La symphonie de bleus, de cobalts, de jades et de saphirs du " plus beau lagon du monde ", des pics volcaniques qui se projettent dans le ciel de manière irréelle, une flore tropicale exubérante de couleurs et de parfums... Bora Bora n'a même plus besoin d'être présentée, son nom seul résonne aujourd'hui comme un mythe. Elle est d'ailleurs souvent surnommée " la perle du Pacifique ".

Bora fait partie de ces lieux à la frontière de la réalité, où toute logique semble inutile : peu importe ce qu'on en dise, peu importe ce qu'on en pense, les voyageurs finissent presque tous par la visiter, malgré tout. Malgré les problèmes écologiques récurrents (et tant pis pour les distinctions officielles de bon aloi), une population moins facilement abordable, et un coût de la vie à faire frémir les plus raisonnables...

Légende du Pacifique, Bora charrie tous les fantasmes paradisiaques que l'esprit angoissé du citadin peut forger. Paradis des couples en lune de miel, paradis des stars, paradis des activités nautiques... Bora est une romance, une aubade qui agace ou fascine.

Présentation

Sans conteste, Bora Bora est une île magnifique. Ses reliefs tranchants et son lagon turquoise font inévitablement penser à l'archétype de l'île tropicale sur carte postale que l'on a tous en tête.

Son lagon immense, d'une richesse incroyable (les experts mettent toutefois en garde contre un appauvrissement de plus en plus préjudiciable), permet au plongeur, même novice, de voir facilement raies-léopards et raies manta, requins à pointe noire ou blanche, jardins de coraux noirs, jaunes ou roses... Des petits villages tranquilles, alanguis au bord de l'eau, et des églises pittoresques conservent encore la magie de cette île pour beaucoup féerique, comme un conte pour enfants.

Émergée il y a 13 millions d'années, Bora Bora présente une typologie géologique particulière, entre l'île haute et l'atoll. Le volcan dont elle est issue s'affaisse progressivement, laissant une couronne de motus encadrant le lagon au milieu duquel se trouve l'île principale.

Bora Bora ne possède qu'une seule passe, Teavanui, qui fait face au village principal, Vaitape. Le quai reçoit aussi bien les paquebots et navettes inter-îles, que les catamarans d'Air Tahiti qui rallient Motu Mute, l'îlot où est situé l'aéroport.

Une intense animation règne sur la place du village à chaque débarquement de touristes et de croisiéristes - c'est-à-dire souvent, tant la renommée de Bora Bora est devenue mondiale. La pointe Matira est le siège de cette prolifération touristique (qui n'a toutefois rien à voir avec celle sur la côte d'Azur !) : sur cette bande de terre de 500 m de long, à l'extrême sud de l'île, se concentrent hôtels de luxe et pensions de famille, qui ne défigurent heureusement pas souvent le paysage - rien ne dépasse la hauteur des cocotiers.

Cette pointe passée, la nature reprend ses droits et les 10 549 habitants de l'île (recensement 2017) se partagent le reste, confinés dans les quelques villages traditionnels qui parsèment le littoral. Tout autour de l'île principale, le lagon s'étend sur des kilomètres, émaillé de petits motus paradisiaques, cartes postales idéales, occupées par des hôtels de standing international, dont les superbes bungalows sur pilotis font aussi la renommée de l'île et même du Territoire.

Certains motus sont montagneux (comme le Toopua) et proviennent de l'effondrement du volcan, comme l'île principale. D'autres sont plats et sont nés de l'accumulation de sable sur la barrière corallienne, comme sur les atolls.

Tous exhibent en tout cas leur parure verte, leurs cocotiers indolemment penchés au-dessus du lagon, mais seuls les motus plats dévoilent vraiment du sable blanc étincelant. Car Bora n'est pas une destination de plage, comme un certain imaginaire collectif pourrait le laisser croire. Le lagon, d'une richesse surprenante, est un monumental aquarium naturel très facile à explorer. Nage avec les requins, les raies manta, plongée sous-marine, tour de l'île en pirogue ou à la voile, de multiples activités sont disponibles auprès des nombreux prestataires qui ne manquent pas d'imagination : ski nautique, scooter sous-marin, aquasafari, parasailing, jet-ski, paddle, kitesurf, pêche sous toutes ses formes... Mais attention : pas une seule vague de surf ! La montagne offre aussi de belles balades et quelques sites historiques intéressants.

Un mot d'ordre ici : le respect de la nature. L'île est petite ; son écosystème, fragile. Certains voyageurs, inconscients ou peu responsables, tout comme la population locale passée en quelques années des pelures végétales aux sacs en plastique, semblent l'oublier.

Une histoire particulière

Vava'u est l'ancien nom de Bora Bora, qui est aussi le nom d'une île des Tonga dont les habitants seraient originaires.

A cette époque reculée, elle était aussi appelée Mai Te Pora, ce qui signifierait " créée par les dieux " d'après les légendes anciennes, selon lesquelles cette terre fut la première à sortir des eaux après Raiatea.

Mais le nom de Bora Bora est lui-même erroné (il faudrait l'écrire Pora Pora) et surtout le prononcer entre le " b " et le " p ", car elle a été nommée oralement bien avant d'être écrite. En Polynésie, les paroles restent plus longtemps que les écrits, et il fallait bien rendre cette justice. Bora Bora a une tradition guerrière sans doute due à sa petite taille, surtout à l'époque où elle comptait près de 25 000 habitants, et a promu une politique expansionniste qui s'est arrêtée à Huahine, qu'elle n'a jamais pu conquérir.

Découverte en 1722 par le navigateur Roggeveen, puis par Cook en 1769 (qui la nomma Perle du Pacifique), elle se convertit au protestantisme en 1820, et résista à la colonisation jusqu'à sa conquête en 1888 par les Français.

Mais la période qui a le plus marqué Bora Bora fut la Seconde Guerre mondiale.

Après l'attaque de Pearl Harbor (7 décembre 1941) aux îles Hawaii, les forces américaines décidèrent de lancer l'opération Bobcat : le 27 janvier 1942, une véritable armada de 5 000 soldats US débarqua dans l'île transformée en base de ravitaillement. 20 000 tonnes de matériel, canons, artilleries, véhicules franchirent la passe de Bora Bora, embarqués sur deux croiseurs, deux destroyers, quatre cargos, deux transporteurs de troupes et un tanker. Un cortège de pirogues, sans doute impressionné, leur fit un accueil chaleureux bien que personne ne sût vraiment qui étaient les Américains. Le chantier de cinq mois vit l'édification de batteries antiaériennes, de blockhaus, de casernes, et surtout de la première piste d'atterrissage de Polynésie, sur le motu Mute. Cette piste, destinée à un trafic de chasseurs et de bombardiers, restera d'ailleurs la seule capable d'accueillir des vols internationaux jusqu'à la construction en 1961 de la piste de Faa'a à Tahiti.

Bora Bora s'est ainsi ouverte au tourisme bien avant les autres îles, jusqu'en 1961. C'est aussi la date d'ouverture du premier hôtel de l'île, l'hôtel Bora Bora (aujourd'hui fermé).

Plus connue des voyageurs, tant américains que français, Bora Bora se développera plus vite que les autres îles Sous-le-Vent, mais c'est surtout grâce à une forte couverture médiatique que le rêve s'est répandu autour de la planète. Au milieu des années 1990, Bora Bora vit arriver les investisseurs du tourisme construisant des hôtels tous plus beaux et plus chers les uns que les autres, tous plus grands et plus démesurés dans le luxe et le raffinement. Riches Américains et Japonais, en voyage de noces ou de découverte, à l'hôtel ou sur les bateaux de croisière, débarquent dans l'île par milliers chaque année. C'est la première destination d'Air Tahiti, et la principale escale des paquebots de luxe. Bienvenue à Bora Bora !

Bora Bora aujourd'hui

Même si elle évoque le rêve pour de nombreux voyageurs, Bora Bora ne jouit pas d'une bonne presse auprès de la population des autres îles de la Société qui critique la démesure de ses hôtels, son lagon en perdition, son authenticité malmenée... et sa saleté. En effet, on pourra être surpris d'observer la multitude de détritus qui jonchent parfois le bord de la route. Quant à la décharge publique, les plus consciencieux pourront y faire un saut pour juger qu'elle se situe bien près du lagon.

Ne soyons pas bégueule cependant : l'île reste d'une beauté majestueuse. Les nuances de son lagon continuent de faire rêver le voyageur et ne cesseront d'emporter tous ceux qui n'ont pas la chance de l'approcher. La nature n'a jamais été saccagée. Les règles écologiques ont en général été respectées, et même si aujourd'hui les coraux souffrent du réchauffement des eaux, le lagon s'avère toujours d'une richesse incroyable, entouré de montagnes restées intactes. Les investisseurs sont le plus souvent conscients que le principal atout commercial de l'île est la sauvegarde du patrimoine naturel ; c'est à chacun de le préserver.

Les touristes repartent contents, car " ils ont été à Bora Bora ", et ont effectivement vu l'une des plus belles îles du monde. Aujourd'hui, il est possible d'avoir des contacts francs avec les locaux, même si cela reste difficile, pour peu que vous montriez que vous vous intéressez à eux et qu'un esprit de franche camaraderie s'instaure. Dans cet état d'esprit, les habitants de Bora Bora vous ouvriront vite les bras pour vous aider et communiquer. Il paraît qu'ici se trouve (d'après les dires) la plus grande école primaire de France !

Les compagnies touristiques tentent d'ouvrir à chacun le rêve Bora Bora. Même si elle reste l'une des destinations les plus chères, beaucoup tentent de fournir des formules d'hébergement à prix modestes, afin de faire venir les moins fortunés. Les hôtels de luxe se réservent, quant à eux, une clientèle plus aisée.

Un voyage à Bora Bora est une expérience unique, mais pour réellement en profiter il vaut mieux être pourvu d'un portefeuille fourni. Les prestations sont élevées, et la splendeur de Bora ne s'apprécie que depuis la mer, en croisière ou en plongée. Il est toutefois encore possible de se loger et de se débrouiller avec peu d'argent, et de nombreux coins isolés vous permettront d'entendre le murmure des nuits tropicales et le clapotis du lagon.

Bref, il faut essayer quand on évoque cette île paradisiaque, de fuir les préjugés défavorables ou dithyrambiques, dessiner son propre rêve et jouir de conditions très avantageuses pour le farniente et les loisirs, dans un esprit conscient et responsable.

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Photos de Bora Bora

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