Guide de la Côte nord Espagne : Histoire

Des origines à l’unité d’Espagne

Les Ibères ont donné leur nom à la Péninsule. Le mot " ibère " désigne à l'origine un peuple du Caucase qui habite le sud de la Gaule et le nord de l'Espagne, au Ve siècle av. J.-C. C'est le plus ancien groupe ethnique dont l'histoire fasse mention en Espagne. Du XVe au Ve siècle av. J.-C., le commerce méditerranéen se développe. Sur les côtes d'Ibérie, des Phéniciens et des Grecs fondent des comptoirs. Au IXe siècle av. J.-C., les Celtes franchissent les Pyrénées et se mêlent aux Ibères, formant ainsi les Celtibères. Ils s'établissent à l'ouest et au centre de la Péninsule.

Au Ve siècle av. J.-C., les Carthaginois s'installent dans la Péninsule. Mais Rome, grande rivale de Carthage et en pleine expansion, veut également s'emparer de ce territoire. La première des guerres opposant Rome à Carthage (dites " guerres puniques ") donne l'avantage aux Romains, la seconde (220-202 av. J.-C.), leur donne la victoire. Les Romains entament alors la conquête de la Péninsule. Malgré la résistance des autochtones, leur avancée ne faiblit pas.

A la fin du Ier siècle av. J.-C., ils soumettent les deux dernières provinces : la Cantabrie et les Asturies. Les Romains sont maîtres de ce territoire qu'ils nomment Iberia ou Hispania. Dès le Ier siècle, le christianisme pénètre dans la Péninsule. Au début du Ve siècle, l'affaiblissement de l'Empire romain entraîne de multiples invasions barbares en provenance de l'Europe du Nord. Les Vandales traversent la Gaule et l'Ibérie pour s'installer au nord de l'Afrique ; ils seraient les ascendants des actuels Berbères. Les Suèves s'implantent dans le centre tandis que les Wisigoths s'emparent du nord de la Péninsule. En 584, sous l'impulsion du puissant roi wisigoth Récarède, l'Espagne est unifiée. La capitale est alors Tolède. Presque aussitôt, en 587, le catholicisme devient religion d'Etat, à la suite de la conversion du roi jusqu'alors d'obédience arienne. Les Arabes, déjà maîtres de l'Afrique du Nord, débarquent en Espagne en 711 et anéantissent le royaume wisigoth. En quelques années, ils occupent la quasi-totalité de la Péninsule. Seules les Asturies et quelques vallées pyrénéennes leur échappent. En 718, la bataille de Covadonga signe la première défaite des Arabes, dont l'avancée sera arrêtée en 732, à Poitiers, par Charles Martel.

Dès la fin du VIIIe siècle, l'Espagne est divisée en deux : au sud, le royaume arabo-musulman ; à l'extrême nord, une zone chrétienne d'où part la Reconquista. La lutte qui opposera, durant huit siècles, les chrétiens aux musulmans vient de commencer. La frontière entre ces deux pôles ne cessera de fluctuer, donnant alternativement l'avantage aux uns et aux autres, pour aboutir à la prise de Grenade, en 1492, qui parachève la victoire chrétienne.

L'idée de Reconquista, née dès la fin du VIIIe siècle, dépasse très vite le cadre purement territorial pour revêtir une dimension religieuse. La ferveur chrétienne s'empare des combattants. Tandis que d'un côté s'engage la lutte contre " l'infidèle " musulman, de l'autre s'amorcent les croisades. L'esprit religieux qui sous-tend ces guerres, dites " saintes ", aboutit en dernier lieu à l'Inquisition, créée par la papauté en 1230. L'Inquisition espagnole ne fut pas très sévère à cette époque, en comparaison avec ce qui se faisait dans les pays voisins. Les siècles de domination arabe et de cohabitation christiano-musulmane ont durablement marqué toute la péninsule Ibérique. Aujourd'hui encore, le pays garde des traces de cette période. En témoignent ces monuments qui jalonnent l'Espagne ou certains éléments de sa langue. La plupart des mots commençant par " al " en espagnol sont dérivés de la langue arabe, ainsi en est-il de albaricoque (abricot), almohadon (oreiller), alcalde (maire), alambre (fil de fer), alba (aube), alabar (louer, faire l'éloge). Par ailleurs, au cours de ces siècles, l'apport des Arabes en matière de savoir fut crucial, tant dans le domaine de la philosophie (traduction des écrits grecs, notamment) que dans celui des sciences (médecine, astronomie, et chimie en particulier). Ces nouvelles connaissances influenceront l'Europe de la Renaissance.

Des Rois Catholiques aux Habsbourg

La Reconquista est l'oeuvre de deux royaumes chrétiens : celui de Castille et celui d'Aragon. Souvent rivaux, ils finissent par s'unir au XVe siècle, en 1469 précisément, grâce au mariage d'Isabelle de Castille et de Ferdinand d'Aragon, que l'on surnomme les " Rois Catholiques ". En 1492, les troupes espagnoles achèvent la Reconquista. Mais cette victoire est aussi celle d'un certain fanatisme religieux : proscription, persécution et finalement expulsion des Arabes et des juifs. Déjà, en 1478, les Rois Catholiques avaient obtenu de Rome l'autorisation de gérer l'Inquisition sur le territoire de la péninsule Ibérique. Cette nouvelle configuration administrative donne naissance à une juridiction ecclésiastique beaucoup plus virulente et sévère qu'elle ne l'était auparavant. Tolède sera la capitale du Saint-Office espagnol.

Quelques mois après la prise de Grenade, les Rois Catholiques appuient l'entreprise maritime de Christophe Colomb. Ce faisant, ils participent indirectement à la découverte du Nouveau Continent. Cette découverte n'est pas seulement importante pour l'Espagne, elle l'est pour le monde entier qui s'agrandit brusquement. Forte de ses nouvelles possessions américaines, l'Espagne devient une grande puissance européenne. Le mariage de Jeanne la Folle, fille des Rois Catholiques, avec Philippe le Beau, héritier des Habsbourg, empereur du Saint Empire romain germanique, vient encore renforcer cette suprématie : Jeanne est reine d'Espagne, de Naples, de Sicile, de Sardaigne et d'un immense empire colonial ; l'empereur germanique, quant à lui, possède l'Allemagne, les Pays-Bas et l'Autriche. Leur fils Charles hérite de l'ensemble de ces domaines, sous les noms de Charles Ier pour l'Espagne ; de Charles IV pour la Sicile, Naples et la Sardaigne ; de Charles Quint pour l'Allemagne, les Pays-Bas et l'Autriche. Il est le plus puissant souverain d'Europe. En Espagne, Charles Quint affermit l'autorité royale face aux prétentions de la noblesse. En Allemagne, il tente d'écraser la Réforme, initiée par Luther, suivie par Calvin en France et l'Eglise anglicane en Angleterre. L'Espagne catholique sera le foyer de la Contre-Réforme. En 1555, Charles Quint est amené à reconnaître la liberté de culte pour les luthériens d'Allemagne. Las du pouvoir, il abdique, en 1556, et se retire dans le monastère de Yuste, en Estrémadure. Son fils Philippe II reçoit les héritages espagnol et bourguignon, les colonies sud-américaines et les Pays-Bas, tandis que la couronne impériale et l'ensemble danubien (Autriche, Bohême, Hongrie) reviennent à son frère Ferdinand Ier. En 1580, Philippe II s'empare du Portugal, réaffirmant ainsi sa volonté impériale. Victorieux contre les Turcs lors de la bataille navale de Lépante, en 1571, Philippe II est vaincu dix-sept ans plus tard par les Anglais.

La découverte de l'Amérique ouvre des perspectives illimitées pour le commerce. Le mercantilisme se développe tout au long de ce siècle. Dans ce système économique, la richesse de chaque pays se mesure à ses réserves d'or. Aussi, Philippe II exploite largement ses colonies outre-Atlantique, d'où affluent or, métaux précieux et autres produits. Malgré l'importance des revenus coloniaux, ses dépenses, notamment militaires, sont nombreuses et non productives. Sous son règne s'amorce l'affaiblissement économique de l'empire. Cependant, ce siècle est aussi appelé " le siècle d'or espagnol ", celui de l'épanouissement des arts, notamment la peinture et la littérature : El Greco (1541-1614), Cervantès (1547-1616), Lope de Véga (1562-1635), Quevedo (1580-1645), Tirso de Molina (1583-1648), Velázquez (1599-1660), Calderón de la Barca (1600-1681), Murillo (1618-1682) sont de cette époque.

Du siècle d’or aux années noires

La décadence espagnole, entamée avec les derniers héritiers des Habsbourg, s'accentue avec les Bourbons : Phillipe III et Phillipe IV. En 1640, le Portugal se soulève. En 1648, l'Espagne doit reconnaître l'indépendance des Pays-Bas ; par le traité des Pyrénées, en 1659, elle cède le Roussillon et l'Artois à la France ; en 1668, elle accepte l'indépendance du Portugal ; sans compter les guerres contre Louis XIV qui augmentent le nombre des pertes (une partie de la Flandre et la Franche-Comté). Parallèlement, Anglais et Hollandais concurrencent avec succès le commerce espagnol.

Le XVIIIe siècle débute par un changement de dynastie royale. Charles II, fils de Philippe IV, meurt sans descendance et lègue, par testament, la couronne au Bourbon Philippe V. Cette décision provoque une guerre entre Habsbourg et Bourbons, de 1701 à 1714, dite guerre de Succession, qui ébranle un peu plus la puissance espagnole. A l'issue de la guerre de Succession, Philippe V conserve la couronne d'Espagne, mais perd toutes ses possessions européennes. Il garde cependant les territoires d'outre-mer. Le déclin se poursuit tout au long du XVIIIe siècle.

Le XIXe siècle est particulièrement mouvementé. La Révolution française de 1789 a de fortes répercussions en Espagne. Les révoltes contre la monarchie se multiplient, notamment à Madrid. En 1808, Napoléon envahit la Péninsule et fait nommer son frère Joseph Bonaparte roi d'Espagne, à la place de Ferdinand VII, fils de Charles III. Le peuple espagnol se soulève : c'est la guerre d'Indépendance. Napoléon, entré dans la capitale, est repoussé dans la nuit du 2 au 3 mai 1813. La scène est immortalisée par Goya dans son tableau El Tres de Mayo de 1808 en Madrid, actuellement exposé au musée du Prado, à Madrid. Immédiatement après, Ferdinand VII remonte sur le trône, rétablissant ainsi son pouvoir. La dynastie des Bourbons est restaurée, mais l'opposition au régime monarchique s'intensifie. De 1814 à 1833, l'Argentine, la Bolivie, le Chili, la Colombie, l'Equateur, le Mexique, le Pérou et le Venezuela gagnent leur indépendance.

A la mort de Ferdinand VII, en 1833, l'Espagne est en proie à des luttes de pouvoir. Deux branches d'une même famille se disputent le trône : Don Carlos, frère de Ferdinand VII, dispute la couronne à sa nièce, la jeune Isabelle II. Soutenu par ses partisans, dits " carlistes ", il tient tête, pendant six ans (1833-1839), à Isabelle et à sa mère, la reine régente Marie-Christine, qui finiront par être portées au pouvoir en 1840. Cependant la guerre entre carlistes et isabelins se poursuit de 1847 à 1849.

Quelque temps plus tard, Isabelle est destituée et contrainte à l'exil. Le général Serrano est nommé régent. En 1870, Amédée de Savoie est nommé roi, mais, privé d'appui, il abdique en 1873. La Première République espagnole est alors proclamée, mais, en l'absence d'un gouvernement stable, elle ne dure pas.

La famille de la reine Isabelle est restaurée en la personne de son fils Alphonse XII (1874-1885). S'ensuit un nouvel affrontement avec les partisans carlistes qui prend fin en 1876. En 1885, Alphonse XII meurt. Alphonse XIII lui succède en 1886. En cette fin de siècle, en 1898, la guerre contre les Etats-Unis fait perdre à l'Espagne les Philippines, Porto Rico et Cuba. En 1899, elle vend à l'Allemagne ses dernières possessions dans le Pacifique. L'Empire espagnol colonial n'existe plus. Les mouvements anarchistes et nationalistes, notamment basques, germent et se développent au même moment. Politiquement instable, socialement et économiquement affaiblie, l'Espagne, déchirée par des conflits intérieurs, ne joue qu'un rôle mineur dans la politique internationale de cette époque. Elle reste neutre pendant la Première Guerre mondiale.

Sous le règne d'Alphonse XIII (1886-1931), l'accroissement des difficultés économiques et l'instabilité gouvernementale aggravent les tensions politiques et sociales. En 1923, le général Primo de Rivera, soutenu par le roi, prend le pouvoir et établit une dictature militaire. Il reste au pouvoir jusqu'en 1930, équilibre les finances, crée une grande industrie, améliore les communications. Mais les revendications régionales grandissent toujours.

Devant une opposition populaire croissante, Alphonse XIII demande à Primo de Rivera de se retirer. Un an plus tard, en 1931, les partis républicains triomphent aux élections municipales. La Deuxième République est proclamée cette même année tandis que le roi s'exile hors du pays.

Une démocratie titubante au milieu des luttes de pouvoir

La Constitution de la Deuxième République de 1931 est un texte profondément novateur. Il reconnaît les faits différentiels basques et catalans et leur accorde le statut d'autonomie, ce qui est loin de faire l'unanimité parmi les forces conservatrices. En 1933, les nouvelles élections nationales donnent la victoire à une coalition de centre droit, qui entreprend d'anéantir les réformes initiées par le précédent gouvernement. Il suspend notamment les régimes autonomes basque et catalan. En 1934, la Catalogne se révolte et demande l'indépendance.

Aux élections de février 1936, les forces de gauche, réunies sous le nom de Front populaire, sortent gagnantes, mais leur majorité est faible. Le nouveau gouvernement restitue le statut d'autonomie à la Catalogne et au Pays Basque. L'opposition, particulièrement la droite conservatrice et l'armée, n'accepte pas l'état de fait et se rebelle. Le 17 juillet 1936, à Melilla (au Maroc), la première garnison militaire se soulève, préparant l'offensive du mouvement national. La guerre civile officielle commence.

De la guerre civile à la dictature franquiste

La guerre civile entre républicains et les nationalistes dure trois ans, jusqu'en 1939, date à laquelle le général Franco, vainqueur, confisque définitivement le pouvoir jusqu'à sa mort en 1975. De part et d'autre, les combattants reçoivent une aide étrangère, les républicains celle de l'Union soviétique et les franquistes celle de l'Italie fasciste et de l'Allemagne national-socialiste. Cette dernière, beaucoup plus importante, aura une influence décisive sur l'issue des combats.

En juillet 1936, les troupes militaires du Maroc et des îles Canaries, menées par le général Franco, se soulèvent contre le Front populaire. Au même moment, d'autres troupes militaires tentent de prendre le contrôle de Madrid et de Barcelone, mais la population de ces deux villes, majoritairement républicaine, s'y oppose par la force. La guerre civile vient de commencer.

Au bout de quelques semaines, cependant, les militaires sont maîtres d'une grande partie de l'Espagne du nord-ouest. Pendant l'hiver de la même année, une nouvelle offensive nationaliste se prépare contre Madrid, mais elle échoue ; la guerre se prolonge, tandis que les forces internationales se mobilisent. Des volontaires venus de plusieurs pays combattent aux côtés des forces républicaines : ce sont les Brigades internationales, dont les effectifs atteindront 40 000 hommes.

L'Union soviétique livrera du matériel de guerre aux républicains tandis que l'Allemagne et l'Italie fourniront aux nationalistes non seulement du matériel de guerre mais aussi des hommes, environ 80 000. Une commission internationale de non-intervention est créée sur proposition de la France et de la Grande-Bretagne afin d'empêcher toute ingérence étrangère, mais son rôle est quasiment nul.

Outre les destructions matérielles, cette guerre causera la mort d'environ 1 200 000 Espagnols, parmi lesquels 750 000 civils. L'un des épisodes les plus tragiques de cette guerre sera le bombardement de la population civile de Guernica par l'aviation allemande, en avril 1937, sur ordre de Franco. Cet épisode est immortalisé par le tableau éponyme de Picasso, actuellement exposé au musée Reina Sofia, à Madrid.

Après la prise de Madrid puis de Barcelone par les nationalistes, la guerre prend fin. La victoire de Franco, chef du Mouvement national, est suivie de sanglantes répressions. Soutenu par la Phalange, organisation d'idéologie fasciste, Franco devient " Caudillo " (chef de l'Etat) et établit une dictature s'inspirant d'abord du modèle mussolinien. En 1940, il fait proclamer un état de non-belligérance favorable aux puissances de l'Axe. Plus d'un million et demi d'Espagnols fuient le pays. A peine sortis d'une guerre civile, les exilés politiques espagnols sont confrontés à la Seconde Guerre mondiale. Dès lors, l'espoir de restaurer une démocratie en Espagne s'amenuise.

Il faudra attendre 1945 pour que le gouvernement républicain espagnol en exil se réorganise et trouve un pays d'accueil : le Mexique. Malgré la condamnation du franquisme par l'ONU, dès le début des années 1950, le gouvernement de Franco est reconnu par la communauté internationale. Les successifs présidents du gouvernement républicain en exil plaident la cause républicaine et démocratique espagnole devant l'ONU, mais sans succès.

Pendant ce temps, le gouvernement franquiste évolue : il mène une politique extérieure d'intégration aux institutions internationales. En 1953, l'Espagne signe avec les Etats-Unis un traité d'assistance économique et militaire ; en 1955, elle devient membre de l'ONU et, en 1959, membre de l'OECE (l'actuelle OCDE).

La transition démocratique et le régime des autonomies

En 1969, Franco désigne son successeur, Juan Carlos de Bourbon, petit-fils d'Alphonse XIII. En 1972, âgé de 80 ans, il délègue la présidence du gouvernement à l'amiral Carrero Blanco, qui meurt lors d'un attentat revendiqué par l'ETA, à la fin de l'année 1973. Carlos Arias Navarro lui succède. Malgré un discours d'investiture réformateur, Arias Navarro mène une politique sans changements. A l'intérieur du pays, l'opposition au régime franquiste s'intensifie.

Le gouvernement doit faire face à des mouvements sociaux : grèves ouvrières, manifestations d'étudiants et d'intellectuels, courants autonomistes. En septembre 1975, quelques jours avant la mort de Franco, trois membres de l'ETA et deux membres de FRAP (Front révolutionnaire antifasciste patriotique) sont condamnés à la peine de mort et exécutés. Cette décision provoque des protestations dans toute l'Europe. Afin de mieux contrecarrer cette réprobation internationale, Carlos Arias fait organiser un rassemblement sur la Plaza de Oriente, à Madrid, pour rendre hommage au Caudillo Franco. Le 20 novembre 1975, Franco meurt. Juan Carlos est couronné roi d'Espagne.

La Phalange demeure le seul parti officiel. Dès le début de 1976, les forces démocratiques, encore non reconnues légalement, entament une série de manifestations pour réclamer la liberté et l'amnistie pour les détenus politiques. Face à cette tension populaire, Juan Carlos Ier destitue Arias Navarro de son poste (il est remplacé par Adolfo Suarez, futur président), reconnaît légalement tous les partis politiques, notamment le Parti communiste espagnol, et les syndicats ; il fait voter le référendum du 15 décembre 1976 réorganisant les Cortes (Parlement). Le pays s'achemine rapidement vers un régime démocratique. Les élections ont lieu le 15 juin 1977. Ces élections portent au pouvoir l'Union du centre démocratique (UCD) et son leader Adolfo Suárez. Le président de la République en exil, José Maldonado, et le nouveau président du gouvernement A. Suarez, font une déclaration commune mettant fin aux institutions républicaines en exil.

A cette même époque, la situation économique est explosive. En 1977, l'inflation atteint 44 % tandis que le chômage ne cesse d'augmenter. Meetings, rassemblements, manifestations se multiplient. Face à cette situation, le gouvernement veut unir toutes les forces politiques représentées au Parlement autour du plan d'action à suivre. L'accord qui en résultera est nommé " le pacte de Moncloa ". Parmi les signataires se trouvent Enrique Tierno Galvan, futur maire de Madrid ; Felipe F. González, président du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) ; et Manuel Fraga, leader de Allianza Popular. En 1978, le pays approuve par référendum la nouvelle Constitution espagnole.

En 1981, Juan Carlos intervient aux Cortes et déjoue une tentative de putsch militaire survenue lors de l'investiture de Leopoldo Calvo Sotelo, successeur de A. Suárez, démissionnaire. Il gagne dès lors sa légitimité auprès de tous les Espagnols. Le PSOE, conduit par Felipe González, dont la popularité ne cesse de grandir depuis 1977, remporte la majorité absolue aux élections législatives anticipées d'octobre 1982, au détriment du Parti communiste espagnol et de l'UCD. L'Alliance populaire obtient par contre près d'un tiers des sièges.

En cinq ans, la démocratie est consolidée et un système de tendance fédérale, le système des autonomies, est né. Par ailleurs, l'Espagne adhère à l'OTAN, en 1982, et obtient, en mars 1985, son admission dans la Communauté économique européenne, effective à partir du 1er janvier 1986.

L’Espagne des années 1990

Le gouvernement de Felipe González, pourtant socialiste, mène une politique économique de plus en plus libérale. Le contrôle de l'inflation est devenu prioritaire par rapport à la baisse du chômage. Certaines industries nationales sont privatisées et procèdent à de nombreux licenciements. La population est mécontente.

Après des années de division, la droite espagnole a retrouvé son unité. A la fin des années 1980, l'Union du centre démocratique (UCD) et l'Allianza Popular s'allient pour former le nouveau parti de droite : le Partido Popular (PP). Ce parti obtient une très honorable deuxième place lors des élections de 1989, talonnée par une nouvelle coalition d'extrême gauche, l'Izquierda Unida (Gauche unie). Les nationalistes catalans sont également représentés aux Cortes.

Face au gouvernement de González, José Maria Aznar, président du PP, multiplie les critiques. Ses discours trouvent un écho de plus en plus large au sein de la population. C'est dans ce climat que se préparent les élections de 1992. Grâce à une campagne très active et à une alliance avec les nationalistes catalans, le PSOE gagne cependant les élections. Toutefois ce nouveau mandat s'annonce, dès le début, périlleux.

La révélation du financement occulte du PSOE discrédite aussi bien le parti que le chef du gouvernement Felipe F. González. Le directeur de la Guardia Civil est accusé de détournement de fonds publics à des fins personnelles et quitte illégalement le pays ; le gouverneur de la Banque d'Espagne est, quant à lui, mis en examen également pour détournement de fonds publics à des fins personnelles.

Mais le plus grand des scandales de la décennie est l'affaire du Grupo Antiterrorista de Liberación, (GAL), un groupe militaire, antiterroriste, semi-autonome, financé par le gouvernement et qui a mené une guerre sanglante contre les membres de l'ETA dans les années 1980 (kidnapping, assassinats de membres présumés de l'ETA...).

Les médias et la justice ont établi des liens entre la police, le GAL et les plus hauts échelons du gouvernement. Le GAL, dont les principaux responsables ont été l'objet d'un procès retentissant au début 1995, est responsable de 24 assassinats entre 1983 et 1987. Les élections de 1996 donnent la victoire à José Maria Aznar.

Mais sa majorité est faible et il doit composer avec les partis nationalistes, qu'il avait largement critiqués pendant la campagne, afin de maintenir une certaine stabilité. Au soir des élections, le PSOE, loin des prévisions catastrophiques des médias, obtient 141 sièges aux Cortes. En mars 2000, Aznar remporte pour la seconde fois les élections nationales, obtenant une majorité absolue. Ces résultats sont les meilleurs enregistrés par la formation de " centre droite " depuis le rétablissement de la démocratie.

Depuis le début des années 1990, les gouvernements espagnols successifs ont misé sur les efforts budgétaires et monétaires pour satisfaire les critères de Maastricht. L'Espagne peut ainsi adhérer à la zone Euro dès son lancement, en janvier 2002.

Depuis 1978, année où est restaurée la démocratie, en passant par 1986, date à laquelle le pays intègre l'Union européenne, l'Espagne n'a cessé de se développer et d'accroître son importance sur la scène internationale. L'Espagne est membre de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN), depuis 1982, bien qu'elle n'ait accédé à son commandement militaire qu'en 1997.

De nos jours

Le jeudi 11 mars 2004, au matin, Madrid connaît la vague d'attentats la plus meurtrière de son histoire. Dix bombes explosent dans quatre trains de banlieue, à l'heure d'affluence, causant la mort de 200 personnes tandis que 1 482 autres sont blessées. A trois jours seulement des élections législatives, le gouvernement de José Maria Aznar, dont le ministre de l'Intérieur, Angel Acebes, se fait le porte-parole, pointe du doigt l'organisation terroriste basque ETA. Or, le vendredi, l'organisation séparatiste, par voie de presse, nie toute responsabilité dans les attentats. Le jour même des élections, le dimanche 14 mars, la piste indépendantiste est écartée, le groupe terroriste d'Oussama ben Laden ayant revendiqué par deux fois ces attentats. L'engagement de l'Espagne dans le conflit armé contre l'Irak aurait motivé ces actes de barbarie.

Le cafouillage politique et médiatique qui a suivi les violences terroristes de Madrid a précipité la chute du PP, le parti de José Maria Aznar. Les socialistes du PSOE reviennent au pouvoir, après huit ans d'absence, avec 43 % des votes et 164 sièges au Parlement. Le nouvel homme fort de l'Espagne est désormais José Luis Rodriguez Zapatero, un avocat de 43 ans, qui fait de la lutte contre le terrorisme la priorité de son mandat. Son arrivée au pouvoir marque le retrait des troupes espagnoles d'Irak. Dès son élection, Zapatero incarne le changement politique attendu après des années de politique du Parti populaire d'Aznar. Cap sur l'Europe (même si, depuis son entrée dans l'UE, en 1986, l'Espagne est le pays qui a le plus bénéficié des aides communautaires - elle se passe d'une partie de cette manne depuis 2007), rapprochement diplomatique serein avec le Maroc (mais aussi l'Algérie et les pays d'Amérique latine), volonté de régulariser tous les travailleurs immigrés clandestins (à condition qu'ils détiennent un contrat de travail) et éradication de la violence conjugale (en 2003, au moins 65 femmes ont été tuées par leur conjoint en Espagne), notamment en modernisant la loi sur le divorce... Avec son style innovant, le Premier ministre socialiste s'est révélé plus solide que prévu. Toutefois Zapatero agace l'opposition conservatrice en lançant un projet laïc avec, pour point d'orgue, la fin des cours (obligatoires) de religion, en 2004, dans les écoles espagnoles. Ceux-ci sont désormais remplacés par des cours d'éducation civique (Education para la Ciudadania), une " attaque contre la morale chrétienne " pour les conservateurs du PP. Deuxième pied de nez au catholicisme, la légalisation du mariage homosexuel, en juin 2005, avec, dans la foulée, la possibilité d'adopter pour les couples de même sexe.

En mars 2006, le gouvernement et l'ETA s'engagent dans un processus de paix qui ne sera que de courte durée puisque, le 30 décembre 2006, le groupe armé basque revendique un attentat à Madrid ayant causé la mort de 2 personnes et fait 19 blessés. La réaction du gouvernement ne se fait pas attendre : le ministre de l'Intérieur déclare " liquidé " le processus de paix, alors que Zapatero annonce que cette action de l'ETA met un " point final " à toute négociation. De son côté, le groupe indépendantiste attendra le 5 juin 2007 avant d'annoncer, à son tour, officiellement, la rupture du cessez-le-feu. La reprise des hostilités sera suivie par un attentat à la voiture piégée devant la caserne de la garde civile à Durango, quelques jours plus tard.

Enfin, il ne faut pas oublier que le gouvernement socialiste s'est attaqué à la question de la " mémoire historique ", en créant une commission interministérielle chargée d'élaborer un projet de loi rendant justice aux victimes du franquisme. Ce volet était une des priorités de Zapatero, petit-fils d'un capitaine de l'armée républicaine exécuté pendant la guerre civile.

En mars 2008, José Luis Rodriguez Zapatero brigue, avec succès, un second mandat, face à son principal adversaire, le conservateur Mariano Rajoy, président du Parti populaire. Peu de temps après, le pays, à l'instar de l'Europe, est frappé par l'éclatement de la bulle immobilière aux Etats-Unis et par la crise financière. Fin 2008, l'Espagne entre officiellement en récession. Une politique de rigueur visant à résorber le chômage (20 %, le plus fort taux de l'Union européenne) et à relancer la croissance est lancée par José Luis Rodriguez Zapatero. En 2009 et 2010, les manifestations du mécontentement de la population et des syndicats se multiplient, aboutissant à une grève générale le 29 septembre 2010, inédite sous Zapatero. En novembre 2010, le pape Benoît XVI se rend en Espagne pour dénoncer la montée de la laïcité dans ce pays autrefois si catholique ; il s'en prend notamment à la légalisation du mariage homosexuel et à l'avortement.

Que rapporter de son voyage ?

Hong Kong est reconnu comme un paradis du shopping en Asie, non pas tant parce que les prix sont sensiblement inférieurs à ce que l'on trouve ailleurs, mais parce que tout y est rassemblé et ultra-concentré, créant ainsi une idée de profusion qui peut vite dégénérer en fièvre acheteuse incontrôlable ! Les Hongkongais donnent l'impression de passer leur temps à sillonner les allées de centres commerciaux, toujours avec le dernier modèle de portable à l'oreille et les dernières baskets aux pieds. Dans cette société d'hyperconsommation, la peer pressure (pression sociale) est parfois asphyxiante, surtout chez les jeunes, et l'on se doit d'être tendance, voire plus qu'avant-gardiste, pour se sentir exister. Néanmoins, pour les touristes de passage, il peut être intéressant de se laisser tenter par quelques produits originaux, comme les souvenirs et antiquités orientales des boutiques du Western Market ou sur Hollywood Road et Upper Lascar Road. Du côté de Mong Kok ou Causeway Bay, les boutiques de fringues et de chaussures, avitaillées par les usines voisines de Chine continentale, présentent un rapport qualité-prix imbattable, notamment pour les marques. Les bijoux de jade sont aussi plébiscités par les touristes : à moins d'être connaisseur, on évitera de les acheter sur un stand de marché, mais plutôt dans une boutique certifiée par le Hong Kong Tourism Board. Pour l'électronique, la différence de prix n'est que minime, mais en période de soldes, cela peut devenir très intéressant, à condition de vous tenir prêts à bondir sur l'occasion ! Les amateurs de gadgets seront comblés, notamment dans le domaine de la téléphonie et de l'informatique. Toutefois, uniquement valable à Hong Kong, la garantie ne vous sera d'aucun secours en cas de pépin après votre retour en France. En résumé, les tentations ne manquent pas... Reste à savoir faire preuve de discernement, à comparer les prix d'un établissement à l'autre et à s'assurer de ne pas acheter du faux !

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