Guide de Mauritanie : Histoire

De l'origine à l'ère chrétienne

Eléphants, hippopotames, girafes et antilopes sont les principaux représentants de la faune mauritanienne. Le climat humide qui y règne les attire en grand nombre. De nombreux lacs intérieurs et les rivages de l'océan Atlantique, recouverts d'une impénétrable mangrove, abritent toutes sortes de poissons et de coquillages. Non, vous ne rêvez pas. Cette description est bien celle de la Mauritanie, mais telle qu'elle était 6 000 ans avant l'ère chrétienne !

C'est la période à partir de laquelle les scientifiques possèdent des données fiables sur les populations vivant dans cette partie du Sahara. Car si les premières traces de présence humaine datent du Paléolithique inférieur (environ 600 000 ans avant notre ère), la plupart des connaissances concernant le climat et le mode de vie des hommes qui constituent la société d'alors doivent être prudemment au conditionnel. Une certitude néanmoins, l'évolution des outils qu'utilisent ces hommes : d'abord de simples galets, puis des cailloux éclatés donnant un semblant de tranchant sur une face. La découverte du feu permet la fabrication de lames, de hachoirs, puis d'outils de plus en plus élaborés utilisables sur leurs deux faces. Certains de ces ustensiles sont dotés d'un prolongement que l'on peut assimiler à un manche.
Cette civilisation agropastorale regroupe des représentants berbères généralement nomades et éleveurs et des Noirs plutôt sédentaires et agriculteurs.

Découverte de la céramique. A partir du Néolithique (8 000 ans avant notre ère), apparaît au nord du Niger, puis au nord de la Mauritanie, une civilisation de chasseurs attirée par le gibier décrit précédemment. Ce peuple pratique également la pêche et la récolte de coquillages le long des rivages de l'océan et autour des lacs intérieurs.

Le climat d'alors est essentiellement humide, entrecoupé de très courtes périodes plus sèches.
La découverte de la céramique en Mauritanie (4 000 ans avant notre ère) va changer fondamentalement le quotidien de ces hommes. Les récipients en terre cuite ou en poterie permettent non seulement de cuire la nourriture, mais également de la stocker et donc de la conserver ; ce qui leur permet de ne plus être tributaires des aléas climatiques qui déterminent en grande partie l'abondance du gibier.

Peintures rupestres. Cette découverte amène également les hommes à se sédentariser et à pratiquer l'élevage de bovins (environ 2 000 ans avant notre ère). Petit à petit, les chasseurs découvrent l'arc, les pêcheurs l'hameçon et le harpon. Dans la région de Tichit, apparaissent des cultivateurs de mil (environ 1 000 ans avant notre ère). Fait notable à l'époque, les centaines de villages situés le long des falaises autour de Tichit et Oualata sont constitués de maisons en pierre sèche, dotées de plusieurs pièces et même de dépendances, pour certaines.

Au cours du dernier millénaire avant notre ère, l'avancée du désert par le nord se fait de plus en plus pressante.

Durant cette période, des populations venues d'Afrique du Nord amènent avec eux le cheval et les " chars " représentés en nombre sur les peintures rupestres. Ces chars servent au transport des biens et des personnes ou sont représentatifs du pouvoir de leurs propriétaires. Les chevaux ne supportant pas les conditions climatiques imposées par l'avancée du désert, ils ne survivent pas et sont remplacés au début l'ère chrétienne par le dromadaire.
Au cours de cette période, les hommes découvrent les mines de cuivre d'Akjoujt, encore en service de nos jours. Grâce à des forges rudimentaires, le minerai extrait est transformé en armes, outils et bijoux.

Chronologie

Environ 600 000 av. J.-C.> Première trace de présence humaine datant du paléolithique inférieur. Peu d'informations fiables sur cette période.

8 000 av. J.-C.> Néolithique. Apparition d'une civilisation de chasseurs attirés par le gibier.

4 000 av. J.-C.> Découverte de la céramique.

2 000 av. J.- C.> Semi-sédentarisation des hommes qui deviennent éleveurs.

IIe siècle > Apparition du dromadaire.

IVe siècle > Création de l'Empire du Ghana animiste, par des Berbères, qui va prospérer pendant plusieurs siècles grâce au commerce des esclaves, de l'or et du sel.

1054 > Les Almoravides musulmans prennent Aoudaghost, la capitale économique de l'Empire du Ghana.

1076 > C'est au tour de la capitale, Koumbi Saleh, de tomber aux mains des Almoravides. La guerre sainte est gagnée.

1147 > Fin de la domination des Almoravides musulmans.

Début du XVe siècle > Seconde vague d'arabisation menée par des tribus hassanes, venues de Haute Egypte. Elles devront lutter d'abord contre les tentatives d'invasion des royaumes noirs voisins, puis plus tard contre la pression de la France venant du Sénégal.

1885 > L'armée française prend le dessus sur la résistance maure dirigée par l'emblématique El Hadj Omar Tall.

1907 > Le Général Gouraud occupe petit à petit l'ensemble du territoire.

1920 > La Mauritanie devient une colonie française rattachée à l'Afrique occidentale française (A-OF).

1946 > La Mauritanie devient Territoire d'Outre-Mer.

1956 > La loi Defferre donne au territoire l'autonomie interne.

1957 > Premiers accrochages entre l'Armée de Libération Nationale et l'armée française.

28 novembre 1960 > La république islamique de Mauritanie devient indépendante. Son premier président est Mokhtar Ould Daddah.

1975 > La Mauritanie occupe le Sud du Sahara occidental, quitté par les Espagnols.

10 juillet 1978 > Ould Daddah est renversé par Mustapha Ould Saleck.

1979 > La Mauritanie se retire du Sahara occidental.

12 décembre 1984 > Le colonel Maaouya Ould Sid'Ahmed Taya s'installe à la tête de l'Etat.

1989 > Graves affrontements raciaux entre Maures et Négro-Africains.

24 janvier 1992 > Première élection présidentielle. Maaouya Ould Sid'Ahmed Taya est élu.

12 décembre 1997 > Maaouya Ould Sid'Ahmed Taya est réélu lors de la deuxième élection présidentielle.

8 juin 2003 > Première tentative de coup d'Etat sérieuse contre Maaouya Ould Sid'Ahmed Taya, elle avortera.

De juin 2003 à août 2005 > De nombreux mouvements sociaux ébranlent le pays et plusieurs tentatives de putschs échouent.

3 août 2005 > Un coup d'Etat renverse le président mauritanien Maaouya Ould Sid'Ahmed Taya. Le nouvel homme fort de la Mauritanie est le colonel Ely Ould Mohamed Vall.

25 mars 2007 > Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi est élu président de la Mauritanie.

6 août 2008 > Coup d'Etat militaire orchestré par le général Mohamed Ould Abdel Aziz.

Juillet 2009 > Abdel Aziz est donné vainqueur des élections présidentielles, à l'issue d'un vote contesté.

21 mai 2014 > Des ministres de l'Intérieur du Groupe des Cinq du Sahel (G5 Sahel) créent à Nouakchott une plateforme de coopération destinée à lutter contre le terrorisme.

21 juin 2014 > Réélection du chef d'Etat sortant Mohamed Ould Abdel Aziz avec 82% des voix.

13 août 2015 > Le Parlement adopte une nouvelle loi durcissant la répression de l'esclavage, désormais considéré comme un crime contre l'humanité.

20 octobre 2016 > Fin du dialogue national entre la majorité et quelques partis d'opposition. La limitation des mandats présidentiels est maintenue.

31 janvier 2017 > Le blogueur Cheikh Ould Mohamed Ould Mkheitir, condamné à mort pour un article jugé blasphématoire, est renvoyé devant une autre cour d'appel.

1er et 2 juillet 2018 > La Mauritanie accueille le 31e sommet de l'Union africaine.

De l'ère chrétienne à la présence européenne

À l'origine, Berbères et Noirs se partagent le territoire, puis sous l'influence du climat, les Noirs migrent vers le sud et les Berbères vers le nord. Ces derniers, avec l'apparition du dromadaire vers le IIe siècle, s'adaptent au climat et à la vie nomade. De plus, ils plantent des palmiers dattiers près des sources, créant ainsi les oasis. Vers la fin du Ier millénaire, la Mauritanie devient l'une des principales voies pour le passage des caravanes faisant commerce entre l'Europe et l'Afrique noire. Les tissus, les bijoux et les parfums du Vieux Continent s'échangent principalement contre l'or des empires négro-africains.
Passant alternativement sous la domination des Almoravides et de l'empire du Ghana, la Mauritanie subit, vers 1400, une deuxième vague d'arabisation.

Pénétration française en 1885. Les tribus hassanes, venues de Haute-Egypte, combattent les tribus berbères, composées en grande partie de pasteurs nomades non arabisés. Les Hassanes finissent par l'emporter et imposent leur langue, le hassanya, toujours pratiqué de nos jours. Le processus d'arabisation est en marche, on parle dorénavant d'Arabo-Berbères. Les émirats installés par les tribus hassanes tiennent le pays tant bien que mal, jusqu'à l'arrivée des Européens, et plus particulièrement des Français installés au Sénégal depuis 1638. La véritable pénétration française ne commence que vers 1885. Entre-temps, les Maures, mélange ethnique produit par les Arabo-Berbères, les tribus locales et les tribus conquérantes, doivent toujours faire face aux visées expansionnistes des royaumes noirs limitrophes. Menant à la fois la guerre sainte (djihad) contre les Bambaras animistes du royaume de Ségou au Mali et une farouche résistance à la pression française venant du Sénégal, leur chef emblématique, El Hadj Omar Tall, instaure l'islam en religion d'État au XIXe siècle. Ce n'est que vers la fin du siècle que la puissance de l'armée française prend le pas sur la résistance maure, affaiblie par des dissensions ethniques et raciales.

L'empire du Ghana

Fondé au IVe siècle par des Berbères, l'empire du Ghana est devenu au fil des siècles un territoire prospère grâce au commerce transsaharien des esclaves, du sel et surtout de l'or. Très vite gouverné par les Négro-Africains, il s'étend du Sénégal au Niger en passant par le sud de la Mauritanie. Koumbi Saleh la capitale, située au sud de la première région de la Mauritanie d'aujourd'hui, est une cité florissante de 20 000 habitants. Le Ghana animiste fait preuve d'une grande tolérance à l'égard des musulmans puisque sa capitale est dotée d'une douzaine de mosquées. Aoudaghost, située aux confins des IIe et IXe régions mauritaniennes, est une cité caravanière prospère de 6 000 habitants. En 1054, Aoudaghost est pris par les Almoravides qui ont lancé le djihad, la guerre sainte, contre le Ghana animiste. Le déclin de l'empire du Ghana est alors amorcé. C'est bientôt au tour de la capitale, Koumbi Saleh, de se rendre aux Almoravides et à leur chef Aboubakr ibn Omar en 1076. C'est pratiquement la fin de l'empire du Ghana, qui survivra jusqu'au début du XIIIe siècle avant d'être annexé à l'empire du Mali. L'une des principales conséquences pour la région est la conversion à l'islam de la majeure partie de la population, y compris celle d'origine négro-africaine.

De l'occupation française à l'indépendance

Les premiers Européens à avoir mis le pied en Mauritanie sont vraisemblablement des Portugais. En effet, en 1443, ils installent dans la baie d'Arguin un comptoir commercial. A l'époque, le commerce de la gomme arabique est florissant, la Mauritanie en est un gros producteur et son exportation s'effectue par ce comptoir.
Les puissances européennes lorgnent ce comptoir pour y faire accoster leur flotte marchande.
Successivement, il passe aux mains des Hollandais, des Anglais, des Hollandais à nouveau, des Français, encore des Hollandais et enfin, cette fois-ci de façon définitive pour ce qui concerne la présence européenne, des Français en 1724.
Mais cette présence européenne se limite essentiellement à ce comptoir, les rares expéditions à l'intérieur du pays ne débouchent sur rien de concret. Le premier Européen à réussir la traversée du sud au nord du pays est Léopold Malet, en 1850.

Occupation militaire. Le général Louis Faidherbe, gouverneur du Sénégal, et son armée franchissent le fleuve Sénégal et annexent sa rive droite sous prétexte que l'insécurité règne dans cette région. A la tentative par la méthode douce de Xavier Coppolani, qui tente de pacifier la région du Tagant en 1902 mais est assassiné trois ans plus tard, succède l'occupation militaire conduite par le général Gouraud à partir de 1907. Ses troupes occupent successivement Atar en 1909, Tichit en 1911 puis Oualata en 1912 où l'émir Ahmed Ould Aïdah, leader des opposants, est fait prisonnier.

En 1920, la Mauritanie devient une colonie française rattachée à l'Afrique occidentale française bien que le pays soit loin d'être pacifié. Mais il est vrai que, dans le même temps en Europe, l'armée française a dû faire face, avec le premier conflit mondial, à d'autres urgences.
Les tribus R'Gueïbalt et Oulad Bousbah, derniers bastions de la résistance à la pénétration française, tiennent jusqu'en 1934 et ce n'est que deux ans plus tard que l'occupation quasi totale du territoire est réalisée dans les faits.
La Constitution française du 27 octobre 1946 donne à la Mauritanie le statut de territoire d'outre-mer ce qui lui offre la possibilité d'envoyer à l'Assemblée nationale française un député, Horma Ould Babana, qui, dix ans plus tard s'exilera au Maroc pour y fonder l'Armée de libération nationale.
Après une timide revendication marocaine sur la Mauritanie en 1955, la loi Defferre donne au pays l'autonomie interne en 1956.
En janvier 1957, des accrochages sont signalés dans le nord du pays entre l'Armée de libération nationale de l'ex-député Horma Ould Babana et les militaires français.
L'année suivante, le roi du Maroc, Mohamed V, revendique le territoire, cette fois très officiellement. Dans le même temps, les populations noires demandent leur rattachement au Sénégal.

Indépendance. La république islamique de Mauritanie est proclamée, et devient indépendante le 28 novembre 1960, mettant ainsi fin aux convoitises.

L'occupation française a été moins marquante en Mauritanie que dans la plupart des autres colonies d'Afrique. La France souhaitait avant tout sécuriser un passage entre ses colonies d'Afrique du Nord et le Sénégal, pour que le commerce transsaharien prospère. Avoir l'intégralité du pays sous son contrôle ne présentait pas un grand intérêt, ni sur le plan commercial, ni sur le plan stratégique.
D'autre part, la fierté des combattants mauritaniens et leur parfaite connaissance de leur territoire leur ont permis bien souvent de se replier loin de toute présence française, ce désert immense pouvant devenir très rapidement inhospitalier à qui ne le connaît pas intimement.

Une femme amoureuse du Sahara

Décembre 1933 : à cette époque, voyager en Mauritanie n'est pas dénué de risques, les tribus R'Gueïbalt et Oulad Bousbah opposant une farouche résistance à l'occupation française. C'est pourtant ce que font deux femmes, Odette Du Puigaudeau et Marion Senones. Rien ne les prédestine à une telle aventure. Originaire du Croisic, Odette Du Puigaudeau, peintre et dessinatrice, exerce cette activité au Museum et au Collège de France, quand ce n'est pas dans les marais de la Brière ou sur les quais du Croisic.

Après s'être essayée avec succès au journalisme, elle débarque d'un langoustier en provenance de Douarnenez à Nouâdhibou, alors Port-Etienne, en décembre 1933, avec son amie Marion Senones.

Pendant neuf mois, de décembre 1933 à septembre 1934, elles sillonnent le désert mauritanien, voyageant sans déguisement, contrairement à René Caillé. La plupart du temps pieds nus, elles parcourent ainsi 2 500 kilomètres à dromadaire et 2 000 kilomètres en voiture ou en camion, sans oublier les quelque 1 000 kilomètres en chemin de fer de Saint-Louis à Kayes au Mali via Dakar. Faisant fi des avertissements prodigués par les militaires occupant les dix-huit postes coloniaux de l'époque qui n'exercent qu'une autorité relative sur la région, elles bravent l'aridité du désert et l'inimitié des tribus maures. Elles n'accepteront d'abréger leur voyage que parce qu'Odette Du Puigaudeau, victime d'une grave infection de la main, ne peut poursuivre sa route.

Cette aventure donne naissance à un livre Pieds nus à travers la Mauritanie, paru en 1936. Riche d'enseignements sur le caractère bien trempé et quelque peu décalé de l'auteur, il est réédité en 1992. Non contentes de cela, Odette Du Puigaudeau et Marion Senones se retrouvent de décembre 1936 à janvier 1938 pour un périple de 6 000 kilomètres à travers les plateaux du Tagant, Tombouctou, Taoudeni et Tindouf. Théodore Monod lui-même encense Odette Du Puigaudeau à la lecture de son nouvel ouvrage Tagant paru en 1949 et réédité en 1994, qui relate cette traversée.

Après-guerre, elle reprend à deux reprises la piste du Sahara pour porter son total à plus de 15 000 kilomètres effectués dans le plus grand désert du monde. En 1991, elle décède à Rabat, à l'âge de 97 ans, laissant derrière elle huit livres, des centaines d'articles et l'empreinte dans le désert mauritanien d'une grande dame ayant magnifiquement et amoureusement fait découvrir l'une des plus vieilles civilisations du monde.

Les années post-indépendance

Sous la présidence de Mokhtar Ould Daddah, premier président de la jeune république, la Mauritanie gagne sa place sur l'échiquier international avec l'entrée à l'Organisation des Nations unies en 1961 et la reconnaissance par le Maroc en 1969. La visite officielle du président Georges Pompidou, deux ans plus tard, confirme le nouvel Etat.
Mais de graves troubles intérieurs déstabilisent le pays, les ouvriers, les étudiants, le monde paysan accablé par la sécheresse manifestent en nombre.

Front Polisario. En 1975, le Maroc et la Mauritanie se partagent le Sahara occidental que l'Espagne quitte, créant ainsi la très éphémère XIIIe région mauritanienne. Le Front Polisario (Front populaire pour la libération de la Saguia el-Hamra et du Rio de Oro), mouvement armé pour la création d'un Etat indépendant en lieu et place de l'ancienne colonie espagnole, ne l'entend pas de cette oreille. Malgré le soutien militaire marocain, puis français en 1977, l'armée mauritanienne ne peut empêcher le Front Polisario de mener des raids meurtriers dans le nord du pays et même à Nouakchott, la capitale. La coupe est pleine, le président Mokhtar Ould Daddah est renversé par un coup d'Etat militaire fomenté par le lieutenant-colonel Mustapha Ould Saleck, le 10 juillet 1978.

Très vite, les nouveaux dirigeants du pays s'emploient à régulariser la situation avec le Front Polisario en signant avec lui un cessez-le-feu en octobre 1978 puis en se retirant de la XIIIe région suite aux accords d'Alger du 5 août 1979. La Mauritanie reconnaît la République arabe sahraouie démocratique en 1984.

Tentatives de coups d'Etat. Entre 1978 et 1984, la vie politique mauritanienne est marquée par plusieurs tentatives de coups d'Etat. Finalement, le 12 décembre 1984, le colonel Maaouya Ould Sid Ahmed Taya s'installe à la tête de l'Etat. La politique du nouvel homme fort du pays se traduit par l'émergence d'une certaine forme de démocratie. Des élections municipales se tiennent dans les treize capitales régionales en 1986 puis trois ans plus tard dans 164 communes rurales. Cette décentralisation est une grande première dans le pays.

En 1989, de terribles affrontements raciaux opposent Maures et Négro-Africains, faisant de nombreuses victimes de part et d'autre. Des Mauritaniens vivant au Sénégal en sont expulsés et des éleveurs noirs sont renvoyés de Mauritanie. Le mois d'août voit la rupture des relations diplomatiques entre la Mauritanie et le Sénégal, il faudra attendre 1992 pour que la frontière entre les deux pays voisins soit rouverte.
Sous la pression internationale, le colonel Taya promulgue une nouvelle constitution en 1991, qui autorise notamment le multipartisme et la liberté de la presse.
Lors de la première élection présidentielle, le 24 janvier 1992, le colonel Taya est élu avec 62 % des suffrages, ce qui prouve la relative régularité du scrutin. Le processus démocratique est conforté par l'élection de 56 sénateurs et 79 députés.

Stabilisation. Malgré des entorses aux libertés de plus en plus nombreuses, notamment en ce qui concerne la presse, les bailleurs de fonds (FMI, Banque mondiale...) soutiennent l'économie mauritanienne. Son endettement est alors le plus élevé des pays africains. Il n'empêche : le pays semble avoir acquis une relative stabilité politique comparativement à ses voisins de l'Afrique de l'Ouest, sévèrement affaiblis par la spectaculaire dévaluation du franc CFA en 1994, ou à l'Algérie, confrontée directement à la montée du terrorisme.

Les relations franco-mauritaniennes sont au beau fixe. A la visite officielle du président Sid Ahmed Taya en France en 1993 répond celle du président Jacques Chirac en 1997. La même année, Maaouya Ould Sid Ahmed Taya est réélu avec 90 % des voix.

Les Etats-Unis entrent en scène. La Mauritanie reconnaît Israël en octobre 1999. L'opinion publique ayant pris fait et cause pour les Palestiniens, une certaine agitation urbaine voit le jour. En juillet 1999, la Mauritanie rétablit le visa pour les ressortissants français à la suite de l'arrestation en France d'un capitaine de l'armée mauritanienne accusé d'avoir pratiqué la torture dans son pays au début des années 1990. L'éloignement franco-mauritanien consécutif au rétablissement du visa pour les Français agit comme un appel d'air pour les Etats-Unis qui s'empressent de signer d'importants accords commerciaux avec le pays.

La Mauritanie aujourd'hui

Le 8 juin 2003, la Mauritanie est secouée par une tentative de coup d'Etat perpétrée par Saleh Ould Hanana, ancien commandant d'artillerie dans l'armée mauritanienne, et quelques acolytes.
Pendant une trentaine d'heures, ils vont tenter de liquider physiquement le Président Maaouiya Ould Sid Ahmed Taya en bombardant la présidence ; ils vont ouvrir les portes de la prison de la capitale et en libérer ses occupants pour accentuer la pagaille, mais en vain. Bientôt des renforts légalistes affluent de Boutîlimit, d'Atar et de Rosso et les putschistes n'ont plus qu'à prendre la poudre d'escampette pour s'évanouir dans le désert, probablement vers le nord-est et la frontière malienne.

Coups d'Etat en cascade. Entre juin 2003 et août 2005, de nombreux mouvements sociaux ébranlent le pays et plusieurs tentatives de putschs échouent. Le 3 août 2005, alors qu'il revenait des obsèques du roi Fahd, en Arabie Saoudite, le président mauritanien Maaouiya Ould Sid' Ahmed Taya est renversé par un coup d'Etat. Les 17 putschistes du Comité militaire pour la justice et la démocratie (CMJD) annoncent leur intention de rester au pouvoir deux ans au maximum. Ils affirment vouloir mettre fin à une dérive " totalitaire " et ramener le pays vers une véritable démocratie. Le nouvel homme fort de la Mauritanie est le colonel Ely Ould Mohamed Vall.

Le 19 juin 2006, l'ancien président mauritanien, Maaouiya Ould Sid'Ahmed Taya, renversé le 3 août 2005 et actuellement en exil au Qatar, est pressenti comme étant le cerveau du complot découvert à Nouakchott.
Le 25 juin 2006, premier pas vers ce retour à la démocratie. Les électeurs approuvent massivement la réforme constitutionnelle visant à remettre la Mauritanie sur la voie de la démocratie.

Cette réforme soumise par référendum aux citoyens propose notamment d'interdire au chef de l'Etat d'accomplir plus de deux quinquennats et de rester en fonction au-delà de 75 ans.
La date de l'élection présidentielle est fixée au le 11 mars 2007. Lors du second tour du 25 mars 2007, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi est élu Président de la Mauritanie. Il obtient 52,85 % des suffrages exprimés contre 47,15 % pour son rival, Ahmed Ould Daddah. Il est à noter que le colonel Ely Ould Mohamed Vall, instigateur du coup d'Etat du 3 août 2005, a respecté les deux promesses qu'il avait faites lors de son arrivée au pouvoir : ne pas rester au sommet de l'Etat plus de 2 ans et ne pas se présenter à l'élection.
En août 2008, après avoir été limogé par Abdallahi avec trois autres militaires, le général Mohamed Ould Abdel Aziz, ex-chef de la garde présidentielle, prend les commandes d'un putsch qui renversera le pouvoir du président. En avril 2009, il remporte l'élection présidentielle.

G5 Sahel. Face à la menace terroriste qui se propage dans tout le Sahel, cinq pays de la région, dont la Mauritanie, créent le 21 mai 2014 le G5 Sahel, plateforme de coopération destinée à lutter contre le terrorisme. Un mois plus tard, le Président sortant 21 juin 2014 Mohamed Ould Abdel Aziz est réélu avec 82 % des voix, pour ce qui apparaît aujourd'hui son dernier mandat, puisqu'il se retirera en 2019.

Entretemps, le Parlement adopte une nouvelle loi durcissant la répression de l'esclavage, désormais considéré comme un crime contre l'humanité, et passible aujourd'hui de peines pouvant aller jusqu'à 20 ans. L'esclavage reste toutefois comme un boulet aux pieds du pouvoir, régulièrement épinglé par des organisations internationales sur cette pratique ancestrale, qu'il refuse d'assimiler à de l'esclavage. Enquêter sur le sujet n'est pas bien vu, pas plus que se moquer de la religion. Le 31 janvier 2017, le blogueur Cheikh Ould Mohamed Ould Mkheitir, condamné à mort pour un article jugé blasphématoire, est renvoyé devant une autre cour d'appel, qui réduira sa peine à deux ans. En juillet 2018, la Mauritanie a accueilli le 31e sommet de l'Union africaine. Et s'ouvre à une deuxième saison touristique après une parenthèse de dix ans.

Préparez votre voyage !

transports
  • Vol pas cher
  • Louer une voiture
hebergement
  • Réservez un hôtel
  • Votre logement Airbnb
  • Location de vacances
  • Trouvez votre camping
Séjours
  • Voyagez sur mesure
  • Week-ends en France
Sur place
  • Réservez une table
  • Trouvez une activité
  • Expériences & Boxs

Adresses Futées de Mauritanie

Avis
Jeu concours

Les jeux concours du moment

Remportez un week-end pour 2 à Caen !

1 week-end découverte de Caen pour 2 personnes avec l'OT Caen la mer .