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Résultats Fortifications - Remparts à BERAT

L'avis du Petit Futé sur CITADELLE DE BERAT

Plaque millesim 2022

Installée au sommet de la colline de Mangalem, à 187 m d’altitude, cette citadelle (Kalaja e Beratit) est un des joyaux du tourisme en Albanie. Ses murailles à moitié détruites et ses 24 tours décapitées lui donnent un aspect menaçant : ce sont les cicatrices laissées par les Angevins lors du siège de 1280-1281. Une fois franchie la grande porte voûtée de l’entrée nord, on découvre un monde nettement moins hostile : un petit village de 10 ha paisible et romantique. Un enchevêtrement de ruelles aux pavés glissants, des églises byzantines très sobres d’apparence mais qui abritent des fresques d’une valeur inestimable, une vue époustouflante sur la vallée de l’Osum, un minaret, des grand-mères vendant tricots et dentelles, le bon hôtel-restaurant Klea et le précieux musée Onufri.

Histoire

Le site est fortifié par les Illyriens dès la fin du Ve siècle av. J.-C. La forteresse est détruite par les Romains en 200 av. J.-C. Lors de la séparation de l’Empire romain entre l’Orient et l’Occident, Berat devient cruciale : elle permet de contrôler la Via Egnatia qui relie Rome à Constantinople en passant par Dyrrhachium (Durrës). Les murs sont donc renforcés par Théodose II (Ve siècle) et par Justinien (VIe siècle).

La menace de Charles d’Anjou. Au XIIIe siècle, l’Empire byzantin est affaibli. Les puissances catholiques de l’Ouest s’emparent de vastes territoires dans les Balkans. Mais Berat reste sous le contrôle du despote de l’Épire Michel II Comnène. Ce prince byzantin finance les plus importants travaux de fortification de la forteresse. Car la ville est alors menacée par le dernier fils du roi de France Louis VIII : Charles Ier d’Anjou, roi de Sicile. En 1258, celui-ci s’est emparé de Durrës, Vlora et Butrint, et progresse vers la Macédoine. Dans le même temps, les Byzantins se lancent à la reconquête de leur empire avec le soutien de Michel II Comnène. L’affrontement entre les Angevins et les Byzantins commence. Tout va se jouer à Berat.

L’échec d’Hugues de Sully. En 1279, le seigneur bourguignon Hugues de Sully est nommé vicaire-général d’Albanie par Charles d’Anjou. Sa mission : Berat. À l’été 1280, il s’empare des environs de la ville à la tête d’une armée de 8 000 hommes, puis encercle la forteresse. Pour tenir le siège, les Byzantins ne disposent que d’une petite garnison. L’empereur Michel VIII ordonne à ses sujets de prier pour le sort de Berat et, surtout, il envoie son meilleur général, Michel Tarchaniotès. Arrivé dans la région au printemps 1281, celui-ci parvient à ravitailler la forteresse grâce à des radeaux lancés sur l’Osum. Évitant une confrontation directe, il tend des embuscades aux troupes angevines. La stratégie est payante, puisque des mercenaires ottomans de l’armée byzantine réussissent à capturer Hugues de Sully. Démoralisés, les soldats angevins s’enfuient ou sont faits prisonniers. Mais moins d’un siècle plus tard, Byzance est de nouveau affaiblie et abandonne l’Albanie aux seigneurs féodaux en 1347. Le Royaume d’Albanie fondé par Charles d’Anjou disparaît quant à lui en 1378.

La défaite de Skanderbeg. Après le retrait des Byzantins, la citadelle passe de main en main avant d’être finalement occupée à partir de 1417 par les Ottomans. En 1445, Skanderbeg est sur le point de s’en emparer. Conscient de l’enjeu, le sultan envoie prestement 20 000 hommes par la Via Egnatia et inflige une lourde défaite aux insurgés albanais. Gardée par une importante garnison, la citadelle ne fut plus jamais assiégée.

Les fourberies d’Ali Pacha. En 1808, alors que Berat est sous le contrôle d’un gouverneur ottoman rival, Ali Pacha de Ioannina parvient à s’emparer de la forteresse sans provoquer de réaction du sultan. Il utilise pour cela un odieux mélange dont il a le secret : une fine couche de négociation pour commencer, une bonne dose de massacres de civils pour semer la terreur, une grande rasade de diplomatie pour amadouer l’adversaire et quelques gouttes de poison pour éliminer le chef de la garnison.

Visite

Construite sur un plan triangulaire suivant le relief, la citadelle est ceinturée de fortifications qui mesurent environ 620 m dans l’axe nord-sud, et 410 m dans l’axe est-ouest. C’est à l’intérieur de ces murs que se concentra l’essentiel de la population de Berat jusqu’au XIXe siècle. Quelques dizaines d’habitants continuent d’y vivre, dans des maisons en pierre qui datent essentiellement des XVIIIe et XIXe siècles. Sur un axe nord-sud, la rue Mbrica, dessert un réseau de ruelles où les principales curiosités sont bien indiquées. Des 42 édifices religieux que compta la citadelle, dont la moitié datant de la période byzantine, seuls dix ont survécu aux soubresauts de l’histoire et à la folie destructrice d’Enver Hoxha : deux mosquées en ruine et huit églises orthodoxes. En plein centre de la citadelle, le complexe de l’ancienne cathédrale de la Dormition-de-la-Mère-de-Dieu abrite le musée Onufri.

Porte NordEn haut de la rue Mihal-Komnena qui vient du bas de Mangalem – parking. Cette entrée monumentale fut érigée par Michel II Comnène au XIIIe siècle Elle est toujours ornée des initiales du despote de l’Épire : « MK » pour Μιχαήλ Κομνηνός/Michaïl Komninos. C’est là que se trouve le gardien vendant les billets pour entrer dans la citadelle. Celui-ci conserve les clés de toutes les églises de la citadelle. Il ne les confie que sur feu vert du directeur du Patrimoine de Berat. Pour les obtenir, il vous faudra d’abord passer par la directrice du musée Onufri, puis jouer de vos talents de négociateur (pas facile !).

Musée Onufri et ancienne cathédrale. Environ 250 m au sud-ouest de la porte Nord par la rue Mbrica, puis à droite (panneau).

Église Saint-Théodore (Kisha Shën Todrit). À gauche de la porte Nord, dans la rue Gjon-Muzaka qui longe le rempart oriental. Elle est ornée de treize fresques réalisées par Onufri, dont les mieux préservées sont celles de saint Théodore et de saint Basile de Césarée. Elle fut construite en trois phases (XIe, XIVe et XVIe siècles) à l’emplacement d’une église paléochrétienne, dont on retrouve certains éléments comme la colonne de la fenêtre voûtée. Elle abrite une copie du XVIIIe siècle de l'Épitaphe de Gllavenica, drap de soie symbolisant le suaire du Christ (l’original du XIVe siècle est exposé au Musée historique national, à Tirana).

Église Saint-Constantin-et-Sainte-Hélène (Kisha Shën Kostandinit dhe Helenës). Près du rempart ouest. Dédiée à l’empereur romain fondateur de l’Empire byzantin et à sa mère, elle fut érigée au XVIe siècle. Elle est décorée d’une mosaïque au sol (en mauvais état) et de fresques réalisées par des peintres anonymes, pour l’essentiel en 1591 : descente de la Croix, Lavement des pieds, arrestation du Christ, etc. Étonnamment, la descente de la Croix est reproduite sur une autre fresque datant de 1649.

Église de la Vierge-des-Blachernes (Kisha Shën Mëri Vllahernës). Près du rempart ouest, environ 20 m au sud de l’église Saint-Constantin-et-Sainte-Hélène. Elle fut élevée à la fin du XIIIe siècle (à l’emplacement d’un ancien monastère du Ve siècle) pour célébrer la défaite des Angevins en 1281. Son nom fait référence à l’ancienne basilique « miraculeuse » de la Theotokos du quartier des Blachernes, au nord de Constantinople/Istanbul. Elle abrite de magnifiques fresques réalisées en 1578 par le fils d’Onufri, Nikolla Onufri : dormition de la Mère de Dieu, Christ Pantocrator, descente de la Croix, Apparition aux disciples… Le peintre a également représenté son homonyme : saint Onufri, Onuphre l'Anachorète. Le sol est là aussi décoré de mosaïques.

Église Saint-Nicolas (Kisha Shën Kollit) – Près du rempart ouest, à côté de l’église de la Vierge-des-Blachernes. C’est la plus récente des églises de la citadelle. Elle fut construite durant la période ottomane, à la fin du XVIe siècle, ainsi qu’en atteste la date de 1591 inscrite sur l’une des fresques. Celles-ci sont remarquables, notamment celles représentant les prophètes. On les doit à l’un des plus célèbres peintres de l’école fondée par Onufri, Onufri-le-Chypriote (Onufër Qiprioti), un Chypriote exilé ici après l’invasion de son île en 1571 par les Ottomans. Remarquez l’autel qui provient d’une église paléochrétienne.

Église de la Trinité (Kisha Shën Triadha). Au sud-ouest des remparts, à côté d’un bastion du XIIIe siècle appelé « Citadel » sur les panneaux. Elle fut érigée au début du XIVe siècle par Andronic Ange Paléologue, membre de la famille impériale byzantine et gouverneur de la province de Berat. De taille modeste, c’est un très bel exemple du style byzantin tardif, influencé dans la région par les Francs et les Slaves avec sa forme de croix, son dôme et ses murs en cloisonné. Ses fresques ont quasiment disparu, rongées par les moisissures.

Mosquée blanche (Xhamia e Bardhë) – Au sud-ouest des remparts, dans le bastion « Citadel », entre l’église de la Sainte-Trinité et la Mosquée rouge. Plus ancienne mosquée d’Albanie, elle fut construite peu après la prise de la ville par les Ottomans en 1417 pour les besoins de la garnison et des caravanes de marchands. Elle fut détruite au XIXe siècle alors que les soldats avaient fui la ville lors d’un soulèvement.

Mosquée rouge (Xhamia e Kuqe) – Au sud des remparts, dans la rue Mbrica, en sortant le bastion abritant la Mosquée blanche. Seule une partie des murs et de son minaret subsistent. Datant du début du XVe siècle, elle fut gravement endommagée par l’aviation allemande durant la Seconde Guerre mondiale : les pilotes utilisaient le minaret comme repère pour larguer leurs bombes sur la ville. La mosquée pourrait rouvrir un jour, puisqu’un vague projet de reconstruction a été lancé en 2017.

Église Saint-Georges (Shën Gjergjit) – Au sud des remparts, au bout de la rue Mbrica. La rue Mbrica prend fin devant une grande bâtisse abandonnée. Il s’agit en fait de l’ancienne église Saint-Georges. Datant du XIVe siècle, elle fut modifiée au XVIIe siècle et dédiée à Georges Kastriot Skanderbeg. C’est ici que furent conservés les Codex de Berat pendant des siècles. Toutes les fresques furent perdues dans les années 1980, lorsque l’église fut transformée en résidence pour touristes, puis en restaurant, avant d’être abandonnée.

Tour Sud (Kulla e Jugut) – À l’extrémité sud-est de la citadelle, au bout de la rue Mbrica, suivez le sentier. Cet édifice défensif du XIIIe siècle offre un formidable panorama sur la vallée de l’Osum et, en face, sur la citadelle de la colline de Gorica. En contrebas de la tour, à droite, on aperçoit la petite église byzantine de l'Archange Michel (Kisha Shën Mëhillit).

Autre églises. Deux autres églises se trouvent le long du rempart est en revenant vers la porte Nord : Sainte-Sophie (Kisha Shën Sofisë) et Saint-Démétrios (Kisha Shën Mitrit).

4.7/5 (9 avis)
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Informations sur CITADELLE DE BERAT

Accès 24/24h – payant en journée quand les gardiens sont présents : 100 lek.

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Avis des membres sur CITADELLE DE BERAT

9 avis
4.7/5
Rapport Qualité/Prix
Service
Originalité
jeanmichmuch
5/5
Visité en mai 2022
Rapport Qualité/Prix
Service
Originalité
Vraiment très beau, il se mérite pour y monter une rue pavée en forte pente et si comme nous (à pied) il faisait chaud exténués mais ravis! l'entrée est gratuite quoi que l'on dise (des petit malins essayent de faire payer, mais refusez). ce château qui n'a que le nom est plutôt une citadelle habitée , avec de jolies petite ruelles, de belles maisons et façades et quelques restes de mosquées et enceintes.
Les murailles sont en bon état et on y a une belle vue sur la vieille ville et alentour. Ne pas manquer de voir sur un de ses flancs la ravissante église byzantine très photogénique.
Altin_Skenderaj
5/5
Visité en mai 2019
Rapport Qualité/Prix
Service
Originalité
Citadelle de Berat
Excellente pour ces richesses artistiques et des belvederes trop belles
DavidN
5/5
Visité en août 2017
Rapport Qualité/Prix
Service
Originalité
Incoutournable pour qui visite Berat, la citadelle offre de nombreux vestiges historiques chrétiens et musulmans. Il est fort agréable d'y promener, de préférence le matin afin d'éviter un coup de chaleur à la montée ! Attention aux pavés glissants à la descente. Il parait que l'entrée est payante... mais je pense m'y être rendu trop tôt (l'accès n'est jamais fermé).
godzila182
5/5
Visité en mai 2018
Rapport Qualité/Prix
Service
Originalité
la forteresse vaut autant que la ville puisque celle-ci suit la même architecture. A faire également le view point pour observer la vieille ville.
GP37
4/5
Visité en octobre 2017
Rapport Qualité/Prix
Service
Originalité
situation exceptionnelle avec vue sur ville et montagnes enneigées au loin

cependant, en octobre, il y a peu de touristes et il est impossible, snas guide ou groupe, de visiter les églises

seul le Musée Onofrio est ouvert, à ne pas manquer
fredpetitfute
4/5
Visité en février 2017
Rapport Qualité/Prix
Service
Originalité
Très beau panorama. Site grand, pour se balader librement et trouver son coin pour observer les vallées et les habitations.
mhumbert
4/5
Visité en août 2017
Rapport Qualité/Prix
Service
Originalité
Cette citadelle est très bien conservée cela s'explique certainement pas le fait qu'elle est encore habitée par quelques famille. Elle mérite une visite.
Cortofred72
5/5
Visité en juin 2017
Rapport Qualité/Prix
Service
Originalité
Formidable visite de la citadelle encore habitée de Bérat (entrée 100 leks) après une montée exténuante sur des pavés glissants jusqu'à la porte de la ville-forteresse. Sur place, des belles églises avec fresques (malheureusement souvent fermées), le Musée Onofri (superbe pour qui aime les icônes, vraiment exceptionnelles ici;entrée 200 leks) et des vues sur Bérat à couper le souffle (y aller vers 18h-19h pour le coucher du soleil). Des bars improvisés permettent de profiter de la umière de fin d'après-midi avec une bonne bière Korça ou Tirana ou un verre de vin blanc local...
MarinSoxx
5/5
Visité en juillet 2016
Rapport Qualité/Prix
Service
Originalité
Quelque peu difficile d'accès pour cause de pente glissante, la citadelle de Berat est un lieu à ne pas manquer!
La citadellet offre un magnifique panorama sur Berat et ses environs.
Des églises majestueuses.
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