Guide du Mozambique : Arts et culture

Artisanat
Que rapporter de son voyage ?

Vous trouverez de nombreux marchés qui offrent un large choix d'objets artisanaux en tout genre, bijoux en argent, paniers en batik, sculptures en bois. Originaires du Nord, les sculptures Makondé ne pourront que vous séduire, le souvenir idéal à rapporter de votre voyage ! Si vous faites un peu de couture, le tissu traditionnel, dit capulanas, que les femmes portent en jupe ou en foulard peut inspirer vos futures créations.

Expressions modernes

Photographie. Le Mozambique est l'un des rares pays d'Afrique à connaître très tôt un réel développement photographique et des figures célèbres en la matière. Les premiers vestiges de la photographie au Mozambique datent de 1873. En 1899, les frères Lazarus, d'origine portugaise, s'installent à Maputo. Ils produiront essentiellement des portraits et des photos de famille.

En 1920 apparaissent les premières photos dans les journaux, mais la presse n'embauche réellement des professionnels qu'après la Deuxième Guerre mondiale. Ricardo Rangel fait partie de la première vague de photographes nationaux. Dans les années 1960, la photo est utilisée comme un outil de propagande et sert à rendre compte des combats dans le cadre de la lutte pour la libération du Mozambique.
Dès 1964, Rangel et Kok Nam, les deux plus anciens, travaillent pour le Diario de Moçambique à Beira, deuxième ville du pays. Photojournalistes, ils rendent compte des événements liés au combat pour l'indépendance. Rangel réalise alors une série sur le thème " Notre pain de toutes les nuits ". Cette série le rendra célèbre. Aujourd'hui encore il arrive qu'elle soit ressortie à l'occasion de certaines expositions en Europe (Portugal notamment).
Nam travaille beaucoup aux côtés des forces armées du Mozambique, et expose en 1968 une série sur le thème " La jeunesse pour la liberté ". Main dans la main, ils participent en 1970 à la création de l'hebdomadaire Tempo. Cette revue sera la première à donner une place privilégiée à la photo. Une page lui sera consacrée. En 1981, l'Association mozambicaine de photographie est créée avec l'appui de la présidence. En 1983, Rangel, aidé par la coopération italienne, crée le Centre de formation photographique, dirigé jusqu'à aujourd'hui par lui-même. Ce centre a pour vocation de former des jeunes aux techniques de la photo. C'est aussi un lieu d'archives et de réserves photographiques sur le Mozambique. Malheureusement, aujourd'hui les formations sont limitées à de courts stages payants insuffisants pour une formation solide.
A la fin de la guerre apparaît une nouvelle génération de photographes nés dans les années 1960, dont les plus illustres représentants sont Sergio Santimano, Rui Assubuji, José Cabral et Naita Ussene. Ils témoignent d'un renouveau, rendent compte de la misère, des victimes de la guerre, des exclus. Progressivement, ils décrivent la société mozambicaine en images.

Danse

Dans la plupart des sociétés traditionnelles africaines, la musique, le chant et la danse apparaissent comme indissociables et synonymes de vie. Omniprésents dans les cérémonies traditionnelles, ils ont valeur de distraction, d'éducation, d'information et de catharsis. Ces arts expriment toutes les émotions du peuple. Au Mozambique, au-delà des différences culturelles entre les différents groupes ethniques dont la langue et les traditions diffèrent, l'unité s'est faite à travers un même intérêt, un même combat : l'indépendance. Durant la colonisation, ce qui relevait de la culture traditionnelle (rites et cérémonies) était interdit. Ceux qui bravaient la loi s'exposaient à la répression, avec les armes si nécessaire. Mais étant donné l'immensité du Mozambique, les Portugais ne pouvaient avoir le contrôle sur tout l'ensemble du territoire et notamment sur les régions les plus reculées. Les traditions de danse et de musique ont donc perduré. L'interdiction des pratiques culturelles a conduit à la clandestinité, et les danses, pratiquées secrètement, ont servi à la lutte contre le colonialisme. Les danseurs se sont toujours moqués des comportements coloniaux et des autorités religieuses. Puis, lorsque le Frelimo a entrepris la libération du pays, il a habilement accompagné les meetings dans les régions libres de chants et de danses. Motivés par les mêmes intérêts, ces mêmes groupes se sont alliés avec le Frelimo dans un combat pour une identité africaine, et avant tout mozambicaine. Par la suite, les campagnes d'alphabétisation ou de vaccination étaient accompagnées de chants et de musiques traditionnels qui permettaient de mieux faire passer le message. Il en fut de même lors de la mort de Samora Machel, ancien président, en 1986 et lors de la célébration de l'indépendance dans tout le pays. Ces formes d'art font partie intégrante de la vie sociale mozambicaine.

Parmi les nombreuses danses traditionelles du pays, le Mapico et le marrabenta restent les plus populaires...

Le mapico est la danse traditionnelle pratiquée par les Makondés. Les rites d'initiation, aussi bien féminins que masculins, occupent une large place dans la vie de ce peuple originaire du Nord du Mozambique.

Du côté des hommes, cela a donné lieu à la danse du mapico, et à la fabrication de masques lipico qui servent pour la cérémonie. Le masque doit être considéré avec le costume, la musique, les mouvements du corps, et dans un contexte donné. Cette danse est le coeur ardent des fêtes d'initiation, notamment lors d'une circoncision. Couvert d'étoffes et de grelots, le danseur évolue au rythme des tam-tams et se retrouve très vite en état de transe. Il porte le masque du mapico (souvent en forme de heaume) dont la bouche entrouverte lui arrive à hauteur des yeux. La face est légèrement dirigée vers le haut. Danse, théâtre, pantomime entraînent enfants et adultes dans une agitation extrême. Jusqu'au jour de la cérémonie, les femmes n'ont pas le droit de voir les masques qui sont réalisés dans le plus grand secret, sous le regard bienveillant des vieux du village et avec leurs instructions. Les Makondés attribuent donc au masque un caractère sacré.
Du côté des femmes, à certaines étapes des rites d'initiation qui leur sont propres, elles utilisaient également en secret certains masques mapico. Des hommes adultes initiés les réalisaient pour les femmes. Les plus âgées, les plus sages, responsables des rites d'initiation, pouvaient quelquefois avoir accès à certains secrets de l'initiation masculine. Jorge et Margot Dias, anthropologues portugais, définissent le mapico comme " la figure la plus marquante de la culture Makondé, symbole vivant d'un esprit humain, masculin ou féminin, utilisé par les hommes pour dominer, par la peur, les femmes et les jeunes non encore initiés aux rites de la puberté ". Aujourd'hui, le mapico est toujours pratiqué malgré quelques changements. On choisit, par exemple, les week-ends ou les jours fériés pour le célébrer. Certains tambours sont fabriqués dans des matériaux en plastique ; les costumes traditionnellement composés de haillons sont remplacés par des habits neufs, des montres Casio, des baskets. C'est l'inéluctable adaptation à une société nouvelle. En revanche, le masque garde son caractère authentique et les rythmes de la musique restent traditionnels.

Le marrabenta. D'origine rurale et pratiqué au départ par les peuples rongas, c'est-à-dire dans le Sud du Mozambique, le marrabenta est un mélange de rythmes traditionnels africains très saccadés alliés à des ondulations frénétiques du corps dont le bassin et les jambes en sont les moteurs. Le contact avec le monde urbain a permis à cette danse d'évoluer vers de nouveaux rythmes en association à de nouvelles formes d'expression corporelle et de la rendre très populaire, de sorte qu'on lui attribue désormais une identité mozambicaine au-delà de son origine exclusivement ronga. Certains y associeront une forme de sensualité voire d'érotisme. Il s'agit peut-être tout simplement d'exotisme pour des regards peu avisés. Mais il est clair que les filles qui le pratiquent sont réellement captivantes quand elles maîtrisent la technique et se donnent à fond. Le marrabenta incarne souvent la joie, et les chansons qui l'accompagnent illustrent la vie quotidienne avec humour et mélancolie. Il constitue une force identitaire et un point incontournable de la culture mozambicaine. La plupart des spectacles de danse qui ont lieu à Maputo et qui sont exportés à l'étranger prennent leur essence dans le marrabenta.

De la modernisation des danses à la création contemporaine. Après l'indépendance, les autorités prennent conscience de la nécessité de moderniser les danses, tout en mettant en valeur l'immense patrimoine culturel du pays.

La participation du Mozambique au Festival des Arts et Cultures Africaines (FESTAC) de Lagos en 1977, qui présente une performance de danse et de musique jazz, est une des premières étapes de cette volonté nationale.

La Compagnie Nationale de Chant et de Danse (CNCD), créée en 1983 notamment par Julio Matlombé, va permettre de voir émerger la première génération d'artistes chorégraphiques. Après près de 30 ans d'existence, la compagnie s'est produite sur de nombreuses scènes en Afrique, en Europe et en Amérique du Nord et du Sud. Au delà du recensement et de la mise en scène des danses traditionnelles du pays, certains sujets abordés dans les pièces de la compagnie ont également eu une visée didactique à l'égard du peuple mozambicain (" A Arvore Sagrada " ou " l'Arbre Sacré " en français, crée de 1995 à 1997 parlait de l'importance pour les communautés rurales de protéger leur patrimoine naturel et de luter contre la déforestation). D'autres pièces plus récentes témoignent de l'ouverture de la compagnie et de sa volonté de s'inscrire dans un paysage chorégraphique plus global et d'aller vers la création contemporaine (" Kupupura " chorégraphié en 2001 par Salia Sanou, artiste burkinabé reconnu internationalement).

Depuis la création en 1995 des Rencontres Chorégraphiques de l'Afrique et de l'Ocean Indien (devenue aujourd'hui Danse l'Afrique Danse), le Mozambique peut également se vanter de ses nombreuses participations et des nombreux prix obtenus. Cela confirme l'émergence d'une nouvelle génération d'artistes qui s'inscrit plus que jamais dans une dynamique contemporaine. On retiendra notamment Augusto Cuvilas (1971-2007) qui remporte le second prix des rencontres en 2003 à Madagascar. Il défraie la chronique et provoque de nombreuses polémiques en mettant en scène des femmes nues dans son spectacle " Um solo para cinco ", une première en Afrique. Le chorégraphe Panaibra Gabriel remporte également le second prix lors de la biennale en 2006 à Paris pour sa pièce Dentro de mim outra ilha (" Une autre île à l'intérieur de moi-même ") tandis que le chorégraphe Horacio Macuacua remporte le premier prix à Bamako en 2010 avec sa pièce Orobroy, stop ! Son dernier projet Smile if you can (créé en 2012) est produit dans de nombreux pays étrangers.

Le Festival de danse Kinani a vu le jour en 2005 dans la ville de Maputo. Prenant place tous les deux ans, il permet de donner une visibilité internationale à cette nouvelle scène mozambicaine en constituant une plate-forme d'échanges et de rencontres artistiques avec des artistes de la sous-région et du monde entier.

A ce jour, malgré de nombreuses initiatives, il manque encore un véritable espace dédié à la danse et un centre de formation pour les jeunes danseurs. Pour répondre à ce besoin, la chorégraphe et danseuse Maria Helena Pinto à commencé la construction du premier Centre de Développement Chorégraphique du pays à Matola, dans la banlieue de la capitale.

La danse aujourd'hui, comme les autres arts, est en perpétuel changement au Mozambique. Elle cherche autant à puiser dans son héritage qu'à s'en affranchir. Des danses traditionnelles aux danses urbaines ou contemporaines, les amateurs de danse ne pourront que se réjouir et profiter de l'effervescence et de l'énergie de toutes les danses du Mozambique.

Littérature

Au commencement, il y a eu la poésie d'un lyrisme réaliste de ceux qui, comme José Craveirinha (décédé en 2003), se sont engagés dans des actions politiques pour le mouvement de libération. Ils se sont exprimés à travers un univers de mort et de violence. L'imagination et l'écriture représentaient un moyen d'exorciser toutes les souffrances liées à l'oppression et aux malheurs d'un pays touché par la faim, la sécheresse et les inondations.
Ensuite, le Mozambique connaît l'effervescence des écrivains poètes du début des années 1960, toujours très engagés dans les actions politico-culturelles du Frelimo (si vous avez un exposé à faire vous pouvez citer par exemple Sergio Vieira ou Heliodoro Baptista). Ceux-là abordent les mêmes thèmes mais avec un regard plus direct, plus naïf aussi. Leur but est de faire rire et réfléchir sur les problèmes d'une société qui, en fait, appréhende l'invraisemblable et le tragique.
Enfin, dans la période de transition et après l'indépendance apparaissent des écrivains qui se détachent des thèmes politiques, optant pour une esthétique de l'écriture et une liberté poétique. Cependant, ils n'oublient pas leur engagement. C'est le début de la fiction narrative. Euphorie et anxiété face à la liberté nouvelle, conflit entre la vie et la mort, pessimisme, modes de vie, environnement et traditions orales sont les sources d'inspiration. Mia Couto, conteur d'histoires où réalité et fantastique se mêlent, en est la meilleure illustration.
Dans les années 1980, la presse accorde une large place à la littérature, et les réunions-débats culturels se développent. Les poètes se libèrent de l'idéologie marxiste-léniniste et de la poésie dite de combat. Quelques revues littéraires sont créées et drainent de nombreux poètes ainsi que des auteurs de fiction (la revue Charrua ou Forja). Les revues ne font pas long feu, et la littérature reste longtemps limitée à une publication dans les journaux. La guerre apparaît comme un élément essentiel dans l'imaginaire des écrivains mozambicains. Les nouvelles, les récits, les romans, les poèmes reflètent la problématique de la violence, de la mort et de la guerre. Aujourd'hui, les plumes se tournent vers des thèmes plus optimistes et dépassent la fonction d'exorcisme de la littérature avec une diversité stylistique.

Quelques figures littéraires

José Craveirinha. Pour lui, la poésie est une arme contre le silence. Dignité de l'homme, justice et amour de la liberté habillent ses vers. C'est aussi un amoureux de la langue. En 1956, il écrit son premier poème. Eugénio Lisboa, écrivain et essayiste dira de lui : " Craveirinha mord dans la pulpe des mots, les palpe amoureusement, les fait vibrer dans le poème, les courrouce... il fait l'amour avec les mots ". Il est décédé en 2003.

Mia Couto. De génération en génération et de tradition en tradition, la musique et la danse ont toujours été les points forts du Mozambique. " J'ai écrit parce que je ne savais pas danser ", a confié un jour le poète. Fasciné par la culture de son pays, c'était le seul moyen d'exprimer pour lui ce qu'il voyait, entendait, ressentait et de rendre la mémoire à toutes les histoires et légendes qui courent le territoire. Un bon début pour devenir écrivain. Mia Couto est un Blanc aux yeux clairs... 100 % Mozambicain. D'origine portugaise, il est né à Beira en 1958. Mia Couto est un homme calme aux mille ressources, un polyvalent, journaliste et biologiste de formation. La biologie paraît comme un prétexte pour parcourir le pays, rentrer dans les secrets de la culture mozambicaine et écrire sur les gens. Ses débuts littéraires datent de 1983 lorsqu'il publie un recueil de poésie, Raiz de Orvalho. La poésie reste pour lui un moyen d'exprimer une réalité quelquefois magique et très peu rationnelle. Terre somnambule est son premier grand succès. C'est une chronique de guerre dans laquelle passent des vies qui se croisent et se décroisent. On y retrouve des amours, des souffrances, des chemins... Sa plume évolue entre le fatalisme, le panthéisme animiste, l'humour et les frustrations. Les personnages sont liés à des forces surnaturelles. C'est un véritable cocktail de fiction et de peintures de la vie quotidienne. Mia Couto figure officiellement dans les programmes scolaires. Mais il reste humble et considère le contact avec les gens comme un échange, toujours avide d'apprendre des choses de ces personnes. ll est devenu un incontournable de la littérature mozambicaine, en 2013 il a été récompensé pour l'ensemble de son oeuvre par le Prix Camões, distinction suprême attribuée à un auteur de langue portugaise.

Virgilio de Lemos. Il participe à la résistance entre 1954 et 1959. A partir de 1961, la police de Salazar sévit et arrête à tour de bras. Virgilio est emprisonné de 1961 à 1962. Obligé de fuir la répression, il quitte le pays en 1963 pour s'installer en France où il gagne sa vie en tant que journaliste. En 1967, il écrit ses premiers poèmes en français. Il affirme vouloir rester à Paris. " Ma patrie est une feuille de papier blanc ", dit-il. Décédé en 2013, Virgilio était fier (non sans raison) de ses 700 poèmes inédits en portugais. Il s'attachait à décrire les absurdités de la vie, les menaces de la mort, la fragilité des valeurs et des sentiments ainsi que les douleurs du quotidien, tout cela avec un brin de mélancolie, une pincée de désenchantement et une poignée d'engagement. A lire, aux éditions de la Différence : L'Obscène Pensée d'Alice ou L'Aveugle et l'absurde, Paris 1989-90.

Rui Knopfli. L'un des exemples forts de la double nationalité littéraire. Rui est né en 1932 au Mozambique où il a vécu jusqu'en 1975 avant de s'exiler à Londres. Ses vers sont imprégnés par la mélancolie et la nostalgie d'un pays qu'il a aimé et fui trop tôt. Important dans la vie culturelle de Lourenço Marques des années 1950, il a été à l'initiative de nombreux suppléments littéraires dans la presse. De plus, il a été un critique littéraire et cinématographique très actif, et un chroniqueur régulier. Au Mozambique comme au Portugal, Rui a une place à part dans la poésie. Son oeuvre est considérée par les jeunes générations comme une référence. Tiraillé entre ses racines culturelles européennes et une Afrique qui circule dans ses veines, sa poésie, lyrique et introvertie, rappelle sans cesse ce pays d'Afrique qui l'a marqué de manière indélébile. " Vous me dites Européen ? Bien, je me tais. Mais je porte en moi des savanes d'aridité et des plaines sans fin avec de longs fleuves languides et sinueux, un ruban de fumée vertical, un Noir et une guitare qui résonne ", extrait de son premier livre O pais dos outros (1959).

Luis Bernardo Honwana. Il marque réellement le début de la fiction narrative au Mozambique, notamment avec un recueil de nouvelles publié en 1964 qui recevra tous les éloges : Nos matamos o cao tinhoso (Nous avons tué le chien teigneux), traduit en plusieurs langues et en français aux Nouvelles éditions africaines en 1984. L'auteur s'inspire d'une histoire d'enfance qu'il détourne pour en faire un symbole de révolte contre le système colonial. Il dénonce tous les travers et les abus de cette société opprimante. Son oeuvre fait partie d'une prise de conscience générale indissociable du combat pour la libération du Mozambique, engagé par le Frelimo.

Ungulani Ba Ka Khosa. Une référence de la fiction narrative au Mozambique. Il reçoit en 1980 le Grand Prix de la fiction narrative attribué par l'Association des écrivains du Mozambique, ex aequo avec Mia Couto. Né en 1957, professeur d'histoire, il s'inspire de l'histoire ancienne et récente de son pays avec un regard critique sur les textes officiels. Il déshabille ce qui l'indigne et le touche profondément. L'obscène, la mort, l'exorcisme, le chaos sont mis à nu. Les proverbes populaires et les rituels ancestraux sont revalorisés comme l'identité forte d'un peuple opprimé.

Musique

Par tradition, la musique n'est jamais pratiquée de manière isolée. Elle est toujours associée à la danse, au chant et fait partie intégrante de la vie en collectivité.
Chaque événement de la vie familiale ou d'un village est ainsi l'occasion d'exprimer par la musique les joies, les peines, les espoirs. Les chorales sont courantes et les polyphonies animent la plupart des messes religieuses. Les instruments traditionnels que l'on retrouve le plus au Mozambique sont les percussions (taware, m'lapa, bendi), le xylophone (timbila), les instruments à vent (nyanga, xirupe, tsudi, chigovia, mpunda), les instruments à cordes, dont le plus sophistiqué est le tchakare constitué d'une caisse de résonance en peau et d'un archet, et un petit instrument aussi très répandu composé d'une tablette en bois sur laquelle sont fixées des baguettes de métal de tailles différentes que l'on fait vibrer avec les pouces (on l'appelle chitata ou cassase dans le Nord, kalimba dans la province de Tete, mbira dans les provinces de Manica et de Sofala).
La musique moderne se développe surtout dans les villes, intégrant quelquefois les rythmes et instruments traditionnels dans les compositions. Plusieurs groupes et chanteurs connaissent un petit succès international, notamment en Europe : Ghorwane, Chico Antonio, José Mucavele et surtout Kapa Dêch, très en vogue.
Kapa Dêch a été fondé en 1996. Le groupe est composé d'une dizaine de jeunes musiciens provenant au départ d'autres groupes de Maputo. Ils utilisent des rythmes mozambicains dans la composition d'une musique moderne (pop/rock) et bénéficient de plusieurs expériences auprès des anciens de la musique mozambicaine : Stewart Sukuma, Ghorwane, Hortêncio Langa, Chico Antonio et Chude Mondlane. Les médias se sont emparés de leur succès. En 1998, le groupe connaît véritablement son envol dans le monde de la chanson internationale lorsqu'un représentant du groupe Lusafrica décide d'en faire la promotion. Il s'ensuit un contrat de cinq ans entre le groupe et le producteur. Katchume est le nom de leur premier album.

Chico Antonio

Né en 1958 dans la ville de Magude, Francisco Antonio s'enfuit de la maison à l'âge de 6 ans pour se rendre dans la capitale où il se consacre immédiatement à sa passion pour la musique. Lauréat du Prix découverte RFI en 1990 pour sa chanson Baila Maria, il bénéficiera d'une bourse d'études de 2 ans qu'il passera à Paris, étudiant le piano, les techniques de son et les arrangements. De retour à Maputo en 1992, Chico entame alors une recherche sur les instruments et musiques traditionnelles qui le conduira, pendant dix ans, dans les provinces les plus reculées du pays où il passera des semaines entières à vivre avec les vieux musiciens et les porteurs des traditions, afin de raviver le patrimoine musical de son pays. Chico Antonio a joué dans tous les plus grands festivals de jazz et de musique du monde. Son CD, Amoya, a été produit en France par les Studios Marcadet. Il a composé plus de 40 musiques dont Mercandonga, Abram Alas, Negra Macúa, et la célèbre Baila Maria.

Peinture et arts graphiques

Le Nucleo de Arte. La promotion des arts plastiques naît avec la formation du collectif " Nucleo de Arte " en 1921, une association qui rassemble des praticiens de toutes les disciplines associées. Les premiers membres du collectif sont des blancs nés au Mozambique et de parents portugais. Parmi eux, on retrouve Frederico Ayres, un impressionniste considéré comme le père de l'art moderne au Mozambique, Jacob Estavao et Vasco Campira. En 1949, la première exposition de peinture du Nucleo de Arte accueille Antonio Bronze et Lobo Fernandes, incluant aussi un poète dessinateur, Rui Knopfli. Plus tard, Joao Ayres (fils de Frederico), Bertina Lopes et Eugenio Lemos se joindront suivant la mouvance d'un art mozambicain blanc.

Le Nucleo de Arte est le lieu où tous les peintres convergent dans les années 1950. A la fin de cette décénnie, des membres du collectif s'intéressent aux travaux de plusieurs artistes mozambicains tels que Malangatana, Alberto Chissano et Shikani. S'amorcent alors une peinture et une sculpture noires mozambicaines.

Depuis le collectif n'a fait que s'étendre et sa renommée est devenue internationale. A la sortie de la guerre civile en 1992, le collectif a joué un rôle important dans la refonte du sentiment d'appartenance à une identité nationale. Les membres du Nucleo de arte ont alors travaillé à la récupération des armes issues des conflits afin de les transformer en objets d'arts. De cette pratique, des artistes tels que Goncalo Mabunda sont devenus mondialement connus.

Les murais (prononcer " muraïch "). C'est une tradition révolutionnaire venue d'Amérique latine. Ce sont des Chiliens qui ont lancé l'art sur les murs comme moyen de propagande. Les vertus artistiques sont placées au second plan. Aujourd'hui quelques peintures murales subsistent. Après l'indépendance, un vent d'euphorie conduit des milliers de personnes à s'exprimer spontanément sur les murs de la ville avec des slogans tels que " à bas le racisme ", " vive le Frelimo ", " à bas l'exploitation de l'homme par l'homme ". Ce sont des images d'hommes qui ont lutté, de femmes qui participent à l'activité sociale, de travailleurs... C'est de l'improvisation dans l'instant.

A cette première vague de peinture éphémère et anarchique succède une série de peintures murales plus organisée. Les dessins et les couleurs sont conçus à l'avance, le tout est exécuté avec des maîtres d'oeuvre, souvent des exilés chiliens qui mettent leur culture au service de la révolution mozambicaine.
En 1977, une centaine de volontaires s'impliquent dans le nettoyage des terrains de l'hôpital central de Maputo et quelques-uns réalisent une peinture murale dans le but de rendre l'atmosphère plus agréable. Ensuite, les réalisations vont s'enchaîner sur différents bâtiments de la ville. Toutes les oeuvres relatent la souffrance et la tristesse à travers la lutte quotidienne, la victoire de la révolution, le retour de la femme dans l'activité sociale et l'espoir d'un avenir meilleur. Toutes ont été réalisées par des peintres engagés dans la révolution.
Au musée d'Histoire naturelle une fresque de 20 m de long sur 6 m de haut a été réalisée par Malangatana. Il s'agit d'une mosaïque de figures humaines et animales sur le thème de " la lutte de l'homme et de la nature ". Le détail domine dans une spirale de mouvement. Face à cette oeuvre complexe, le regard est sollicité dans différentes directions. Les couleurs du Frelimo sont en évidence, la lutte contre l'oppression. Sur le chemin du bonheur, la souffrance est toujours là. Voilà ce que Malangatana semble avoir exprimé. Cette fresque vaut le déplacement.
A Maputo, la peinture murale la plus impressionnante et la plus visible est celle située sur la route de l'aéroport. La fresque, de 95 m de long sur 6 m de haut, se trouve place des Héros. Sur cette place, une étoile occupe le centre. Cette étoile est un monument à la gloire des héros du Mozambique. Réalisée collectivement par des ingénieurs, des architectes, des peintres, des sculpteurs, des charpentiers, des ferronniers, des artistes du Nucleo de Arte, la fresque est un symbole de la révolution qui fait partie du paysage mozambicain actuel. Considérée comme une oeuvre d'art, elle incarne le triomphe du combat pour l'indépendance.

Quelques artistes célèbres

Le grand Malangatana. Ses toiles sont chargées de visages, de corps et d'expressions de détresse. Les couleurs vives intriguent ; souvent, le rouge domine, intense, synonyme de sang et donc de violence. Une constante aussi dans l'importance accordée au regard et dans la forme des yeux, en amande, simplifiés. Les thèmes sont toujours graves. Rêve du prisonnier, Abîme du péché, Jour de divorce, Travail forcé, Amour et guerre, L'Ultime souper et Césarienne sont autant de titres que d'occasions de faire couler du sang. Malangatana le montre. Les visages sont durs. A cela s'ajoute un brin de cubisme et de surréalisme dans le figuratif et une maîtrise parfaite des couleurs et des formes. Malangatana explore sa propre culture, s'inspire de ses rêves et cauchemars, de moments vécus, regarde et écoute autour de lui, illustre les douleurs d'une société, d'un pays touché par plus de quinze années de guerre civile. Incontournable dans l'histoire de l'art contemporain au Mozambique, il est l'un des peintres les plus intéressants dans le monde des arts. ll est décédé en 2011.

Chichorro, le Mozambicain blanc. Chichorro est né à Maputo (ex-Lourenço Marques) en 1941. Chichorro, l'Européen à la peau noire ou le Noir à la culture européenne est un poète entre deux terres lointaines, le Mozambique d'un côté, le Portugal de l'autre. Il saisit des fragments de vie qui le touchent particulièrement et peint un monde de douceur et de quiétude. Il y ajoute quelques nuances d'exotisme. Le tour est joué. La séduction joue à fond. Sa peinture est accessible.

Ses oeuvres s'évadent. Des peaux noires ou métisses, des visages blancs, des yeux d'un bleu profond, des femmes aux formes généreuses, la musique et la mer forment une trame constante. Admirateur inconditionnel de Chagall, il a choisi de peindre la liberté, les émotions et les sentiments liés à la jouissance quotidienne de la vie. Ses souvenirs d'enfance font partie de cet univers qu'il pose sur la toile, et la réalité qu'il peint est toujours empreinte de magie.

Reinata, venue du fin fond du pays Makondé. Reinata est née en 1945 au Mozambique. Réfugiée en Tanzanie pendant la guerre civile, elle vit et travaille aujourd'hui à Maputo.

Elle a un atelier au musée d'Histoire naturelle de Maputo que vous pourrez visiter. De culture traditionnelle Makondé, Reinata travaille la terre avec ses mains. Née dans la région de Cabo Delgado, au Nord du Mozambique, elle applique les techniques enseignées par sa mère.
A ses débuts, elle fabrique des objets de la vie quotidienne : jarres, assiettes et autres ustensiles de cuisine. Petit à petit, la céramique devient l'essence de sa vie. C'est un mode d'expression très personnel. Elle cultive son imaginaire et crée des formes étranges : quatre mains sur un corps, un corps à plusieurs têtes, une tête à plusieurs visages...

Théâtre

La scène de Maputo offre régulièrement des pièces de théâtre aux citadins. Depuis quelques années, plusieurs troupes actives connaissent un certain succès.
A l'origine, la pratique théâtrale est importée par les Portugais. Dans les années 1930, plusieurs associations dirigées par des Portugais se consacrent au théâtre, notamment le Club ferroviaire et le Nucleo de Arte. Mais la création reste épisodique. Dans les années 1960, deux groupes importants s'imposent : le Théâtre des étudiants universitaires du Mozambique et le Théâtre des amateurs de Lourenço Marques. Le premier, essentiellement composé de fils de colons, théâtre d'avant-garde, ne faisait que très peu référence à la société mozambicaine, sujet tabou pour les autorités coloniales.
Le second était composé d'amateurs non étudiants qui possédaient un répertoire quasiment identique, c'est-à-dire hermétique pour les populations locales qui, d'ailleurs, à part une élite, ne fréquentaient pas les salles. Néanmoins, cette dernière troupe a représenté la première pièce sur la société mozambicaine. (Ecrite par Lindo Lhongo, elle a pour thème les jeunes mariés.). En 1973, un dénommé Joao Fumane écrit une nouvelle pièce adaptée à la scène, Sorcellerie et religion, qui décrit les problèmes de l'homme noir tiraillé entre la religion chrétienne et les croyances traditionnelles. Après l'indépendance s'est formé le Groupe scénique des forces populaires de libération du Mozambique, qui ne présente que des pièces à caractère politique. D'autres groupes sont intervenus dans les quartiers ou se sont spécialisés dans le théâtre pour enfants. Actuellement, plusieurs troupes sont sur scène. En 1982, le Groupe amateur de théâtre de l'Association culturelle de la Casa Velha se met en place. Ce groupe est le seul parmi les anciens à fonctionner encore aujourd'hui de manière très régulière. Dans la cour des grands, le groupe Mutumbela Gogo se distingue par sa qualité et sa continuité. C'est un théâtre essentiellement basé sur les réalités locales. Si vous voulez les voir à l'oeuvre, ils répètent et se produisent souvent au Théâtre Avenida, généralement le samedi et le dimanche à 18 heures. Mia Couto leur prête souvent ses textes et participe activement au travail de la troupe. A part Mia Couto, il n'existe que très peu d'auteurs de théâtre mozambicains. Les troupes, jeunes et moins jeunes, vont donc piocher dans les répertoires étrangers, brésiliens et européens surtout. De plus, leur investissement est quelquefois limité et épisodique, car le théâtre à lui seul ne leur permet pas de vivre. Mais, de plus en plus, les troupes connues arrivent à donner plusieurs représentations de la même pièce devant une salle comble. Parallèlement, une autre forme de théâtre s'est développée, le théâtre radiophonique, plus populaire. Pris en charge, notamment par la Radio du Mozambique, il touche un plus large public à travers les ondes et remporte un énorme succès.

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