la même année et compte désormais 27 membres. Le premier championnat du monde s'est tenu à Tachkent en 1999, et a vu la victoire des Ouzbeks dans les trois catégories de poids. Pour l'heure, aucun Kirghiz n'a réussi à remporter ce championnat.

Les jeux équestres

L'at-chabich est une course sur longue distance. C'est le plus ancien et le plus répandu des sports équestres. Autrefois, le parcours des courses pouvait atteindre jusqu'à 100 km, et les cavaliers étaient souvent des enfants âgés d'une dizaine d'années. Aujourd'hui, les courses ont été limitées à 40 km, et les cavaliers doivent avoir au moins 13 ans. Le jorgo-salich est une course de chevaux ambleurs. L'amble est une allure rapide, parfois plus que le galop. C'est une des compétences les plus appréciées chez un cheval. Un proverbe kirghiz va même jusqu'à proclamer : " S'il ne te reste qu'un jour à vivre, passes-en la moitié à monter un cheval ambleur. " Les courses féminines, moins répandues, sont appelées kiiz-jarich.

Autour du cheval se décline toute une gamme de sports ou activités restés traditionnels dans la région. La forme la plus célèbre, que l'on connaît surtout grâce à l'Afghanistan, est le bozkachi, nommé au Kirghizistan oulak-tartych. Ce sport très ancien est né dans les armées persanes, et servait d'entraînement à la cavalerie d'élite : près de 100 cavaliers pouvaient alors s'affronter dans ces batailles en miniature. Une chèvre est décapitée, et les cavaliers se disputent la dépouille. Le vainqueur de la mêlée doit ensuite effectuer un parcours déterminé par des poteaux avant de revenir au centre de la piste et de jeter la carcasse dans un cercle tracé au sol, représentant le " cercle de justice ". Durant sa chevauchée, ses adversaires vont bien entendu tenter de s'emparer à leur tour du butin, et tous les coups sont alors permis. Le jeu peut donc être très violent, tant pour les cavaliers que pour leurs montures. Chaque équipe est vêtue de ses couleurs traditionnelles, mais il n'y a qu'un seul vainqueur, et les rivalités existent également à l'intérieur d'une même équipe. Les festivités de Navrouz, le Nouvel An oriental, vont souvent de pair avec l'organisation de compétitions d'oulak-tartych, mais elles peuvent tout aussi bien être organisées par des magnats locaux cherchant à assurer leur popularité (en général un peu avant des élections) ou pour des mariages de riches familles. Il n'est pas rare, aujourd'hui, de voir des oulak-tartych improvisés par des bergers nomades désireux de s'entraîner ou de passer le temps en fin de journée. Si vous fréquentez les marchés aux bestiaux du pays, vous noterez qu'un Kirghiz n'achète jamais un cheval destiné au oulak-tartych sans tester sa vitesse, son agilité et sa robustesse, fonçant au coeur même du marché sur d'autres cavaliers pour prendre la mesure de sa monture. La saison du oulak-tartych commence au printemps et dure tout l'été, elle connaît une apothéose lors de la fête de l'Indépendance du Kirghizistan, le 31 août.

Le folklore local intègre également les chevaux, comme le démontre le rituel du mariage baptisé kiiz-koomaï. Le jeune homme doit attraper sa fiancée et l'embrasser tout en galopant. Au retour, la femme poursuit l'homme, et si elle arrive à l'attraper, elle retire sa coiffe en signe de victoire.

La chasse à l'aigle

La fauconnerie est une spécialité des nomades du Kazakhstan et du Kirghizistan. Les Berkutchi perpétuent une tradition de chasse dont les premières traces écrites remontent à plus de 3 500 ans. Les Kazakhs favorisent les aigles (tellement précieux qu'ils s'échangeaient autrefois contre au moins 5 chameaux), alors que les Kirghiz semblent préférer les faucons (2 chameaux seulement !). La période de chasse s'étend de novembre à février, lorsque les aigles ont leurs plumes d'hiver. Les Berkutchi partent alors à cheval dans les steppes, et lancent leurs oiseaux à la chasse aux renards et parfois aux loups, pour les mieux dressés et les plus courageux d'entre eux. Des compétitions sont organisées dans les régions de fauconnerie, principalement sur la rive sud du lac Issyk Kul. En été, les Berkutchi kirghiz peuvent se prêter à des démonstrations de dressage et de chasse, bien que les oiseaux ne soient pas alors au mieux de leur forme.

Les sportifs kirghiz à l'international

La vie à la montagne et les sports équestres font des Kirghiz des natures robustes et endurantes. Néanmoins, il n'existe dans le pays que peu d'infrastructures sportives publiques et le Kirghizistan brille par son absence lors des grandes compétitions mondiales. Aux Jeux olympiques de Pékin en 2008, la République kirghize s'est classée 64e avec une médaille d'argent et une médaille de bronze. Si on la compare aux 5 autres ex-républiques socialistes soviétiques d'Asie centrale, le Kazakhstan a terminé 29e avec 2 médailles d'or, 4 d'argent et 7 de bronze, l'Ouzbékistan 40e avec 1 médaille d'or, 2 d'argent et 3 de bronze, et le Tadjikistan 67e avec 1 médaille d'argent et 1 médaille de bronze. Les deux médaillés kirghizes se sont distingués dans les disciplines de lutte. Mais ce fut la seule heure de gloire du sport kirghiz. Aux JO de Londres en 2012, le Kirghizistan ne décroche aucune médaille. En 2016, seul l'haltérophile kirghiz Izzat Artykov remporte un médaille, en bronze, mais il la perd suite à un contrôle positif.

On ne peut pas dire que le Kirghizistan brille non plus par son classement footballistique. S'il existe bien une antenne de la FIFA et une Fédération kirghize de football à Bichkek, et si les Kirghizes se prennent peu à peu de passion pour le ballon rond lors des grandes compétitions internationales, le football est très loin d'être un sport national et l'équipe kirghize traîne en 124e place du classement de la FIFA, n'ayant jamais été au-delà de la 108e place, en 2015. La popularité croissante de ce sport se heurte aux réalités financières : la construction de stades et les frais de déplacements des équipes ne permettent pas toujours de participer ne serait-ce qu'aux éliminatoires des grands tournois organisés par la FIFA. Les Kirghiz, en attendant, se consolent avec les performances de l'équipe de Russie...

Activités à faire sur place
<p>Randonnée à cheval.</p>

Randonnée à cheval.

Il est dorénavant possible de pratiquer un grand nombre d'activités sportives au Kirghizistan. La randonnée à cheval vient au premier rang, et les possibilités d'ascension de montagnes réjouiront les alpinistes les plus expérimentés. Entre les deux se déclinent de nombreuses autres activités moins techniques parmi lesquelles existe encore tout un éventail de niveaux et de durées. Faites votre choix et envisagez de passer par un voyagiste réceptif pour louer le matériel et gagner du temps dans l'organisation de votre périple.

Cheval. Il est possible de voyager au Kirghizistan en bus, en taxi, à pied ou en vélo et d'éviter d'enfourcher un cheval. Mais quel dommage de séjourner au pays des nomades sans profiter de ce mode de locomotion omniprésent. Il est devenu très facile, à chaque étape, de louer guides et chevaux pour des randonnées équestres de quelques heures ou quelques jours selon votre choix. Et ne vous inquiétez pas : les chevaux kirghizes, même en montagne, même longeant des ravins, même sous la neige, connaissent parfaitement la montagne, sont robustes à souhait et confèrent à leur cavalier une sensation de sérénité qui vous laisse pleinement profiter des paysages et des sensations offertes par le décor des prestigieuses montagnes, lacs et vallées d'altitude. Pas de matériel particulier à prévoir : de bonnes chaussures et des vêtements chauds (le vent peut être très froid en altitude et comme c'est le cheval qui fait l'effort principal, le corps ne se réchauffe pas) suffiront. Si vous êtes un adepte de la sécurité à tout crin, emmenez votre propre bombe ou casque car on n'en trouve que très peu sur place.

Randonnée. Amateurs de décors majestueux et d'efforts pédestres, vous serez servis au Kirghizistan. Si vous ne disposez que de quelques jours, tâchez de programmer une randonnée facile d'accès à Ala Archa (30 km de Bichkek) ou dans l'un des nombreux " spots " autour de Karakol (Jeti Oghuz, Altyn Arashan...). Des excursions aux lacs Song Kul ou Sary Chelek seront également propices à des randonnées tranquilles à la journée. Bien sûr, les Kirghiz préfèrent aller à cheval et tâcheront de vous convaincre de troquer vos godillots contre des sabots. Mais il vous sera néanmoins très facile de trouver des guides locaux ou d'organiser votre trek via un tour-opérateur. Cette dernière solution est particulièrement recommandée si vous envisagez de randonner plusieurs jours hors des sentiers battus. De magnifiques régions, comme celle comprise entre Talas et le lac Sary Chelek, par exemple, nécessitent une bonne connaissance du terrain et il n'existe pas à l'heure actuelle de carte suffisamment précise du pays pour espérer partir seul à l'aventure, sauf à aimer l'aventure et à avoir le temps de la vivre...

Rafting-canyoning. Dans la vallée de la Chouy s'est développé depuis de nombreuses années le rafting et, dans une moindre mesure, le canyoning. Ne pensez pas vous rendre sur place et trouver un club labellisé bien sûr, mais en passant par un tour-opérateur et en organisant soigneusement votre excursion en amont, vous découvrirez des paysages à nul autre pareils et vous offrirez des sensations fortes à n'en plus finir. Contactez les réceptifs spécialisés en sports d'aventure comme Ultimate Adventure ou ITC.

Alpinisme. Avec des sommets comme le Khan Tengri, le pic Lénine ou le pic Communisme, le Kirghizistan ne pouvait que devenir une destination privilégiée par les amateurs de conquête des hauts sommets. L'installation permanente d'un camp de base au pied du pic Lénine, à 3 700 m d'altitude, a rendu ce sommet très populaire parmi les alpinistes du monde entier. Les expéditions sont désormais bien rôdées et il vous sera très facile, pour peu que vous ayez la forme physique nécessaire, d'organiser l'ascension avec de nombreux tour-opérateurs kirghiz (Ultimate Adventures, ITC, CAT) mais également Ouzbeks (Asia Adventures). Il est également possible d'effectuer, au départ de la Kirghizie, un trek jusqu'au Mustagh Ata, en Chine ou vers les pics Ismael Samani ou Korzhenevski au Tadjikistan. Les montagnes sont si nombreuses au Kirghizistan que toutes n'ont pas encore reçu de nom. Si vous arrivez à prouver que vous êtes le premier à faire l'ascension d'un sommet non baptisé, vous pourrez si vous le souhaitez le baptiser de votre propre nom ou de celui de votre fiancée...

VTT. Amateurs de mollets bien durs, réjouissez-vous ! Le Kirghizistan se prête très bien au vélo, du moins en été. Prévoyez un matériel solide, car vous ne trouverez pas beaucoup de pièces de rechange sur la route. Emportez avec vous rustines, chambres à air et pneus de rechange, et prenez soin de votre matériel quotidiennement pour limiter les risques de panne mécanique. Avec un VTC, vous pourrez faire de nombreux trajets en empruntant les routes bitumées existantes. Mais il vous faudra un VTT robuste et confortable si votre projet est de vous lancer à la découverte des zones plus reculées où n'existent que des pistes de terre (ou de boue, selon la saison). Avec un bel engin, tout est possible et accessible à condition d'accepter des distances de fous furieux et des dénivelés déraisonnables ! La récompense se trouve à chaque col, à chaque lac, à chaque descente. Question sécurité, vous pourrez toujours garer votre bécane dans la cour des maisons d'hôtes ou d'hôtels.

Les sommets du Kirghizistan

Le pic Lénine. Situé dans le nord du massif du Pamir, dans la chaîne des montagnes Zaalaïski, à la frontière entre le Kirghizistan et le Tadjikistan, son sommet culmine à 7 134 m d'altitude. Il fut conquis pour la première fois par une expédition menée par l'Allemand Karl Wien en 1928, à l'époque où il était encore baptisé " mont Kaufmann ". En 2006, le pic Lénine a été rebaptisé " pic de l'Indépendance " mais l'usage courant a conservé le nom donné en l'honneur du leader révolutionnaire russe. S'il est considéré comme l'un des " 7 000 m " les plus faciles au monde, il n'en reste pas moins dangereux et fut, en 1990, le théâtre de l'accident le plus meurtrier de l'histoire de l'alpinisme, lorsqu'une avalanche tua un groupe de 43 alpinistes. La meilleure saison pour son ascension s'étend de la mi-juin à la mi-août et une ascension classique par la face nord (7 itinéraires contre 9 pour la face sud) dure 15 à 20 jours.

Le pic Pobedy. Le pic " de la victoire ", rebaptisé " Jengish Chokusu " après l'indépendance, est le plus haut sommet des Tian-Shan, à 7 439 m d'altitude et distant seulement d'une vingtaine de kilomètres du Khan Tengri. Il est situé à la frontière entre le Kirghizistan et la Chine. Son ascension est en grande partie motivée par le désir d'aller fouler du pied l'un des plus grands glaciers du monde, l'Inylchek, où sont organisés de nombreux treks dans des décors d'une splendeur insoupçonnable. Karakol est une bonne base de départ pour la conquête de ce " 7 000 m " et la meilleure saison pour l'entreprendre s'étend de fin juillet à fin août. Le niveau technique exigé est bien plus élevé que celui du pic Lénine en raison de la météo plus capricieuse et de la présence de nombreuses zones de glaciers. La voie nord est reconnue comme l'une des plus difficiles de tous les " 7 000 " répertoriés dans le monde. Comptez 25 jours pour l'ascension.

Le Khan Tengri. À 6 995 m d'altitude, le Kahn Tengri, à la frontière du Kazakhstan et du Kirghizistan, est le troisième sommet le plus élevé du Kirghizistan et le second de la chaîne des Tian-Shan. Son ascension prend une vingtaine de jours après un séjour d'acclimatation dans la vallée de la rivière Inylchek, à 2 500 m d'altitude. La route classique permet de traverser la partie sud du glacier Inylchek. Une autre solution consiste à grimper l'arête nord du mont Chapaev jusqu'à 6 120 m puis à entreprendre la face ouest du Khan Tengri jusqu'à son sommet. Son élégante forme pyramidale lui a valu la réputation d'être l'un des plus beaux pics de 7 000 m. La première ascension du sommet par le côté kirghiz fut réalisée en 1931 par l'Ukrainien Mikhail Pogrebetsky alors que la face nord, côté kazakh, ne sera conquise qu'en 1964.

Le prix " Léopard des Neiges ". Il récompense tous les alpinistes ayant gravi les cinq sommets de 7 000 m de l'ex-Union soviétique. Ces cinq sommets sont les pics Ismael Samani et Korzhenevski au Tadjikistan, le pic Lénine, le Khan Tengri et le pic Pobedy au Kirghizistan. Le pic Pobedy est considéré comme le plus difficile et le plus dangereux de tous.

Alpinisme au Kirghizistan

Les Tian-Shan centraux sont surnommées l'Arctique kirghiz ; le climat y est extrêmement continental et sec. Les étés sont courts, la température moyenne est de 7 °C. Le noeud de montagnes formé par la rencontre des chaînes de Kokshal-Tau, Meridionalni, Saridjaski, Tengri-Tag, Inichelski et Kaïndi est appelé Mustag, qui veut dire la " montagne de glace ". Les deux plus hauts pics du Tian-Shan central sont le Pobedy (7 439 m) est le Khan Tengri (6 995 m).

Le glacier Inilchek. Il est long de 62 km. Le lac Merzbacher, long de 6 km, est à 3 300 m d'altitude. De nombreux pics entre 4 000 et 6 000 m sont vierges de toute ascension.

Ascension du Khan Tengri (6 995 m). Une ascension du Khan Tengri prend environ 20 jours. Les organisateurs proposent en général une journée d'acclimatation dans la gorge de la rivière Inilchek, à 2 500 m d'altitude, puis une dépose en hélicoptère à la base Zviozdochka à 4 100 m. La route classique traverse le sud du glacier Inilchek, puis commence l'ascension du glacier Semenovski (5 900 m) entre les pics Chapaïev et Khan Tengri.

Ascension du pic Pobedy (7 439 m). Elle prend environ 24 jours. La meilleure saison pour la faire va du 25 juillet au 25 août. De nombreux glaciers, des vents très forts, des tempêtes de neige même quand la météo est bonne font que l'ascension du Pobieda est réservée aux alpinistes confirmés, et sa voie nord qui passe par le glacier Zviozdochka est reconnue comme une des plus difficiles des " sept mille " de la planète. Les voies classiques passent au centre de la voie nord et à l'ouest par le col Diki (le col " sauvage ").

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