CAIRNS ET TUMULUS

Plaque millesim 2018

Un certain nombre de cairns et tumulus bien datés dans le Golfe sont des tombeaux protohistoriques ; par analogie, il est admis de situer les ensembles de ce type, non datés, comme appartenant à la Protohistoire. La région de Khor, étudiée en préhistoire, possède des cairns de taille différente : 13 au moins ont été reconnus sur une ancienne éminence au fond de la sebkha. On peut être assuré d'une sépulture en fosse sous un cairn ayant contenu un seul corps en position foetale, dont la tête regardait vers le sud-ouest ; ce corps, outre son anneau de cheville, avait une riche parure pectorale en coquillages avec perles diverses, une offrande à la tête, elle aussi uniquement en vestiges fugaces. Dans la même région, la prospection de la baie de Khor a permis la découverte, dans une île accessible à pied, de deux ensembles : l'un, dont les vestiges apparents témoignent en faveur d'un habitat ; l'autre plus complexe se présente sous forme d'ensembles structurés de dalles de grès marin dépassant du sol actuel de quelques centimètres avec des tessons de poterie rouge épars en surface.

Par Marie-Louise Inizan.

Troisième mission archéologique française à Qatar 1978-1979. Paléorient. 1979.

Attestation unique de l'obsidienne à Qatar. Au cours des missions archéologiques françaises à Qatar, de 1976 à 1981, un ensemble de 18 sépultures sises sur une butte isolée en bordure sud-ouest de la Sebkha (butte qui correspond à une île du rivage d'il y a 6 000 ans), à 2 km à l'Ouest de la ville de Khor, a été mis en évidence. Cet ensemble a été relativement peu perturbé. La présence de traces de pneus et le creusement d'un petit abri pour la chasse au faucon attestent d'un passage humain qui n'a affecté que superficiellement les structures. Celles-ci se présentent comme des entassements circulaires de pierrailles provenant de la butte elle-même et des environs immédiats.

Qui étaient les hommes enterrés à Khor ? A quelle culture appartenaient-ils ? Quand vivaient-ils ? Soyons modeste, la nature même de notre documentation et l'absence d'éléments de comparaison ne nous permettront que des hypothèses. Le cimetière nous offre l'image d'un groupe d'apparence homogène (morphologie des structures, position des corps, parures) devant satisfaire à des impératifs culturels. Les informations sur l'âge des individus, aussi maigres soient-elles, sont d'un grand intérêt : adultes et enfants y sont représentés et il est remarquable que les tombes des enfants soient situées dans la moitié sud alors que les adultes sont au Nord. S'il est impossible, en raison de l'état de conservation des restes humains, de déterminer les sexes, on peut les évoquer par cette répartition des parures. Il y a donc eu volonté de distinguer les individus. Que cette distinction se fût opérée en fonction des sexes est pure supposition, bien que l'alternance paré/non paré correspondent à la distinction hommes/femmes soit par ailleurs connue. Il apparaît que les enfants ont été moins parés que les adultes.

Quand vivaient-ils ? En l'absence des marqueurs chronologiques traditionnels, c'est à l'obsidienne que nous ferons appel. Les sept perles constituent l'exemple unique de cette pierre à Qatar. On remarque en effet l'association, dans le Golfe, de l'obsidienne avec des documents obeidiens, d'une part, la proximité d'occupations obeidiennes où figurent des éléments de parures identiques aux nôtres, d'autre part. Le commerce de l'obsidienne déclinant après Obeid, il est tentant de situer notre groupe au Ve millénaire. Gardons-nous cependant de voir en lui les habitants d'un des sites obeidiens mis au jour dans la baie de Khor ; la sépulture de Khor F.B., sise à 2 km du cimetière et liée à l'un de ces sites, n'évoque en rien une quelconque ressemblance avec les cairns voisins et nous invite à la prudence. La seule chose dont nous soyons certaine est qu'il représente, en l'état actuel des connaissances, la pointe sud extrême, sorte de " cul de sac ", du trafic de l'obsidienne.

Par Midant-Reynes Béatrix - CNRS

Un Ensemble de sépultures en fosses sous cairn à Khor : étude des rites funéraires. Paléorient. 1985.

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