Mbuji Mayi signifie en tshiluba "l'eau de la chèvre" en référence à la rivière du même nom qui traverse la ville. C'est le chef-lieu de la province du Kasaï Oriental, qui faisait jadis partie du Grand Kasaï, et c'est aujourd'hui la deuxième ville du pays, statut qu'elle se dispute avec Lubumbashi. Depuis les années 1980, la ville a en effet multiplié sa population par dix, en proie à un développement rapide et anarchique de par l'afflux de Kasaïens du Katanga au début des années 1990, et également par l'engouement des exploitations diamantifères.

En 1918, pourtant la situation est tout autre, lors de la découverte du diamant par le colonisateur belge... L'entité qui s'appelle alors Bakwanga n'est qu'un centre minier construit pour le personnel de la BCK (Compagnie du chemin de fer Bas-Congo-Katanga). Fondée en 1919 sous la dénomination de Mibeka dans le périmètre du polygone minier, la société/cité diamantifère qui deviendra la Miba, est entourée par les villages longeant les rivières Lubilanji, Mbuji Mayi et Kanshi. Par ailleurs, le chemin de fer se développe sur le tracé d'Ilebo vers le Katanga en passant par Mwene Ditu, permettant des migrations de populations, principalement d'ethnie luba, vers la province katangaise.

En 1960, le Katanga entre en sécession et plusieurs Kasaïens (Baluba-Kat) qui y avaient migré, sont contraints de rentrer au Kasaï. Parallèlement, des conflits ethniques éclatent à Luluabourg (Kasaï Occidental) entre les Luluas et les Lubas. Avec l'arrivée massive de ces populations lubas, une ville spontanée sans normes urbanistiques se construit autour de la concession Miba, sortie des entrailles des campements de déplacés. On considère donc que Mbuji Mayi est la première ville du Congo indépendant. Mais en août 1960, Albert Kalonji organise à son tour la sécession du Sud-Kasaï avec Mbuji Mayi comme capitale de l'État sécessionniste et s'autoproclame "Mulopwe" (Roi/Empereur) jusqu'en 1962. Lors de la scission du territoire sous Mobutu, Mbuji Mayi est intégrée au Kasaï Oriental, tandis que l'essentiel du territoire de l'ancien état échut au Kasaï Occidental.

Sur une superficie de 135 km², Mbuji Mayi totalise une population estimée à presque deux millions d'habitants. La ville est divisée en cinq communes : Bipemba, Diulu, Dibindi, Kanshi et Muya. L'espace urbain de Mbuji Mayi est limité par les trois rivières constituant les limites naturelles de la ville. De par sa situation en zone de convergence intertropicale, les précipitations atteignent environ 1 400 millimètres d'eau pendant la saison humide (d'octobre à avril).

Partiellement urbanisée, Mbuji Mayi garde encore des allures d'un gros village. Des villas cossues des riches négociants côtoient la misère la plus extrême des petits creuseurs à la recherche de diamants. D'autre part, la plus grande partie de la ville ne possède ni eau potable, ni électricité. Une partie de la ville est alimentée en électricité par la Miba à partir de sa centrale hydroélectrique de Tshala tandis que quelques privilégiés sont fournis par la Snel quand celle-ci veut bien fonctionner. La ville compte tout de même une université, construite en 1990. On y parle principalement le français et le tshiluba, parmi d'autres dialectes locaux.

La Miba : grandeur et décadence

Au début des années 1980, le gouvernement libéralise l'exploitation du diamant et plusieurs mines artisanales s'ouvrent un peu partout dans la ville et aux alentours, provoquant des éboulements et des érosions. Avec le départ forcé des Kasaïens du Katanga, les crises politiques qui s'intensifient avec le processus démocratique lancé en 1990 et les guerres et rebellions qui embrasent le pays, la Gécamines qui était le centre vital du Katanga tombe en faillite et se désintègre. Le gouvernement central se tourne alors vers la Société Minière de Bakwanga (Miba) qui devient le seul soutien financier de l'effort de guerre. Au sortir des crises successives jusqu'à l'aboutissement du processus de réconciliation avec la tenue des élections de 2006, la Miba s'essouffle et est au bord de la faillite.

Fin 2008, la chute des prix de matières premières consécutivement à la crise financière mondiale précipite la fermeture de l'entreprise. Cette cessation d'activités se répercute sur la ville dont la toute puissante société minière constituait le poumon économique. Des familles entières quittent à la suite la ville à la recherche d'autres espaces et perspectives pour survivre. Les belles voitures disparaissent de Mbuji Mayi, emportées avec leurs propriétaires vers d'autres cieux...

Plusieurs creuseurs changent de vocation et deviennent conducteurs de taxis-motos, qui reste quasiment le seul moyen de transport aujourd'hui en ville. Distribution irrégulière d'électricité et d'eau potable, diminution des activités économiques générales dont celles liées à la vente du diamant, exode de la population... Mbuji Mayi devient une ville-fantôme. Même les compagnies aériennes qui desservaient régulièrement la ville réduisent leurs fréquences faute de passagers et de marchandises. En novembre 2010 toutefois, le gouvernement central octroie à la Miba, un chèque de plusieurs millions de dollars pour sa relance. L'espoir revient, grâce également à la bonne volonté des cadres qui acceptent la réduction de leurs salaires et la suppression de certains avantages pour contribuer à la relance de la société. Tant bien que mal, la Miba revient donc peu à peu à la vie avec le soutien du gouvernement central qui garantit le salaire aux agents en attendant que la société soit complètement opérationnelle.

La reprise de la Miba redonne un peu de vie à Mbuji Mayi qui voit aussi reprendre les incursions des creuseurs artisanaux dans le polygone minier. Mais cette paix sociale reste fragile et précaire étant donné l'état de vétusté des outils et machines de la société par rapport aux nouveaux défis qui se présentent... C'est tout l'enjeu de l'avenir de la ville et de la province dans les années à venir.

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2015-06-24
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