Le guide touristique CAMEROUN du Petit Futé : Survol du Cameroun

Survol du Cameroun

GéographieHaut de page
La rivière Bénoué.
La rivière Bénoué.

Avec sa position intermédiaire entre le Sahel et l'Afrique équatoriale et sa mosaïque de peuples, le Cameroun présente une variété de paysages et une diversité culturelle remarquables, ce qui lui vaut régulièrement le qualificatif d' " Afrique en miniature ".

Le Cameroun possède une superficie de 475 442 km², dessinant une sorte de triangle avec, à l'ouest, l'accès à l'océan Atlantique et au golfe de Guinée d'une part et le grand voisin qu'est le Nigeria d'autre part. Au nord, une fine bande de terre (moins de 100 km de large) se termine sur les rives sud du lac Tchad, connu pour être très poissonneux. A l'est, le Cameroun est bordé par le Tchad et la République centrafricaine, et au sud par la Guinée équatoriale, le Gabon et le Congo. Ces frontières délimitent un pays qui s'étire sur près de 1 200 km du nord au sud et sur environ 800 km d'ouest en est.

Le relief du pays est essentiellement constitué de plateaux et de montagnes, fruits de bouleversements volcaniques à l'ère tertiaire. On trouve ainsi un massif suivant une dorsale orientée sud-ouest/nord-est et ponctuée de sommets d'origine volcanique. Cette ligne démarre sur l'île de Bioko, au large de Douala, et se poursuit sur le continent par le mont Cameroun et ses 4 100 m d'altitude. Ce volcan, qui se réveille régulièrement (avril 1999, mars 2000, février 2012), se trouve à proximité immédiate de la côte, et pour cause, il se trouvait initialement sur une île. Ce sont des millénaires de dépôts d'alluvions qui l'ont rattaché au continent.

Cette chaîne montagneuse se poursuit ensuite vers le nord-est avec le massif de l'Adamaoua, une région de hauts plateaux (jusqu'à 2 500 m d'altitude) assez proche dans ses caractéristiques géologiques des massifs volcaniques du Sahara central, tels que le Hoggar, même si elle est plus arrosée. Le paysage est alors dominé par des pâturages d'altitude. Au nord de l'Adamaoua et jusqu'au lac Tchad, se trouve une plaine de moyenne altitude, dominée par un paysage de savane qui nous rappelle la proximité du Sahel. Il existe néanmoins deux exceptions dans ce paysage sec : la vallée de la rivière Bénoué (aussi appelée cuvette de la Bénoué), important affluent du fleuve Niger, à l'ouest de Garoua, et les monts Mandara à l'ouest de Maroua.

Au sud de l'Adamaoua et dans une large partie sud-est du Cameroun, on retrouve des plaines de moyenne altitude, mais avec des paysages tournés cette fois vers l'Afrique équatoriale, avec d'importantes zones de marécages et de grandes forêts tropicales.

Enfin, dans le sud-ouest du pays, se déploie une plaine littorale dominée par le mont Cameroun et les embouchures de deux fleuves : un vaste estuaire pour le Wouri juste au pied du mont Cameroun et un delta pour la Sanaga plus au sud.

Ces reliefs variés, issus d'une histoire géologique à plusieurs niveaux, ont de plus subi les assauts de nombreux cours d'eau, qui y ont taillé des motifs tels que pics, dômes ou éperons rocheux, avec des chutes et des rapides souvent spectaculaires. Ces rivières et fleuves ont le plus souvent un débit très irrégulier (notamment au nord), marqué par une forte montée des eaux à la saison des pluies.

Ces variations les rendent difficilement exploitables pour un trafic fluvial, mais cette eau représente une richesse intéressante pour la production hydroélectrique, justifiant la construction de plusieurs barrages (comme à Edéa, sur la route de Douala à Yaoundé, Song-Loulou toujours dans les environs d'Edéa, Lagdo au nord du pays, Mbakaou, Koloza, etc.).

Si l'eau a dessiné des reliefs particuliers, en retour, les différents reliefs du Cameroun ont imposé aux cours d'eau plusieurs bassins bien distincts. Le plus important est celui qui se déverse au sud-ouest du pays dans l'océan Atlantique, avec des fleuves comme le Nyong, le Wouri, la Sanaga. Au nord du pays, c'est dans le lac Tchad que les rivières se jettent, en particulier le Logone (qui marque la frontière entre le Tchad et le Cameroun). Restent 2 derniers bassins commandés par les fleuves gigantesques des pays voisins, le Congo au sud (la Ngoko) et le Niger à l'ouest (la Bénoué).

En raison de ses nombreux lacs, chutes et rivières, de ses précipitations parfois diluviennes, mais aussi de ses massifs montagneux volcaniques, loin d'être complètement endormis comme l'a montré le mont Cameroun il y a à peine sept ans, de ses régions arides à la limite avec le Sahel au nord et de ses grands incendies de brousse, le Cameroun est véritablement le pays de l'eau et du feu.

Chute d'eau dans la jungle.
Chute d'eau dans la jungle.

Côté climat, le Cameroun joue également la carte de la diversité. La partie du pays située au sud de l'Adamaoua est placée sous influence équatoriale, marquée par un climat chaud et humide, où les pluies sont abondantes et régulières (même si elles sont moins importantes en dehors de la saison des pluies, c'est-à-dire entre novembre et mai), et les températures supérieures à 25 °C pratiquement toute l'année.

Les provinces du Littoral et du Sud-Ouest sont particulièrement arrosées ; elles appartiennent même aux régions du monde enregistrant les plus fortes précipitations annuelles : jusqu'à 8 000 mm sur les pentes du mont Cameroun, et même 10 000 mm (soit 10 m de pluie par an !) dans les environs de Debunscha.

En remontant vers le nord, on glisse progressivement vers un climat de type tropical, avec une distinction plus forte entre la saison des pluies et la saison sèche, tant au niveau des températures qu'au niveau des précipitations. Toutefois, ce climat tropical est tempéré dans la partie centrale du pays par l'altitude au niveau des plateaux de l'Adamaoua. Enfin, l'Extrême-Nord, près du lac Tchad, est soumis à un climat de type sahélien ou tropical sec.

Faune et floreHaut de page
Hipopotames sur les rives de la rivière Bénoué.
Hipopotames sur les rives de la rivière Bénoué.

Même si la faune au Cameroun n'est pas aussi riche et variée qu'en Afrique de l'Est ou qu'en Afrique australe, la plupart des grands animaux de la savane et des forêts tropicales peuvent être observés : lions, guépards, éléphants, girafes, hippopotames, buffles, antilopes, gazelles, pangolins, phacochères, bubales, lamantins, ainsi que de nombreuses espèces de singes (dont quelques gorilles, dans le sanctuaire de Mengeme, au sud-est du pays), de reptiles (tortues, crocodiles, serpents), d'oiseaux, de poissons et d'insectes.

Oiseaux. Le Cameroun présente une grande diversité d'oiseaux tropicaux. On dénombre en effet plus de 900 espèces vivant dans le pays, ce qui ravira certainement tous les ornithologues, professionnels ou néophytes. Une telle profusion au niveau de l'avifaune a néanmoins ses inconvénients - si l'on peut appeler cela des inconvénients -, car il est très difficile pour les scientifiques de dresser un état des lieux précis et actualisé de la population des différentes espèces et de toutes les étudier. Parmi elles (dont la plupart sont protégées), on peut mentionner : l'autruche, le plus grand oiseau du monde, qui trouve refuge principalement dans le parc national de Waza, le touraco, qui ressemble à un gros faisan avec ses plumes bariolées et reconnaissable à son cri très répétitif rappelant un peu celui du coq, en moins strident, mais aussi la picatharte chauve, un petit oiseau multicolore très rare, la civette, le héron cendré, le grand calao d'Abyssinie, le perroquet youyou, les gangas, les francolins...

Poissons. L'océan est très poissonneux au large des côtes camerounaises, et si la pêche n'est pas très développée, cette abondance fait souvent la joie des touristes qui viennent faire quelques parties de pêche sportive dans le golfe de Guinée (des bateaux proposent des excursions depuis la marina de Douala ou depuis Kribi). De décembre à mai, on peut ainsi croiser des marlins, des espadons, des coryphènes, des barracudas (également très présents en novembre), des tarpons... En novembre, ce sont les gros barracudas qui passent souvent au large.

Quant aux rivières et aux lacs (en particulier le lac Tchad), ils abritent eux aussi de nombreuses espèces et une partie de pêche en pirogue traditionnelle permet souvent d'observer au plus près d'autres habitants de ces cours d'eau : les hippopotames.

Eléphant. L'animal mythique de la savane africaine est bien présent au Cameroun, notamment dans le parc de Waza où il n'est pas rare de croiser d'importants troupeaux. En effet, les éléphants vivent en petits groupes familiaux de 10 à 20 individus en général, qui se regroupent régulièrement autour des points d'eau (comme la mare aux éléphants dans le parc de Waza) ou des zones d'alimentation pour former alors des troupeaux beaucoup plus importants.

La société dans laquelle vivent les éléphants est matriarcale, et ce sont toujours les femelles les plus âgées qui dominent le troupeau. Un éléphant a une espérance de vie de 60 à 70 ans, il pèse entre 5 et 6,5 tonnes et ingurgite en moyenne 250 kg de nourriture par jour. L'éléphant est une espèce protégée au Cameroun, comme ailleurs, mais il est malheureusement pourchassé là aussi par les braconniers qui en veulent toujours à son ivoire. Il faut dire que la législation fait preuve d'un certain laxisme vis-à-vis des chasseurs, en interdisant la seule chasse avec arme à feu, mais en continuant souvent à tolérer la pratique traditionnelle - sagaie, arc et flèches - pour les chasseurs locaux. Cela n'empêche donc toujours pas ces derniers de faire commerce de cette chasse et de multiplier leurs prises, d'autant qu'un arrêté prévoit que l'on peut tuer un éléphant qui occasionnerait de trop grands dégâts aux cultures... Un prétexte souvent invoqué.

Au Cameroun, il y a l'éléphant de savane dans le parc de Wasa, qui est le plus connu par les visiteurs et l'éléphant de forêt dans le parc Lobéké, qui fait son entrée sur le plan touristique.

Girafe. Ce mammifère au long cou et à l'élégance nonchalante est un animal paisible et timide que l'on peut admirer dans la savane et les steppes arborées du nord du Cameroun. Il se nourrit des feuilles d'acacias, ces arbres épineux que vous ne manquerez pas de croiser si vous vous rendez dans le parc de Waza. Une girafe adulte mesure en moyenne plus de 5 m de haut et pèse entre 900 et 1 400 kg. Son nom dérive de l'arabe xirapha, qui veut dire " celle qui marche vite ".

Hippopotame. C'est un gros mammifère amphibie de plus de 2 tonnes que l'on peut observer dans plusieurs fleuves et mares du pays, notamment dans la Bénoué, le Noun et la Sanaga. En apparence paisible, il est capable de coups de gueule impressionnants quand il s'agit de conquérir une femelle ou de montrer son autorité. C'est également étonnant de voir à quelle vitesse il peut courir sur la terre ferme. Soyez donc très prudent si vous en rencontrez un hors de l'eau, il peut vite devenir très agressif et charger, surtout s'il s'aperçoit que vous lui coupez sa retraite vers l'eau : plusieurs attaques d'hippopotames, parfois mortelles, sont signalées chaque année. Il est étonnament considéré comme l'animal à ce jour le plus dangeureux pour l'homme car on ne s'en méfie pas... assez.

Lamantin. Un grand mammifère herbivore, parfois surnommé la " vache de mer ", que l'on peut observer dans les environs du lac Ossa notamment et autour duquel flottent, du fait de sa taille et de ses apparitions un peu effrayantes au sortir de l'eau, quelques légendes étranges : il serait à l'origine du mythe des sirènes. Il est aussi surnommé mamy wata, la " maman de l'eau ".

Lion. Ce félin, souvent considéré comme le roi de la jungle, est en fait un habitué de la savane et des steppes arborées où il donne parfois l'impression - fausse - de ne rien faire d'autre que de longues siestes à l'ombre. C'est bien sûr une grande attraction touristique dans les grands parcs du nord du pays : Waza, la Bénoué, Bouba Ndjida et Faro. Un lion adulte pèse en moyenne 240 kg tandis qu'une lionne adulte ne pèse " que " 160 kg. Le lion passe une grande partie de la nuit à chasser, à jouer et à faire des rondes sur son territoire. Il vit en hordes pouvant comprendre une trentaine d'individus, dont 4 à 12 lionnes qui restent dans le groupe toute leur vie.

Les lions protègent ces femelles contre les mâles des autres clans et sont très attachés à leur territoire de chasse et de reproduction, d'une superficie variant entre 50 et 400 km2, qu'ils défendent farouchement. A l'âge de 2 ou 3 ans, les jeunes lions sont chassés de la horde et commencent alors une vie de nomade qui se termine en général vers l'âge de 5 ans, quand ils sont capables de prendre la tête de leur propre clan.

Serpents. On trouve de nombreuses espèces de serpents au Cameroun, certaines étant très venimeuses. Le centre Pasteur estime en effet à 600 le nombre de morts par an dues aux morsures de serpents (5 % des cas de morsures), notamment de la petite vipère sahélienne, très présente dans le " Grand Nord " du pays. Parmi les espèces les plus dangereuses, on peut citer : la vipère du Gabon, le mamba vert (un serpent arboricole dont le venin est foudroyant) et le cobra cracheur (présent dans la savane sèche et capable de projeter son venin à plus de 3 m dans les yeux d'un agresseur, provoquant alors une cécité passagère et de vives douleurs). Les serpents ont tendance à fuir les humains et ne mordent en général que pour se défendre. Ils vivent en forêt ou dans la brousse, mais peuvent parfois se risquer sur des terrains plus dégagés, après une averse notamment. Il va de soi qu'il convient d'être particulièrement prudent si vous vous aventurez dans ce type d'environnement.

Cayor (ver de). Un parasite vicieux qui s'épanouit sous la peau de celui qui a porté des vêtements où la mouche a pondu ses larves (généralement le linge de coton humide). Les manifestations cutanées sont des furoncles marqués par un point noir qui causent davantage de démangeaisons que de douleur.

Magnans. Au Cameroun, les magnans sont des fourmis rouges aux mandibules très puissantes, qui déchiquettent avec application ce qui leur tombe sous la main (un insecte mort, mais aussi le cadavre d'un petit rongeur ou d'un petit oiseau). Pas d'inquiétude pour l'homme, mis à part qu'elles peuvent parfois se montrer envahissantes.

Mouches. Il y en a plusieurs sortes, mais deux espèces néfastes peuvent être signalées : la mouche tsé-tsé, responsable de la terrible maladie du sommeil (trypanosomiase), et la mouche filaire qui donne la filariose, une affection où un ver minuscule se promène sous la peau, aux articulations et au coin des yeux. La mouche tsé-tsé, une mouche noire un peu plus grande et longue que les mouches ordinaires que nous connaissons, est particulièrement résistante et il faut souvent plus qu'une claque de la main pour s'en débarrasser, car elle revient toujours à la charge pour vous piquer. La seule façon est de vraiment l'écraser sous une chaussure, après lui avoir éventuellement (on n'est jamais trop prudent) arraché les ailes. Toutefois, grâce à des mesures prises par le gouvernement, cette espèce de mouche a heureusement pratiquement disparu du Cameroun aujourd'hui. Il en est de même pour la mouche filaire, petite et rayée, jaune et noire, qui s'attaque en général aux chevilles et aux poignets.

Moustiques. Il n'est plus besoin de les présenter. Les moustiques sont bien sûr très répandus au Cameroun, surtout dans la partie sud du pays, chaude et humide et certains d'entre eux peuvent vous transmettre le paludisme.

Il est donc nécessaire de s'en protéger, avec des moustiquaires la nuit ou avec divers produits antimoustiques, et de prendre avec soi un traitement antipaludéen pour diminuer le risque (jamais nul toutefois) d'attraper cette maladie.

Mygales. Ces araignées velues, pouvant mesurer jusqu'à 10 cm et être très agressives, sont généralement discrètes. Elles sont présentes surtout dans les forêts tropicales du pays.

Puce chique. Un parasite assez désagréable qui pénètre parfois, après fécondation, dans la peau des pieds, surtout sous l'ongle des orteils. Il faut l'enlever très précautionneusement, avec une aiguille par exemple (cela ressemble à une sorte de petite boule grise), sans la laisser éparpiller ses oeufs. Pensez à bien désinfecter la plaie.

Scorpion. Les scorpions sortent la nuit en général, aussi est-il fortement conseillé de porter des chaussures fermées après le coucher du soleil et de vérifier le matin, avant de les remettre, que l'un d'eux ne s'est pas glissé à l'intérieur. La piqûre de scorpion est douloureuse, mais pas mortelle au Cameroun (comme en Afrique intertropicale d'une manière générale), sauf chez les enfants en bas âge.

Une faune en danger

Victimes du braconnage et de la fièvre Ebola, gorilles et chimpanzés ont vu leur population fondre de moitié dans toute l'Afrique. Le Cameroun n'a pas été épargné par cette hécatombe, que la déforestation a facilitée. Sur les marchés de Yaoundé, trouver de la viande de brousse ou acheter un petit singe s'avère d'une déconcertante facilité. En réaction, des actions gouvernementales et associatives ont été menées pour protéger ces proches cousins de l'homme. Outre les différentes réserves qui ont été établies à travers le pays, des centres d'accueil pour les animaux ont été créés. A 45 minutes de Yaoundé, un des plus grands centres de réhabilitation pour primates du Cameroun a été créé : le parc national de la Méfou. Ce parc accueille aujourd'hui 320 primates dont 110 chimpanzés et 21 gorilles. Chaque jour, le parc des primates de la Méfou organise des visites guidées par des éducateurs locaux. Des volontaires venus des 4 coins du monde se mobilisent pour les soins quotidiens. Dans d'autres provinces, de petites réserves ou parcs s'occupent aussi de jeunes chimpanzés trouvés dans la forêt.

L'initiative la plus originale revient néanmoins à une vétérinaire américaine, Sheri Speede, véritable pasionaria des primates, qui a créé un véritable " orphelinat pour chimpanzés " avec l'aide de l'ONG IDA-Africa, à l'image de ce que fit Jane Goodall au Congo. Le centre Sanaga-Yong, niché au coeur de la forêt de la province du Centre, compte à ce jour 71 chimpanzés et est essentiellement financé par les dons.

Le braconnage, un fléau qui ronge le Cameroun

Aujourd'hui encore et malgré quelques efforts des autorités, de nombreux chasseurs clandestins viennent faire du braconnage dans les zones protégées du Cameroun, mettant ainsi en danger plusieurs espèces animales. Et cela devient de plus en plus inquiétant comme le souligne l'ONG IFAW, International Fund for Animal Welfare, autrement dit le Fonds international pour la protection des animaux, qui dénonce non seulement " le petit " braconnage national, mais le braconnage international. En effet, le parc de Bouba Ndjinda a essuyé début 2012 une grande perte d'éléphants tués par des chasseurs armés venant probablement du Soudan, via la frontière tchadienne. Sur le plan national, il est vrai que les viandes de brousse sont bien appréciées, telles que l'antilope, mais aussi le pangolin (des animaux pas très rapides et faciles à capturer), le singe et d'autres gibiers, comme le potamochère.

C'est évidemment sous le manteau que cette viande braconnée s'écoule. À Yaoundé et à Douala, ce n'est d'ailleurs pas seulement la chair qui est recherchée ; ce sont également d'autres attributs comme les plumes, les défenses ou les os. Sur le plan international, ce sont d'abord les éléphants victimes de leurs ivoires qui sont les plus pourchassés. Ainsi, pour le braconnier, tout est bon et le risque en vaut très souvent la chandelle. Le travail des autorités et des différents organismes attachés à la défense de la nature est donc rendu très difficile par la demande locale et internationale. D'ailleurs, il est évident que les structures de surveillance sont insuffisantes ; les gardes forestiers sont facilement débordés par ces chasseurs très organisés et leurs complices, dotés de moyens souvent beaucoup plus importants.

En outre, sans forcément parler de corruption, des permis de chasse plus ou moins légaux circulent, anéantissant l'efficacité des contrôles. Enfin, majoritairement, la population camerounaise ne voit guère d'inconvénient à ces pratiques, et les organisations écologiques ne trouvent qu'un faible écho auprès de paysans dont le revenu de la terre est insuffisant et pour qui la vente de gibier braconné est presque devenue un appoint indispensable. Difficile, par conséquent, de leur expliquer que ces espèces, chassées depuis longtemps par les populations locales, sont menacées, d'autant qu'elles semblent à leurs yeux toujours aussi nombreuses.

La diversité de reliefs et de climats a évidemment des conséquences directes sur la flore, car l'on trouve au Cameroun aussi bien des forêts denses tropicales et des forêts plus claires que la savane ou la steppe.

Ainsi le Sud est dominé par la forêt équatoriale, qui représente environ un tiers de la superficie totale du pays, malgré une exploitation parfois sauvage, en particulier dans le Sud-Ouest, région plus densément peuplée. Cette vaste zone de forêts est bordée ponctuellement à l'ouest, sur les rives de l'océan Atlantique, par de la mangrove, cette végétation qui pousse dans les zones marécageuses. En remontant vers le nord, et en passant donc progressivement à un climat tropical, la forêt cède la place à la savane arborée, du moins hors des vallées, des principales rivières où l'abondance d'eau lui permet de se maintenir. Les plateaux du massif de l'Adamaoua, où l'on retrouve donc un climat plus tempéré, alternent paysages de forêts et de savanes herbeuses propices aux pâturages.

En poursuivant vers l'Extrême-Nord, on bascule dans une région au climat tropical sec, de type sahélien, et l'on se retrouve alors face aux paysages semi-désertiques.

La forêt camerounaise. On estime que la forêt camerounaise occupe 45 % de la totalité du territoire. Les mesures varient selon les experts, mais on comprend qu'une telle proportion a, depuis toujours, compliqué la tâche de l'agriculture et de l'industrialisation ainsi que l'établissement d'un réseau de communication efficace. Néanmoins, en une quarantaine d'années, l'essentiel a été défriché pour favoriser le développement d'une agriculture adaptée au sol et au climat. De nombreux villages agricoles sont ainsi nés de ces travaux et de grandes plantations ont pris place. On estime que durant les vingt dernières années, environ 10 % de la forêt camerounaise a disparu au profit des cultures.

Le déboisement des dernières décennies est l'un des plus importants d'Afrique, ce qui ne finit pas d'inquiéter les spécialistes, qui soulignent également que, sur les 90 % restants, un cinquième environ est dans un état fortement dégradé par l'intervention humaine. Or cette forêt constitue l'un des six territoires du bassin forestier du Congo, qui couvre au total 660 000 km² (soit davantage que le territoire français) et qui constitue la 2e plus importante réserve d'oxygène de la planète, après l'Amazonie.

Cette richesse forestière, qui profite à l'industrie du bois, a cependant son revers, dans un pays qui reste sous-développé et qui est moins bien doté en ressources naturelles que certains de ses voisins africains (notamment le Nigeria, le Tchad, mais aussi le Gabon, le Congo et, plus récemment, la Guinée équatoriale, qui possèdent des réserves de pétrole non négligeables, ou la république démocratique du Congo - ex-Zaïre - qui possède l'un des sous-sols les plus riches de la planète, grâce à la présence de gisements d'or, de diamants et de nombreux minerais). Depuis plusieurs années, la surexploitation inquiète de plus en plus les observateurs de l'environnement (il faut savoir qu'au cours des quinze dernières années, la production de bois en provenance du Cameroun a triplé). D'autres pays ont subi dans le passé une déforestation sauvage qui a fini par les priver de leurs ressources forestières, les industries occidentales et asiatiques ayant en effet tourné leurs regards et leur matériel vers cette manne qui n'est hélas pas inépuisable. L'Europe participe activement à cette surexploitation, et la Suisse, par exemple, dont l'attitude vis-à-vis de l'environnement est souvent montrée en exemple, a fait du Cameroun son 2e fournisseur. Le secteur forestier emploie plus de 30 000 personnes, il fournit près de 40 % des revenus à l'exportation (si l'on ne tient pas compte des produits pétroliers), et le client principal du Cameroun est aujourd'hui le continent asiatique. Les Français, qui ont par ailleurs largement participé aux efforts de développement camerounais dans les années 1950, notamment en ce qui concerne le tracé des voies de communication et l'essor de l'industrie pétrolière, restent également très présents dans ce secteur et 3 grandes entreprises (Thanry, Bolloré, Rougier) se partagent environ 30 % des réserves forestières du pays. Malgré les fréquents avertissements et les mises en garde écologiques, malgré la politique camerounaise en faveur de la protection des forêts, il paraît difficilement concevable que l'exploitation de la forêt camerounaise se ralentisse dans les années à venir. Soulignons tout de même que, grâce aux recommandations et au concours de la coopération internationale, plusieurs régions ont été classées et protégées au Cameroun au fil des années (la conférence sur la préservation de la faune et de la flore africaines tenue à Londres en 1933 fut sans doute le déclencheur de cette prise de conscience), comme réserves naturelles (celle du Dja, celle de Douala-Edéa ou celle du Faro notamment), ou comme parcs nationaux (Waza, Bénoué, Bouba Ndjida, Kalamaloué, Korup, Campo Ma'an, Mbam et Djérem...). Ces réserves et ces parcs seront présentés plus en détail dans la partie du guide consacrée à la découverte du pays et de ses différentes provinces.

La savane représente la transition entre la forêt et la steppe, les arbres se font plus rares et surtout plus petits, compte tenu des conditions climatiques plus difficiles. Elle est donc dominée par des herbes hautes, plus résistantes aux périodes de sécheresse. On trouve cependant encore des forêts tropicales autour des grands cours d'eau. Dans le reste de la savane, les herbes graminées sont reines, avec des hauteurs importantes (souvent plus de 1 m). Lorsque l'hygrométrie le permet, ces herbes peuvent atteindre 3 m de haut (graminées de type andropogon). La taille des herbes diminue en montant vers le nord et les zones plus sèches pour céder la place à des graminées plus résistantes. Ces savanes sont parsemées d'arbres de taille réduite, généralement des épineux comme les acacias (très appréciés des girafes).

Ces arbres, qu'on retrouve également plus au nord dans les steppes, sont particulièrement adaptés au climat aride grâce à un réseau de racines très étendu et enfoncé profondément dans le sol. L'arbre le plus traditionnellement associé à la savane reste cependant le baobab, plus impressionnant par son diamètre que par sa hauteur (rarement plus de 20 m) et au bois gorgé d'eau, ce qui lui permet de survivre pendant les périodes sèches.

La forêt tropicale. Le Cameroun offre un magnifique exemple de forêt tropicale dans sa partie sud : outre une faune d'une grande richesse, on y recense plusieurs centaines d'espèces d'arbres différentes formant un immense océan aux différents tons de vert, organisé en plusieurs niveaux presque imperceptibles du fait de l'abondance de la végétation et de son enchevêtrement. Les plus grands arbres de la forêt tropicale peuvent atteindre 60 m de haut. Ils forment une amorce de dôme végétal qui est complété à l'étage inférieur par des arbres plus petits (jusqu'à 10 m de haut). Compte tenu de leur taille, ces arbres s'appuient sur des troncs généralement impressionnants par leur diamètre, qui vont jusqu'à former des sortes de contreforts. Parmi eux, on trouve de nombreuses espèces de bois précieux exploitées de façon plus ou moins bien contrôlée (acajou et ébène notamment). Outre les lianes qui se lancent à l'assaut de ces arbres, on peut observer au niveau du sol une végétation qui s'adapte aux conditions bien particulières fournies par la véritable toiture végétale qui s'étend au-dessus d'elle (la fameuse canopée) : luminosité réduite, température et humidité constamment élevées. Compte tenu de ces conditions difficiles, la végétation en sous-bois est plutôt diffuse, avec des fleurs qui se développent à même les arbres.

Les chiffres de la déforestation

Le Cameroun exportait en 1998 près de 3 millions de mètres cubes de bois industriel. Un chiffre impressionnant qui est le seul sur lequel s'accordent administrations, associations écologistes et sociétés forestières. Car l'état de la forêt au Cameroun est un sujet sensible. La surface couverte par les forêts diminuerait drastiquement à en croire l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation. Entre 1980 et 1995, elle aurait diminué de quelque 10 % pour atteindre 19,6 millions d'ha. Une telle chute est imputable à des pratiques illégales, au premier rang desquelles la corruption.

Pour contrer cette inégalité, le Cameroun et l'Union européenne, son principal client dans le secteur bois, ont signé un Accord de Partenariat Volontaire (APV) en mai 2010. La filière bois représente la troisième source de revenus pour l'économie camerounaise, derrière les matières premières et le pétrole, et emploie près de 200 000 personnes, sa part du PIB se chiffrant aujourd'hui à 6 %, avec une production supérieure à 2 millions de mètres cubes de bois par an, donc moins qu'il y a 15 ans ! Les différents acteurs, la population locale, les autorités et l'union européenne conjuguent leur force pour réduire les conséquences environnementales liées à la déforestation illégale. Toujours dans le cadre de l'APV, en mai 2012, l'Union européenne a déboursé 78 millions de franc CFA. Car si rien n'est fait l'habitat naturel de nombreuses espèces disparaîtra. Gorilles, chimpanzés et même des humains, tels que les Pygmées dont l'habitat est conséquemment détruit, justifient les moyens mis pour la valorisation d'une exploitation responsable et durable.

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