Parc national marin de Fernando de Noronha © NidoHuebl - iStockphoto.com .jpg

Parcs nationaux

Le Brésil fait partie des pays « mégadivers », qui concentrent la plus grande diversité biologique du monde. L'ensemble des aires de protection du pays représente près de 29 % de sa superficie. Le Brésil possède 70 parcs nationaux qui protègent des écosystèmes très variés : forêts tropicales humide, savante, prairies et savanes inondées, mangrove, pampa... Les parcs nationaux sont gérés par l'Institut Chico Mendes, qui a été l'objet de réduction de budget sous la présidence de Jair Bolsonaro.

Complexe de conservation de l’Amazonie centrale : il s'agit de la plus vaste aire de protection de l’Amazonie. Classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO, il s'agit d'un réservoir de biodiversité unique au monde.

Aire de conservation du Pantanal : vaste étendue de prairies et de savanes inondées, le Pantanal est une plaine alluviale parmi les plus riches du monde en termes de biodiversité. L'aire de conservation, classée au Patrimoine mondial de l'UNESCO comprend plusieurs zones protégées. Elle est cependant menacée par les activités agricoles (déforestations, épandage de pesticides).

Parc national de l'Iguaçu : situé dans l'Etat du Paraná, il jouxte le parc éponyme argentin et constitue un vaste ensemble classé au patrimoine de l'UNESCO. Fameux pour ses immenses chutes d'eau, il préserve également une exceptionnelle biodiversité, dont l'une des dernières forêts atlantiques du Brésil.

Parc national marin de Fernando de Noronha : classé au Patrimoine mondial de l'UNESCO, il abrite tout un ensemble d'écosystèmes marins et d'espèces protégées, au sein de l'archipel Fernando de Noronha.

Les enjeux liés à l'agriculture

L'agriculture et l'élevage représentent la plus grande cause de déforestation au Brésil. L'année 2020, selon l’Institut national de recherche spatiale brésilien, a vu la disparition de plus de 11 000 km² de forêt amazonienne au Brésil, soit une augmentation de 9,5 % par rapport à 2019. Ces incendies ont pour effet de relarguer dans l’atmosphère l'important stockage de carbone que représente la forêt, mais aussi à détruire ce réservoir unique de biodiversité, nécessaire aux équilibres qui maintiennent les conditions de vie humaines sur la planète. Les cultures mises en place induisent aussi une contamination chimique des milieux par l'utilisation massive de pesticides. La pollution au nitrate et phosphate qui se déverse dans l'Amazone contribue à la formation des sargasses, ces algues brunes qui viennent s'échouer sur les côtes des Caraïbes. La construction de routes participe elle aussi à la fragmentation des milieux et, via la circulation de camions, à l’émission de gaz à effet de serre. A l'autre bout de la chaîne, se trouve le consommateur final. La France représentait en 2019 le 8e importateur mondial de soja OGM brésilien, destiné à l'alimentation du cheptel. Nous pouvons donc jouer un rôle en commençant par questionner nos achats.

Les défis énergétiques du pays

Le mix énergétique du Brésil est dominé par le pétrole et la biomasse (biocarburants). Le pays figurait en 2019 à la 9e place des producteurs mondiaux de pétrole et comptait parmi les leaders en matière de biocarburants. Cependant la culture des agrocarburants est largement controversée dans un pays où près de 13 % de la population vivait en 2020 en dessous du seuil de pauvreté. Ils contribuent à la fois à la diminution des surfaces agricoles et à la déforestation. Quant à l'énergie hydro-électrique, en 2019 elle fournissait 63,5 % de la production d'électricité du pays, un chiffre en baisse à la suite du choix, lors du mandat du président Michel Temer, de stopper la construction de nouveaux barrages. Poursuivre le développement hydro-électrique du pays signifierait équiper de barrages l'Amazonie, ce qui susciterait moult revendications nationales et internationales.  La construction d'une centrale hydro-électrique à Belo Monte en 2016, véritable gouffre financier, inauguré en 2019 s'est vu qualifiée de « monument au gaspillage et à la folie » par le procureur régional de la République. Par ailleurs le pays avait vécu en 2015 une catastrophe à la suite de la rupture de deux barrages miniers qui avait occasionné des pertes humaines et des déversements de boues contaminées, dans le Minas Gerais.

Pouvoirs et contre-pouvoirs

La présidence de Jair Bolsonaro marque un net recul environnemental, au profit de l'agro-business et au détriment de l'agriculture paysanne. Elle est associée à une baisse des moyens dédiés aux principales organisations en charge de l’environnement et des communautés autochtones. Elle a également donné au ministère de l’Agriculture (pro agro-business) la responsabilité de l'identification, de la reconnaissance et la délimitation des terres appartenant aux Communautés indigènes. S'ajoute à cela une impunité pour les crimes et délits commis en matière d'environnement (déboisements, assassinats d'activistes).  Le Brésil a même été classé en 2017 par l’ONG Global Witness comme l'un des pays les plus meurtriers pour les activistes environnementaux (57 assassinats).

Malgré les menaces et la mort de l'un d'entre eux en novembre 2019, « Les gardiens de la forêt » regroupent des Indiens Guajajara qui entendent défendre la forêt contre les défrichements illicites, en organisant des actions pour détruire les installations illégales liées au déboisement. Les femmes se sont jointes à ce mouvement pour des actions non violentes fondées sur le dialogue et la connaissance.

Le Brésil figure depuis 2015 (loi sur biodiversité) comme un état pionnier dans la lutte contre la biopiraterie, entendez l'accaparement des ressources et des savoirs traditionnels par le dépôt de brevets illégaux.

Le Mouvement des Sans-Terre (MST) milite quant à lui pour une réforme agraire qui puisse donner des terres à ceux qui produisent. Mouvement apolitique et non religieux, il promeut au sein de centres de formation l'agro-écologie (cultures diversifiées, fondées sur les processus écologiques, sans pesticide, ni engrais de synthèse, ni OGM), dans le but de développer la souveraineté alimentaire du pays. Cette agriculture doit cependant faire face à la baisse des ressources attribuées au programme « faim zéro » qui avait pour but de favoriser l'agriculture familiale.