A mi-chemin entre l'Europe et les archipels glacés de l'océan Arctique, la Laponie compte 180 000 habitants (2016) répartis sur 100 367 km² (30 % du territoire finlandais) pour une densité inférieure de 2 habitants au km². Région la plus septentrionale du continent européen avec le Finnmark norvégien, elle est située en grande partie au-delà du cercle polaire arctique. Elle est encadrée par la Suède, la Norvège et la Russie. Deux types de paysages : une zone de basse altitude à l'est et un relief montagneux recouvrant les deux tiers de la Laponie à l'ouest. La présence d'une combinaison particulière de faune et de flore serait l'indice d'une colonisation déjà vieille de 9 000 ans. Les plaines, ouvertes et étendues, correspondent à une végétation de type taïga (nom donné en russe à la forêt boréale eurasiatique s'étendant au nord du 60e parallèle et passe par transitions à la toundra, à la hauteur du cercle polaire arctique). Le reste de la région est couvert sur 1 000 km² de forêts de conifères et 1 000 km² de marécages. La pureté naturelle du site a été respectée et n'est pas menacée par le tourisme.

Histoire

On ne connaît pas précisément l'origine des Sâmes. Ils viendraient de l'ouest de la Russie. A l'inverse des autres peuples arctiques, les Sâmes sont entrés rapidement en contact avec les populations méridionales. Leurs premières traces remontent à 10 000 ans. Installés dans l'extrême nord de l'Europe, ils sont réputés pour leur artisanat et leur savoir-faire en matière de pêche, de chasse et de construction de bateaux. Dès le XIe siècle, la poussée des grands pays scandinaves fait apparaître de nouvelles croyances en Laponie. Au XIIIe siècle, les Norvégiens s'installent à proximité des fjords et les obligent à se tourner vers l'agriculture et l'élevage du bétail. Les rennes constituent déjà l'élément central de leurs activités. Un siècle plus tard, le processus s'accélère. Si certains Sâmes prolongent leur vie nomade, des villes, comme Inari, se transforment en carrefours commerciaux. Au XVIe siècle, la Suède acquiert par la force les territoires sâmes jusque-là neutres et ouverts. La pêche et la chasse (activités toujours primordiales) seront désormais taxées. En 1751, l'accord de Trömstad, délimitant la frontière entre la Norvège et la Suède, les autorise cependant à franchir librement le tracé de manière à assurer la migration saisonnière des rennes. A partir de cette époque, ils ne seront imposés que dans un seul pays. Les Etats nations imposent donc leurs vues à des peuples nomades pour qui la notion de frontière n'avait jusqu'à présent aucun sens. Au XIXe siècle, la construction d'écoles nomades participe d'un développement de l'enseignement. Entre 1824 et 1827, la délimitation stricte des frontières septentrionales entre la Finlande, la Suède et la Norvège plonge ce peuple nomade dans le désarroi. Déclassés en Scandinavie et en Finlande, on interdit aux Sâmes de s'exprimer dans leur langue maternelle au sein des écoles de Norvège et de Suède.

L'indépendance de la Finlande, en 1917, antérieurement et successivement province du royaume de Suède et grand duché de Russie, change légèrement la donne. La Constitution de 1919 assure en effet un respect formel des minorités. Dans les faits néanmoins, ils seront encore longtemps victimes d'un racisme qui ne veut pas dire son nom. L'adoption en 1989 d'un drapeau sâme signe le retour sur la place publique du débat et de l'identité sâme. En Finlande, la question est toujours d'actualité. Helsinki sur ce plan est à la traîne par rapport à ces voisins scandinaves, qui ont accordé une certaine forme d'autonomie aux Sâme. La Seconde Guerre mondiale reste, quant à elle, gravée comme un épisode terrible pour la Laponie, qui est systématiquement dévastée par les troupes allemandes. L'ensemble des habitations est détruit, les villages rasés et les habitants évacués. Seules quelques maisons excentrées sont épargnées et conservent le caractère authentique des anciens logis. En 1986, nouvelle catastrophe, nucléaire celle-là, avec l'explosion de la centrale de Tchernobyl dont les radiations touchent de plein fouet le territoire. Des milliers de rennes sont alors abattus.

Climat

Le climat est d'une extrême rudesse. La nuit polaire, à l'étrange ciel violet, s'étire sur plusieurs semaines en hiver. Les températures peuvent alors descendre jusqu'à - 45 °C avec une épaisseur de neige de 60 à 90 cm et une épaisseur de glace tout aussi spectaculaire de 50 à 65 cm sur les lacs. Au printemps et en automne, le seuil thermique est de 5 °C, au-delà il annonce le printemps et la fonte des neiges et des glaces, en-dessous de 5 °C, il annonce l'automne. En été, le soleil ne se couche plus.

La journée polaire dure environ 73 jours de soleil sans arrêt dans les régions les plus au nord. Les neiges disparaissent vers la fin mai et les systèmes lacustres sont délivrés des glaces au mois de juin en Laponie. Le thermomètre remonte alors à près de 20 °C (c'est le soleil de minuit).

Saisons et moustiques " sauvages "

Pendant les neuf mois de l'hiver lapon, les immensités vierges s'imposent dans toute leur splendeur. Neige, glace et magnifiques aurores boréales se succèdent. Durant le kaamos (nuit polaire entre décembre et mi-janvier), les randonnées au coeur de ces espaces bleutés demeurent une expérience inoubliable. Une autre période intéressante pour les activités d'hiver se situe fin mars jusqu'à mi-avril : les températures sont plus clémentes (- 5 °C), mais la neige et la glace sont toujours là. Le pâle soleil de Pâques augure quelques mois plus tard du retour du printemps et annonce le dégel de mai. Les bouleaux argentés se libèrent de leur gangue de glace et les torrents gonflent sous l'effet de la fonte des neiges. A partir de la mi-mai, le soleil de minuit impose son éclat durant deux mois sous les latitudes les plus septentrionales. A Utsjoki par exemple, extrême nord-est de la Laponie, le soleil brille encore à minuit entre le 16 mai et le 27 juillet... La nature délie alors ses énergies retenues par le long et rude hiver. Spectaculaire éveil d'autant plus vif que l'été est court. Les couleurs enflamment littéralement les paysages.

Formidable saison également pour les adeptes de la marche. Le soleil permanent donne un regain d'énergie, on peut prendre son temps, finir plus tard une randonnée (avec bien sûr les précautions d'usage) et il n'est pas rare de voir des enfants lapons se promener vers 1h ou 2h du matin dans les villages. Pour la randonnée, le mois de septembre avec le reflux des moustiques et des aoûtats, véritable fléau du Grand Nord, constitue la période idéale. Au coeur de sentiers à la beauté envoûtante, vous passerez la nuit autour d'un bon feu, hébergés dans de petits chalets gratuits (retrait des clés auprès des offices des parcs et forêts). En dépit de la fraîcheur nocturne, le camping est envisageable jusqu'à fin septembre. Compter en moyenne sur des températures de 20 °C, même si le thermomètre atteint parfois les 30 °C en juillet. De fin août à fin septembre, la superbe ruska lapone, agonie fugitive de la saison du soleil de minuit, annonce l'arrivée de l'automne. L'immense espace lapon des tunturis, des vastes plaines, des sous-bois et des forêts se décline alors intensément entre rouge mordoré, roux, cuivre et jaune éclatant. Bienvenue aux portes du silence, où le lien entre l'homme et son environnement franchit une dimension nouvelle.

Soleil de minuit et aurores boréales

La Laponie (comme toutes les régions arctiques) connaît le soleil de minuit en été et son inverse en hiver. Plus on s'approche du nord, plus ces phénomènes sont évidents. En hiver, entre décembre et janvier, le soleil disparaît quasiment. En été, de mai à juillet, il ne se couche plus, s'immobilisant à l'horizon pour reprendre son ascension à l'aube. L'obscurité hivernale laisse sa place à un crépuscule sans fin. De temps à autre apparaissent des arcs de lumières déchirant le sombre ciel d'hiver : l'aurore boréale. Ce phénomène naturel inouï résulte d'un bombardement de particules solaires qui, au contact de l'atmosphère, déchargent leur énergie. La couleur de l'aurore boréale dépend alors de la nature du gaz avec lequel les particules solaires interagissent. Ces apparitions étaient autrefois interprétées comme la réincarnation de l'esprit du renard ! Les aurores boréales apparaissent généralement la nuit à partir de 23h et jusqu'à 4h du matin, le phénomène peut se reproduire plusieurs fois dans la même nuit. Il prend généralement l'apparence d'un long nuage blanc très clair qui va ensuite se colorer de vert, de rouge ou de bleu, scintiller et onduler. Il couvre une grande partie de ciel.

Un monde à part

Une fois franchi le cercle polaire arctique, on est saisi par cette sensation de bout du monde. Au-delà de cette latitude fascinante, le Grand Nord s'étend, nimbé de légendes où les Sâmes voient encore dans la féerie nébuleuse des aurores boréales les " lumières de l'esprit renard ". A mesure que l'on s'élève vers le nord, les habitations se raréfient, les forêts de pins et de bouleaux s'éclaircissent pour céder la place à l'immensité de la toundra boréale où pointent les dômes ondulés des montagnes pelées, ces tunturis où ne poussent que des lichens et de la mousse. Après la limite des forêts, le genévrier et le bouleau se font nains. Dans un paysage de marais sans fin, serpentent les méandres cristallins de mille cours d'eau. L'immensité de ces marécages est dominée, au loin, par le bleu des monts pelés. A perte de vue s'étendent les champs de linaigrettes qui, semblables à une houppette de coton au bout d'une souple tige, se balancent au gré du vent du nord ou bien vibrent sous la magie du soleil de minuit dans le secret des solitudes infinies.

Randonnées du bout du monde

En dehors de ses quelques villes, la Laponie demeure une terre sauvage, d'une extraordinaire beauté. Pour reculées qu'elles soient, les agglomérations sâmes sont néanmoins étonnamment modernes. Les villages n'ont pas disparu. Ils ont été reconstruits, après avoir été systématiquement détruits par l'armée allemande en 1944. Il ne reste quasiment aucun bâtiment témoignant du passé. Seuls, quelques hameaux à l'écart des grands axes échapperont à la haine et à la furie d'une armée en déroute. La campagne de reconstruction d'après-guerre achèvera malheureusement de détruire les quelques vestiges architecturaux d'inspiration sâme. Si les centres urbains n'ont bien souvent aucun charme aujourd'hui, ils constituent cependant des points de chute très appréciables sur la route du Grand Nord. Les hôtels et les centres touristiques mettent souvent en avant leur programme d'activités : randonnées sauvages en été, balades à motoneige en hiver, en traîneau à chiens ou en pulka (traîneau tiré par un renne). La motoneige s'est d'ailleurs imposée en Finlande comme un moyen de transport utile et ludique. Emmenez des raquettes avec vous car on progresse difficilement dans 90 cm de neige. Sinon, essayez de vous procurer sur place une trottineige (pas évident toutefois d'en trouver une, même si tout le monde circule avec). Prestations et parcours ne manquent pas. La densité du réseau de pistes, aussi bien dans les montagnes et les forêts que sur les plans d'eau gelés, offre un terrain de jeu inégalable.

Région de rêve pour les pêcheurs expérimentés, la Laponie a développé ses prestations en la matière et facilité l'accès aux sites. Le saumon, la prise souvent la plus recherchée, se trouve dans les rivières de Sima et de Tornio-Muonio... En Laponie du Nord, le lac Inari et la légendaire rivière de Teno demeurent des références. Parallèlement, les étendues septentrionales se prêtent bien à la pêche sportive dans les rapides glacés en été et aux promenades à skis dans les solitudes ouatées de l'hiver. Voyez également les élevages de rennes, une véritable tradition chez les Sâmes. La région compte d'ailleurs beaucoup plus de rennes que d'habitants ! A l'instar des civilisations pastorales, la coopération entre éleveurs est de rigueur. Des familles réunissent ainsi leurs troupeaux mettant en commun les productions.

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