Guide du Mozambique : Population et langues

Au pays des Mozambicains, les Bantous sont rois. A l'arrivée des premiers Portugais, au XVIIe siècle, ils habitaient déjà le pays depuis plus d'un millénaire. Des populations aborigènes, constituées d'éleveurs et de chasseurs, les avaient précédés.

Les Bantous, eux, viennent de partout. Ils seraient arrivés au Mozambique aux alentours de 300 après J.-C. A la suite de l'assèchement du Sahara, des populations entières se sont regroupées dans la partie extrême sud du désert et se sont ensuite déplacées progressivement vers l'équateur pour s'établir dans les régions qui correspondent aujourd'hui au Gabon, au Congo et à la République démocratique du Congo. Ce sont des peuples issus de la même origine et parlant des langues similaires. On considère que le peuple bantou relève d'une notion linguistique et non ethnique. Il existe aujourd'hui au Mozambique dix groupes ethniques majeurs descendants des Bantous. Le Zambèze est considéré comme une ligne de clivage, également sur le plan religieux.

Au nord, ce sont les Macuas qui dominent en nombre. On les retrouve essentiellement dans les provinces de Zambézie, de Nampula, de Niassa et de Cabo Delgado. Ils représentent 40 % de la population totale. Islamisés en partie, ce sont - principalement - des agriculteurs qui ont farouchement résisté à la conquête portugaise mais qui sont toujours restés hostiles au combat mené par le Frelimo. Les Yaos vivent surtout dans la province de Niassa et sont aussi présents au Malawi et en Tanzanie. A l'extrême nord, environ 400 000 Makondés vivent sur les plateaux. Ils vivaient en vase clos, dans des régions difficiles d'accès. Animistes et de tendance méfiante, ils se sont toujours tenus à l'écart, attachés à défendre leur territoire et imprégnés d'une culture spécifique. Sur le plan politique, ils ont joué un rôle important dans la lutte engagée par le Frelimo. Toujours au nord, en descendant vers le centre, autour du lac Niassa et dans la province de Tete, les Nianjas et les Chewas constituent les groupes majoritaires. Ils sont issus du peuple Maravi.

Sur la côte, vivent quelques centaines de Swahilis, immigrés des régions Nord de la Tanzanie et du Kenya - phénomène particulier dans la vallée du Zambèze où les mélanges ont été considérables. Les populations locales ont reçu à travers les siècles les apports swahilis, arabes, indiens et portugais. Les ethnologues l'appellent le " complexe du Zambèze ". Ce sont des cultivateurs pour la plupart. Ils représentent 15 % de la population. Plus au sud, on retrouve les Shonas qui appartiennent aux civilisations des plateaux du Zimbabwe. Beaucoup ont contribué à la guérilla anti-Frelimo dans les années 1980. Au sud et à l'ouest d'Inhambane, les Chopes et les Bitongas constituent 5 % de la population. Puis lorsque l'on descend vers Maputo, l'influence de l'Occident augmente, beaucoup ont pu étudier, effectuer des séjours à l'étranger. Ce sont les Tsongas qui occupent le Sud. On y retrouve les ethnies ronga, shangane et matsua.

Les Macuas sont majoritaires en nombre. La société macua est de nature matrilinéaire. La famille est constituée de la mère, de ses enfants, petits et arrière-petits-enfants et descendants maternels. On dit que les hommes et les femmes sont porteurs du même gène d'un ancêtre commun maternel et l'on considère que seule la femme peut le transmettre aux enfants. Le lien qui rattache le mari au lignage de la femme n'est que de nature affective. L'homme peut donc se marier avec des femmes de différents lignages sans que la descendance matrilinéaire ne soit compromise.
Dans la société macua, il n'y a pas de suprématie des femmes ni de gouvernement par les femmes. En revanche, la femme mariée bénéficie d'une grande autonomie, de respect et de prestige. Elle est protégée par son lignage ; en cas de problème, son frère aîné doit s'occuper de ses enfants. Dans les familles islamisées du littoral, la vie conjugale est théoriquement réglée par le mari mais les traditions matrilinéaires étant profondément ancrées dans les cultures, la femme dispose d'une grande liberté. En revanche, cette liberté n'est pas admise par les musulmans. Par ailleurs, le mariage est interdit entre membres du même clan ainsi qu'entre parents par alliance. Les époux établissent leur domicile auprès de la mère de l'épouse ou auprès de son oncle maternel.
Le divorce est possible et fréquent. Généralement les plus anciens se concertent. Si la femme expose des griefs légitimes, celle-ci peut aller vivre chez un autre homme. L'éducation des enfants, le travail des champs, les tâches ménagères, l'eau et le bois sont du ressort de la femme. L'homme s'occupe des travaux difficiles, de la chasse, de la pêche et du commerce. C'est aussi lui qui, par la suite, ira travailler dans les plantations, les mines et toutes les constructions engagées par les Portugais.

Les Tsongas, descendants des Bantous, se retrouvent sur la côte orientale d'Afrique du Sud, au Zimbabwe et au Sud du Mozambique. L'histoire des Tsongas au XIXe siècle est marquée par l'invasion et les migrations des Zoulous. Tsonga est un nom donné par les Zoulous qui envahissent les territoires du Mozambique entre 1815 et 1830, asservissant sur leur passage les populations tsongas. Manukuse fut le souverain de cet empire. Tsonga est synonyme d'esclave pour les Zoulous.

Parmi les Tsongas, on distingue les Rhongas, les Shanganes et les Matsuas. Sous le règne de Manukuse, nombreux sont ceux qui ne voulant pas se soumettre, émigrent dans le Transvaal en Afrique du Sud. Aujourd'hui, un tiers des Tsongas vivent en dehors des frontières. Durant vingt ans, entre la vallée du Limpopo et le nord du Rio Save, Manukuse déploie son pouvoir. A sa mort en 1856, une terrible guerre de succession se déclenche entraînant dix années de lutte pour le pouvoir entre les partisans de son jeune frère et ceux de son fils. Muzila, le fils, finit par gagner. L'intervention des Portugais dans les conflits tribaux met fin au règne zoulou en 1895. Les Zoulous ont eu une influence linguistique sur les Tsongas et ont formé des générations de guerriers vaillants et résistants.
Dans les régions Sud du Mozambique, les Tsongas sont majoritaires. Aujourd'hui encore, le mariage se déroule après le paiement du lobolo (la dot). L'économie et la vie familiale des régions du sud ont été fortement influencées par le travail migrant en Afrique du Sud. Conséquence de ces flux migratoires : les églises et les sectes se sont massivement développées, changeant les mentalités et la vie culturelle de ces populations.

Les Makondés. Descendants des peuples bantous également, ils sont originaires de la région sud du lac Niassa. Ils auraient ensuite migré vers le nord-est, le long de la vallée longeant le fleuve Lugenda, pour s'établir enfin dans la zone de confluence des fleuves Lugenda et Rovuma. Plus tard, à la suite de longues périodes de sécheresse et de famine, des familles entières se sont déplacées pour se fixer dans les zones occupées aujourd'hui. Au nord du Rovuma, sur le plateau de Nevala et au sud du Rovuma, côté mozambicain, sur les plateaux de Mueda et Macomia, dans la province de Cabo Delgado. Les Makondés sont nés d'une légende : tradition orale africaine oblige...

" Il était une fois, au Sud de la Tanzanie, non loin du fleuve Rovuma, une forêt dense. Dans cette forêt, il y avait un homme qui ne se lavait pas, ne buvait pas, ne mangeait pas. Un jour, cet homme sculpta une figure humaine dans le bois d'un ébénier. Il l'apporta ensuite là où il habitait. Il posa cette sculpture debout, près de lui. Dans la nuit, la figure s'anima pour devenir une femme vivante. Au petit jour, ils descendirent ensemble sur les rives du fleuve Rovuma pour prendre leur premier bain. La femme accoucha d'un enfant mort-né. Pour eux, cette terre ne pouvait être que maudite. Ils s'installèrent donc plus loin, dans une vallée. Mais là aussi naquit un enfant mort-né. Terres imprégnées de malédiction... Ils marchèrent et revinrent dans une zone de forêt dense, en altitude, appelée Mahuta. Cette fois-ci, la femme donna le jour à un troisième enfant, vivant et en pleine santé. Puis, ils eurent beaucoup d'enfants et formèrent la famille des Makondés, appelés aussi Vamakondés, ce qui signifie les premiers habitants. Par la suite, les descendants se trouvaient obligés d'enterrer les morts debout, en mémoire de la première mère qui s'était éveillée à la vie dans cette position. Le père avertit aussi ses enfants qu'ils ne devaient pas habiter dans les vallées ni près de fleuves, zones infestées par les maladies. Mieux valait s'installer à une distance d'au moins une heure de la source d'eau. Ainsi, les enfants pourraient grandir en bonne santé et les familles prospérer. "
Cette légende, recueillie au début du XXe siècle par le père Adams, permet d'expliquer quelques traits de la vie des Makondés. On comprend en effet le choix de ce peuple vivant dans des régions arides, en altitude, loin des points d'eau, et donc loin des maladies. Le culte des ancêtres, et en particulier de la mère, fait partie intégrante de la vie quotidienne. Enfin, les Makondés ont toujours pratiqué la sculpture comme un culte, ayant la volonté de reproduire l'organisation de leur village. La sculpture décorait aussi tous les objets de la vie quotidienne (objets ménagers, outils, récipients, meubles, armes). Avec la colonisation, cette tradition est également devenue une monnaie d'échange. Plus tard, quelques individus se sont intéressés à cette matière qu'ils travaillaient depuis leur enfance en l'explorant de manière créative et en la considérant davantage comme un art. Selon les spécialistes, les Makondés du Mozambique ont joué un rôle important dans le développement de la sculpture contemporaine.

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